Répertoire du Théâtre français à Berlin. No. 361. (Deuxième Série IVo. 111.) LE M0I\EAU DE LESBIE, COMÉDIE EN UJN ACTE, PAR Armand JBarthet. HKKMN, 1850. Wt. Schlesinger, Libraire et Éditeur de Musique. Le Moineau (le Lésine, COMÉDIE EN UN ACTE, PAR Armand Ilarthct. Personnages» C *TU1.LE PlSr) > patricien, «mi de Câtulle, 23 ans. CORNELIUS, — — — M ANMUS, — — 45 «"»• ° AV E. esclave de Catulle. LESBIE. C HRYSK1,IS, suivante de Lesliie. ^CINIA, affranchie. K,c i-aves. ^° icène eut à Home, vers le temps de la Pompée, cinquante, uns enriron niant Acteurs. DU THEATRE-FRANÇAIS. MM. Maillart. Brindeau. Delaunet. Got. FoNTA. Mmes. Rachel. Bertin. Mirecour. guerre entre César et l'ère chrétienne. Scène I. CATULLE, MANL1US, CORNELIUS, PISO. Ils *°nt à table chez Catulle, servis par des esclaves et cou- cliis sur des lits à la manière antique. lMgfj. Qu'en dis-tu, Manlius.' ^ïaiilluH. .Je ne te savais pas, ' «tulle, si funèbre à la lin d'un repas, 'iuand on a le vin triste, on l'enferme pour boire. CorncliuH. () les naïves gens! Mais vous n.e feriez croire * Ue vous prenez. Catulle au sérieux! Plso. Venir verre en u lntn> ,| lcz | u i, jurer qu'à l'avenir es Humains stupéfaits il sera le modèle. *■* »out cela d'un ton «épulcral.....- J ' en a PP elle! a " s 'es p ro|>os ,| e u i,|e 5 ^ bas la gravité! K *l«rlni re >„.:lf,l. (2« Séria No. 111.) c i LE MOINEAU DE LESBIE. Catulle. Morne on gai, grave on fou, j'ai dit la vérité- PlgO. Encor! Cornélius. Répète un peu, Catulle, après rasade. Tous ces grands mots Mo» dans ton cerveau malade. PlgO. Malade'. 1 dis donc ivre! f _ Catulle. Ecoutez. Pour toujours J'abdique, ô mes ami», les facile* amours, Le Cécube à pleins bords sur les tables rougies, Les nymphes du Vélabre et les folles orgies, Et si je bois autant à moi seul que vous trois, C'est .— j'en jure les Dieux! — pour la dernière fois. Cornélius. Mais c'est uo vrai serment! Catulle. Aussi vrai que IVèère Ta maîtresse, à Plancus n'a point été sévère; Aussi vrai que tes airs de tète languissants Soulèvent au Forum le rire des passants. PiSO; riant, Cornélius, attrape! Catulle. Aussi vrai qu'on l'accuse, Piso, d'aimer par trop le vin de Syracuse. Manllus. Ça, e'ffl tout d'une voix. Catulle. Vrai comme C'upidon, Manlius, te malmène et te traite en barbon: Témoin la Daphnidés, courtisane fieffée, Dont tu prisas si haut la pudeur tarifée, Et qui te fit payer si cher une vertu Que les rameurs du Tibre estimaient un écu. , PlSO. Bien appliqué. Mais trêve à ta plaisante"* Catulle. Je !><■ plaisante pas. amis..... — je me TOUS. Bah! Catulle. J'ai fait le projet peut-être ambitieux D'illustrer à mon tour le nom de mes aïeux: Or, la main de Senta, fille d'un consulaire, Devient de mon succès le gage tutélaire Et m'ouvre le chemin des charges de l'État Riche et patricien, si je n'entre au sénat, Je revêts la chlamyde — et j'offre mon épée Contre Julius César au grand Cnaeus Pompée. Qui sait? peut-être un jour..... manlllIS. Catulle imperator Verra luire à son front une couronne d'or. Vite, un char de triomphe! Cornélius. Holà! vite un eaclav» m»'''' SCÈNE I. 3 Qui, faute île licteur, apporte un laticlave. pourpre ne t'ira pas mal. PiBO. l'ar Jupiter' Sur la chaise enrôle il aura fort bon air. Catulle. Vous raillez, mes amis, et vous plaignez «MM "imprudent uni, pour suivre une nouvelle route, [doute