UN MARI QUI PLEURE COMÉDIE E IH UN A C T E PAR JULES PRÉVEL 4 Jt fc'SX, :Fm ♦ rp •J&Vj? o PARIS MICHEL LKVY FRÈRES, ÉDITEURS P.UH VIVIINNK, î ni Si KT BOULEVARD DES ITALIENS A LA LIBRAIRIE NOUVELLE IIÎCCULI H MARI QUI PLEURE COMÉDIE Représentée pour lu première fois, à Paris, .sur lu Théatbe^Faakçaii , lu 13 ocluliru 1869 UN MARI QUI PLEURE ■ COMÉDIE EN UN ACTE l> A II JULES PRÉVEL PARIS MIGUEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS RUE VIVIENNE, 2 BIS, ET BOULEVARD DES ITALIENS, 1 ."> A LA LIBRAIRIE NOUVELLE 1 8 G '.I Droits de reproduction, de traduction et do représentation réservés A M. EDOUARD THIERRY ADMINISTRATEUR DE LA COMÉDIE - FR A-NÇ AISE Mon si eur . Après Ir bienveillant accueil que j'ai reçu de vous, après les excellents conseils que vous m'avez donnés aux répétitions, je serais bien ingrat si je faisais imprimer cette petite pièce sans placer votre nom à la première page. Veuillez agréer, Monsieur. a\ee Ions mes rrniiT- ctments, l'expression de ma vive et sincère reconnaissance. Jules PRÉVEL. Paris, 18 octobre 1869. UN MARI QUI PLEURE CHEZ MADAME LAROCHE Un petit salon à pans coupés. —Porte au fond. — Porte ù droito (cabinet do travail do M. Laroche). — Porte à gaucho (chuuibro do Lucionne). — Une cheminée a droite.— Un fauteuil devant lu cheminée — Une- chaise devant lo fauteuil.— Un piano au fond, a droite.— Un moublo de marqueterie au fond, à gauche.— Une console, à gauche, faisant face à la cheminée. — Un cunapé et une potïte table a l'avant-scène de gauche. — Un guéridon et une chaise de chaque côté, au wiliou du théâtre. SCÈNE PREMIÈRE J ULIETTU, TU É R È SE*. THERESE, entrant du foml, et introduisant. Je suis sûre que madame recevra madame d'AyrolIes, mais madame est encore à sa toilette. JULIETTE. C'est juste, il n'est pas deux Leures. TU KllÈSE. Je n'ose prendre sur moi de faire entrer madame. JULIETTE. J'attendrai dans ce salon... Prévenez seulement madame Laroche. " Juliette, Thérèse. i 2 UN MAKI QUI PLEURE THÉRÈSE. Rien de particulier à faire dire?... JULIETTE. Non, rien... Monsieur Laroche est absent?.. THÉRÈSE. Monsieur est aux assises... Il plaide pour un mari qui a empoisonné sa femme... Madame a sans doute entendu parler de ce procès?... JULIETTE. Oui, oui, beaucoup. TU ÉRÈSE. Ah! voici madame!... Elle sort par le fond. SCÈNE II JULIETTE, LUCIENNE*. LUCIENNE, entrant de gauche. Juliette?.. JULIETTE. Tu es étonnée de me voir?.. LUCIENNE. Oui... J'allais envoyer prendre de tes nouvelles... JULIETTE. Tu le vois, je me porte à merveille. LUCIENNE. Alors, pourquoi, cette nuit, as-tu si tôt quitté le bal? Elles vont s'asseoir sur le eanupé qui est a gauche. JULIETTE, baissant la voix. Pourquoi?.. Pour fuir monsieur de Taisy ! LUCIENNE. Monsieur de Taisy?.. l'attaché d'ambassade?... * Juliette, Lucienne. SCÈNE DEUXIÈME 3 JULIETTE. Oui, ma chère, il me fait la cour... et, pendant un quadrille que j'ai eu la faiblesse de lui accorder, il m'a dit des choses... LUCIENNE> Tu l'écoutais?.. JULIETTE. Pas du tout!., ce que voyant, il m'a annoncé qu'il m'écrirait... LUCIENNE. Et tu as toléré cette audace?.. JULIETTE. Je me suis écriée : « Je vous le défends! » LUCIENNE. Eh bien!., cela suffit?.. JULIETTE. Il paraît que non ! LUCIENNE. Comment!.. JULIETTE. Il a continué : « Pouvez-vous me défendre de vous parler de mon amour ?.. Rien ne m'en empêchera, rien!.. » Et, pendant ce temps-là, je faisais la chaîne des dames en souriant... LUCIENNE. En souriant?.. JULIETTE. Il le fallait bien!., mon mari était en face, qui nous regardait... Si j'avais froncé le sourcil, donné le moindre signe de trouble ou d'impatience, il aurait pu deviner... et... LUCIENNE. Et alors monsieur de Taisy?.. 4 UN MAKI QUI PLEURE JULIETTE. Recommençait!.. « Mes lettres vous arriveront malgré vous... vous les trouverez partout... sur votre cheminée, dans votre tapisserie, sur votre piano, entre les pages du livre que vous lirez... » Tiens !.. je viens d'en trouver une dans mon manchon... Elle y est encore !.. LUCIENNE. Ah! bah?.. JULIETTE. II a peut-être soudoyé ma femme de chambre... Je n'ose plus la regarder, je n'ose plus toucher à ma broderie, je n'ose plus ouvrir un livre!.. LUCIENNE, un pou ruilleuse. Pauvre amie !.. JULIETTE. Oh!., ne ris pas!., (Avec effroi.) Si mon mari trouvait une de ces lettres?.. LUCIENNE. Eh bien ! après?.. JULIETTE. Comment, après?., mais il est jaloux, ma chère!.. LUCIENNE, étonnée. Jaloux?.. JULIETTE. Eh bien ! est-ce que ton mari ne l'est pas?.. LUCIENNE. Il n'a pas sujet de l'être h J U LI ETTE. Le mien non plus! LUCIENNE. Alors, pourquoi l'est-il?.. JULIETTE, d'un ton très-naturel. Parce qu'il m'aime!.. LUCIENNE, coinmonrant ù réfléchir. C'est juste!., parce qu'il t'aime!.. SCÈNE DEUXIÈME 5 JULIETTE. Oh!., ce n'est pas sa colère qui m'épouvante... non, c'est la douleur qu'il ressentirait à l'idée qu'un fat a osé me parler d'amour... Mon mari est si bon, si tendre, si sensible!.. Tiens, il y a deux mois... à propos d'un rien... un nœud de rubans que je voulais placer dans mes che- veux et qui m'allait très-mal... disait-il!., nous eûmes une petite discussion où j'avais tous les torts !.. oh! oui, tous les torts!.. Eh bien ! au bout d'une demi-heure, Gaston ne pensait plus à cette sotte querelle... moi, je boudais toujours... Il voulut m'embrasser... je refusai... Alors, il se retira dans sa chambre sans dire un mot... Honteuse de moi-même, je l'y suivis un instant après... et... LUCIENNE, anxieuse. Et?.. JULIETTE, vivement. Ne lui dis pas que je t'ai raconté cela, surtout!.. (Continuant.) Et je le trouvai pleurant... oui, ma chère, pleurant à chaudes larmes !.. LUCIENNE, très-ùtonnée. Il pleurait t.. JULIETTE. Comme un enfant!.. Ah! crois-moi, Lucienne, rien n'est plus triste, mais rien n'est plus doux que les larmes d'un homme !.. LUCIENNE, de mémo. Il pleurait!., un capitaine de dragons !.. décoré !.. JULIETTE. Cela t'étonne ?.. LUCIENNE, do même, Un homme qui a plus d'une fois bravé la mort!.. Car enfin, sur les champs de bataille, pour donner l'exemple à ses soldats, un capitaine doit s'élancer à leur tête au devant des balles!.. Et cet homme-là pleure dans l'intimité, parce que sa femme... Tu es aimée, toi !.. fi UN MARI QUI PLEURE JULIETTE. Oh ! oui, j'en