Fc411/8 m n mu un mu mu nui n mu ■F+C411/08* LE MAURICO DE V E N I S E , PARODIE D'OTHELLO LE MAURIC O DE VENISE, PARODIE D'OTHELLO, P a r C. A. B. S E W RI N. Prix, i5 sous. Chez BARBA, Libraire , rue Saint . Andr* des Arts , N°. 27. 1 7 9 3. m2S,2A ANECDOTE y| SS £ 7 V CURIEUSE. L'estimable Ducis vcnoit de donner sa Tragédie d Othello , ouvrage plein de feu, et l'un de ceux qui font le plus d'honneur au Shakespeare moderne , lorsqu'à la seconde représentation , les affiches d'un théâtre de second ordre, annoncèrent la première du Maurico de Venise , Parodie. Le Triumvirat du Vaudeville, trois auteurs dont il est inutile de citer les noms , parce que leurs talens sont connus , travailloient à une pièce de même genre , et furent extrêmement piqués de ne pouvoir paroître les premiers ; ils n'a- voient fait alors qu'esquisser leur canevas; le punch et le café (i) n'avoient point encore échauffé leur imagination , et produit ces saillies heureuses , ces pointes d'esprit, ces étein- celles qui brillent de toutes parts dans Arlequin Cruello. { i ) On sait ou peut-être l'on ne sait pas que quand ces trois favoris des Muses ont arrête un plan , ils te rassemblent la nuit , prennent force punch et eafé , embrasent leur cerveau fécond , et tout en riant , eu buvant , composent Tes plus jolies choses du monde. C'est au milieu de semblables orgies qu'ont été conçues les charmantes pièces d'Ailcqnin Afficheur . Arlequin Taquin , Arlerjuin Machiniste , etc. «te. etc. etc. etc. etc. 6 î) Quelle contrariété !..... Maurice doit m montrer sa hideuse figure avant Crudlo ! . . , Un >> mauvais rimailleur p::sseroit avant les protégés i< de Phœbus.....Chétif avorton ! . . . . tu >> mourras avant d'être né N attuions personne , racontons purement et limpk'inei.t * es faits. Midi sonne-, U s Acteurs sont au théâtre; l'orchestre est rassemble ; l'on répète par deux fois la pièce affichée à la porte en gros caractères; les deux repétitions finies, chacun s'en retourne bien certain de jouer son rôle le soir; Mau- lico lui-même s'-cn va tout frétillant , sautillant; à cinq heu:e; If:» oisifs , les turbulcns , les envieux , les avides de nuuvcaulis remplissent la salle ; le spectacle commence par le Devin du Village ; la musique enchanteresse du Philosophe de Genève ne sauroit modérer l'impatience d'un parterre bruyant; elle cesse , la toile se baisse , et au grand ctonneruent de tout le monde , deux minutes après on la relève. Un acteur paroit sur Ja scène ; que de ah ! ah ! se font entendre. ... il annonce enfin que le Mauhico de Venise attaqué d'une maladie subite , ne peut remplir l'attente du public. C'étoitbien le cas de s'écrier: Pntvi\tnt montes , na;citur mus. Quel coup ! û ciel ! . . . fallait-il le prévoir ?. . , Oui. 7 Qui croira que l'auteur du Maurice- de Venise se brouilla à cette époque avec le Directeur du théâtre du Vaudeville , .et qu'il se vit forcé de retirer deux ouvrages reçus , dans la crainte de ne les voir joués de dix ans ? Il essaya parla suite de faire représenter sa Parodie. Pour cet effet il avoit composé le couplet suivant, qui devoit être chanté avant l'ouverture , et par lequel Maurice rappelloit ainsi sa, maladie au Public. Air : Je suis AJftchtur , cet. Avant Cruello je suis né. Messieurs , comment se peut-il faire Que Cruello soit mon aîné ? Je vais expliquer ce mystère. Me rendant justice i mon tour , Et de lui craignant quelque niche , Je tombai malade le jour Qu'on me mit sur l'affiche. On observa sagement à l'Auteur que son ouvrage avoit perdu le