Détache avant le temps les roses île son front.... Mais c est à moitié fait. — Assez d'autres prendront M» place tiède eucor, ma coupe encor remplie... ^ous n'en souffrirez guère. Plao. A propos, — et Lesbie? ^ e voilà désormais contraint d'y renoncer. Catulle. C'est un triste devoir, et tu m'y fais pen«er. l'aime. tjue de fois, heureux d'être auprès d'elle, ^ e lui jnrai-je point que mon ardeur fidèle... MaillIuM. Tu vas nous attendrir, Catulle. — Par bonheur ^ous avons eu le temps de t'apprendre par cœur: "'' u sais avec finesse aiguiser l'épigramme, ^ cs petite vers galants ont de plus d'une femme ^aincu I., résistante, et nous te savons tous ^liaruiant de verve à table e.t de grâce à genouxi '»Ï8 nous savons aussi que tes ardeurs fidèles ^"it des mots l'oit» exprès pour l'oreille des belles, ^ l 'l"e jamais l'amour ne t'occupa l'esprit Au point de te troubler un instant l'appétit Catulle. >»>>. Manlius... Plso. Amis! mais c'est insupportable! ^■t-ce pour bavarder que nous somme» à table? 'Je n'eutends rien à rien sans boire; — donc, buvons! coupe* sont à sec et nous vous attendons. t\ • ■ 'sputer! c'est bon pour de* Grers. Catulle. A boire, esclaves ^ersez! eneore un jour de gaieté sans entraves. ersez! encore un jour de liberté. — Demain ^ a 't avec le soleil le jour de mon hymen. "vous, ô mes amis, à nos amours passées. ^ Ux festins qui ceignaient de eourouues tressée» 0s tètes de vingt ans, — aux paresseux loisir» " Ue venait caresser l'aile d'or des plaisirs, ~~ Uuvous à la jeunesse, — aux roses passagère» j* u 'e'Veuillaieut à ,,os pieds les danseuses légères. j* Uv ous, ô mes amis, — et que nos fronts joyeux ft *vêtent p„„ r „„ j our |'» ur éole des Dieux ! !• •1 LE MOINEAU DE LESBIE. PlgO. Bien dit. — A ton bonheur, Catulle! IfEanliuB. A la Folie! PlgO. A Hardi us! Cornélius. A l'Amour! MailllUB. Au Falerne! Catulle. A Lesbie! Haut les coupes! DaiCf entrant. Seigneur, une affranchie est là Qui demande à te voir de la part de Sexta. PlgO. De la part de Sexta! — mais la plaisanterie Serait-elle poussée au point qu'il se marie? Catulle. (A Date.) Qu'elle entre. — Vous aile* tous en juger. Scène II. Les précédents, LICIMA. Cntulle. C'est toi, Licinia. Salut et bonheur. — Mais à quoi Dois-je ton arrivée en ces lieux. Iilclllln. Un message, Seigneur. PlgO, bas à Manlius. Une rupture ou peu s'en faut, je g a ë e ' Iilelnin. Sexta, pendant la nuit dernière, n'a rêve Qu'hymen rompu toujours avant d'être achevé. Elle a, dès son réveil, consulté les augures; Mais croyant en amour leurs promesses peu sûres, Elle n'en tient nul compte, et c'est pâle d'ennui, Qu'elle m'a raconté le rêve de sa nuit. Elle voudrait te voir..... — Pour ma jeune maîtresse, L'oracle le plus sûr est un mol de tendresse. Viendras-tu? Catulle. J'y serai dans une heure. On m'attend A la porte Latine où je cours à l'instant Chercher les diamants commandés pour la fête... J'irai du même pas en étoiler la tête De ma chère Sexta. — Ces gages d'avenir Peut-être changeront ses terreurs en plaisir, Et si ma voix d'ailleurs a uueliju'cflet sur elle, Nous la verrons bientôt gaie autant qu'elle est belle. Annonce-moi. Iilelnla. J'y cours. (Elle sort.) SCÈNE III. 5 Catulle. Pour dernière santé, Jluvons, ô mes «mis, à ma félicité. l'a mer où je m'embarque est sombre... mais courage! O» a vu îles esquifs y voguer sans