Répertoire du Théâtre français à Berlin. M 99. 1IM® 21 D'UN TOMOTIL mm îHTJâQAIBID^ COMÉDIE EN UN ACTE, M KL KE DK VAUDEVILLES; PAR MM. SCRIBE et MELESVILLE. Prix: 10 Sgr. (8 gGr.) Berlin, 1832. ez Ad. Mt. Schlefuiiger, Libraire et Éditeur de Musique, untrr den Linden Nn. 34, PERSONNAGES. ACTEURS. CUSTAVK i)R MONTKMAKT, colonel Mr. nKl.COUH. MATH1LHK, sa IVmmn..... Mlle. HtLLBR, VtON, toM-iieutrnanl......Mtf«. DESCH tffBh Le Théâtre représente ï'intérieur d'une prison, en forme de tour ronde. Sur le premier plan, à la droite du tpectateur, une fenêtre grillée; sur le second plan, la porte d'entrée. Au fond, une grande fenêtre d'où l'on peut voir la terrasse où se promènent les prison/tiers. A gauche, sur le premier plan, une porte secrète; sur le second plan, une lucarne élevée et grillée, cl auprès de la fenêtre du fond une porte 'jui conduit à la chambre à coucher de Gustave. Scène I. GUSTAVE, en négligé de prison, assis devant une table, et regardant sa montre. I*a journée ne iinira pas! . . Cinq heures viennent à peine de sonner à la grande tour, et moi, qui vais bien, j'ai cinq heures trente-cinq . . ces horloge* de prison, ça retarde toujours!.. [Il M 7mm]. Ma loi, c'est une chose assez ennuyeuse que d'être en prison . . ça m'a amuse" le premier jour, parce qu'un colonel en prison, c'est, c'est assez original . . ">"is on se fait à tout .. heureusement ine voilà au huitième et dernier jour.. ce sera demain que je retournerai à Paris ; 'lue je reverrai ma femme! . . Ma jolie petite Mathilde . . il y a si long-temps que je ne l'ai embrassée . . Allons, allons; encore un peu de patience . . [S» promenant]. Riais qu'est-ce que je vais faire d'ici là? Je me suis d;:nné tous les diver- Basemena que comportait ma situation . . Je me suis méthodiquement promené en long et en large; j'ai dessiné la plan " e la dernière bataille; j'ai chanté tous mes airs d'Opera- t( ""'quu . . j';,i pense à ma femme . . il fallait bien s'occu- Per! . . Mais à présent à qui vais-je penser? \S\, vv r„rl,<„ii '"<■«"»> n gauche]. Qu'est-ce que je vois là, de mon belvédère î C'est un uniforme qui est à la croisée en face.. Lo '«ment diable établir une ligne télégraphique [4f**M ■»• """"■'wir ,,„ r /„ rrn!u .„ . || m ' a vu> car il répond à mes si- S"es . . [ Cria , i( j t JJonjotir, camarade! . . Ça vous va-t-il bien?.. 4 [Ecoulant comme si on lui répondait]. Ah! VOUS VOUS eillMjez! . • Moi, c'est différent, je m'amuse beaucoup . . [Beovlant]. Q 1 " je suis?. , Gustave de Montemart. • colonel au sixième de liussards . . lit vous? . . Hein! . . A peine si on entend . < Léon sous-lieutenant . . Mais il s'en va . , [Quittant la craUfà' Tiens . . Léon . . eh ! nous nous sommes déjà vus • . oui ; l° rS de la dertlièrfl affaire . . Un officier de dix-sept ans qu'on prendrait pour une demoiselle . . qui ne boit pas, ne jure janW*» et qui rougit en saluant une dame . . Ah! c'est lui qui eS * en prison . . A la bonne heure . . il commence à se lancer • • ah! le voila qui revient. [ /tttournant « la fenêtre et croula"'}' Hein! . . Vous voudriez me parler . . et moi aussi. . Att el1 ' dez, j'apperçois RI. Doucet, le geôlier, qui se promène dans la cour, la pipe à la bouche . . [Criant]. IJonjour M. Doucci-• [Ecoutant]. Si j'ai été content? . . Oui, le dincr était b°-'> mais mi peu cher. . J'ai autre chose à vous demander Voulez-vous que le prisonnier en face vienne me rendre V site? . . [Ecoutant]. Comment? . . Si on m'entendait . . [Criant'* towttMte» jorcti]. Eh! qui voulez-vous qui m'entende? .. Vo' rP conscience? . . [à pan]. Oh! bien