mérite de la nouveauté; il se contenta donc de livrer cette bluctte à 1 impression. PERSONNAGES. ARLE QJJ I N , Maurico de Venise. S AL I G O , surnommé le Dogue de Venise. PESANT, babillé en Scapin. MONOTONE. COLOMBINE. CAS S AN DUE. LÉAN DRE BUVEURS. le théâtre représente une tabagie. Bans un coin cSt un grabat. LE MAURIGO D E V E N I S E , PARODIE D'OTHELLO, SCENE PREMIERE. S A LIG O à cheval sur un tonneau , Buveurs autour de lui. S A L I G O. Air : Dupant mon emi. Buvons, mes amis , Vuldons cette tonne , Ce sont les profits Qu'Arlequin nous donne , Pour l'aider dans ses travaux A vuider tous les caveaux. ( Tous les Buveurs répètent ce couplet.) S À L I G O. Ceci n'est que le vin du bourgeois, mais Arlequin a fait cette nuit une descente chez les Moines , et je ne doute pas que nous n'aval- Ijôns demain à longs traits le bourgogne et le « bampagne. io Le M au Rico r>E Venise, SCENE II. LES M Ê MES , CASSANDRE. Cassant)'re, arrivant tout .tsoujflé. Air: Des Xrtmbleurs. Amis , laisscz-là toi verres , Reprenez vos fronts sévères , Vos bras me sont nécessaires Pour me venger d'un coquin , De l'action polissonne Commise sur la personne De ma filic Monotone Par le plus noir Arlequin. S A I. I G O. Monsieur Cassandre , avant d'accuser Arlequin , êtes vous sûr du crime..... S C E ,Y E III. LES MÊMES , ARLEQUIN , MONOTONE ET COLOMBINE. Arlequin, paraissant le premier. En est-ce un que d'aimer?. . . Monotone, paraissant ensuite. Messieurs, il n'y a que mon père qui trouve du mal dans tout cela... Le fait est qu' Air : Vive lis fillettes. A la pépinière Allant un beau soir Comédie. 11 Avec mon cher père En niantelet noir , A la pépinière Aile quin me vit , Et fit île manière , Ou'upproihani il .'.il : !> A la pépinière il Si demain au soir . » Sans votre vieux père , ii Vous venez me voir. ii Vont* saurez , ma chère , ii Ce qu'il fuit savoir h Quand iiilc veut plaire , ii Et dans cet espoir.....■> A la pépinière Bientôt retournant , j'appris le mystère De ce tendre amant. Il est inutile de vous raconter toutes les jolies choses dont il m'entretint , vous saurez seulement que quand il eut fini de parler..... iiJe ne l'cntendoisplus ,ct j'écoutoisencore. C A S S A N I> R r.. O ciel ! faut-il que ces cheveux, blancs soient souillés aujourd'hui. . . A n i. r. ou i n. Monsieur Cassandre , ne vous dé;olez pas , je n'ai point déshonof.i votre Lille. Est - ce is Le Maurico de Venise. parce que je suis noir que vous la croyez perdue ? »Lacoulemdc mon front nuit-elle à mon courage. ;> Monotone. Non vraiment. CASSANDRE,à Sa filU. Tu l'applaudis (A Arlequin.) » Va , cette fille si chère ji Peut tromper sone'poux , ayant trompe son pire. Arlequin. Je n'en crois rien..... Air : De Rose et Colas. 4 M'aimcs-tu ?. . . . Monotone. Ah comme je t'aime ! A R I. E Q_ U I N. M'aimcs-tu ? . . . Monotone. Ah comme je t'aime . Ht. Arlequin. C est assez pour une scène d'amour. CASS ANDRE. Quoi ! devant moi.....Mais venge* - moi donc, Messieurs , toi, mon cher Saliro , ne me laisse pas dans l'embarras. C O M É D I T. l3 S A L I G O. Je serais bien fâché de me brouiller avec Arlequin, il est trop bon garçon. Considérez Monsieur Cassandre , tous les services qu'il a rendus à notre tabagie; combien de -fois il s'est exposé pour nous. n Et dans de grands périls il nous fam de grands hommes. Cassandre. » La gloire au criminel ne sert jamais d'excuse. Mais vous déraisonnez tous , ma fille , pour la dernière fois, voyez qui vous voulez suivre ? Monotone. Mon père..... Cassandre. Je vous