naufrage. Kspérons. — Vous savez Probus le borgne, il vient D'épouser Juiiia tout récemment... Eh bien, Je le rencontre liier aux thermes, il m'appelle, M° parle de sa femme, et fait à propos d'elle ^n si beau plaidoyer contre le célibat, t u c j'aurais épousé Probus lui-même. PlSO. »■'"'! bienheureux Probus! le fait est qu'il engraisse, t *st d'un bon témoignage. Catulle. Amis, l'heure me presse, donné rendez-vous au marchand pour midi: 'iu'au moins je sois exact si j'achète à crédit. demain, — n'allez pas l'oublier. — Je vous quitte... *>exta, vous le savez, compte sur ma visite, ()r — sauf à revenir de tant d'empressement — veille d'être époux on est encore amant. ^ e vais prendre ma toge et cours chez ma future. s alut. Tous. Salut, Catulle. Scène Ht. CORNELIUS, MANLUJS, PIS©. Cornélius. A risquer l'aventure 1,8 voilà qui s'entête. IMmo. Il va, le malheureux, bêcher en eau bien trouble un bonheur bien chanceux. Manllug. Quand on vise au sénat, qu'on veut être riche t'est un j e „ comme un autre. — On gagne, on perd, on triche.. Seulement, à ce jeu, c'est toujours le mari 'io'on triche, et plus il perd, plus tout le monde en rit. PlSO. C'est bien fait. Quelle idée, aussi!... Pour moi * Parler franc, l'hymen un coupe-gorge intime. [j'estime ">e qui m 'y p r e M ,l ra ! car j' a i toujours pensé j* Ue rien n'est malheureux comme un bonheur forcé. ^ n «ai refrain vaut mieux que dix épithalames! tomme on change de vins, il faut changer de femmes, Et °e l'une sur l'autre égarant son amour, a LE MOINEAi: DE LESRIE. N'obéir qu'an caprice et vivre au jour le jour. Pour moi, c'est ma méthode — et je la trouve bonne. Cornélius. On s'en lasse. Catulle était plus que personne De ton avis... pourtant nu fi lot conjugal Le voilà pris PlHO. IvIi bien, tant mieux ! C'est un rival Que je ne craindrai plus. Cornélius et Manllua. Un rival? PlBO. Oui. Lesbie Est fort belle. HIanlill8. Kst rliaruiante! Cornélius. Adorable! Plso. Accomplie! Moi je l'aime, d'abord. lfltanllug. Moi, j'en raffole. Cornélius. Moi, Je ne puis soutenir son regard sans émoi ManliuS. Bon! nous voilà tous pris de passion lubil* Teudre et touchant accord dont je vous félicite. Mais n'allons pas l'un l'antre à l'envi nous jouer.. . Courtiser trois de front, c'est vouloir échouer. PlSO. C'est cela, Manlius, commence l'entreprise..- Quand nous arriverons, la place sera prise. Cornélius. Le piège est bien grossier pour que " oUfi jHanlluS. Vous ne m'entendez pas. [y tombio"*' Piso. Explique-toi ; voyons. TlaiilIlIH. Entre dois amoureux mettez une coque" 1 - Et si chacun des trois autour d'elle caquette Et lui fait les yeux doux, il est sûr que cent fois Pour une, ils la verront glisser entre leurs doigts. Faisons mieux: aujourd'hui tentons une escarmouche Chacun comme il l'entend. — Au but si quelqu'un touche. Qu'il persiste, mais seul; ses rivaux éconduits, Bien loin de le gêner, deviendront ses appuis. De la sorte, il est srtr à peu près que la belle. Se fatiguant bientôt du rôle de cruelle, Parmi nous, un beau jour, choisira son amant. On l'a dit: — l'union fait la force. — Autrement, Elle nous dupera tant et si bien, qu'en somme Nous serons ses jouets et la fable de Rome. tfta-ï PlSO. Fort bien, sauf un détail. — Comment savoir I e Tlanlliin. Chacun racontera comment on l'a '"""j^^. Corn. Le vrai touche, en amour, de près àJ'hyP*' SCÈNE IV. 7 .