alors, j'y suis . . I une bourse], Ain: Vu floujle el le Tailleur. Allons, la |ilarc va se rendre,* .le sais rommerit il taut s'y prendre l'our la faire capituler . . Aussitôt tga'oa entend parler Un tendron de son innocence j Un geôlier de sa conscience; C'est qu'ils vaillent nous iadiqaer l.cs endroite qu'il Tant attaquer. [Sri jetant la bourse]. A VOUS . . c'est Ça . . Ifl C011SC'''" f ne lus grand danger, lorsqu'une vingtaine de sabres I e a^gSt V«ient.. Re voilà-t-il pas qu'il se baisse pour ramasser un d'eau de Cologne qu'à avait laissé: tomber . . Eh! le * [On entend tirer lot verroar de la porte rr droite."} 5 Scène II. GUSTAVE, LÉON. LEON. Ali! colonel, que je suis aise «le vous voir; après tout ce <]iie jo von» dois ... on me permet ' d'habiter jusqu'à demain la même prison que voua! GUSTAVE. Je n'ai qu'un regret : c'est que vous ne soyez, pas venu '"ùt jours plus tôt. LKON. Je vous remercie de votre obligeance . . . Comment, y oilà Luit jours que vous êtes ici? gest.uk. Ah! mon dieu, oui ... je ne suis jamais reste" aussi long-temps dans le même endroit. LKON. Vous mettre eu prison . . . après la conduite que vous a V6ï tenue . . lorsque de toute l'armée, votre régiment s'est 'e plus distingué. GUSTAVK. N'est-ce pas? . . Mes hutMrds allaient joliment . . Il est vrai que nous avions reçu l'ordre do rester en réserve, et que nous noua sommes trouvés sur la cavalerie ennemie, je ne sais pas trop comment . . Ils «lisent tous que j'ai crié: „eu avant! . ." Le diable m'emporte si je m'en souviens ... je crois plutôt que ce sont eux . . mais cornue on ne pouvait pas mettre ici tout le régiment; c'est sur "loi que cela est tombé ... ça m'a valu ta croix d'officier, et huit jours de prison. LRON. Quaud serai-je aussi heureux ! GUSTAVE. M»! mais ça commence . . vous ave/, déjà la moitié de "î 0n bonheur . . et le reste ne peut manquer de vous ar- J"' ve '', si jamais vous défendez votre drapeau . . comme vus acons d'eau de Cologne . . Eh! bien, je vous lais rougir, nt vous voilà tout déconcerté. LKON. • . colonel . . c'est que . . je vous prie de ne l'Ius parler de cette affaire là . . c'est déjà elle qui esl "**e que je suis ici. fi GUSTAVE. Vraiment . . eh! bien, je n'aurais pas cru que le code militaire eut prévu ce cas là ... je suis bien aise de le savoir. LFON. Vous n'y êtes pas . . depuis ce jour là on s'égaye à mes dépens ; j'ai entendu Lier deux officiers de la compagnie qui faisaient sur moi des plaisanteries, et même des caleinbourgs . . GUSTAVE. Des calembourgs . . Ah! c'est trop fort! LF.ON. L'un disait que j'éfajs un mililaire à l'eau rose, e ' l'autre prétendait que cetle action là me mettrait en bon» 0 odeur dans le régiment . . Vous concevez comme c'es' désagréable . . AIR : J'en guelte un petit de mon âge. Jugez un peu quelle équipée ! A l'un d'entr'Mix il a l'ullu d'abord Donner, monsieur, un coup d'eper Çui, j'en suis sur, l'aura Messe bien forl. Ft puis, de peur de disputes nouvelle!, Moi je voulais ensuite, voyez-vons. Pour en finir nie hatlre avec eux tous, Car je n'aime pas les quereller. Et voilà pourquoi je suis en prison. CDSTAVK, Mais, c'est nn diable que ce petit garçon là . • AH°"^ allons, il ira bien . . . Ma foi, mou jeune catnarad'', I e v0 • avoue que je n'y tiens plus, et au risque de recevoir at" hS un coup d'épée qui me blesserait bien fort, il faut «r/.] Au fait, il peut aller . . et ce serait dommage de lui laisser prendre une mauvais»! route [haut.] Voyez-vous, mon garçon, tout dépend du commencement . . votre coup d'épée d'hier . . c'est bien . . ça