comprends.....Adieu. (Il sort.) Arlequin. Voilà une drôle de sortie , ma foi : je crois Monsieur votre cher père un peu fou. S A l i g o. Effectivement , ne le perdons pas de vue , de peur qu'il ne fasse quelques folies. (Il sort avec' tous les Buveurs. ) Arlequin. Air : Vous voyn en moi mon cœur. Moi , puisque j'aurai ta main , En secret de ton vieux père , t' Le Maurico de Venise, Je cours pour notre festin Préparer bonu'chair , bon vin, Et tant, tant , tant , et tant , C)u .1 ses yeux enfin , ma chère , S'iî nous surprend Poui tant , Mou teint deviendra plus blanc. w— inmmimwmncmeBB^Bmmnmq&mmKÊmBMEimiummmmmaBmfmtmm S C E > E IV. MONOTONE, COLOMBINE. Monotone. Eh bien , Colombine ? Colombine. Hélas ! Monotone. Que pense-tu de tout cela ? Colombine. Hélas ! Monotone. Arlequin n'est-il pas charmant ? Colombine. Hélas ! Monotone. Colombine ! .. . ô ciel ! je tremble ?. > . . Colombine. Ojr'avet-vous ?. . . . Comédie. jS Monotone. T» ne le devinerois pus.....La mort de ma mère qui me revient tout-à-coup à l'esprit. COLOMBINE. En effet , c'est bien nécessaire d'y penser à présent. Allons, dissipez-vous..... Mono t o n e. Hélas 1 ma chère enfant, tu mourras malheureuse. COLOMBINE. Mademoiselle ! Monotone. Hélas ! ma chère enfant , lu mourras malheureuse. COLOMBINE. Que dites-vous donc là ? Monotone. Ce que m'a prédit ma mère. COLOMBINE. En vérité , je ne conçois rien à toutes ces frénésies......Mais voici votre père. Monotone, Encore!... Rçtire-toi. ( Colombint sort avec dignité, ) 16 Le Mai; Rico de Venise, SCENE V. C A i. S A N D R E , un papier à la main. Air : On vous en ratine , tissse , tisse. Le moyen le plus certain De congédier Arlequin C'est d'employer l'artifice Cet écrit me servira. Monotone, On vous en ratisse , tisse , tisse , On vous en ratissera. CASSANDRE. Air : Et Jton ,fion ,Jlon . Ciel ! je rentre en furie ; Pour la dernière fois..... Il y va de ta vie. . . . , Signe..... f II lève sa héquills pour la forcer à signer. Monotone signe. ) ( Gaimrni. ) Elle a signé , je crois , Et flon , (Ion , flon. ( Il s'en va en dansant. ) Larila dondaine , Et gai , gai , gai La rila dondé. Monotone Comédie. 17 Monotone, Varié tant. K\t : De tous les Capucins du monde. J'ai signe , vous devez , je pense , Me meure dans la conlidence. C A S S A NID R, L. Non , tantôt tu seras au fait , Car à présent, ma clierc amie ,' Je dois nie taire. Cx. iSiYet '. Et* ! le secret , De la Tragédie. Ht lion , flou , flop. Larila dondainc , Et gui , gai , gai Larila doittié. MOBBMMHm^^^B^W3BmmKBOTVWSQ|9]MnnV.. l'.J .T3M" _Ji S C E X E y 1. MONOTONE, wîfii Que piétend-il faire de rc billet ?Je ne l'ai pas lu; à quoi m'y scrois-je engagée ; mon père voudroit-il me donnerun mari d'une naissance au-dessus de celle d'Arlequin ; il autoit beau faire 1 . ... Air : De M. de Câlinât. Ah ! je méprise trop ces hommes orgueilleux, Far centaines toujours se comptant des aïeux. Et qui n'ont tien reçu de ces nobles fameux , Que l'opprobre, éclatant (Te'tré descendu d'eux. B 8 Le Maurico de V e n s e, 5 C E JV E VII. MONOTONE , COLOMBINE, L É A N D R E. COLOMBINE. Mamselle , un jeune homme est là qui demande à vous parler---- Monotone. Uu jeune homme !... fais entrer..... L É A N D R E. Air : Malgré la httaillt. Fille de Cassandre Je suis amoureux ; Mon nom est Lcandre f \ Pour vous plein de feux , Votre cœur préicre Sans doute Arlequin , N'importe , ma chère , J'aurai votre main. Monotone. Quoi ? ... L É A N D R E. Air : Au clair de la /une. J'en ai la promesse , Voulez-vous la voir? Sur votre tendresse