îlanllug. Souvent. — Mai* que pour preuve on donne Nous serons confiants sans nous en repentir, [sa parole ^-ar des patrie)»! ne savent pas mentir. Cornellll8. Beau projet! ■Mwn. Plau superbe! et nui fera ta gloire. 1* , _ . ' u vaux ton pesant d'or, Manlius, — après boire. 11 uni t mm. Dans une heure. — Prenez note du rendez-vou». PiSO. C'est eonvenu. Cornélius, allant pour sortir. Lesbie! PlSO. Amour, c'est de tes coups! Scène IV. Us précédents, LESBIE, CHRYSÉLISL IiCSbie. Seigneurs, je vous salue. — Esclaves, votre maître? ©WVe. Il ne «aurait longtemps tarder à reparaître. p aut.i| l'avertir? Légale. Non, j'attendrai... — près de vous, ■Si vous U permettez, seigneurs » Manlius. G"»»* a genoux 1 U « nous t'en supplions, adorable Lesbie. * >ou * moi, j'achèterais fùt-re au prix de ma vie 1 ' ,e plaisir de te voir un instant. Lesbie. C'est bien cher. ■Mso. C'est peu pour un bonheur dont un Dieu serait fi«ï! Cornélius. On serait trop pavé seulement d'un sourire. Lesbie. Quel assaut de fadeurs! Ea vérité, j'admire •* propos galantins et vos airs langoureux. P»r accident, seigneurs, seric/.-vous amoureux? PlSO. Et quaud cela serait! — l'ouï vouloir m'en défendre. ai le parler trop franc, et j'ai le iicur trop tendre. Cornélius. Pour rester froid à tant de merveilleux appas 11 faut un cœur de marbre, — et le mien ne 1 est pas. *li " l 's-je éveillée, et n'est-ce point un rêve? ■Se I ' * ln ( "'t appris là. m'a frappé 1 comme un glaive... Catulle.... r ysel|)i. Bal ce serait pour toi, 1U LE MOINEAU DE LESBIE. Lesbie, un accident des plus heureux, crois-moi. Vivre comme tu vis maintenant, est-ce vivre? — Autrefois, mille amants empressés ù te suivre... liPHble. Catulle!... oh, je mourrais sous de tell*» douleurs.'.. • •le l'aime, Chrysélis. .. et l'on li a pas deux cœurs. Chryséllfl. Le cœur, toujours le roeur! mais c'est d" la démence. Souviens-toi du passé. — Ciel! quelle différence! Tous les patriciens de Rome, tous les heanx. Chaque soir escortaient ta litière aux flambeaux. Dans tes appartements, les parfums d'Arabie Comme aux autels des Dieux brillaient devant Lesbie, Et cette Cité-Reine, ivre de tant d'orgueil. Toi, tu t'agenouillais à tes pieds, — d'un coup d'oeil! Un beau jour, quand chacun t'environne et t'envie, A tant d'empressements tu dérobes ta vie. . . Ce fut un bruit dans Rome' — El tout cela, pourquoi? — Pour quelques méchants vers d'un poëte sans foi. — Tu le vois maintenant: cette amour sans pareille Dont sa trompeuse voix t'avait charmé l'oreille. T'échappe, — et te voilà, sans espoir désormais. Comprenant, mais trop tard, qu'il ne t'aima jamais..... Trop tard! non. Si Catulle abdique sou empire, Point de lâches regrets ! - C'est, tant mieux ! qu'il faut dit*' Fais un signe, Lesbie, et tu verras demain Si Rome de ton seuil sait enenr le chemin. Chaque jour, enchaînant de nouvelles conquêtes, L'éclat de ton triomphe et le bruit de tes fêtes Au monde émerveillé conteront tes splendeurv A l'abri désormais de ces folles ardeurs Que Catulle te fait expier par des larmes, Tu comprendras enfin tout le prix de tes charmée, Et sachant immoler l'amour à d'autres soins, Tu régneras d'autant que ton coeur battra moins..... Quelle fortune! et c'est ton avenir, Lesbie, Si tu sais oublier un ingrat qui t'oublie. — Tu ne me réponds pas?... .j, Lefthle, sans avoir écouté