Répertoire du Théâtre français à Berlin. M 85. M, CACAAKI), o u LES CONSPIRATEURS. FOLIE DU JOUK KN UN ACTE, M & L Ë E DE COUPLETS, PAR MM. DITMERSAN ht BllAZIER. Les conspirateurs «le tous les partis n'ont jamais pour Lut yuc leur intérêt personnel. Pri»: 10 Sgr. {H g Gr.) chez Ad. Mt. Schlesinger, Libraire et Éditeur de Musique, miter den Llndcn No. 34. 1 8 3 2. Pe USONS AGES. Acteurs. M. DFX AUNE, fabricant de ruban»......... Mr. HÉRAULT. MA». DELAUNE, aa femme............. Mad. MARI US. M. CAGNARI), leur associé"............. Mr. FRANCISQUE- PROSPKR, neveu de M. Delaunc, lieutenant dans la garde nationale.................. Mr. MORAND. JULIETTE, sa femme................ Mlle. DESCIIANRh. AGATHE, soeur de Prosper............. Mlle. MILLER. DIAMyi E, jiortijM- et savetier............ Mr. ALIX. ha sein» est à Paris, dan* une maison isotfe de la rue de Rabylone, au faubourg Saint - Germain , en 1831. IMPR1MJÏHIK de L. W. KHAUSE. {Le théâtre représente un petit salon très-simple. Une seule porte d'entrée à gauche du spectateur. Du même côté une psyché. A droite, une grande armoire. Au fond, une petite porte secrète cachée dans la boiserie. Fenêtres. Deux tables. Sur celle à gauche, tout ce qu'il faut pour écrire; sur celle à droite, une carafe et un verre sur une assiette. Quelques sièges. Un grand car/on dans lequel est un bonnet de grenadier.) Scène I. JULIETTE, en homme, mais avec un chapeau el un manteau de jemme, PKOSPER, en garde national. (l'rospcr entre le premier el dépose au fond du thl'itre un carton et un sac de voyage, puis il va au-devant de Juliette.) PROSPKR. Te yoilà donc arrivée, ma chère Juliette? JUL1ETTK. Oui, mon ami; heureusement, car je m'ennuyais bien de vivre éloignée de mon mari. PROSPKR. Nous ne serons plus séparés! Mais si tu savais comme j'étais inquiet de te savoir seule dans une voiture publique. JULIETTE. J'avais pris mes précautions. {Elle entr' ouvre son manteau.) Tiens, je passais aux yeux de mes compagnons de voyage pour uu jeune étudiant qui allait Caire son droit à Paris. PROSPKR. Et ils l'ont cru? JULIETTE. Sans doute, ils m'ont demandé si j'allais signer les protestations; mais, mon ami, tu vas me présenter à ton oncle et à ta tante? [ 1 * 3 4 PROSPER. Pas encore. 11 faut prendre nos mesures.... D'abord je t'ai fait entrer dans la maison sans être vue ni du portier ni de sa femme. JUL1KTTE. Pourquoi donc tant de mystère? PROSPER. Il le faut bien; si tu connaissais le caractère de M. et de madame Delaune... JULIETTE. Je sais que leurs opinions politiques les ont brouillés avec mes pareus; mais j'apporte quelque chose... je te dirai cela. PROSPER. Ils sont plus fous que jamais. Imagine-toi que cette maison est un foyer de conspirations. JULIETTE. Ah ! mon dieu ! PROSPER. N'aies pas peur! ce sont bieu les conspirateurs les plus ridicules! Mon oncle est entouré de tous ses vieux amis de la petite Provence, pour lesquels aucune nouvelle n'est assez bizarre, ni a ssez absurde! Ma tante se laisse persuader pai des imbéciles d'une autre espèce, parmi lesquels il y eu a d'assez fins pour manger sou diuer et pour lui emprunter de l'argent. JIL1ETTK, riant. Ils ne sont pas trop mauvais politiques. PROSPER. N'ont-ils pas été jusqu'à persuader A l'une qu'uu jeune prince autrichien était prêt à entrer dans Paris; à l'autre, qu une princesse, que tu devines sans doute, était cachée dans le faubourg Saint-Germain. JULIETTE. Et ils croient... PROSPER. Tout ce qu'on vent: ils sont entretenus dans leurs idées chimériques par ce sot de M. Cagnard, leur associé, l'hoini»* le plus crédule et le plus poltron des quatre-vingt-six de- partemeus. JULIETTE. M. Cagnard!.. c'est ton rival, c'est lui qui avait demandé ma main à mon père, et à qui il faut cacher notre mariage à cause de quelques petits intérêts de commerce. 