suis sûre !.. Cela se sent si bien !.. LUCIENNE. Tu as raison, cela se sent. Toutes les protestations ne prouvent rien, mais des larmes, de vraies larmes !.. JULIETTE. Un sourire, heureusement, suffit pour les sécher!... Mais s'il me croyait coupable?., s'il se doutait seulement que M. de Taisy !.. LUCIENNE. Tu es heureuse, Juliette, bien heureuse !.. JULIETTE. Et toi donc !.. LUCIENNE, se levant et passant h droite*. Moi, je n'inspirerai jamais à lïenri de telles alarmes !.. JULIETTE. Pourquoi ? Il me semble que M. Laroche____ LUCIENNE. lia, j'en conviens, mille prévenances, mille attentions dont une autre femme serait fière... mais de là à avoir esprit en éveil parce-qu'un homme peut, en dansant, me serrer la main d'une façon plus ou moins significative... non, vois-tu, mon mari n'éprouvera jamais ces terreurs secrètes dont les moindres symptômes, si faciles à saisir pour nous, prouvent à quel point l'on est aimée. ..Oh ! ma logique est bien simple... c'est la tienne!.. Henri n'est pas jaloux... donc, il ne m'aime pas !.. JULIETTE. Tu es folle!.. L ici E x N E. Il ne m'aime pas, te dis-je!.. HENRI, 811 dehors. Thérèse?.. LUCIENNE. Ah! je l'entends !.. * Lucienne, Juliette SCÈNE TROISIÈME 7 JULIETTE. Toi non plus, tu ne l'aimes pas?.. LUCIENNE. Mais si, malheureusement!.. SCÈNE III Les Mêmes, HENRI.* HENRI, entrant gaiement du fond, uno serviette d'.ivorat sous lo bras. Vite, un verre d'eau sucrée?.. Acquitté, ma chère Lucienne, acquitté !.. (Apcicovant Juliette.) Ah! pardon! madame! le capitaine va bien?... Figurez-vous, madame, un horrible coquin quia empoisonné sa femme!., (h s'assied sur la chaise qui estprès d.i guéridon, a gauche.) Il l'a empoisonnée, j'en suis certain!... Acquitté, ma chère amie, acquitté !-... J'ai fait pleurer les jurés, j'ai fait pleurer les juges, j'ai fait pleurer les gendarmes !... LUCIENNE. Et vous, mon ami?.. H en Ri. Moi?.. Eh bien! moi, je parlais, je parlais toujours !... LUCIENNE. Vous étiez ému?.. HENRI. Ému?.. Pas le moins du monde, ma chère enfant!.. Si j'avais été ému, je n'aurais pas su ce que je disais... j'aurais perdu le fil de mes périodes, et mon assassin aurait été condamné... ce qu'il méritait bien, du reste!., (so lovant et allant prendre un vorro d'eau sucrée qno Tliérôse viont do déposor sur la console, à gaucho.— a Juliette.) Voulez-vous me permettre, madame, de prendre un quatrième verre d'eau sucrée?.. On ' Juliette, Lucienne, Henri. 8 UN MARI QUI PLEURE ne fait pas pleurer ses auditeurs sans se dessécher terriblement la gorge ! . Il se préparo un vorro. LUCIENNE, bas, à Jnliotto. Tu l'entends !.. Il s'est desséché la gorge !.. voilà tout!.. Il n'a pas de cœur !.. JULIETTE. Allons donc, il t'adore! Mais je me sauve... Si, pendant mon absence, Gaston ouvrait un de mes livres et y trouvait... (Prônant son manchon sur le guéridon.) Je serais perdue!... Monsieur l'avocat!... Une lettre plisse du manchon ot tombe au pied du guéridon, sans qu'ollo s'en aperçoive. Il EH RI*. Chère madame, est-ce que je vous chasse? JULIETTE. J'allais partir quand vous êtes entré... des courses à l'aire... des robes à acheter... (Bas, à Lncienno.) Tâche de trouver un moyen pour me débarrasser de M. de Taisy... (SaluantHenri.jMonsieur!.. (ALucionne.) Aurevoir, chère amie... LUCIENNE. Au revoir !.. Il UN Kl. Mes compliments au capitaine !.. Elle sort par le fond. SCÈNE IV LUCIENNE , HENRI**. HZNRI) apercevant la lottro sur lo tapis. Qu'est-ce que c'est que ce papier?.. Il lo ruinasse^ * Lucienne, Juliotto, Henri, llouri, Lucienne SCÈNE QUATRIÈME 9 LUCIENNE. Un papier?.. HENRI , d'u» ton très-naturel. Un petit billet parfumé et sans adresse... LUCIENNE. Je ne sais ce que c'est. HENRI. Il sera peut-être tombé du manchon de madame d'AyroIles... LUCIENNE, à, part. Ah J mon Dieu!., le billet de M. deTaisy!.. HENRI, paiement. Tiens, tiens, tiens!... madame d'AyroIles qui laisse tomber ses billets doux !.. ILUCIENNE, à part. Si j'essayais!.. Nous verrons bien !.. (Haut.) Qui vous dit que ce billet soit à madame d'AyroIles?.. HENRI. A moins qu'il ne soit à vous, ma chère amie !.. LUCIENNE. Bien raisonné !.. Il EN Ri. Puisque c'est à vous, je vous le rends. LUCIENNE. Sans plus de façons ?.. HENRI. .7e respecte les secrets de ma femme. LUCIENNE. Merci!.. Kemettez-Ie sur le guéridon, (a part.) Je parie qu'il ne l'ouvrira pas!.. Elle s'assied sur lo canapé. HENRI, à part, après avoir jeté lo l>illet sur le guéridon On peut être galant quand on n'a rien à craindre!.. (s'opinoriiiiMi de m femme.) Savez-vous qu'elle est charmante madame d'AyroIles?.. Henri, Lucienne. I. 10 UN MARI QUI PLEURE LUCIENNE. Quoi d'étonnant!.. Les douces joies de l'âme ne jettent- elles pas leur rayonnement jusque sur le visage?.. Juliette est si heureuse !.. HENRI. Ah?.. Elle est plus heureuse que les autres?.. LUCIENNE. Je ne dis pas cela, mais elle a un mari si parfait!.. HENRI. Le capitaine?.. LUCIENNE. Si bon, si tendre, si sensible!.. HENRI. Comme tous les dragons!.. LUCIENNE. Les dragons valent bien les avocats !.. HENRI, passant derrière le canapé. Mieux même, devant l'ennemi, mais au palais!.. Avouez au moins que l'heure est mal choisie pour médire des avocats... après le succès que je viens d'obtenir!., (s'appnynnt sur lo canapé.) Comment?., tu n'es pas plus joyeuse d'apprendre que ton mari vient de sauver un malheureux ?.. LUCIENNE. Oh! si, mon ami, oh! si... (Avec émotion.) Il a peut-être une mère, des enfants?.. HENRI, gaiement. Eh ! non, il n'en a pas, le misérable!.. Ah! s'il en avait eu, quelles belles phrases j'aurais faites!.. «Eh! quoi, Messieurs les jurés, cette mère infortunée qui, en proie aux plus cruelles angoisses, attend au seuil de cette enceinte que vous lui rendiez son fils!.. Ces pauvres petits êtres, grelotants de froid, sans pain peut-être dès aujourd'hui, qui tendent vers vous leurs mains suppliantes !.. » LUCIENNE, avec élun. Tu pleures?.. SCÈNE QUATRIÈME 11 HENRI, étonné. Je pleure, moi?.. Mais non, chère amie, je plaide!.. LUCIENNE, se levant ot passant à droite, avoc dépit.