Chrysélis. Mais viendra-*-' _ .l'attends. Dans nn trouble inquiet je compte les instants... Douter! quand il y va du bonheur de ma vie. Quelle horrible souffrance! — On entre... lui! SCÈNE VI. Il Scène VI. IiES PRÉCÉDENTS, CATULLE. Catulle. Le»bie! filas.j I ie fâcheux contretemps!... {Haut.) — Sans m'avoir prévenu, '* présence en ces lieux... Legltie. Catulle, m'aimes-ta? ^épomls-inoi sur-le-clianip. Catulle. Mais daigne au moins m'èppf endre... Itesble. Répond* d'abord. Après, je me ferai comprendre. Catulle. (Bas.) Que lui dire?... Comment franchir ce mauvais pas?... (Haut.) kesbie, en vérité, je ne m'explique pas '"'etrann-e question. . . ^«Sllle. Quand tu iiéaimais, Catulle. ^ fette question d'une amante crédule, *" e > baisers seuls auraient répondu... — Je le vois. , fu "'es plus aujourd'hui le même qu'autrefois. ^ u '« lais... dans tes jeux ton embarras redouble... je devine trop la cause de ton trouble! Catulle. Ecoute-moi. •■««"Sble. Sortons, Chrysélis. Catulle. Mon amour ^ toujours conservé l'ardeur du premier jour. ' e taime, tu le sais, et si jamais... ^esble. Ecoute, ^ a tul] c . __ Tout à l'heure il me restait un doute; ne m'en reste plus maintenant: la rougeur * ton front a trahi le secret de ton coeur. "e sais pas assez dissimuler... Ton âme iSt eomm» un livre ouvert sons les yeux d'une femme. Catulle. Mais... Résille. Pas un mot. Catulle. Je jure... ' j e8ble. Ami, pas de sermens. e '"e force doue pas à te dire: — Tu meus! Catulle. El, bien! je serai franc. — Je t'aime eneor, ais --. malgré moi... demain... [Leshie... Résille. Demain? Catulle. Je me marie, ï'fcSble. C'était doue vrai ! Malheur à moi ; car je t'aimais. 33££ 12 LE MOINEAU DE LESBIE. Parjure sans pitié, comme on n'aima jamais. Adieu, Catulle, adieu... Ce coup m'a frappé l'âme... Adieu ! car j'ai besoin de pleurer. .. C/tltlllIe, la regardant s'éloigner. Pauvre femme! Scène VII. CATULLE, seul. 31a foi! mieux vaut brusquer ainsi le dénouement. Chaque instant de retard est un nouveau tourment. Il fallait que l'orage éclatât... — C'est dommage Qu'on ne puisse mener de front le mariage Et le plaisir! Epoux de l'une, mais amant De l'autre, — ce serait un dédommagement. Sexta? je l'aime aussi sans doute___ mais Lesbie! Par le char d'Apollo! c'est qu'elle est fort jolie, Et que dans Rome on n'a jamais vu plus beaux yeux. Briller d'un feu plus vif sous des cils plus soyeux. Uu esprit si charmant! une main si petite! Des lèvres qu'envieraient les lèvres d'Aphrodite... O Lesbie! ô Lcsbie! et combien j'aimais voir Son sourire éclairer pour moi l'ombre du soir! Combien d'instants heureux j'ai passés à l'entendre, Chaque jour aussi belle et chaque jour plus tendre, De son finir dans mon cœur épancher les trésors... Et quitter tout cela! — J'en ai presque un remords. Mais bah! n'y songeons plus. Des intérêts plus graves Doivent seuls désormais me diriger. . . (Jjppelant.