5 l'KOSPKR. Mon oncle doit ine céder son t'omis le jour ofi |e me marierai, alors... JULIETTE. Dépêche-toi donc de lui apprendre notre mariage. PROSPER, Aujourd'hui même. C'est sa fête, et ce soir, dans l'explosion de la tendresse, quand le punch, le vin de Champagne, lui auront un peu monté la tête... JUL1KT TE. Joli moyen ! PROSPRR. Il est tout diplomatique. JULIETTE. Mais si tu ne veux pas qu'on ine voie avant ce soir, ofi vas-tu me placer? PROSPER. J'ai songé à tout. Il y a là une cachette connue de moi seul, faite par mon père eu 1814, du temps des cosaques, pour y mettre ce que nous avions de plus précieux; tu vas y entrer... Ce qui me contrarie, c'est d'être obligé de te laisser seule une partie de la journée. JULIETTE. Pourquoi donc cela? PROSPKR. Tu le vois, je suis de service, mon capitaine vient de me faire dire qu'il était malade, et qu'il comptait sur moi pour commander le poste voisin. tII prend son bonnet tîe grenadier dans le carton.) JULIETTE. Je m'ennuierai bien sans toi. l'KOSPKR. Si ma soeur Agathe n'était pas si curieuse et si bavarde, je lui confierais notre secret. JULIETTE. Un jour est bientôt passé. Je tâcherai île me distraire... D'abord, ne pourrais-tu pas me donner à déjeuner? PROSPKR. Le buffet est dans la pièce voisin.?, je vais... Ah! mon dieu, j'entends du bruit! on vient! Aile, vitu à la cachette. {l'iosper pousse le panneau , et Juliette entre dam la caltclte avec set paquets.) Scène II. AGATHE, arrivant vivement, PROSPER. AGATHE. Tu es seul, mon frère? PHOSPER. Tout-à-faît, ma soeur. AGATHE. Avec qui parlais-tu donc ? PROSPER. Avec personne. AGATHE. C'est singulier... J'avais cru entendre tout-à-l'heure... PHOSPKR. Ah!... peut-être le tambour de la garde nationale, qui est venu me dire qu'on m'attendait au poste. AGATHE. Je viens de le voir dans la cour. PHOSPKR. C'est cela; je loi parlais par la croisée. AGATHE. Ah! (Elle regarde partout.) PROSPER, Çue cherches-tu donc? AGATHE. Rien!.. Ah! çà, mon frère, c'est aujourd'hui la fête de mon oncle... est-ce que tu ne pourras pas eu être? PHOSPKR. Si fait.... Je quitterai le corps-de-garde à l'heure du souper. AGATHE. C'est ça... tu rentreras tard.. Tu sais que mon oncle et ma tante aiment que les portes soient fermées de bonne heure.... Cette maison est si isolée. PROSPER. Je recommanderai qu'on fasse des patrouilles de ce côté. AGATHE. Avec ça qu'où dit que Paris n'est pas tranquille. PROSPER. Qui est-ce qui dit ça? 7 AGATHE. Mon oncle et ma tante. l'KOSl'ER. Ils ont peur uo l'oit restera demoiselle... Et voilà co qui me lait peur, PBOSPKH. Va, ma soeur, il n'y a rien à craindre, on est parfaitement tranquille. Je cours au corps-de-garde ! (/< tort.) Scène III. AGATHE, seule. Ça n'est pas si amusant qu'on le disait, Ira révolutions !... Mais c'est bien drôle, j'avais cru voir ici quelqu'un par le trou de la serrure... et je ne vois plus rien, {QnentendMimiquedans la coulisse.) Ah! voilà le portier... questionnons-le... Scène IV. MANIQUE, AGATHE. MANIOUE. Salut et fraternité, manivelle Agathe, c'est les journal» que j'apporte... La Révolution pour madame Delanne et la (Quotidienne pour monsieur. .. parce que quant à vous, votre Journal des Modes n'est point z encore arrivé, vous savez qui n'paraît que deux fois par semaine. AGATHE. Dites-moi, Manique, avez-vous bien soin de fermer votre porte? MANIQUB. Pourquoi celle question z'insidieuse, niani'zelle Agathe?... je suis t'un homme probe et sévère sur mes principes. AGATHE. Vous êtes sûr que personne ne s'est glissé dans la maison ? MANIOUE. 11 n'y a que moi z'ou mon épouse qui tire le cordon, et madame Mauique est aussi eslrique que moi dessus c'qu'elle a z'à faire. AGATHE. J'avais cru voir passer une personne inconnue. MANIQUB, Ecoutez, j'u'ai pas quitté la loge ... Il n'est z'enlré ce matin que le porteur d'eau, le charbonnier et le tambour de la garde nationale. AGATHE. C'est singulier. MANIQUB. Soyez tranquille, je sais qu'un portier doit z'être prudent dans tous les quartiers ... il y a dans Paris tant de mal- faicteurs . . . mais il doit l'être encore plus dans ce quartier z'ici, qui est très-isolé... La rue de liabylone est extrêmement chimérique par sa position. AGATHE. Que voulez-vous dire? MANIOUE. Je m'entends... Le faubourg Saint-Germain a des opinions qui ne sont pas très-catholiques, et comme j'entends souvent parler de conspirations... AGATHE. Ah! mon dieu! Mauique, vous me faites trembler. MANIQUB. Je ne dis pas qu'il ne se machine pas queuqu'chose... il y a du grabuge en l'air. AGATHE. On ne sera donc jamais en paix? MANIOUE. JaTnais, tant qu'on ne verra pas en France une belle et bonne république... Çu'esf-ce que vous voulez, il n'y a rien d'estable; ou ne prend que des demi-mesures. J'entends dire à chaque instant: nous avons une quasi-république, nue quasi-liberté, une quasi-légalité. Tous ces quasi-là, ça embrouille. Autrefois nous n'avions que la Quasimodo! 