Je compte ce soir. Comédie. ig ( II lui donne un papier. ) Lisez : c'est de la prose.. Mo n otone, lisant. »• Je jure de renoncer à Arlequin , et d'épou-- j> ser qui bon semblera à mon père. » >? Signe , Monotone, m ' O ciel ! L É A N D R E. C'est moi qu'il a choisi. ( Ici Pesant entre , et va se cacher sous la table. ) { Suite de l'air. ] Je serai , manuelle , Je ne vous mens pas , Serviteur fidclc 1 De tous vos appas. M O N O T O N E. Monsieur , je suis bien embarrassée pour yous répondre; amené» mon père ici .... L É a n n R E. Votre père ? . . . Air : Le cœur de mon Anneiit. Mamselle , Dieu sait comme , Pour noyer ses chagrins, Aujourd'hui le bonhomme S'est mis entre deux vins. Monotone,' Eh mais oui d.i , L'on ne saurait trouver de mal à Ça. B s so Le M au Rico de Venise, L É A N D R E. Eh mais oui (la , Il a fait plus encore que tout ça M O N O T O N E. Qu'a-t-il fait ?. . . , L É A N D R E. 11 s'est porté à des excès si immodérés , qu'il court en ce moment les plus grands dangers. . .. Ou le conduit en prison..... MONO T O N E. Qu'entends - je; mon père en prison ! Aii : lléviilla-vous belle endormie. Helas , Monsieur, quelle ressource , Pour le sauver , trouverons-nous ? L É A N D R E. Avez-vous besoin de ma bourse ? ' Dites le , mou bras est à vous , ( Pesant sort. )' ou si vous l'aimez mieux , je suis fils de Saligo ; j'emploierai tout mon crédit auprès de lui pour délivrer Monsieur Caisaudre. . M o N o t o N E. Won jeune homme !. . . il semble que le ciel vous ait fait tomber des nues pour me tendre ce service ; allez , prenez tout, ma croix , mes boucles ,' mon é vantail. ... ce sont des cadeaux d'Arlequin , je les sacrifie pour sauver mon pèr I C O M E D I E. 2T je vous rends la promesse qu'il m'avait sur- ' prise , faites-en 1 usage qui vous plaira. L É ( A N D RE. Je cours, je vole. . . . Monotone. Et revenez bien vûe , ou je meurs. .... L É A n l D r F,, déclamant. Songez , Madame , à vivre , et non pas à mourir. ( // sort. ) 0 j. * ,?] ~. i- -m., m. .. j « . , - l^-_ -iji , .i-j,u:--y ; j^ xm.^ . - z :±: t::!~ 3->3* S C EXE Vil h MONOTONE, seule. ■ Mais je reficchis à présent..... Air : Pour ta Baronne. Oucllc imprudence ! Si mon Ailequin apprenoit Que j'ai reçu dans son absence Un beau jeune homme. Ah qu'ai-je fait ? Ouclle imprudence ! Air Ce fut par la faute du seirt. Tous ses cadeaux , tous ses bijou;: Sont entre les mains df Leandre , Oui peut devenir mon époux. Par 1 t'ait que je viens de rendre. L'apparence trompe souvent. . . . Ouoiqu'innocentc je m'expose , Arlequin croiroitsur lc-champ Que j'ai donne bien autre chose, {lu.) B 3 I îi Le Maurico de Venise. Air : Du petit mol pour rire. Pour qu'il n'en soit plus question , A l'instant de cette maison Sortons sans être vue. . . . Par cette porte on vient ici , Je crois que par cette autre ci Je gagnerai. .... Je gagnerai..... îîicn plus vite la rue. ( Elle sort à droit!. ) S C E JV E IX. ARLEQUIN ET PESANT, entrant par la gauche. A k le qv i N , une fleur à la main. Air : Nous nous marierons Dimanche, je n'ai point change , Tout est arrangé , Je l'épouserai Dimanche , Vois ces gands , Ces rubans De couleur blanche , Cette fleur peint son amc pure et franche, ( // lire des jarretières de sa pèche. ) C'est toi , mon ami , Qui prendras ceci , Et pas plus tard que Dimanche. Pesant, d'un air sombre Tu ne louches point encore à ce moment où Comédie. «3 tu crois être heureux. ( gaïment. ) As-tu donc oublié'que la scène se passe à Venise? ( II déclame. ) Avec quel front tranquilc on y trahit sa foi , Ta maîtresse , Arlequin , n'est pas encore à toi. Arlequin. Tu me fais trembler. Pesant. Une femme souvent cause plus de malheurs Que nos volcans en flammes et nos mers en fureurs. A R L E Q, U I N. Eh bien , qu'est-ce que tout cela signifie ? ça doit-il m'empêcher de me marier? Pesant. Sais-tu souffrir ? A R L F. ç>_ u i n. Oui, je suis homme...... Pesant. - Bien sûr.....