promet . . mais il faut vous défaire de vos mauvaises habitudes ; moi je parle comme à mon lils. LEON. Je comprends bien; ce n'est pas la bonne volonté qui ine manque . . . c'est que je n'ose pas. GUSTAVE, d'un air de confidence. Elle est donc bien jolie? . . LEON. Si vous l'aviez vue, comme moi. Un son de voix qui va là . . j'ai passé trois soirées avec elle . . il y a deux, mois, lorsque je me rendais au régiment. GU8TAVK, êouriant. Voilà donc à quoi se bornent toutes vous campagnes! • • trois soirées . . ce n'est pas trop. LEON. Oui . . mais l'une était un bal. GUSTAVE. C'est juste . . ça doit compter double . . et vous m °'en avancé vos affaires? LEON. Oh! oui: ce jour là j'ai été bien hardi; fe m'étais emparé tle son flacon, de ses gants, de sou mouchoir, et je les m embrassés sans qu'elle le vit. GUSTAYK. Diable!.. et vous n'avez pas eu peur de la compromettre. s itien plus . mouchoir. |e LEON. ue lui ai rendu itiie 1 er -: des fredaines du colonel, et de ses premières inclinations. LEON. Vous voulez dire, sa première inclination, car je suppose que vous avez d'abord commencé par une. GUSTAVE. Du tout. . trois à la fois. LEON. Ah! mon dieu! qu'est-ce que vous me dites-là? GUSTAVE. Chapitre 2: comment le colonel se débarrasse de ses rivaux. LEON. Ah! nous y voilà! . . des duels! GUSTAVE. Laissez-donc . . je n'avais pas envie d'être toujours l'é- V e ? ' u nwin ■. d'ailleurs dans le nombre, il y avait des «vaux légitimes . . des maris, par exemple. 11) LEON. Comment, monsieur, il y avait des maris. Gisrwi:. Il y en a partout . . ch.vfitkk S" 10 .: îles billets- doux et des déclarations. en witiik 4" 10 . et dernier: de la manière de brus (ruer les dé noue m eu s. LKON. Chapitre 4 !! Air: ï'audevillo de Jadis et Aujourd'hui. Oh ! Celui-ci, rien que le titre Doit cUVajer 1rs écoliers: Avant d'entamer ce chapitre, 11 faut bien savoir les premiers. GUSTATH, souriant. Autrefois, oui . . c'était possible; ftlais aujourd'hui, ce n'est plus ça . . Il esl plus d'un amant sensible 0.ui débute par celui-là. {Dit entend sonner une clovhr.) GUSTAVK. C'est le souper. LKON. C'est égal, continuons toujours • . rien que le CD*" pitre 4 . . je n'ai pas faim. GUSTAVE. Oui, mais moi! . . L'ordre et l'exactitude, je ne con- nais que cela! . . et je me ferais un scrupule de Ir.iv.'iiH 1 ' 1 ' quand le souper a sonné. [On entend oumir lu porf*]. PerjnH * vous de nous tenir compagnie . . à moins <|tie vous ne P re " li riez, par ce beau clair de lune, vous promener dans " ,oU parc et mes jardins. LKON. Comment, vous avez un jardin? . . ci s tayk. Oui., une (errasse où il m'est permis de prendre; I <'"' " l'espace de dix pieds carrés. LKON , allant à gauche. De ce côté. GtJSTAYK. Non .. ce sont d'autre* prisons qui cojnmiiniqueBl 81 logement du concierge. Tenez par ici, après ma cbandJie eooeher, vous prenez un escalier tournant, qui conduit a plate-forme que vous vo_yez d'ici. 11 LEON. C'est bon, je vais y réfléchir. . mais vous ne serez pas Ioog-temp8, pour que nous puissions reprendre. GUSTAVE. Soyez tranquille. . en même temps, je commanderai le Punch. [M ouvrant ta porté d» fbnd], Tenez, voilà le chemin du parc, bien . . vous descendez, c'est cela. . prenez garde de vous casser le cou. Scène III. GUSTAVE, $€ul Je suis très-content de mon élève . . un joli sujet qui me fera de l'honneur, et qui eu attendant, m'aura fait passer gaiement ma dernière soirée. LKON , qu'on voit à travers la croisée passer sur la terrasse. On! le beau clair de lune! . . [« Gustave.