9 AGATHE. Et vous dîtes donc qu'il y a du danger? MANlOUli. Oui... mais n'ayez pas peur. AGATHE. Oh! j'ai peur de tout... Mou oncle et ma tante ont chacun de leur côté des craintes terribles . . . Les geus qui viennent les voir ont un air effrayé qui me fait trembler; il n'y a que mon frère qui rit de tout. MANiyiJE. M. Prosper est un jeune homme sans espérience, il croit que tout ira bien!... Je plains son erreur, mais je respecque son opinion, comme je veux que l'on respecque la mienne... Les opinions sont libres!... les hommes sont égal!... Je vais balayer ma cour. (// sort.) Scène V. AGATHE, seule. Mon dieu ! mon dieu !... Je voudrais bien être mariée pour sortir de cette maison-ci... Quoique M. Caguard ne soit ni beau ni aimable, je l'épouserais plutôt que de rester comme je suis. Scène VI. M. DELAUNE, AGATHE. DELAUNE. Agathe ! AGATHE. Ah! mon dieu! mon oncle, vous m'avez fait peur. DELAUNE. Le tambour est venu chercher ton frère ce matin, il paraît qu'il y a quelque chose. AGATHE. Non, non, il monte la garde. DELAUNE. Il l'a montée il y a huit jours. AGATHE. Mais c'était pour vous. 1!) DELA UNE. Ah! oui, lu as raison... En vérité c'est exténuant d'être . 11 y a beaucoup de monde dehors, surtout dans les quartiers populeux. MANIOUK, se frottant les mains. Ah! il y a des i asseinblemens du peuple? Bon,' bon! Je vas voir ce que c'est! {Il sort.) OAGNAKI). J'ai vu dans les rues des gens qui marchent, qui se croisent, qui vont l'un d'un côté, l'autre de l'autre, qui entrent dans les boutiques, daus les allées, d'autres qui ont l'air de rentrer chez eux. Mao. DKLAUNB. Quand je vous disais qu'il y avait quelque chose. DELAI NE. Ceci devient alarmant! CAGNARD. Très-alannant! Tout-à-l'heure, je tournais le coiu de la rue, lorsqu'un homme m'a regardé et m'a dit: Monsieur, ne sériez-vous pas un gaillard? Je ne me déconcerte point, et je lui dis sèchement: Non, monsieur, je ne suis pas un gaillard, je suis un Cagnard. Alors, il me dit : Pardon, monsieur... moi, je lui répouds: 11 n'y a pas de mal, et H s'est perdu daus la foule. HELAI NE. Diable!... CAGNARD. Vous pensez que cet homme-là avait ses raisons. C'est un conspirateur déguisé; mais il ne savait pas à qui il avait all'aire. Quand il s'est éloigné je lui ai dit: Vous ne me ferez pas peur, (4faxNri la mi*.) rien ne me fait peur. {On entend te tambour battre une marche.) TOUS. jjk, Ah! mon dieu! qu'est-ce que c'est que ça? DKLAINE C'est le rappel. CAGNARD, ct/ratjC C'est la générale! 10 Mad. DELAUNE. Voilà encore Paris gens dessus dessous! («pp •/«*/.) Ma- nique ! DELAUNE, « la fenêtre. Manique! Esl-ce qu'il y a quelque chose? on bat la générale î MANHJUK, criant dans la cour. Du tout, c'est des conscrits qui part... ils disent qu'ils vont frotter les Busses. CAGNABD. Çue le diable les emporte! Décidément, je quille la capitale et je vais me marier en province. Vous me rendrez mes fonds, mon cher associé. Je les placerai chez mon beau-père. DELAUNE. Comment diable! vous rendre vos fonds!... Mais qui épousez-vous donc? 1 CAGNARD. La fille de M. Bertrand, noire correspondant de Saint- Quentin. T AGATI1K. Elle est bien heureuse, celle-la. DELAUNK. Mais vous ne la connaissez pas. CAGNARD. C'est égal, c'est une affaire de commerce. Ouinetourmciile ici avec la garde nationale. Habillez-vous donc! Une nuit au corps-de-garde m'abîme pour huit jours ; le lendemain j'ai la figure pâle, défaite, je suis atroce, (regardant autour de lui.) Ah! ça, fermons les portes; vous «avez le bruit qui court; (mytt- ricuscment.) on dit qu'une jeune princesse est à Paris. DELAUNK. Je le sais. CAGNARD, à madame Delaune. Et d'un autre côté, on écrit que le jeune homme est dans la capitale. Mad. DELAUNK. J'en étais instruite. CAGNARD, « Delaune. On dit qu'elle fera incessamment son entrée solennelle. DELAUNK, souriant. Vous ne m'apprenez rien de nouveau. CAGNARD, à madame Dclaune, L'on assure que le 20 mars, à midi, midi et demi, il sortira de la colonne. Mad. DELAUNK. Je l'avais prédit. 