écoute.... Monotone est infidèle. A R L E Q, U I N. Qu'osez-vous dire , Pesant ?. Pesant. La vérité. »4 24 Le Ma u Rico de Venise. Air : Mon cousin l'allure. A Venise , à Palis , Mou ami, A Londres comme A Rome, A Madrid , à Cadix , A Tunis , Par-tout je t'en avertis , Mon ami, La femme trompe l'homme , Mou ami , La femme trompe l'homme. Arlequin. Tu es un imposteur----Monotone est inc. pable de me tromper. P E S A N T. Aii : La bonne avanlure S gué. Vous vous flattez d'un espoir Bien fou , je voi:_". jure , ' Elle a le coeur aussi noir Que votre ligure A R I. E O U I N. Cici ! je sais au desespoir, Pesant. Dans l'Mlstant lu vas savoir, Ta bonne avanlure O g'«é , Ta bonne avanlure. , ( // lui donne le papier. ) Comédie. 2 5 A II I I -*jiT,M jgglt ^p--------•---'*-"---r-- S C E jV E XII. MONO T ONE, seule. Me voilà seule. . .. Je puis donc à mon aise m'entretenir de ma mère. 3o Le M au Rico deVenisi, Air : Que ne suis-je la fougère Mon père , époux tyrannique , Lui causoit tant, tant de maux pue douze grains d'émétique Lui rendirent le repos. Ce fût une fin tragique , Car la bonne femme , hélas ! Avoit cru que la colique. Sans souffrir Lui donneroit le trépas.. Enfin un soir après les crises les plus violentes. . . Je ne l'oublirai jamais , une triste et foible lampe éclaireroit cette scène , comme ici. elle me répéta : En rendant lame avec une grimace affreuse , Hclas ! ma chère enfant , tu mourras malheureuse. Il faut avouer pourtant que je ne sais guères ce que je fais ni ce que je dis , ma foi , puisque voilà un lit, il faut au moins s'en servir , il ne doit pas être là pour rien. [Elle se couche.) Je suis accablée de fatigue.. . Je baille. . . . Air : Tirez le rideau. Essayons de nous endormir : bis. Je sens mes bras s'appesantir. Tirons les rideaux , Dondaine , Tirons les rideaux , Dodo. » Comédie. SCENE XIII. MONO TONE,w!i lit , A RLE Q U IN. "s* Arlequin , envflnppé dans son manteau , le' chapeau lui couvrant la figure , il s'avancera petits pas. Allons , c'est dit, voyons si elle soutiendra long - temps limposturc. . , La voilà endormie. Que ces sombres clartés L'embellissent encore i mes yeux enchantés! Sangodémi ! Comment la réveiller ? Et parbleu en criant bien fort. . . . Air : d'F.rntlinde. A ma voix que tout ici tremble. ' Monotone. Qu'est-là ? A r l e q,u in, à part. Il faurme contenir,. . . ( Haut) C'est moi, ma petite bonne amie. Monotone, se levant. Et que viens-tu chercher à cette heure-ci, mon cher Arlequin . Arlequin, à part. Son cher Arlequin. . . Hein ! la coquine .... 32 Le Macrico de Venise, ( Haut. ) Ma bonne amie , c'est que j'ai quelque chose qai me tourmente. Monotone. Quoi donc ? A R l e o u i N. Air : De llirili. Ta fidélité , me dit-on , , N'est que pure chimère , 11 faut détruire un tel soupçon. Ton cœur est-iV sincère ? , ; Je t'en demande bien paidon , l.a faridoiidainc , la faridondon , Mais ticus je crains d'être mari , Biri'oi , A la façon de Raibari. Moi^ami. M ON O T O N E. AÏT : A jamais Colin i'cvgrigt. Arlequin , ici je tejure , De n'aimer que toi . lis. Sans être panure Je vivrai pour toi, Amour , uucllammc aussi pure Ne doit s'éteindre qu'avec moi. O U N. J'entre en fureur., Monotone. Ou'avcz-vous ? ARLEQJjm. Comédie. 