* Ah! c'est vrai, il plaide, je l'oubliais!.. HENRI, la rogardant avec nno attention croissante et la suivant. Regarde-moi donc !.. Je te trouve un air singulier... LUCIENNE. Je suis un peu souffrante, voilà tout!.. HENRI. Souffrante, toi?.. LUCIENNE, d'un ton lamentable. Oui, mon ami, très-souffrante!.. HENRI, gaiomont, la faisnrit asseoir sur le fautouil qui est près de la cheminée. Bah?., vraiment?.. Mais alors, il faut te distraire... Je vais me mettre au piano !.. 11 court vers lo piano et s'assied sur le tabouret. LUCIENNE, vivoraont. Non, non, pas de musique!.. HENRI, prônant un livre sur lo piano et se retournant. Veux-tu que je te lise ce nouveau roman?.. LUCIENNE, de même. Oh! non !.. Dans les passages attendrissants, vous éclatez de rire !.. HENRI. C'est plus fort que moi... Toi, tu crois toujours que c'est arrivé !.. LUCIENNE. Ah ! vous m'agacez !.. Elle so lève et B'appnio sur la cheminée, la tète dans sos mains. HENRI, a paît. Tiens!., tiens!., quel changement!.. Est-ce que?.. Oh! non, ce serait trop de bonheur... (Haut.) Te voilà bien nerveuse, aujourd'hui?.. * Lucienne, Honri. 12 UN MARI QUI PLEURE LUCIENNE, le cœur gros. Dame! vous avez l'air enchanté de me voir souffrante! HENRI, avec intention. Peut-être bien !.. LUCIENNE, Ho même. Si je mourais, vous seriez vite consolé... HENRI. Nous n'en sommes pas là, Dieu merci !.. LUCIENNE, de même. Madame de Méran avait mon âge, et elle a été enlevée en quelques heures à tous ceux qui l'aimaient!.. HENRI. Oh! Oui, c'est horrible... (Lucienne se retourne vors lui.) Mais les choses les plus tristes ont leur côté comique... (Mouvement de dépit très-accentué.) Te rappelles-tU qu'un médecin distrait, qui soignait un malade dans la même maison... LUCIENNE, exaspérée, passant à ganclic *. Tenez, vous n'avez pas de cœur!.. H EN III, continuant et la suivant. Se trompa d'étage et annonça... LUCIENNE. Non, vous n'avez pas de cœur!.. (Pionrant.) Mon Dieu!., mon Dieu !... que je suis malheureuse !.. Ello sort à droite. HENRI, la suivant. Lucienne !.. ma petite Lucienne !.. Elle ferme la porte violemment. SCÈNE V HENRI, seul, abasourdi, puis GASTON. HENRI. Comment?... je n'ai pas de cœur?... que veut-elle dire?... pas de cœur, moi?... je ne l'ai jamais vue si * Henri, Lucienne. SCÈNE CINQUIÈME 13 bizarre!... Cette discussion sans cause... ces larmes soudaines... Décidément, est-ce que?... Oh! si c'était cela, quelle joie !... quel bonheur!... Chère petite femme !... Non, plus de doute, C'est cela!... (A Gaston, qui entre du fond, très-sérieux.) Gaston!... ah! mon ami, mon cher ami, je suis le plus heureux des mortels !... GASTON. * Tu as sauvé ton client, je le sais. H EN RI | avec joie. Il s'agit bien de mon client I... Capitaine, salue ton supérieur!... Tu m'as promis d'être le parrain, tu le seras bientôt !... GASTON, froidemont. Ah!... HENRI. Ma femme a des caprices, elle est inquiète, agitée, nerveuse. .. elle pleure... sans motif... enfin, je suis ivre de joie !... GASTON, de même. J'en suis très-heureux, mon ami, très-heureux. HENRI. Tu me dis cela d'un ton lugubre?... GASTON. C'est que je ne suis pas gai, moi !... HENRI. Alors, mon ami, je t'en supplie, ne te montre pas ainsi à ma femme!... Tu sais l'influence des premières impressions... Je veux que Lucienne ne voie plus que des visages épanouis, et je suis bien décidé, quant à moi, à rire perpétuellement. Gaston s'assied a droito du guéridon, Henri à gauche**. GASTON, ne l'écoutant pa». Je t'avais parlé de M. de Taisy * Gaston, Henri. ** Gaston, Henri. 14 UN MARI QUI PLEURE HENRI, riant. Ce jeune fat que tu soupçonnes de faire la cour à ta femme ?... GASTON. Tu prends cela gaiement?... HENRI. Je prends tout gaiement aujourd'hui... Me conseilles-tu d'en faire un avocat?... GASTON. Je te parle de M. de Taisy ! HENRI, continuant. Ou un militaire?... comme toi, capitaine de dragons!... GASTON, prenant son chapeau et se lovant. Allons, je vois que tu n'es pas en état de m'écouter?... HENRI, le retenant. Mais si, je t'écoute... je n'écoute que toi!... mais tu bavardes, tu me racontes un tas de choses!... GASTON, se rasseyant. Cette nuit, au bal, M. de Taisy a dansé un quadrille avec Juliette... et il lui a parlé!... HENRI, avec ironie. En dansant avec elle!.. .ah ! quelle audace !, ..(Naturellement.) Eh bien! où est le mal?... GASTON. Mon cher, j'ai été jeune... comme M. de Taisy... j'ai été amoureux... je sais comment les choses se passent... HENRI, s'inclinant. Monsieur le conquérant!... GASTON, d'un ton solennel. Laroche, réponds-moi franchement... Tu étais derrière eux, pendant le quadrille... Que se disaient-ils?... HENRI. Je l'ignore... je regardais ma femme qui dansait dans l'angle du salon... Elle était adorable!... un peu pâle!... parce que... tu conçois... SCÈNE CINQUIÈME 15 GASTON. Tu ne veux rien me dire? HENRI. Je te jure que je n'ai rien entendu !... GASTON. C'est bien!... je saurai tout sans toi... M. de Taisy écrira!... HENRI. Tu crois?... GASTON. On écrit toujours... Quand on commence par parler, on finit par écrire... Quand on commence par écrire.. HENRI. On finit par parler... La réciproque est vraie, sans être rassurante. GASTON, continuant. Et c'est le mari qui reçoit les billets doux, quand ce n'est pas un imbécile !... HENRI. Ordinairement... GASTON. Ordinairement, c'est un imbécile, je le sais... mais moi... HENRI. Que feras-tu, toi?... GASTON. Ce que je ferai ?... J'irai trouver M. de Taisy, je lui montrerai sa lettre, il choisira deux témoins, les miens sont prêts, j'ai des épées, et nous irons sans bruit, sans esclandre, dans le jardin de Saint-Léon, qui est prévenu... C'est bien simple I... HENRI. Oui, oui, très-simple. GASTON. Tout cela ne demandera pas une heure. HENRI. Tu vas donc ouvrir toutes les lettres que recevra ta femme?... 