17 CAGNARD. Lequel croire ? (« ma.iame Deiaune.) En attendant, à de certaines heures, il fait des visites à ses partisans. Map. DELAUNE. Certainement chez tous... CAGNAKD, h Delaune. Elle a déjà été, dit-on, dans plusieurs maisons du nohle faubourg. DELAUNE. Nous savons cela, mon cher monsieur Cagnard. CAGNARD. Vraiment !... mais dites-moi donc, à présent que ma peur est passée, se déjeunerais bien. AGATHE. Ponrquoi n'êtes-vous pas venu plus tôt. Je vais vons faire servir quelque chose. (FMe va à la porte.) Geneviève, servez le déjeuner de M. Cagnard. CAGNARD. Mon dieu! la moindre chose, ma petite associée... une tranche de gigot, un poulet rôti, un perdreau truffé, des pommes de terre à l'huile, des confitures. {La bonne apporte le d'jcûner sur un plateau qu'elle place sur la tabla à gauche.') Mr. et Mad. DELAUNE. Air: J'audeville Je la J'isilc à Bedlam, Déjeunez, mon cher ami, Et ne vous tourmentez guère: Nous réglerons notre affaire Lorsijuc vous aurez fini, (bis.) AGATHE. Monsieur Cagnard, je m'en vais De nos plus jeunes poulettes Vous envoyer les oeufs frais.. . CUCNARD) souriant. N'oubliez pas les mouillettes. E N S E M B L E. CAGNARD. , Je m'en vais être servi, Et sans me tourmenter guère, Nous réglerons notre affaire Plus taril, quand j'aurai Uni. M. ET MAD. DELAUNE. Déjeunez , mon cher ami, etc. Mr. Cagnard. Mp. A' 0 . 85. [ 2 } 1H Scène X. CAGNARD, fuit JULIETTE, en homme, perruque à la (Uns, cravate noire, Jrac boulonné sur la poitrine. CAGNARD, seul sur le devant rie la scène. Allons, tout cela marchera à merveille; mes fonds seront bien placés... je me marierai, et je n'aurai pas d'inquiétude. JULIETTE, en homme, paraissant a la porte secrète. Mon mari ne revient pas, je meurs de faim. (.Elle aperçait le il!jeûner de Cagnard.) Ah! mais voici le déjeuner de M. Ca- gnard... Profitons de tout ce que j'ai entendu. Mettons-nous à table, et amusons-nous. CAGNARD, toujours sur le devant. Je ne sais que penser de toutes ces nouvelles contradictoires. Je voudrais bien savoir laquelle est la véritable, afln de diriger mon Opinion d'après. (Il se retourne el aperçoit Juliette à table. Il jette un cH étouffé.) Que vois* je?... un jeune homme à ma table. JULIETTE, mangeant. Silence ! CAGNARD , effrayé. Je me tais, (.à part.) Quelle apparition singulière! (Il cherche h s'éloigner.) JULIETTE. Restez. CAGNARD. Je reste, (à part.) Il mange mon déjeuné. Ma foi, questionnons-le! qu'est-ce que je risque? haut.) Jeune étranger, car vous me paraissez jeune et étranger, y aurait-il de l'indiscrétion à tous demander ... JULIETTE, d'un ton d'autorité. A boire! CAGNARD, prenant un carafon et versant. Très-volontiers. JULIETTE, après avoir bu. Donnez-moi une assiette. CAGNARD, la servant. Comme i! commande ! j'ai l'air d'un domestique. JULIETTE, d'un ton brusque pendant toute la scène. Monsieur Cagnard ! CAGNARD. Il sait mou nom. JULIETTE. Ma présence ici vous surprend? CAGNARD. J'avorte que... l'.t JULIETTE. Vons ne devinez pas qui je suis? CAGNARD. Pas positivement... cependant si j'osais... JULIETTE. Osez... CAGNARD. Eh bien !... je ne devine rien. JULIHTTE. Cependant, votre opinion connue... CAGNARD. Mon opinion est connue? JULIETTE, se-levant île table. Oui! je sais qne vous êtes un de mes partisans. CAGNARD. Ah! quelle idée!... AIR : ï'audeville des habitons des Landes. Autrefois mon père à la ronde, Fit parler de lui joliment. Rantanplan , etc. Et moi-même je vins au monde Au bruit d'un fameux roulement, Hantanplan, etc. Quoiqu'il bon droit on le renomme, 11 n'était pas très-tnduraut; llautanplau, etc. Kn tous licjx il fallait voir comme Ou tremblait devant ce géant, Rantanplan, etc. Entin, je suis lo fîls de l'homme Qui vous menait tambour battant. Rantanplan, etc. JULIETTE. Vaclrice ne chante point les rantanplan, qu'un tambour exlcute à l'orchestre,') CAGNARD. Quelle surprise! je tombe de mon haut. On ne m'avait donc pas trompé... Vous, mon prince, dans cette simple maison! et par quel hasard l'avez-vous choisie? JULIETTE. Je sais que la maîtresse m'est dévouée. CAGNARD. Et moi aussi, mon prince. JULIETTE. Si j'en étais sûr... votre avancement... votre fortune... UAGNARD. Ma fortune?... Alors vous pouvez Être sur... t 2 * j L<> JUURTTBi Puis-je compter sur vous? CAGNARD. Ayant porté le père aux mies, j'ai droit «le me rattacher an fils... D'ailleurs dans