} Vous ne serez pas long-temps. GUSTAVK. Je vais boire à votre santé, et à vos succès futurs. Air: Dans un casiel dame du haut lignage. Que la folie A table m'accompagne, Je vais enfin quitter ce vieux donjon. Pour mes adieux . . allons force Champagne: Car je l'adore . . et surtout en prison . . Vin bienfaisant, par ta mousse légère. Au prisonnier tu donnes la patte . . Tu viens encor lui fermer la paupière; Kt tu lui fais rêver la liberté. \_ll sort en riant par la porte qui se referme sur lui.} Scène IV. Lu porte à gauche t'ouvre , et Malhilde paru!!. MATH1LDK, à sa femme de chambre qui ne paraît pas. N'avance pas, Anna, je t'en prie, mon mari n'aurait ÇU'a nous reconnaître, il n'y aurait plot deanrprise; rentre, et prépare cette chambre. {La parte reste wurli]. l'ose là mes cartons, ma guitare . . [A elle-même]. Ce cher Gustave . . oh! c e st que j'ai une lèle aussi, moi!., et je veux Ini prouver j'étais digne d'être la femme d'un colonel de hussards !.. 12 si je l'avais su plutôt, je serais venue partager 8a captivité.. mais ue pas m'écrire . . pas une seule Ie((rc tlojmîs huit jours •. il devait bien se clouter que je n'y tiendrais pas, que je preudrais la poste, que je viendrais moi-même savoir de ses nouvelles . . et j'en ai appris de jolies . . en prison depuis huit jours . . voilà donc son appartement . . ce n'est pas joli une prison . . ça ne vaut pas noire pelit salon de la rue du Plelder ! . . c'est une horreur, une injustice d'y envoyer le plus aimable, le plus joli garçon de l'armée . . et puis enfin, un homme marié . . Si j'étais à la place de Gustave, je sais bien ce que je ferais . . je demanderais ma retraite, je quitterais le service, et je no quitterais pins ma femme . . [écoutant] Hein !.. ah ! mon dieu, j'ai cru que c'était lui . . non . . non personne . . Aima, Anna, tenez, vous donnerez cette bourse à madame Doucet, la femme du concierge! . . Cette bonne Marguerite, mon excellente nourrice! j'étais bien silro qu'elle me donnerait les moyens de surprendre mon mari; cette porto dont j'ai seule la clefyc'est charmant . . il me croit à 80 lieues de lui . . aussitôt que tout le monde sera endormi, au milieu de l'obscurité, j'ouvre la porte secrète . . et comme une fée bienfaisante qui prend pitié de sa solitude . . je viens le consoler /»roe/ie]; elle donne sur une terrasse., ah! comme c'est triste . . il y a quoiqu'on . . un officier . . s» c'était lui . . [IMe n'avance davantage] 11011 . . oh ! GllSiaVC est bien mieux . . plus grand . . eh ! mais, comme il me regarde. Aïs: Vaudeville de Turenne. Voyez donc quelle impertinence S Il se place encore plus près . . Quoi! • . des signes d'intelligence! H ii ! mais quels sont donc ses projets;' Il en conterait, j'imagine, A la femme d'un colonel . , Un lieutenant . • mais juste ciel Oue devient doue la discipline? [lille suit i>ar la porto sicrllc] i3 Scène V. LEON, accourant. [Il arrive essouj/ll, s'arrête, et regarde de tous les cités]. Elle était là . . je l'ai vue . . oh! oui, c'était bien clic., îe l'ai parfaitement reconnue., par où s'est-elle échappée?.. a,s, mon lit de camp est là dedans. LEON. Non . . non . . je vous attendrai. GUSTAVE. Je vois que vous êtes pour la guerre d'observation . . [ii pan] il ne me quittera pas: BÎ je pouvais l'endormir avec lues campagnes. LEON, ii pari. Oh ! la bonne idée . . une fois sur le lit de camp, le vin de Champagne qu'il a bu . . ce ne sera pas long . . et pendant son sommeil . > [haut, il se lève]. Ma foi, mon général, j'ai beau regarder, 1 ennenri ne se montre pas, et je crois qu'il n'y aura rien à faire ce soir .. GUSTAVE. Je le crois aussi, et nous ferons bien de battre eu retraite . . et de remettre l'attaque a demain matin. LEON. Ainsi donc, suspension d'armes. GUSTAVE. Suspension d'armes; et allouB nous coucher, DUO. Air nouveau do 31. Vranicr. ENSEMBLE. Allons sans iIcTtance Nous livrer au sommeil ; mtmitm d'un Colonel de hussard*, ntp. tfo, 09. 