1(5 UN MARI QUI PLEURE GASTON. Oh! non... Mais celles que j'attends... HENRI, goguonard. Eh bien?... GASTON. Celles de ce monsieur... HENRI, de même. Après?... GASTON. Elles n'auront point d'adresse !... HENRI, changeant de ton. Tu crois?... GASTON. Elles n'en ont jamais !... HENRI, commençant ù devenir inquiet. Jamais ?... GASTON. Oh ! je sais comment les choses se passent... HENRI, dont 1'inquiétudo s'arcenluo. Tu dis que ces lettres-là... n'ont jamais d'adresse?... GASTON. Pendant que Gaston parle, Honri chorche à prendre la lettro qui est sur le guéridon, sans que son ami lo voie. Parbleu, non!.. On les confie, pour les faire parvenir, à un valet que l'on paie grassement, à une femme de chambre qui y trouve ses prolits... intermédiaires maudits qui, à leur tour, trouvent moyen de les remettre à destination sans que personne... le mari surtout... (Henri, tout effaré, mais cherchant & cacher son émotion, prend lalottie.) Q,u'as-tu donc?,. Il BU RI. Moi?... rien, mon ami, rien!... GASTON. Mais si... tu me caches quelque chose!... (Apercevunt la luttre entre les mains d'IIonri.) Une lettre !... HENRI, très-ému. Oui, oui, une lettre qui traînait là, sur ce guéridon... GASTON. Sans adresse ?.. SCÈX E CINQUIÈM E 17 HENRI, de mémo. Sans adresse?.. Tu crois?.. Je ne sais... je n'ai pas encore regardé... GASTON. Eli bien ! regarde !... HENRI, do môme, tournant la lettre entre ses mains. Tu veux que... je regarde ?... GASTON. Certes !.. IIENUI, cherchant à se calmo Eh bien!., voilà!.. (Baissant peu a pou les yeux sur la lettre) Je vais... regarder... je regarde!... (Regardant, d'un ton calme.) En effet, elle n'a pas d'adresse... GASTON. Lis maintenant, lis vite !... HENRI. Tu me conseilles de... GASTON. N'est-ce pas le seul moyen?... Du courage!... allons, mon pauvre ami, du courage !... HENRI, très-ému, dépliant la lettre. J'en aurai... puisqu'il le faut... (Lisant.) c'est signé!... Tiens !... A. deT... Adrien deTaisy !... Il se lève. S ASTON, à part. Ah!... Comment?... c'était?... HENRI. Oh! je le tuerai!... (Lisant.) « Madame, si l'amour le plus » humble, le plus tendre, le plus dévoué, a jamais pu » toucher le cœur d'une femme, daignez abaisser vos » beaux yeux sur celui qui vous implore à genoux!... » A genoux devant ma femme!... le misérable!... GASTON. Voyons, voyons, calmotoi!... Un bon coup d'épée punira l'insolent... 18 UN MARI QUI PLEURE HENRI. Il lui était si facile de ne pas aimer ma femme et d'aimer la tienne !... GASTON. Merci bien !.. HENRI. Et c'est pour mieux masquer ses batteries qu'il se montrait empressé près de madame d'Ayrolles ?... GASTON. Evidemment... (A part.) Mais je ne suis pas fâché de l'apprendre.. (Haut.) Tu ne doutes pas de ta femme, j'espère ?... HENRI, marchant a grands pas. Pas une minute'... Mais enfin... pourquoi elle et pas la tienne?... M mc d'Ayrolles est aussi jolie que M mc Larocbe... Oui, mais tu es militaire, toi, tu es dragon!... on te redoute... Tu as dix ans de salle peut-être!... Tandis que moi... un avocat... un simple avocat... j'ai dix ans de Salle.. des PaS-PerduS... (Arpontant lo théatro on trois onjambces.) ça ne compte pas, cela, et l'on n'a pas peur de moi !... ' GASTON. Calme-toi, je t'en supplie!... Si ta femme te voyait ainsi !... ME NUI. Ah! bah!... GASTON. Dans son état !... HENRI, se calmant un peu. Oui, oui, tu as raison ! GASTON. Juge la situation froidement... comme moi!... HENRI. Comme toi?... Je te conseille de parler!... Tout à l'heure, quand tu croyais que ton honneur était en jeu, tu allais trouver M. de Taisy, tu lui montrais sa lettre, il choisissait deux témoins, tu avais déjà les tiens, et vous • Henri, Gaston. SCÈNE SIXIÈME 19 alliez sans bruit, sans esclandre... (vivement.) Il faut que j'interroge Lucienne... Avant de massacrer ce monsieur, je veux savoir... (Geste do Gaston.) Oh ! sois tranquille, je prendrai tous les ménagements nécessaires... je resterai calme et souriant !... Juliette ontre du fond. GASTON. Ah! maudite lettre !... SCÈNE VI Les Mêmes, JULIETTE JULIETTE, il part, avec torrour. Une lettre !... GASTON, apercevant Juliette. Ah! Juliette!... JULIETTE, avec un souriro contraint. J'avais promis à Lucienne de venir la prendre... GASTON, avec un air de circonstance. M mc Laroche est un peu souffrante. HENRI. Elle vous recevra toujours, madame!... Je vous prie de m'excuser... un client m'attend... JULIETTE, offrayco a l'idôo de rester soulo avoc Gaston. Ah!... H EN lU , bas, à Gaston. Fais semblant de partir et viens me retrouver dans mon cabinet... GASTON, bas. J'y vais... Henri sort ù droite. Juliottc s'appuie sur un fauteuil. * Henri, Gaston, Juliette. 211 UN MARI QUI PLEURE SCENE VII JULIETTE, GASTON. * Cette petite scène se passo nu fond, entro la porte ot lo guéridon. GASTON, ii demi-voix. II va se passer dans cette maison des choses terribles !.. JULIETTE, effrayée. Terribles?.. GASTON. Henri a trouvé une lettre de monsieur de Taisy !.. JULIETTE, do mémo. Ah! GASTON. Pour madame Laroche!.. JULIETTE. Comment, on croit?.. GASTON. Ma chère, on n'écrit pas sans y être autorisé... En (in!.. Tâchons d'empêcher un malheur... Prévenez-la... (Faisant doux pua vers la droite, puis revonant vers sa femme.) Juliette, embras- se-moi !.. II l'embrasse et sort à droite. JULIETTE, seule. Ah! mon Dieu!., comment faire?.. SCÈNE VIII JULIETTE, LUCIENNE, puis THÉRÈSE**. JULIETTE, a Lucienne qui outre do gaucho. Tu ne sais pas?.. * Gaston , Juliette. •* Juliette, Lucionno. SCÈNE HUITIÈME . 21 LU 01 EN NE. Quoi donc?.. JULIETTE. Cette lettre de monsieur deTaisy?.. LUCIENNE. Que tu as perdue ici?.. JULIETTE. Ton mari l'a trouvée, il l'a lue, et il s'imagine qu'elle est pour toi!.. LUCIENNE, sautant do joie. Il l'a lue?.. Ah ! J'en suis ravie !.. JULIETTE. Comment?.. LUCIENNE, * passant à droite, de même. Dame!.. Il va enfin se mettre en colère, me faire une scène!.. Oh! quel bonheur, si je puis, par une pente insensible, en le torturant doucement, l'amener à... JULIETTE. Tu n'es pas plus effrayée?.. LUCIENNE. Encore une fois, je suis ravie... Enfin !.. Thérèse entr'ouvre la porte do gauche. THERESE, entrant par le cabinet de M. Laroche. Monsieur demande si madame est seule?.. LUCIENNE, vivement. Là, tu vois!.. JULIETTE, vivemont. Je ne te quitte pas. LUCIENNE. Au contraire, va-t'en, va-t'en vite!.. (A Thérèse.) Je suis seule... Je vais être seule... JULIETTE. Tu veux que je te laisse?.. LUCIENNE. Je t'en prie!., je t'en supplie!.. * Lucienne , Jnliette. 