^ Esclaves ! Ordonnez la maison... Vous savez que demain La fille de Sextus doit me donner sa main. Préparez les parfums, les fleurs, les cassolettes, La toile d'Ionie et les riches toilettes... Que chacun soit à l'œuvre, —. et que dès le matin Dans le trirlinium on dresse le festin. (Catulle sort.) Scène VIII. DAVE, Esclaves. Les esclaves emportent la t a ^ e core chargée de coupes et d'amphores. Mme. Aller se marier à vingt-cinq ans! — Poet eS ' SCÈNE X. 13 Scrcz-vous clone toujours les martyrs de vos dettes? A quoi bon tant d'esprit si vous ne savez pas Trouver d'autre moyen pour sortir d'embarras?... Au x jours les plus beureux de sa belle jeunesse, Rompre avec ses amis, rompre avec sa maîtresse, P »ur se marier... Fi! — Par Castor! si j'osais, J ''"rnis trouver Catulle, et je lui parlerais. Scène IX. Les précédents, CORNELIUS. Cornélius. Personne encore ici? Dave. Non seigneur. Cornélius. Et Catulle? lave. Notre marin- est sorti. (Les esclaves se retirent.) CornellllS, seul. Passion ridicule! ^ ot amour! — Maintenant suis-je assez maltraité? "jais je u'ai rien à dire et l'ai bien mérité, après la leçon que nous avions subie, A " e f n'offrir encore aux dédains de Lesbic, ~^Uit bourde sur bourde, et faux pas sur faux pas! C* a ' . est étrange pourtant. — et je n'en reviens pas... 0| > Cornélius, moi! qu'on admire, et qu'on nomme **■ voyant passer, l'Aleibiade de Rome, ^ e dédaigner ainsi!... — Mais c'est lui... c'est sa voix, es * Piso! — L'on dirait un molosse aux abois. Scène X. CORNELIUS, PISO. Cornélius. Nous arrivons ensemble; — eb bien? Ptso. Que Tisipbone Re 8 e8 serpents de feu me tresse une couronne, 1 l'oubliais jamais, et ce jour, et l'affront °nt „„,. codrthwie a fait rougir mon front!... e «■'«irait-on jamais, qu'un homme de ma sorte "> comme un porte-faix, été mis à la porte! Cornélius, riant. Que sYst-il donc passé? Plso. Le fat! il paraît... Cornélius. **** t 14 LE MOINEAU DE LESBIE. J'en suis, s'il agit d'elle, au même point (jue toi. Mais j'ai le bon esprit d'en rire. La colère Est sotte en pareil cas, et pour n'avoir su plaire Il ne faut pas s'aller jeter au (Tibre. — Un peu De calme, et pour gagner attendons meilleur jeu. PiBO. C'est bien toi que j'entends! — C'est à ne p»' J Depuis quand pbiloaop.be à se point? ^croir f ' ConiellU8> 'l'on histoire? J'en suis impatient. — Tu railleras après. PlSO. Je guettais le départ de Lesbie. — Ici près, Comme j'allais tourner le coin du temple antique Dressé par nos aïeux à l'Honneur Domestique, Je trouve un marchand grec Irais débarqué d'hier, Qui rangeait sur le quai sa boutique en plein air... Quelle aubaine! J'achète un collier de topazes, Un grand miroir d'acier poli, deux jolis vases De bronze athénien, des grains d'ambre, un peplum Comme n'en a jamais brodé le Latium, Je charge des présents mon nègre de Nubie, Et — le front radieux — je vole chez Lesbie. Le seoil était désert, et je trouve eu entrant La maison dans le trouble et les femmes pleurant... — Parques! pourquoi trancher une si belle vie! ^Pleurez, Grâces, pleurez l'oiseau cher à Lesbie! —« Tout surpris, j'interroge. . . on De Die répond pas. J'insiste, Chrysélis survient, et sur ses pas Je vois tout éplorée arriver sa maîtresse, Qui sans ine laisser dire un mot île ma teudresse. Sans me donner le temps d'étaler mes trésors, 31c fait signe du geste... et me voilà dehors! Eh bien, devine un peu, Cornélius, devine, De ce grand désespoir quelle était l'origine? ^ Cornélius. Deviner, rVst trop long: mais âif '* g Ce sera plus tôt fait. I PlHO» C'est la mort d'un oiseau! Cornélius» D'un oiseau? PlSO. D'un moineau! — Je l'appris d'une escl« ve Qui poussait chaudement sur un sujet si grave D'hvpocrites sanglots qui m'irritaient... Cornélius. Très-cher, Je me trompe à coup sur, — mais je te trouve 1 air D'an