les préfets, les receveurs, les tribunaux, nous voyons des gens qui depuis quarante ans se rattachent tous les jours... Je ne suis pas éloigné de l'empire. Monsieur votre père avait du bon, il avait beaucoup d'empire sur moi... j'adopte sa gloire; ses quais, ses ponts, ses fontaines... même celle de l'éléphant... quand elle sera finie. JULIETTE. C'est bien, je vais vous charger d'une mission. Voulez- vous être ambassadeur? CAGNARD. Ça n'est pas de refus. JULIETTE. Je vous nomme envoyé extraordinaire à Saiut-Pétei'sboui'g. CAGIVARD. Où prenez-vous Saint-Pétersbourg! JULIETTE. En Uussie! c'est là que sont mes amis les plus chauds? CAGNARD. En Russie ! et c'est là que sont vos amis les plus chauds !... je ne m'en serais pas douté, par exemple! Mais pour aller à Saint-Pétersbourg peut-on passer par Saiut-Quentiu ? JULIETTE. Que voulez-vous y faire? CAGNARD. Je devais m'y marier. JULIETTE. Avec qui? CAGNARD. Avec la fille d'un marchand de rubans. JULIETTE. Fi donc!... CAGNARD. Au fait, c'est une boutiquière.... [mais je suis engagé avec le père. JULIETTE. Je vous dégagarai; j'arrangerai tout cela. CAGNARD. Vous en êtes bien capable. JULIETTE. Ce soir, je vous donnerai vos lettres de créance comme envoyé extraordinaire. CAGNARD. C'est extraordinairement flatteur. ^B^HH 21 JULIETTE. Je vous donna douze heures pour partir. Ku altendant, tous allez me faire no plaisir. CAGNAIII». Avec plaisir. 1 JULIETTE. Regardez bien si personne ne peut nous surprendre. CAPNARI). J'y vais. (// fait le lotir du tfirtltre ci va regarder à la porte,') JULIETTE, écrivant pendant ce temps-là. „Mon cher Prosper, je liens M. Cagnard, il est plus hête „que je ne croyais; il ine prend dans ce moment pour le „Fils de l'Homme. Viens avec tes amis, tout ira à merveille. „Je t'embrasse." CAGNAKD, revenant. Il n'y a pas de danger. JULIETTE. Vous allez porter cette lettre au corps-de-garde voisin. CAGNARD, Ah! la garde nationale en est! JUL1KTTE. Vous la rendrez au commandant du poste. Elle n'est pas pour lui, mais il la fera remettre à la personne à qui elle s'adresse... La voilà, portez-la tout de suite. CAGNARD. y y cours. (// va jusqu'à la porte et s'arrête; Juliette profite fie cet instant pour entrer dans sa cachettç.) Scène IX. CAGNAHD, seul, se retournant. Je reviens; je voulais vous demander, mou prince, si... Eh bien! où est-il donc? il n'a pas pu sortir puisque je bouchais la porte... Il ne peut pas avoir passé par la fenêtre; nous sommes an second au-dessus de l'entresol. Par la cheminée... il n'y eu a pas. C'est unique ces princes, ça va, ça vient, ça entre, ça sort, ou ne sait comment. Au surplus, me voilà envoyé extraordinaire, presque ambassadeur. Il est charmant ce Fils del'Homme! décidément je m'attache à ion parti. Oui! (ine enthousiasme.) on dira ce qu'on voudra, je suis napo- léouisle! bonapartiste, vive l'empereur! je suis bonapartiste enragé ! 22 Scène XII. MAMQHE, CAGNARD. manioue. Çu'est-ce que vons dites donc là, monsieur Cagnard? CIGNA RI), surpris. Moi, je ne dis rien. (« pan.) M'aurait-il entendu, ce républicain farouche? MANIOUK. C'est drôle, j'avais cru entendre... CAGNAKI). Ah! c'est possible, je disais que les bonapartistes étaient des enragés. MANIQUE. Ah!... dites donc, je viens vous chercher de la part du bourgeois. Ses amis de la petite Provence sont là, dans la salle basse, ils vont tenir leur club. CAGNAKI). Je ne pense pas comme eux, je ne veux pas y aller. MANIQUK. Et la bourgeoise, de sou côté, avec les cancanières de son parti, s'est assemblée pour conspirer jusqu'à neuf heures précises. CAGNARD. Je n'y vais pas non plus... Ils se feront pincer avec leurs clubs et leurs conspirations. MANIOl'Es Vous avez ben raison. Soyez des nôtres. Je vous dirai ce qui se passe. Il s'en mitonne une bien gentille, allez. CAGNAKI). Une république? MANIQTJK. Et de quoi donc? CAGNARD. Y songez-vous? an moment où l'on demande des rois partout? AIR : Vaudeville de )' oitaire chez Ninon. La Helgique veut un appui, La Grèce un roi cjui la rassure. On uifre un royaume aujourd'hui , Comme on offre une préfecture. MANIÇUE. Mais si tant d'princ' ont déclare 1 (Ju'iU n'vciiL'nt pas d'un' place aussi belle, C'est que d'puis qu'on est éclairé, Le jeu n'eu vaut pas la chandelle. '12 CAGNARI», i pnrt. Jl