22 UN MARI QUI PLEURE i ULIETTE. Soit!.. Mais, s'il te faut avouer la vérité, tu peux tout dire à ton mari... Ello Hort par lo fond. LUCIENNE. Oh!.. Je m'en garderai bien!.. SCÈNE IX LUCIENNE, HENRI. LUCIENNE, s'installant négligemment et coquottemont sur la chuise qui est près du guéridon, à gauche. Ah! monsieur, vous faites pleurer les gendarmes. (Henri entr'ouvre la porto (le gaucho, il est sombre et torrible.) Certes, je n'ai pas votre éloquence, mais je suis femme !... Nous allons bien voir!.. H E N II I, * gaioment, après s'êtro assis sur la chaise qui est à droite du guéridon. Eh bien!., eh bien!., ma... chère... Lucienne, comment allez-vous maintenant?.. Êtes-vous un peu remise?.. LUCIENNE, stupéfaite et lo regardant. Trop aimable, en vérité!.. Ma santé vous intéresse donc?.. HENRI. Qui intéresserait-elle, si ce n'est votre mari?.. LUCIENNE. Oh! nos maris ne sont pas toujours ceux qui nous aiment le mieux !.. Henri fuit un mouvement de colère qu'il réprime aussitôt. HENRI , gaiement. * Comment, ceux qui... LUCIENNE. Oui, oui, il en est d'autres !.. HENRI, de même. D'autres?.. (Mouvement de Lucienne.) Ne t'agite pas ainsi, je t'en prie!.. * Henri, Lucienne. SCÈNE NEUVIÈME 23 LUCIENNE. Vous avez eu comme un mouvement de colère?.. HENRI, Moi?.. Pas le moins du monde!.. Au contraire!., je venais vous parler d'une chose tout à fait amusante... LUCIENNE, I part. Encore?.. HENRI. Le hasard... vous savez que je n'ai pas de secrets pour vous... le hasard m'a fait lire, bien malgré moi, la lettre que vous écrivait monsieur de Taisy... LUCIENNE. Eh bien?.. HENRI, vivement. Ne te trouble pas, chère amie, ne te trouble pas!., je n'attache à cela aucune importance... je suis le premier à en rire... LUCIENNE, dépitée. J'aurais tort de me troubler, puisque vous en riez!.. HENRI ■ l'observant attentivement. N'est-ce pas?.. Ainsi, tu peux tout médire... (Gaiement. ) H te faisait la cour?.. LUCIENNE. Vous ne vous en aperceviez pas?.. HENRI. Non, ma foi, non!.. Ces pauvres maris sont toujours les derniers... Et il vous aime?.. LUCIENNE, so levant. Qu'en pensez-vous?.. HENRI, se levant. Moi ?.. LUCIEHNE. Puisque vous avez eu l'indiscrétion de lire son billet!.. HENRI, d'un air indillÏTont. Mon Dieu!., tu sais... il traînait là... sur le guéridon... (Lucienne, furieuse de tant de calme, levo les bras au ciel.) Est-ce que je suis un de ces maris ridicules qui sont jaloux de tout... même de l'ombre de leur femme?.. 24 UN MAKI QUI PLEURE LUCIENNE. Comme M. d'AyrolIes !.. HENRI, de même. Oui, comme d'AyrolIes... sa femme te l'a dit, n'est-ce pas,qu'elle le trouvait ridicule?., elle araison... (Avec inquiétude, maisd'uD ton dégagé.) C'est la première fois qu'on t'écrit?.. LUCIENNE, * passant a droite Je ne me crois pas obligée à vous répondre. HENRI, so contenant à grand' poine. Ah!., tu ne te crois pas... obligée?.. LUCIENNE, avec défi. Non!.. HENRI, vivement. Je t'en supplie, sois calme!.. Regarde-moi, je suis calme!.. Je te demandais cela par pure curiosité... tu ne veux pas me répondre... ne me réponds pas, chère petite!.. Qu'importe, en effet, que ce jeune homme t'écrive... si tu ne l'aimes pas?.. LUCIENNE. Et si je l'aimais?.. HENRI, vivement. Si tu l'aim...? (Se radoucissant tootitcoup.) Au nom du ciel, pas d'émotion !... (La faiaaut asseoir.)** Tu t'animes!., le sang te monte au visage!... Eh bien! si tu l'aimais... nous aviserions... (Cherc hant ù cacher son trouble.) j'irais le trouver moi- même... (A part.) J'aurais dû brûler cette lettre sans la lire... (Haut.) pourlui dire ce que je pense... lui prouver, par^toutes sortes de bonnes raisons, combien il a tort de troubler un ménage aussi uni que le nôtre... Et maintenant, chère Lucienne, maintenant que cette explication... cette plaisanterie.. (Lucienne se lève.) *** Pas d'émotion, je t'en conjure !.. oublie mes sottes questions... j'ai voulu te taquiner un peu... c'est fini... là!... c'est fini... j'ai un rendez-vous * Lucienno, Henri. *• Henri, Lucienne. *•* Lucienne, Henri. SCÈNE DIXIÈME 25 important chez maître Barbet, mon avoué... j'y cours... j V COlirS !... (Il 6ort viveinont comnio un lniimoo qui a [iris une résolution. ) A bientôt, chère amie, à bientôt!... SCENE X LUCIENNE, f ui» THÉRÈSE. LUCIENNE, avec indignation. Ah! c'est trop fort!... Penser à un rendez-vous d'avoué, quand sa femme... Ni violences... ni larmes... Non, il ne m'aime pas!... (Kilo sonne violemment. — Thérèse paraît.) Quelle heure est-il ?... T H i H É S K , * vouant do gauche. Deux heures et demie, madame. LUCIENNE, avec lièvre. Préparez tout ce qu'il faut pour un voyage. THÉRÈSE. Madame part?... LUCIENNE. Je vais chez ma mère, à Nantes... Kilo va gauche. T H K II K S E. Avec monsieur?... LU CI EN N E. Seule !... hâtez-vous !... Elle revient à droite. T 11 É H Ê S E. Bien, madame. Thérèse sort à gauche. LUCIENNE. Ah!... quand maman apprendra!... Elle s'ussied sur la chaiso (juiest près do la cheminée. * Lucienne, Thérèse. 2 26 UN MARI QUI PLEUHH SCÈNE XI LUCIENNE, JULIETTE, puis THÉRÈSE*. JULIETTE, entr'ouvrant timidement la porte du fond. Eh bien?... LUCIENNE. Ah! tu peux entrer, ma chère... tout est calme!... JULI ET TE, entrant. L'explication s'est bien passée?... LUCIENNE, vexée. A merveille ! M. Laroche est un bien aimable homme... Son sang-froid ne le quitte jamais. JULIETTE, «tonnée. Son sang-froid !... alors, tu n'as pas eu besoin de lui dire que le billet était pour moi ?... Elle s'assied en faco do Lucienne, sur le fauteuil qui est près de la ckominée. LUCIENNE. C'eût été bien dommage!... JULIETTE, lui sorrant la main. Merci!... J'étais on face, au magasin de nouveautés, où, par parenthèse, j'avais acheté trois robes qui m'avaient été promises pour ce matin, trois merveilles!... tu vas en juger, on les apportera ici... Tout en bouleversant les étoffes, j'avais les yeux sur tes fenêtres... LUCIENNE. Oh! nous n'avons pas cassé de vitres! JULIETTE. Mais j'ai vu ton mari sortir précipitammenl et se jeter dans un coupé qui est parti au galop. Juliette, Lucienne. SCÈNE ONZIÈME 27 LUCIENNE, * so lovant. Ma chère amie, il court chez maître Barbet, son avoué !... JULIETTE, vivement. Pour te faire un procès en séparation ?... LUCIENNE, Pas même cela!... Au moins, cela prouverait qu'il m'aime!... T II K II È S E , entrant de gauche. Madame emporte-t-elle des vêtements d'hiver? LUCIENNE. D'hiver, de printemps, d'été et d'automne! THÉRÈSE. Bien, madame. Elle rentre a gauche. .1 U LIETTE. Tu pars?... LUCIENNE. Certes, je pars, je retourne chez maman. JULIETTE. Mais tu n'y penses pas !... LUCIENNE. Je n'y pense pas?... Si tu crois que je pourrais vivre à présent en face de M. Laroche?... JULIETTE. Tu n'es qu'une enfant, et ton mari est trop bon ! LUCIENNE. Lui, bon?... Un homme qui ne pleure pas, lorsque je fais des aveux complets?... Juliette, situ as une fille, ne lui permets jamais d'épouser un avocat!... JULIETTE. Ton mari est trop calme peut-être, mais l'excès contraire a bien ses inconvénients... Si tu savais la peur que j'ai eue en me trouvant en présence de mon mari, avant d'apprendre que c'était le tien qui avait lu la lettre ! LUCIENNE. Tu as eu peur?... * Juliette, Lucionno. 