3 18 Car la guerre ronimnire Au lever «lu soleil. GirsTAVH, « part, àppêrcëvant de ta lumière à la lucarne à nauche. l'iel ï de la lumière ; f Feigmmt d't'inutcr du côt/t de la fenêtre à droite» ] Kcoutcz ï JLEON. Quoi donc? Gustave. Taisons-nous. (Quelle voix douce et légère! Une guitare, entendez-vous ? LEON. (/ne guitare . . XJtf'an se précipite vers la fenêtre h droite, et pendant ce temps, Gustave jette son Itillel par la lucarne à gauche.] Kh ! non, quelle chimère, Jo n'ai rien entendu. GUSTAVE. Quoi, vous n'avez rien entendu ? LEOV, revenant de la crais'r, Kh! mm, quelle chimère, etc. Ê N 8 R M B L K. LBOlf. GUSTATE, .fe n'ai rien vu. II n'a rien vu. Allons sans dé dartre Nous livrer au fionimeil ; Car la guerre commence Au lever du soleil. [Ils sortent par la porte du fond, à gauche.) Scène VII. MATI1ILDF, seule. [ Sffg mtvro la porte précipitamment; mité lient la lettre que Gusti"> 0 jr/i'n par la lucarne.'] Il n'y est plus, c'est bien heureux, car j'allais me tr«^ Iiir . . lui faire une scène aflVeuse . . oui . . c'est bien j> écriture . . quelle lettre! . . lui que je croyais la nde « même . . il ne sait |>as plutôt qu'il y n une femme prè«j 1 lui, qu'il lui écrit, et sans la connaître, sans lavoir jan>a^ vue . . il ose lui demander . . ob ! ça, par exemple, ça 111 1!) I' ;| sse . . un mari qui demande un rendez-vous a une antre ( l"'à sa femme; ça ne s'est jamais vu . . eh! bien, ce ren- (l, 'z-vous, il l'obtiendra, j'y viendrai . . et nous verrons . . [rtflichUtutt] mais s'il n'avait voulu que s'amuser, s'il ne venait pas ! . . eh ! bien, maintenant j'en serais fâchée . . oui, j'en serais fâchée, parce que ça me laisserait des doute3 . . °S décidément j'irai . . et puis sa femme, il n'y a pas de danger . . voilà ma réponse . . [rMumt la lettre de Ganta»*] •iSiius mon colback, à main droile . ." Ah! le voici, oui, c ''st bien son colback . . c'est moi qui l'ai brodé . . je "'""rais jamais pensé qu'il dut servir . . je l'entends, sau- Vons-uous. [Elle sort par la porte secrète à gauche.] [Ritournelle de l'air suivant.} Scène VIII. LEON, seul. Aie: île Toberne. [À voix basse] Il dort . . de la prudence, J'ai cru qu'il m'enlcndrait : Avançons en silence Vers cet aimable objet. i_.se tournant du côte de Gustave] Ouand il dira qu'il l'aime, Elle n'en croira rien ; Qu'elle juge elle-même Mon amour et le sien! Se pout-H que l'on aime, Lorsque l'on dort si bien , . Comme il dort bien! Ne craignons rien. Il faisait d'abord semblant, mais à la fui le voilà parti • • [regardant la lucarne] Si j'appelais . . au inoindre bruit, le colouel serait sur pied . . ah!, .en montant sur cette chaise, » e puis atteindre à cette lucarne, la voir, lui parler . . ce sera toujours ça . . le colonel a raison . . je crois que je 'ne forme . . [«« ot« n< /, co lb ack qui est sur fa chaise, il voit la lettre de Hlathilde.1 Qu'est-ce que je vois là? . . uue lettre dans le colback «« colonel! elle n'est pas cachetée . . lisons . . „Impos- »sibl e , colonel, de résister à votre style sédni- 2 * 20 ,,sant; ce soir, ft minuit, attendez dans cette 5 ,s a lie'' . , je sens une sueur froide qui inc prend . • c'est lui «fn'on aime . . et c'est moi qui suis dédaigné • • Elle a raison, je l'aimais réellement, je l'idolâtrais . . tandis que lui . . oh! voilà une bonne leçon ! il a réussi, parce qu'il était mauvais sujet . . mais patience . . je n'ai encore <|' |( ' dix-liuit ans . . je parviendrai, et je jure à mon tour de n'épargner personne . . Un rendez-vous! on lui accorde n" rendez-vous ! . . est-il heureux ! . > mais comment n-t-il I" 1 (aire? et quel est donc son ascendant? il ne l'a pas vue, f n'ai pas quitté cette place . . et en moins d'un quart d'he*") il lui écrit, il reçoil une réponse, il obtient un rendez-V*H* . . Oh! j'en conviens, c'est mon maître . . et je ne poui' r '" jamais lutter avec lui . . et pourquoi donc? il parlait tantû' de ruses de guerre: oui; celle-ci peut réussir . . [H dieliirc le Miel, va à la tatle, en lerit un autre et le remet sol» cotback.'] Ce rendez-vous qu'on lui accorde, je l'aurai . . et V 9r une perfidie; c'est ça, t'eut bien commencé. ClISTAVK, de sa chambre h coucher. Eh! camarade, I.F.ON, C'est lui • • je l'rnlcnds. Scène IX. LEQN, GUSTAVE. GIJSTAVK, se Jrotlnnt les yeux. ^ Dieu me pardonne, en voulant L'endormir, je crois H. j'ai fait un somme, et Toilà que l'ennemi vsi dé/a S" 1 ' . . dites donc, mou jeune ami, est-ce que vous êtes s°" Me] LE0N - . rcs Mon dieu non, c'est qu'il m'était impossible «le m place. GUSTAVK.. Je conçois ça . . un début. Air: l'amour qn'litlmontl a su me taire. Si le ..... m. .! fuît M paiipirrr, Val qu'iinr lémmr rst iri |»*rs; Voila ivft"v>( d*tmt première »lfr»îrr, 21 Ces conscrits no ilortncn/ jamais: Us veillent par loqatfluda . . Mais un viîti'ran, un mari, Ptyli longtemps a Fhabilada Da dorait 1 prit ns A m, écolier A se mesurer avec son innitre . . mais puisque vous dormiez si m'en, pourquoi donc êtes-vous venu ici? GUSTAVE. Ah! c'est que . . c'est que j'avais oublié mou colback • • je ue puis pas dormir sans lui. LEON, à part. C'est bien cela . . morbleu. GUSTAVE. Hein? . . il me semble que vous jutez. LEON. Moi! colonel? . . GUSTAVE. A la bonne heure, au moins . . vous vous formez . . j étais sûr qu'où ferait quelque chose de vous, [prenant le col- iaet, .'< parQ. Je liens la réponse, \jkamt.] Encore une leçon comme celle-ci, et votre éducation sera bien avancée . . LEON, avec malice. Oui . . je crois que je commence. [Pendant ce temps, Gustave s'approche de la table, tourne le dos à L'u.t et déroule le billet, GUSTAVE, iisnn/. „A minuit, sur la terrasse." pari.] A merveille, mais comment pottrra-t-elle me rejoindre? . . H y a sans doute quelqu'egcalier secret . . d'ailleurs, l'amour y pourvoira. [Haut] Ali! ça, camarade, [méfiant ton colback sur sa "'••] maintenant que j'ai ce qu'il me faut, je retourne achc- Nl ' mon somme, quant A vous , . je crois que vous serez Heu L c i, LEON. _ Oui, moi qui ai un sommeil agité . . je vous cuipêchc- de dormir. GUSTAY B. ^ moi, doue . . je roiilk quelquefois!!! _22 _ LKON. Je conçois . . nous nous ferions du à peine croire à mon triomphe4 oui, il est là bas à se morfondre, et c'est ici qu'elle va venir! . . Elle va venir., oh! j'ai une peur . . et jamais mon coeur n'a battu ainsi . . que vais- je dire? comment justifier une pareille hardiesse? . . Si elle se fùclie . . ah ! mon dieu ! Pourquoi ai-je surpris ce reudez- Vons ? J'ai envie d'appeler le colonel, de lui tout avouer . . mais c'est pour le coup, qu'il m'appellerait un écolier, qu'il rirait de ma faiblesse . . \_Cherchani h s'enliardir]. Allons, du courage . . oui, tant-pis, j'en aurai. . voilà que j'en ai ! je crois eutendre du bruit. . non, non . . ce n'est pas encore elle . . c'est que c'est terrible . . se trouver ainsi tête-a-tète, et