me fait frémir, renvoyons - le. :h«ut.) Monique, il faut que je vous charge d'une mission. MANjyiiE. Hein ! Vous voulez dire d'uue commission. CAGNARD. Oui... Allez porier celte lettre au poste voisin; elle est pour l'officier qui le commande. MAMljUK. L'officier, c'est M. Prosper, le neveu de la maison. CAGIMAHD. C'est charmant, il en est aussi. MANIOliK. Il en est, de quoi? CAGIVAKD, se reprenant. De quoi?... de la garde nationale; allez doue. MANIQUK. J'y vais. Y a-t-il réponse'/ CAGNARD. On vous le dira. Allez, Mucius Scévola. MAKiyUK. Non, au district ou m'appelait Torquat us. (JJ son.) Scène XIII. C AUi\ A11U, * e u l. Ce diable d'homme est ma bête noire. Pardi oui! je vais êlre de son bord... c'est tomme M. Delaune, qui m'euvoie chercher pour son club royaliste... Non, non. Charmant Fils de l'Homme, tu mas subjugué, viens régner sur les Français ! Viens, entouré des plus glorieux souvenirs! Viens tel que je l ai vu au théâtre des Nouveautés, viens tel que je t'ai lu dans les vers de M. Barthélémy; sors de ta colonne, je suis tou Seule! Fils de l'Homme. Scène XIV. CAGNARD, JULIETTE, en femme voilée, rediiigole de salin rose: chapeau blanc, voile d'Angleterre. t'AGNAKI*, se retournant et voyant Juliette tout pris de lui. Une femme!... d'où sort-elle? JUL1KTTE, d'un Ion muitirùux. Silence, monsieur Cagnnrd. CAGNAKI). Tout le monde sait donc mou nom! 24 JULIETTE. Je connais tous mes amis. CAGNARD. Moi, madame, je ne vous connais pas; et d'ailleurs ce voile... JULIETTE, avec intention. C'est un voile... d'Angleterre. CAGNARI), le touchant. En tulle brodé, fort beau, ma foi. Mais ça ne me dit pas... JULIETTE. Je vous croyais plus pénétrant. CAGNARI). Madame, je suis pénétré de respect et d'admiration: mais du diable si je devine... JULIETTE. Est-ce que vous n'avez jamais vu des personnes de distinction ?.., CAGNARI), l'interrompant. Si fait... j'en ai vu quelquefois de loin... en voiture. JULIETTE. Vous n'en avez pas vu se déguiser?... CAGNARI), vilement. Oui, au carnaval, en bergères , en poissardes. JULIETTE, n mi-ioi-r. Ce n'est pas cela. Des personnages illustres s'introduire secrètement chez leurs partisans... CAGNARD. Quoi! madame, vous seriez un personnage illustre? JULIETTE. Je ne l'ai pas dit... mais vous pourriez le deviner. {Elle lève son voile.') CAGNARI». Cette taille!... ces cheveux blonds!... JULIETTE. Vous m'avez vue... an spectacle... j'y allais souvent. CAGNARI», s'i'criant. Au spectacle!... serait-ce au Gymnase (arec intention.) an théâtre de Madame? (.Mie lui )ait un signe affirmatif.) (« part.) Comment diable! ils se sont donc tous donné rendez-vous ici? Toiit-à-l'heure... et maintenant... c'est dune invraisemblance!... et pourtant il y a quelque chose qui vous dit: Va encore... va eucore. JUL1KTTB. Remettez-moi une lettre qu'on doit vous avoir envoyée du corps-de-garde. 25 CAGNARD, tremblant. Vous savez? Oh! je suis perdit! je tombe à vos pieds. JULIETTE. Rassurez-vous, vous m'avez obligée. CAGNARD. Je ne l'ai pas portée moi-même... mais voici heureusement le commissionnaire qui revient. Scène XV, MANIQUE, CAGNARD, JULIETTE. MANIOUE, une lettre a la main, V'ià vot' réponse, monsieur Caguard. Tiens, qu'est-ca que c'est que cette petite dame? CAGNARD. Chut ! ça ne vous regarde pas !... Ne dites rien.. (à Juliette avec intention.') Madame, la musique est nu art fort difficile... MANIQUE, riant. Est-ce que? Ah! ah! ah!... CAGNARD. Chut! Allez-vous-en, mon cher. MANIQUE. C'est bon, c'est bon; ne vous gênez pas, je suis républicain, les libertés sont libres. CAGNARD, lias à Juliette. Quelle situation, madame! MANIQUE. Je ne regarde seulement pas; vous êtes un gaillard, monsieur Cagnard! (Il sort en riant.) Scène XVI. CAGNARD, JULIETTE. JULIETTE, Donnez-moi donc cette lettre. CAGNARD. Ah! madame, si vous saviez de qui elle est! JULIETTE. Je le sais, elle est pour moi... Kcoutez seulement les premières ligues... Ma chère femme... CAGNARD, ttvptfait. Sa femme! 