28 UN MARI QUI PLEURE JULI ETTE. J'en tremble encore !... LUCIENNE. Elle a eu peur et elle se plaint!... Et si tu avais dit à M. d'Ajrolles que tu aimais M. «le Taisy ?... J CLIETTE, virement. Il m'aurait tuée!... LUCIENNE. Tl t'aurait tuée! .. Oh! tu es heureuse, toi !... JULIETTE. Si tu faisais un aveu semblable à M. Laroche 1... LUCIENNE. Je l'ai fait! JULIETTE. Tu as osé?... LUCIENNE. Et, au milieu de ses questions ironiques, il s'interrompait pour me dire : « Sois calme, chère amiel... regarde- moi, je suis calme !... Pas d'émotion, je t'en conjure, pas d'émotion!... » Il s'occupait de ma santé, dans un pareil moment !... au lieu de m'étouffer... comme Desdémone!... J l L l ET I E. T'étouffer?... tu es exigeante!... THÉRÈSE,* entrant de gauche. Madame emportera-t-elle Tita? LUCIENNE. Certes!... pauvre bête, elle mourrait de honte avec lui... THÉRÈSE. Bien, madame !... JULIETTE. Décidément, Lucienne, tu es folle !... Sais-tu ce qui va arriver?... Je ne veux pas être complice d'un pareil enfan. tillage... Tu vas me forcer de tout dire à mon mari !... * Les trois dernières entrées de Tlicrèso ko font par la même porte, celle do la eliainljru de Lucienne, SCÈNE ONZIÈMH 29 LUCIENNE. Garde-t'en bien !... JULIETTE. Après tout, je n'ai rien à me reprocher. THKUKSE, rentrant, lin largo carton à la main. On vient d'apporter ce paquet pour madame d'AyrolIes. JULIETTE. Ce sont mes robes ! elles arrivent bien!... LUCIENNE. A merveille!... Tu voulais me les montrer, montre-les- moi. 1 I 1.1 ET TE. Dans un pareil moment?... LUCIENNE. Pourquoi pas?... Oh ! je suis comme M. Laroche, moi, je suis calme. T II É R É S E. Madameemportera-t-elle la perruche?... LUCIENNE. Non, non, M. Laroche ne peut pas la souffrir, laissez- la!... THÉRÈSE, sortant. Bien, madame. LUCIENNE, qui a ouvoit le carton et trouvé un papier pose sur les étoffes- Tiens, voici la facture!... JULIETTE, prenant le papier et lo uYplinnt. Mon, je l'ai dans ma poche.. (Aveceffroi.) Une lettre !.. une lettre de M. de Taisy... encore?... LUCIENNE. Il a donc soudoyé les commis ?.. JULIETTE. Ah ! je ne veux pas la lire... (Lisant.).. « Madame, com- » bien je vous remercie d'être venue à ce bal et... » La porto ilu foml s'ouvre, Henri entro lentement, cahno et froid. LUCIENNE, vivomo.it. On vient!... prends garde!... (Apercevant Honri.)Oh! ras- 2, 30 UN MAKI QUI PLEURE sure-toi, ce n'est que M. Laroche!... Elle preuii lo billot des main!] do Juliette. SCÈNE XII Les Mêmes, HENRI. * HENRI. Je vois, mesdames, que vous êtes livrées à des occupations graves... je ne veux pas vous déranger... et je vais... II fait semblant de sortir u droite. JULIETTE. Vous ne nous dérangez pas. LUCIENNE. Vous n'êtes pas resté longtemps chez maître Barbet?... HENRI. Non, l'affaire dont j'avais à l'entretenir a été terminée promptement, très - promptement. 11 va vors la porto do son cabinet *. LUCIENNE **. Tu vois !... il est calme !... JULIETTE. Je vois qu'il est très-ému... M. Laroche?... HENRI, s'arrêtant. Madame ?... LUCIENNE, 4 part. Que va-t-elle faire?... JULIETTE. Il faut absolument que vous sachiez ce qui se passe. H EN RI. Je ne croyais pas l'ignorer. JULIETTE. Pardon!... Et c'est à moi de vous dire... que M. de Taisy... * Juliette, Henri, Lucienne ** Henri, Juliotto, Lucienne SCÈNE TREIZIÈME 31 LUCIENNE, passant au milieu, à Juliette Tais-toi... (a Henri.) m'a envoyé une seconde lettre... * HENRI. Une seconde lettre?... c'est impossible !... LUCIENNE. La voici !... JULIETTE. Que fais-tu ?... HENRI, la prônant, y jetant vivoment les yeux ot la froissant dans sa main. Oui, même écriture !... c'est bien lui... (a Juliette.) Chère madame, voulez-vous, je vous prie, nous laisser seuls un instant ?... LUCIENNE. Entre dans ma chambre, tu n'y resteras pas longtemps. JULIETTE. Non, car ce que tu ne diras pas, c'est moi qui le dirai. LUCIENNE. Nous verrons !... Enfin !... Juliette entre dans la chambre de Lucienne. SCÈNE XIII LUCIENNE, HENRI**. HENRI. Voyons, ma chère Lucienne, tâchons d'être sérieux, ou plutôt tâchons de ne pas l'être plus qu'il ne faut, ce qui est encore la meilleure manière de rester raisonnable. LUCIENNE, qui est allée s'asseoir sur lo canapé. Oh ! vous, vous êtes la raison même !... HENRI, après s'etro incliné par forme de remerciement. M. de Taisy vous a écrit une lettre ?... * Henri, Lucienne, Juliette. ** Henri, Lucionne. 32 UN MARI QUI PLEURE LUCIENNE. Deux ! s'il vous plaît !... Il K \ It I, prônant uno cliaiso et s'assoyant près du canapé. C'est ce que j'allais dire !... Et peut-être... trouverez - vous, comme moi, que c'est beaucoup en un jour ?... LUCIENNE. Quand on écrit si bien !... HENRI. A la bonne heure !... je ne conteste pas là-dessus... mais enfin, laissons là M. de Taisy et son mérite épisto- laire... Je suppose seulement un gentil petit ménage comme le nôtre... LUCIENNE. Comme le nôtre?... HENRI. Comme le nôtre l'était, du moins... une lune de miel faite à souhait et qui oubliait de changer ses quartiers... Un jour, dans ce paradis conjugal, une lettre tombe on ne sait d'où... du pommier d'Ève ou d'un guéridon?... Peu importe!... Le mari la ramasse, la replacesur le guéridon... LUCIENNE. Et tout est dit !... II en ri. Attendez, tout n'est pas dit!... Tombe une seconde lettre!... LUCIENNE. Le cas devient plus grave ?... Il EN 11 I. Le croyez-vous?... Pour un mari défiant et emporté, pour un jaloux qui n'examine rien, peut-être; mais le mari n'est pas un dragon... LUCIENNE. Oh! non, certes !... n k n ai. Le mari est tout bonnement un avocat... LUCIENNE. Qui ne s'emporte qu'à l'audience!.. SCÈNE TREIZIÈME 38 HENRI, continuant. Qui ne s'emporte jamais que pour de bonnes raisons!.. Le mari se recueille... il se dit que l'aventure est bien simple, que