pour la première fois de ma vie . . oh! si elle pouvait ne pas venir . , la porte s'ouvre . . c'est fini, je suis perdu. Scène XL M ATIIILDE, LEON. DUO. De Jocomle. Ah! monseigneur je suis tremblante.. MATHU.OR. Dieu! ijucl moment, mon coeur palpita, Comment cacher mou embarras ? LEON. I>icu! (|iiel moment, mon coeur s'agite, •I» n'ose, hélas ! laire un seul nas. K N B F. M li L K. Hicuï <|iu l 11101m ut , mon coeur S s'agite, Comment cacher mon embarras? / palpite, 24 MATHILDE. LEON. Allons, courage, Allons, courage, Point île frayeur, l'oint de frayeur, Vengeons l'outrage Tout nie présage Fait ù mon coeur. Le vrai bonheur. MATHILDE. L'obscurité me favorise, et si je puis contrefaire ma voix, il ne ine reconnaîtra pas. Etes-vous là? LEON, Oui. , fe vous attendais. MATHILDE, A pari. Comme il est ému . . tant mieux . . c'est qu'il pense à moi, et qu'il a des remords., [haut.) Je fais mal en venaH» ainsi, car je suis sûre que vous me trompez. LEON, à part, et inlimidl. Ah! mon dieu. . elle se doute do quelque chose, {haut.} Non, madame, je ne vous trompe pas» MATHILDE, « part. Il veut aussi déguiser sa voix, maïs mon coeur l'a ï* 1 connu, [haut.] Eh ! bien, me voilà . . que vouliez-vous me dire ? LEON. Ne le devinez-vous pas? MATHILDE. Non, je veux que vous «n'appreniez vous-même . • voU * IlCSltez . . prenant la main]' Vous avez raisoti. LEON. Vous croyez que j'ai raison .. [« part] La jolie main • • il me semble que ma frayeur se dissipe., oh! q« e ° cS joli. . une femme ! MATHILDE, « part. Il n'ose parler . . sa main tremble dans la mienne . • j'étais bien sure qu'il ne pourrait se résoudre à me trahir voyous encore . , [haut]. Eh ! bien .. mon ami .. LEON. Mon ami!.. Que ce nom là est doux.. jan»a> s _ ne m'appela ainsi . . [«WouraffM»!]. Oui . . c'est le Ment . . souvenons-nous des leçons du colonel . . [haut] bien, oui, madame , . oui, je crois que je vous aime ne vous fâchez pas, oi> EJ»! .. I» als 25 MATHILDE. Vous m'aimez!» • [Retinmt ta maîh.] Le perfide! Air: Ce que ,ffprouve en vous voyant. Après cette trahison-là. Non, je 110 veux plus lui répondre; Kt je veux voir pour le confondre Juiqu'A quel point il m'oubliera. tEON, lui reprenant la main. Rendez-moi celte main si clièrc . . Mais, à peine elle se défend, [bis]. Du roui-âge, de moi j'espère; ItC colonel sera content. Deuorième couplet. Oui, mon coeur bat en ce moment, De crainte, ainsi que d'espérance; {Apercevant Vanneau qui est au doigt de Itlathildc. | Gage d'amour et de constance, Laissez-moi cet anneau charmant. [à part.] A mes voeux loin d'être contraire, Elle se tait . , clic y consent . . [Mettant l'anneau à son doigi]. Eli! mais vraimenl, elle y consent. Du courage . . de moi, j'espère; Lo colonel sera content. [// /jaise la main de Malhilde, et dit a part.] Allons, montrons-nous digne de notre maître . . chapitre 4. [On entend à la porte à gauche le bruit des verroux que l'on tire.] MATHILDR, denfuyant et rentrant par la porte secrhle. Qui peut venir? fuyons» Scène XII. GUSTAVE, LEON. CI 8TAVK, soufflianl dans ses doigts, cl frappant du pied. ' • je suis gelé . . une heure de faction par un vent "»aboli( 1U e! . . et personne! LEON. Ah ! ço, colonel ! . . est-ce oui lundi vu. Si vous aviez nlm lofai RWtl l'audace. 