3fi JULIETTR, continuant. Notre mariage sera déclaré aujourd'hui... ■ li/tc ini/li/iue , arrangant non habit et ses cheveux. Ce n'est rien, nous parlions politique. MANiyi'E. Il m'a z'iusulté! CAGNARD. C'est lui qui m'a frappe! IHANIOUE. Vous «"-tes un menteur, sans vous démentir» M. Delaune, vous ne savez pas, il a caché queq'z'uu dans vot' maison. ClGNAISO. Ah! si vous saviez qui c'est. M. et Mai). DELAUNE. Qaiî CAGNARD, «« Delaune. Tous ne me croirez pas... Elle! (à madame ihhume.) Et lui. DKLAUNE, Est-il possible? (On entend frapper dehors à coups redoublés.) TOUS. Qu'est-ce que c'est que ça? PLUSIEURS VOIX, en dehors. Ouvrez ! ouvrez ! DELAUNE. Ah! mon dieu! CAGNARD. Je meurs de frayeur. MANIOUR, à la croisle. Je vois dans la rue des haïonettes, des uniformes... C'est de la troupe qui cerne la maison. DKLAUNE. Nous sommes perdus! M AD. DIX AUNE. On nous a dénoncés! CAGNARD, criant. Mauique, n'ouvrez pas la porte ! DIANiyUK, comme un effaré. Et ma femme qui est z'en bas, qui a tiré le cordon. DELAUNK, tremblant. J'entends monter. CAGNARD. Cachons-nous!... (Madame Delaune derrière la psijchK lit. Delaune élans l'armoire, Monique sous la tabla; Cagnard enfonce sur la tête le carton oiV liait lu bonnet de grenadier, et se blottit derrière un fauteuil.) 32 Scène XX. Les Mêmes, cachés, AGATHE, PROSPER, à la tète d'une patrouille de la garde nationale. Voisins et Voisines avec des bouquets. CHOEUR. AIR de la Galope. Mes amis, montrons-nous, ijuc chacun se fasse connaître 5 A l'instant il faut mettre La maison sens dessus dessous. PROSPER. Où sont doue mou oncle et ma tante? TOUS, sortant de leur cachette. Nous voilà! DELAUNE. Mon neveu! PROSPER. Mon oncle, ma tante, pourquoi étiez-vous donc là? DELAUNE. C'est une idée qui nous avait paasé par la tête. CAGNARD, l'avançant. Otez doue la mienne de dedans cet étui.., j'étouffe!... ouf!... PROSPER, le dégageant. Ou'est-ce que vous faisiez donc là-dedans? CAGNARD. Je cherchais des papiers que j'avais égarés. DELAUNE. Mais pourquoi donc cette fête? PROSPER. Vous le demandes, lorsque nous possédons ici l'objet de tous nos voeux; le même sentiment nous anime tous.' Allons, mes amis, en avant les bouquets pour la fête du meilleur des oncles! DELAUNE. Quoi! ces bouquets?... PKOSPER, donnant un bouquet a Tielaune. Permettez que je vous la souhaite. . AGATHE. Et moi ausi, mon oncle. JULIETTE, lui présentant un boutjuet. Souffrez que je me joigne à la famille. DELAUNE. Çuelle est donc cette dame? 33 CAGNARD. C'est la princesse, mon cher ami. DELAUNE, stuplfait. La princesse! MANTQUE, apportant un pot de fleurs. Permettez à votre portier de vous offrir son pot... CAGNARD, offrant aussi un bouquet. Permettez que je me réunisse aussi... JULIETTE, « Cagnard. Eh bien! monsieur, vous n'êtes pas encore parti pour Londres? CAGNARD. Madame, je vous avouerai que je flotte . . . j'ai presque envie d'aller tout bonnement à Saint-Quentin. JULIETTE. Ce serait inutile, votre prétendue est mariée. CAGNARD. Mariée?... avec qui?... l'ROSPER. Avec moi, monsieur Cagnard. Air : Le briquet frappe la pierre. DELAUNE. Sans m'avcrtir prendre femme, C'est mal, monsieur mon neveu. JULIETTE. Itlais il avait mou aveu. DELAUNE. Ah! c'est différent, madame. JULIETTE. Vous consentez donc aussi? DELAUNE. Mais où donc est-elle? PROSPEK. Ici. HIon cher oncle, la voici. CAGNARD. Le princesse! quel ménage! JULIETTE. J'abdique un titre brillant, Je suis Juliette a présent. CAGNARD. Le drôle de mariage, Il marche on ne sait comment, MANIOUE. Comm' plus d'un gouvernement. DELAUNE, Alors nous ne sommes donc pas des conspirateurs? Mr. Cagnard, Btp. No. 85. L 3 ] 34 CAGNARD. Non; il paraît que nous sommes des imbéciles. JULIRTTK. Mon cher oncle, voici le présent de noces que vous envoie mon père. (Elle lui donne un papier.) bKLAUNR. Je suis nommé rubanier fournisseur breveté de la maison royale. JIad. DKLAUNR. Mon mari est breveté! embrassez-moi, ma nièce. niANiyi k. Les voilà tous fondus dans la même opinion. CAGNARI). Je ne suis pas éloigné de me fondre aussi. MANIQUE. Parce qu'il trouve à gagner z'avec la royauté, alors il ne veut plus de la république. CAGNARD. Moi, mon cher, je ne suis pas contre la république, mais je ne veux pas d'une république de savetiers. MANIOUK. Allez, vous êtes bien nommé, vous êtes un vrai C'agnard. CHOEUR. AIR de la Galope. Mes amis, montrons-nous, Que chacun se fasse connaître, Mous ne voulons plus mettre Rien ici sens dessus dessous. Am: Vaudeville des Frères de lait. DKI.AUNK. Assez long-temps notre belle patrie Vit ses enfans sous le joug abattus. Le