la lettre tombée du guéridon est une impertinence de l'espèce ordinaire, que, de ces impertinences-là, il en pleut le lendemain d'un bal... (Se tarant.) ce qui n'empêche pas que les impertinents ne méritent une leçon... mais qu'après tout, une femme n'a pas à rendre compte de sottises qu'elle ignore... et que sa femme, à lui, est encore aujourd'hui le cœur charmant, l'âme d'enfant qu'elle était hier... (Lucienne, fait un signé de dénégation.) VoUS ne le croyez pas?.. Je vous réponds que si... Je sais bien qu'elle est un peu nerveuse, impatiente,' agitée, qu'elle ne se reconnaît pas trop elle-même, qu'elle a de petits mouvements de victime et qu'elle voudrait avoir l'air d'une grande coupable... qu'elle vient à son mari une seconde lettre à la main et la lui montre par bravade... Hélas 1 ma chère enfant, si les messages de M. de Taisy avaient quelque prix pour vous, comme vous vous hâteriez de les faire disparaître!.. Si vous étiez tant soit peu complice de ce petit monsieur qui écrit si bien, vous cacheriez ses billets comme des fautes... Mais non, vous m'en poursuivez, vous mêles placez sous les yeux, vous trouvez même que je ne mets pas assezde complaisance à les voir et à m'en indigner... Je ne devine pas encore très-bien pourquoi vous voulez jouer avec le feu... mais, si j'étais juge, je conclurais sans hésiter que vous avez voulu vous moquer de moi !.. LUCIENNE, se levant et passant à droite. Il plaide encore !.. * Il EN Ri. Je plaide pour ma maison !.. Je plaide pour mon foyer!.. Et je ne plaide pas trop mal, à ce qu'il paraît, puisque je vous mets au défi de me répondre !.. * Lucienne, Henri. 34 UN MARI QUI PLEUEE L U CI EN NE. Je ne vous réponds que par un seul mot : Je ne vous aime plus!... Avez-vous encore quelque bel argument pour me prouver le contraire?.. Je ne vous aime plus, entendez-vous'.'.. Non, je ne vous aime plus!.. HENRI. Dame!.. Le mot est assez fort, et, dans un autre moment, je le trouverais sans réplique... Mais je suis avocat jusqu'au bout des ongles, et je ne me tiens jamais pour battu... Figurez-vous... Figure-toi qu'à l'instant même où tu me dis que tu ne m'aimes plus, je sens, moi, qucje t'aime mille fois davantage... Et pardonne-moi, si, au lieu de t'en vouloir de tout le chagrin que tu veux me faire depuis ce matin, je me sens presque disposé à t'en remercier ! . LUCIENNE, tristement. A m'en remercier?.. HENRI. Ah ! traite-moi de rêveur, si tu veux, mais il me semble, fût-ce à ce caprice, fût-ce à cette irritation sans cause qui me tourmentent et qui me charment, il me semble qu'un lien de plus se forme entre nous deux, qu'un espoir se réalise, que sais-je enfin?., qu'un bonheur désiré entre dans !a maison !.. LUCIENNE, attendrie. Henri !.. HE NUI. Et je te jure que, si je ne craignais d'être ridicule, je laisserais couler les larmes qui m'inondent le cœur de joie et de reconnaissance !.. 11 tombe, on pleurant, sur la chaiso qui est a droito du guéridon. LUCIENNE, lui mettant les deux mains sur les yeux. Non, ne pleure pas!.. Je neveux pas que tu pleures!.. Juliette avait raison... Je ne mérite pas d'être heureuse!.. Pardonne-moi !.. Pardonne-moi !.. En disant cela, ollo a tourné autour do la cliaiso où Henri ost assis. * * Honri, Lucienne. SCÈNE QUATORZIÈME 35 HENRI. Te pardonner?., quoi donc?., un des meilleurs moments de ma vie?.. SCÈNE XIV Las Mêmes, JULIETTE. JULIETTE, entrant de gauche. Eh bien?.. LUCIENNE,* se remettant tout de suite. Eh bien ! Tu es plus forte que moi, c'est convenu. (Bas, à Henri.) Essuie tes yeux !.. (a Juiiotto.) Henri n'a pas le don des larmes !.. JULIETTE, bas. Menteuse!.. Est-ce que je n'étais pas là?.. LUCIENNE, viroment, a voix Nasse. Ne dis à personne, alors, que je l'ai fait pleurer!.. HENRI. Ahl çà! mais, que signifie?.. JULIETTE. Monsieur Laroche, grondez bien fort une enfant gâtée qui s'est amusée à se faire du mal et à vous en faire aussi... La lettre que vous avez trouvée sera tombée de mon manchon, elle était pour moi !.. HENRI. Pour vous?.. JULIETTE. Hélas! oui!.. Mais promettez-moi le secret à votre tour!., si Gaston!.. Vous le connaissez!.. HENRI. Gaston!., je crois bien... (Frappé d'une idée.) Ah! mon Dieu!.. JULIETTE, avec inquiétude. Qu'y a-t-il?.. * Henri, Lucienne, Juliette. 36 UN MAKI QUI PLEURE HENRI. Mais c'est que Gaston va tout savoir... Si je pouvais le rejoindre?.. (Eutre Gast n.) Ah!., le voici! SCÈNE XV Les Mêmes, GASTON.* HENRI, bas, à Gaston. D'où viens-tu ?... GASTON, le regardant aven étonnement. D'où tu m'as envoyé !... chez M. de Taisy, parbleu !... LUCIENNE et JULIETTE, effrayées. Chez M. de Taisy?... HENRI. Veux-tu te taire ! GASTON. Pas avantde t'avoir dit deux petits mots : C'est fait !... HENRI. Mais, malheureux, tu ne sais pas?... JULIETTE, l'arrêtant. M. Laroche!... GASTON. Je ne sais pas?... Je sais parfaitement que tu viens do te battre !... HENRI, impatienté. Ce n'est pas le momentde plaisanter...Explique-toi !... GASTON. Tout de suite!... Tu m'avais prié... Oui, mesdames, il m'avait prié d'être son témoin... LUCIENNE, palissant. Henri !... HENRI, la soutenant. Lucienne ! LUCIENNE. ! que c'est mal!... et que c'est bien!... Quoi ! tu voulais?... Lucienne, Henri, Gaston, Juliette. SCÈNE QUINZIÈME 37 HENRI. Eh ! mon Dieu, oui!... Voilà comme nous sommes!... on sauve un scélérat et l'on veut tuer... (s'interrompaot.) Mais ensuite ?... GASTON. Je cours chez M. de Taisy... un jeune homme fort bien élevé d'ailleurs, je lui rends cette justice, et qui fait très- galamment les choses... A peine étais-je entré, qu'il ne me laisse pas le temps de lui faire part du but de ma visite : « Monsieur, me dit-il, je sais ce qui vous amène et ce que je vous dois, je suis à vos ordres !... » A mes ordres?... à moi?... Ma foi, il m'avait passablement déplu hier soir... J'avais passé la nuit à lui tirer les oreilles... en dormant... je m'étais promis ce malin de les lui couper... L'occasion était tentante... Je t'en demande pardon, mon cher Henri !... mais à quoi bon déranger un homme occupé comme toi?... Au lieu de le détromper, je saisis la balle au bond... M. de Taisy avait là un de ses amis... nous partons immédiatement, et, dix minutes après, nous étions dans le jardin de Saint-Léon... Là, mon cher, dans une petite allée... — je (e montrerai cola... pendant l'été, ce doit être charmant, avec des charmilles et des fleurs tout autour... — nous lui avons — je dis bien, puisque c'était pour toi — nous lui avons, dès le second engagement, donné un coup d'épée dans la main droite... Es-tu content de toi?... Tu l'as puni par où il avait péché !... HENRI, aroc effusion. Merci !... GASTON. Il en a pour trois mois avant de pouvoir reprendre la plume. JULIETTE. Ah ! quel bonheur !... GASTON, riant. Est-elle méchante!... (a Henri.) Et que dis-tu de la méprise?... 