33 Arlequin. Une femme, grand Dieu ! .tranquillement perfide, "* ' , V ' ^ * , Nous perce en nous flattant d'un poignai d homicide. M O N O T O N E. Je ne vous comprends pas. Arlequin. Vous ctes-vous recommandée à tous les saints du paradis ? Monotone. Pourquoi faire ? Ar leo_uin, lui donnant le billet. Lisez. . . . Monotone. Arlequin ! . . . A r l E q_ u i n. Lisez, vous dis-je ? Monotone. Mais..... Arlequin. Lisez , lisez , lisez. Monotone, lisant , nje jure de renoncer à Ailequin , et d epou- it ser qui bon semblera à mon père. >> Signé, Monotone. e£8*K 34 Le M a u ric o de Venise, Arlequin. Voyez cette croix , ce^ boucles, cet évantail Monotone Je les ai vus. Arleq_uin. Ayez-vous reçu tantôt ici le bea u Léandre ? M o N o t o n E. Je l'ai reçu, Arlequin. Et vous dites que vous m'aimez, ingrate , vous en laites le serment , perfide , ton Léandrc n'est plus ; Pesant m'a rendu le service de le tuer. Monotone. O ciel ! que dites-vous ? ARLEQ.UIN. Tu lui donnes des pleurs ! Monotone. Je defendl l'innocence jusqu'au dernier soupir. A R L E Q, u I N , montrant sa balte. Vois-tu bien ce poi jnard ? Comédie. Î5 Monotone. Il faut être bien noir ; un François ne feroit pas ça. (1). Arleq_uin, lui donnant un coup de sa bat te. Oh ! tu peux me dire des injures, tant que tu voudras , vas , je ne rougis jamais. RI 0 N O T o N E tombant aux pieds du lit. Arrêtez , je me meurs. A R L e q_ v x N. Elle se meurt ? Ah je sens les remords à présent. Quelqu'un vient ici. Tirons le rideau , Dondaine , Tirons le rideau , Dodo. ( ! ) C'en ec que dit à haute voi.i une u'.vfnc rie< preM»irtsfa£C» au niciaf m rà Oth-ello veut pripn.idrr Eficlmone. 36 Le M a u ric o de Venise, S C EXE XI II et dernière. LES MÊMES, CAS SAN DRE, SALIGO, L E A N D il E , et des Voisins tenant lu jiiûpart une chandelle à la main C H (E U II S. Air : De la Boulangère. Arlequin , lu peux à présent Entrer dans ! famille. *t A R L E OUI N. 1 McMi.iuri', chantez plus doucement , C A S S A N D K E. Je le donne nia fille. A R L E Çl V I N. Vraiment. T o U s. donne ""fille. Il i« îa C A S S A N D R t. Léandre généreusement T'en fait le sacrifice. A s 1,1 i,i VIN. Comtnent , Léaodre ! est-cc qu'il est rcs- C O M ft D t E. 3j L É A N D R E. D'être mort j'avois fait semblant. Arlequin. ■ . Au diable l'artifice , Vraiment , Au diable l'ariificc. S A L I G O. C'est Pesant seul qui t'a trahi ; mais nous l'avons si Lien arrangé qu'il ne s'avisera plus de jouer les rôles d'intriguant. A R L E o ù i k. Mais ce mau Ht billet. . . . C A S ' S A N D R E. Ça seroit trop long à te raconter , je te l'apprendrai une autre Ibis } ne songeons à présent qu'au mariage. Où est ma fille ? Arlequin. Elle dort , ne la réveillez pas. COLOMBINE. Mais pour une aussi bonne cause. ( Elle ouvre le rideau. ) T o u s. Ah ! ma fille ! > Mademoiselle! { A R L E q. 0 1 N. Qu'ai-jc fait ? elle èioit innocente. BBAÛMGGMamBHMtfMMfiflMBHS 38 Le M a u r i c o hk Ve n r s i. Monotone. Air : J'ai perdu ra»n âne. Messieurs , j e suis morte , ( bis. ) Messieurs, ne me regarder plus, Ne m'approchez plus , Ne me touchez plus , Messieurs , je suis morte. ( bis.} A R L E Q_ U I N. 2. Ma maudite étoile (^»-| M'a fait tomber dans le panneau, ( // tombe à côté d'elle. ) S A L I G O. Tour cacher ce triste tableau, Qu'on baisse la toile ( i ). ( Us. ) ( i J Au cinquième acte "on que la pièce lui paroi mauvaise , mais un elle lui inspiroit d'àorreur, ce qui en augmenta le mérite. b 1 N