despotisme ct l'anarchie Voilà, voilà ce que l'on ne" veut plus. (ois.) Biais le commerce amenant l'abondance, Kt les beanx-erti Retrrisiant parmi nous, La liberté, mais jamais la licence, Voilà, voilà ce que nous voulons tous. (*«'«.) AGATHE. Lorsque l'hymen vous enchaîne à vos belles, Avoir encor mille soins assidus, fttre soumis, conftans et Rdèlef, Voilà, messieurs, ce que vous n'vonlez plus. Femmes toujours raisonnables, sensibles, Ne désirant plaire qu'à leurs époux ; Enfin, messieurs, des choses impossibles, \oilà, voilà ce que vous voulez tous. 35 MANÏOUE. Bonapartiss', royalii/.j patriote, D'hons sentîniens nous sommes tous imbus; Vieux parchemins et faveurs d'un desnote, Voilà, voilà ce que nous n'voulons plus. <î'est de» bétis'... nous suivons d'uouvelles traces, Nous méprisons c'qu'on l'cherchait avant noua. Des croix d'honneur, des pensions et des places, Voila, voilà ce que nous voulons tous, CAOVARD, au public. Du vrai comique arborant la bannière , Jouer des pièc's qui frondent les abus, Confine en faisait c'te perruqu* de Moliï-re, Voilà, messieurs, ce que nous n'voulons plus; Non, non, je m'trompe , ce que nou9 n'pouvous plus* Votre suffrage nous électrise, Voire indulgence est un trésor pour nous; ftlais votre argent, il faut de la franchise, Voila, messieurs, ce que nous voulons loua. » I N, REPERTOIRE DU THEATRE FRANÇAIS A BERLIN, par MM. BCRIBB, MELKS VILLE, DE LA VIGNE, THKAULON, RAMOM», > ARNKH, KOCHKKOHT, Df.YILL EN E UTE, I>. .s- TERGERS, LotKnOT, Olï/XBOT, DE L'OtîRCT, AlVCELOT, Si. HlLAI'M-', JHazkre», Carmoitciie, Warin, Mfrvillk, Leroux, Uuriv. Dartoik, Bmazier, Bavard, I>ui'Ort, Dnr.i stuk-Poirson, Waffiard, Bonj our, Fuj.of.nce, V. Hugo etc. GRAND IN 8, CHJQUE PIÈCE SE FEND SRP411ÉMENT, EN VENTE: 1. Mrs derniers vingt sols. 4 gr. 2. *Mal\ina, ou: un Mariage d'inclination, 8gr. 3. * I. Amba ■ ,i.'i i, [-. 6 gr. 4. *Les Moralistes, (i gr. 5. 1 ( ii dernier.) our de Fortune. 4 gr fi. LesCuisiniers diplomates. 4 gr. 7. Mr. .lo\ ial. G gr. 8. *Le Mariage de raison. 8 gr, 9. Le Paysan perverti. JOgr. l0.*Les premières amours, b gr. 1 l.*Théobald. 6gr. 12. 'Madame de St.-Agnès, fi gr. 13. * Yel\ a, ou : L'orpheline dusse. 8 £• I4«*Là jeune marraine, 6 gr. 15,*Siinple Histoire. 6 gr. lti. Léonidc. 8 gr. 17. *La Somnambule. Ogr. 18. *Lc diplomate. fi gr. 19. *La Ouarantaine. 4gr. 20. Le Cousin Frédéric, ou: la Correspondam e. 4 gr. 21. *La Lune de Miel. 8 gr. 22. 4 La Demoiselle à marier, 6gr. 23. *L'lléritièrr. 0 gr. 24. Le jeune Mari. 8 gr. 25. Le viens Général. 6 gr. 26. * Le vieux Ri a ri, 8 gr. 27. La Maîtresse, C gr. 28. *La Mansarde des Artistes. 6 gr. 29. *L« Haine d'une Femme, 4 gr. 30. Les Perroquets de ia mère Philippe, ugr. 31. Tony, OUI les canards. 6 gr. 32. *Le Confident, 4gr. 33. Angéiine, ou: la champenoise. », 8 S 1 "' 34. La l>lère au liai et U Fille à la maison. figr. 35. Marie Mignot. 8 gr. 3fi.*Avant, pendant et après. 8 gr. 37. L'école des Vieillards. 8 gr. 38. * Le non veau Pourceangnnc&rv, 39. La Suile d'un bal manqué, fi gr. 40. Vu Moment d'imprudence.6 gr. 41. Leprécepi.dans l'embarras tigr. Les pièces marquées d'un 42. * Valérie, figr. 43. *La seconde année, figr. 44. 'Louise, ou : IaKéparaliun.Cgr. 45. La Mere rivale. figr. 4(i. Le Matin et le soir. figr. 47. Le Roman d'une heure. 4 gr. 48. La Semaine des amours, (igr. 49/La Manie des places, fi gr. 50. Le Menteur véridique. 4 gr. 51. *L* Artiste. 6 gr. 52. *Michel et Christine, fi gr. 53. Les trois Quartiers lOgr. 54. Le Conscrit. 4 gr. 55. *La Chatte métamorphosé** en Femme, 4 gr. 5fi. llei nani, ou : rhonneur Castillan, p. fiel or I/uffo. 5 Le Sourd, b gr, 66»*Le Parrain. 4 gr. 67. Les deux Cousins. 8 gr. <»8, Le Marquis de Comenars. 4 gr. (it). Le plus beau jour de la vie, figr, 70. La mère et la lille. 8 gr. 7l*.Jeune et vieille. 8 gr. 72. La dame et la demoiselle. 8gr. 73. '('ne faute. 6 gr. 74. La revanche, ti gr. 75. La sépai alion. 8 gr. 76. Madame La Valette, 6 gr. 77. Le Tartuffe. 8 gr. 78. Mad. du Barry. 8 gr. 79. La famille Riquebourg. figr. 80. *LeOuaLeret lu danseuse.G g r » SI, Le Tyran domestique. 10 g r « 82. M ai ion de Lorme, 12 gr. 83. La Perle des Maris, (j gr. 84. L'oncle rival, 4 gr. 85. M. Cagnard. 4 gr. sont de M. Scribe. S* 6 gr « gr. et l'Homme