30 CITtiTAVK, transporte. Ah ! rjurl bonheur! [h part], jVtais perdu, .Si j'avais occupé sa place, [// se je/te aux genoux de Matftiîde , et lui haise la main,"} Ma chère Malhilde • • vous me pardonnez. Scène XV. Les Mêmes, LEON. LEON. Colonel, quand vous voudrez partir . .eh ! bien .. qu'est- ce que vous faites donc? voilà où j'en étais resté. MATHJLOK. Un officier! GUSTAVK, sans so dfranger. Mon cher Léon, c'est ma femme que je vous présente» LEON, confondu. Sa femme . . [bas] Ah ! colonel, si je l'avaîs su. GUSTAVE, se levant, et lui serrant la main. C'est bon . . c'est bon . . [haut] Ma chère amie, c'est mon compagnon d'infortune, nn jeune sous-lieutenant Hauhki, CABKOtfOHBj Warin, Mervilm;, Leroux, Dp ru», DARTOIS, lÎRAZIER, HAYjiRD, Dui'oiit, Delf.ktrf-Poiksoi», WAFITLARD, RONJOUH, FltLGENCB, V. HUGO, MOLIERE ETC. GRAND IN 8, CIUQVE PIÈCE SE FEND SEPAUKMENT. 15N VENTE: 1. Mes derniers vingt sols. 4 gr. 2. *Maivina, ou: un Mariage d'inclination. 8gr. &*L'Ambassadeur. 6 gr. 4.1.es Moralistes. 6gr. 5. * Un derftierjonf deFortune.4gr 6. LesCuisiniersdiplomates. 4gr. 7. Mr. Joi ial. 6 gr. 8. v Le Mariage de raison. 8 gr. 9. Le Paysan perverti. 10gr. 10. ' Les premières amours, 6 gr. H.'Théobald. Bgr. 12. 'Madame de St.-Agnes. 6gr. 13. " Velva. 8 gr. 14. *La jeune Marraine, 6 gr. 15. *Siniplc Histoire. 6 gr. 16. Léunide. 8 gr. 17. *La Somnambule. 6gr. 18. 'Le Diplomate* 6gr. 19. *La Quarantaine. 4 gr. 20. Le Cousin Frédéric.) 4 gr. 21. 'La Lune de Miel, 8gr. 22. *La Demoiselle à marier, 6gr. 23. *L'Hérilière. (i gr. 24. Le jeune Mari, 8 gr. 25. Le vieux Général. 6 gr. 26. *Le vieux Mari. 8 gr. 27. La Maîtresse. 6 gr. 28. * La Mansarde des Artistes, 6 gr. 29. *La Haine d'une Femme, 4 gr. 30. Les Perroquets de la mère Philippe. 6gr. 31. Tony, ou: les canards, (i gr. 32. *Lc Confident. 4 gr. 33. Angéline, ou : la Champenoise. 0 gr. 34. La Mère au bal et la Pille à la maison, 6gr, 35. Marie Mignot. 8 gr. 36. * A\ atit, pendant et apri'9. 8 gr. 37. L'érnle des Vieillards, 8 gr. 38. * Le non veau l'ourecaugtiartigr. 39. La Suite «l'un bal masqué. 6 gr. 40*Un Moment d'imprudence.6gr. 41 .Leprérept.dans l'embarras 6gr. ♦2.'Valérie. bgr. 43. 'La seconde année. 6gr. 44. 'Louise, ou : laRéparation.6gr, 45. 1.» Mère rivale, 6gr. 46. Le Matin et le soir. 6 gr. 47. Le Roman d'une heure. 4 gr. 48. LaScuiaine desamours. 6gr. Les pièces marquées Chez Al). M A ht. .6^. 4 k'-- 6 g '- 6 d'- 10g r - 4 S" 6 P r - 6 f 6 g* 8 f 4 P r - 8 f 49. *La Manie des places. 50. *Lc Menteur véridique. 51. *L'Artiste. 52. *Michel cl Christiae. 53. Les trois Quartiers 54. Le Conscrit, 55. *La Challc métamorphosée «" Femme, 4 56. Hertianlj p,f r ictorHvg , o> otr* 57. La Reine de Setxe ans. br 1, 58. L'Actrice en voyage. 59. Ninette. 60. ' Philippe. 61. Ma place et ma femme. 62. La lin du mois. 63. Monsieur Botte, 61. Le Célibataire et l'IIoi""j" marié. 8 V* 65 Le Sourd. 6 P£ 66. *Lc Parrain. 67. Les" deux Cousins, ^^rl 68. Le Marquis de Ponienars. 4 P ' 69. *Leplusbeaujourdelavie.bgJ' 70. La mère et la Bile. g fi -e. 71*. Jeune et \ ici lie. «|r.' 72. La dame. | la demoiselle, of 73. " Une faute. 5 h J. 74. La revanche. £ ° t , 75. La séparation* £ r , 76. Madame Lavaiettc. *JL 77. Le Tartuife, p. Mollir*.' "S 78. Mad. du Rarry. ° fi £ r , 79. *La famille Riquebourg. , i. ..' 10 P r - ■ r c r. 80. *Lc Ouater et la danseuse, o h_ 81. la. tyran domestique. Maiion de Lorsjse. La Perle des Maris. L'oncle rival. M. Cagnard. Le dey d Alger. L'oubli. 88. Le Philtre champenois 89. Rabelais, La grand daine. La Bile d'honneur. Chacun de son cote. Louis M., p. W«'«"'W'"' g g l.o Chaperon. . gg. La duchesse de Guise. ^ g, ,. La Cloison. 97. * La vengeance Italienne 98. Le Serrieur. • sont d<- M. Scribe. 82, 83. 84. 85. 86 87 90, 91, 92. 93, 94, 95. 96. o P r - 4 &' 4 P r - * g" (i P r ' 8R r - 4 P r * 8 »<■ 12 0 §*■ 8 P f ' 6P r - BontBlinom à Berlin.