38 UN MARI QUI PLEURE HENRI. Moi?... je dis... qu'il y a une Providence !... Mais si ce monsieur recommence à écrire, c'est à moi qu'il aura affaire cette fois... Pan ! pan ! pan ! pan ! LUCIENNE. Je ne veux plus que tu te battes, Henri, je te le défends !.. GASTON, bas , a sa femme. C'est une leçon pour elle !... II EN R I. Comment, tu ne veux plus?... mon premier duel, cependant, a été assez heureux !... LUCIENNE. Le second n'aurait peut-être pas la même chance. HENRI, gaiement. Bail! pour prouver qu'on a un peu de cœur... une fois par hasard, une petite affaire au premier sang !... LUCIENNE. Non, non, je m'en tiens à ta première larme. FIN CBATILLON-SUR-SBIMB. — IIIPH1UKH1K 11. CuKMLI.lt . EN VENTE CHEZ ?1ÈCE3 DE THEATRE, BELLE LES MÊMES ÉDITEURS ÉDITION, FORMAT GRAND IN-18 ANGLAIS Claudio, drame on 3 actos............. Lo Mariage de Victorine, corn, en 3 a.. José Maria, opéra comii|uo en 3 actos.. Les Don Juan do villago.com. en 3 actos. l e Lis du Japon, comédie en iacto... Le Maître do la Maison, cnm. en 5 act'S. L'Amour d'une ingénue, com. en 1 acte.. Le Sorcier, opéra comique en 1 acte.... Nos bons Villageois, coin, en 5 actes... Les Amours de Paris, dr. en 5 actes... La Vipérine, opérette on 1 acte....... La Conjuration d'Amboise, dr. en 5 a. Gredin de Pigoche, opérette en 1 acte. La Vie parisienne, pièco on 5 actes.... Les Deux Sourds, comédie en t acte... Les Chaînes do (leurs, com. en 1 acte... Nos bonnes Villageoises, parod. 2 actes. Mignon, opéra comique on 3 actes..... Le FreiscÉnti, op. fant. en 3 actes..... Mauprat, drame en 5 actes............ Flaminio, comédie en 4 acles.......... Los Tlmgs a Paris, rovue on 3 actes... Les Trois Curiaces, com. en 1 acto... Maison neuve, comédie on 5 actes...... La Reine Cotillon, dramo en 5 actos____ La Durhesso de Montemayor, dr. en 5 a. Le Cas de Conscience, com. en 1 acte.. Toby le Boiteux, dramo on 5 actes...... Los Légendes de Garanti, pièce on 3 a. La Vie de Garnison, com.-vaud. en 2 a. Maxwell, drame en 5 actes........... Le Royaume do la Bêtise, fant. en 4 a.. Sardanapale, opéra en 3 actes......... Les Brebis galeuses, com. en 4 actes .. Galilée, drame on 3 actos.............. Les Idées de Mme Aubray, com. en 4 a. Madame Patapon r .oinédie en lacté... Roméo et Juliette, opéra de Gounod... LaGr. Ducb. do Gerolstoin.op.bouffo 3 a. line faut pas courir 2 lie v. à la fois, prov. Los Deux Jounesses, com. en 2 actes... Les Bases jaunes, comédio en 1 acte.... Lo Pc ro Gacbclto, dramo en 5 actos.... La Cravate blancbe, com. en 1 acte.... Lo Casseur de nierros, dr. en 5 actos.. La Puce a l'oreille, com.-vand. oui a.. La Vertu de ma Femme, com. on 1 ace. Tout pour les Damos.com. on 1 acte.. Albortino do Merris, com. en 3 actos... Los Bleuets, opéra com. en 3 actes..... L'homme masqué et W Sanglier de Bou- gival, folio......... ............... Iloman d'une honnête Femme, com. 3 a. Robinsnn Crusoë, on. com. on 3 actos... Miss Suzanne, comédie en 4 actes...... Le Frère aîné, drame en 1 acte Madame Besroct es, comédie en 4 actes. 1 l t 2 1 2 t I 3 3 t a i 3 i i t t i i i t M i 3 3 i f * i 50 t BO 2 * * 50 t 2 4 2 i i 2 ( i 50 1 3 1 50 1 1 I ) 50 1 1 3 \ i 1 4 Lo eomto Jacques, com. on 3 a. et en v. ï » Geneviève de Brabant, op. bouffe en 3 a. 1 50 Un jour do déménagement, vaud. en i a. 1 i Un voyago autour du demi-monde, v. 5 a. i 50 La Jolie fille de Perth, op. com. en 3 a. ï > Didier, drame en 3 actes............. 1 50 Paul Forestier, com. en 4 a. et en vers. 4 > Le Crime de Faverne, dr. en 5 actos.. 2 > Le Papa du prix d'honneur, com. eu 4 a. 2 > Molière, drame en 5 actes............. 1 50 Un Coup de bourse,com. en 5 actes... 2 > Comme elles sont toutes, com. en 1 a.. 1 » Hamb t, opéra en 5 actos............. 1 > Un Baiser anonymo.com. en 1 acte... I » Les Grandes demoiselles, com. rn l a. 4 » L'élixir do Cornélius, opéritte en 1 a., i » La Revanche d'Iris, com. i n 1 a. on v.. i » Nos Ancêtros, dr. en 5 a. en vers...... 3 » Le Roi Lear, drame en 5 actes, en vers 3 » Lo Régiment qui passe, comédio en 1 a. 1 > Cent millo fr. et ma fille, vaud. on 4 a. > 50 Le Zouave est en basl pnrhado en i a. i » Le Cbàtoan à Toto, op. bouffe en 3 a. 2 . Lo Pont des Soupirs, op. bouffe eu 4 a. 3 > La Loterie du mariage, com. 2 a. en v. 1 50 Lo Coq de Micylle, com. en 2 a. en v.. i 50 La Clarine, drame on 5 actes......... 2 » Les Orphelins do Venise, dr. en 5 a. . 2 » L'abîme, dramo on 5 actes,........... 2 • Los Amendes do Timothée, com. en i a.. 1 > Une Journée do Diderot, com. en i a . 1 > Gardo-toi, je me garde, com. en 1 a,.. 1 > Agamomnon, tragédie ou 5 actes...... 1 50 La Bohomo d'Argent, diamo en 5 a.....50 Les Souliers de Mal, comédie on l acte, i > Les Maris S'int esclavs, com. en 3 a... 1 50 La Vie privée, vaudeville ou i acto... 1 > Fnnny Lear, comédie en 5 actes.......2 • Une Eclipso de lnno, vaud. on i acto. i » Madame ost couchée, com. en i acte.. 1 » Le Lys do la Vallée, com. en 3 actes., i 50 Imliana ot Charlemagne, vaud. en i a. 1 » Les Prooiières armes de Richelieu, c. 2 a. 1 50 Paris ventre a terre, com. fant. on 3 a.. 3 » A doux do jeu. comédio on i acte,____ 1 50 Nos Enfants, drame en 5 actes....... 3 » Les Croquouses de pnmnv's, opér. 5 a. 2 » Cadio. drame en 5 actes., ........... 3 » La Périchole, opéra bouffe'en 2 actes.. 3 » Où l'on va, comédio en 3 actes..... . ^ » Lo Sacrilégo, dramo on 5 actes..... 3 » Lo Bouquet, comédio en 1 acto....... 1 » Snianne et les deux vieillards, com, i a. i 50 Madame do Cbamblay, drame en 5 a.. 3 > Le DranM do la ruo do la Paix, dr. 5 a, 3 . Le Monde où l'ons'amuse, com. t a... 1 • L'Enfant proOigue, com. eu 4 ucteJ... 3 • rouit, - m. mu», lwit ir us. l'uo 4214 j