homme bafoué d'une façon sanglante... Uo moineau!... Par Pollux ! la farce est excellente. SCÈNE XI. PiSO. Que I on m'nit bafoué, d'accord. — Mais à ton tour, l'Ornolius, dis-moi tes succès en amour 1' Cornélius. J'ai rencontré Lesbie. Elle était en litière, Et ses gladiateurs tenaienl la rue entière: moyen de passer sans faire de mou mieux Pour lui toucher le cœur par le chemin des yeux! Peine et soupirs perdus, mon cher. — Fatal présage! Une sombre tristesse accablait son visage... PiSO. Le moineau! CornellMS. Le fait est qu'elle m'a laissé là, Et " 'l'i'elle a poursuivi sa route. Piso. C'est cela, ke moineau ! Cornélius. Maulius ! Scène XI. Les précédents, MANLIUS. PU,». Kh bien, quelle nouvelle? ^ as-tu pu rencontrer? Manllus. J'arrive de chez elle. Cornélius. Maintenant? 'lanllus. Maintenant PiSO. Mais parle donc! Manllus. ° Sort > ^««dits soient tes décrets! L'impitoyable Mort A d'un coup de sa faulx jeté droit an Tartare... Plso. Le moineau! Manllus. Tu l'as dit. — Oiseau brillant et rare. " P*rait, car Lesbie et ceux de sa maison X! , '" sont tous, de chagrin, tombes en pâmoison PlHO. Kh bien, Cornélius? Cornélius. Inouï ! Piso. C'est unique! ^* u t-être verrons-nous demain la République ' ' déclarer en deuil de ce méchant moineau. Cornélius. Tcnons-nous pour battus en attendant ^lonllus. Tout beau! j^niaiu, je veux revoir Lesbie... — Avec emphase ^■"parant le défunt au noble oiseau du Phase. ' e veux en son honneur dépasser Cicéron f *«re fondre en pleurs tous ceux qui m'entendront. mil 16 LE MOINEAU DE LESBIE. — Sous ce déguisement, je pourrai dans l'oreille Lui glisser quelques mots d'amour... PI HO. Je te conseille De joindre à ton discours le projet d'un tombeau. Il faut un cénotaphe à l'ombre du moineau; Tluiilin*. Ht. pourquoi pas? CoriieliUH. Allons, va pour un cénotaphe! Catulle en vers badins en fera l'épitnphe. PlMO. lit des gladiateurs au regard menaçant, lin riionncur '*' Tu n'as d'esprit, Piso, que lorsque tu te grises : Par malheur, tu n'as pas assez bu ce matin. PISO. EUt-ce ma faute à moi? — C'«-» celle de ton VI " Maiillus» Et Sexta? Catulle» Qu'ai •je fait!... Amis, l'heure s'avance; Entrez tous là dedans. lUanllus» Catulle, bonne chance. PiftO» Si nous rions trop fort, tu nous avertiras- Scène XIII. CATULLE, seul Toujours nouvelle ornière et nouvel embarras! Quoi! j'épouse Sexta demain — et je l'oublie! Sur quel pied maintenant le prendre avec Lesbie! Fuir? — Mais leurs quolibets me poursuivraient parto Rester? — Mais elle vient, et je l'aime après tout; Mais je vais la revoir belle et passionée, Me reprocher encor ce fatal hyménée... Et d'uu autre côté, le temps passe, Sexta M'attend... — Peste de moi! — Les joyaux que voit» Ne me disaient-ils pas que l'heure est mal choisie Pour risquer si gros jeu sur une fantaisie!... Depuis longtemps, Catulle, aux yeux de bien des ge"* Tu brillais par l'esprit plus que par le bon sens. SCÈNE XIV. If) J-'u trouvais ces geus-là niais outre mesure. .. ke niais, c'était toi; — car ta sotte aventure Vient leur donner raison, et montrer à chacun Combien peu ton cerveau loge île sens commun. — Bon! que me voilà bien! Quand j'ai fait la sottise, " e me prends à partie et je me moralise. Par .Jupiter! dans Rome on n'a jamais bâté Ane qui , ne va ] u t pour la stupidité! Mais, du sang-froid... — Voyons à me tirer d'affaire Sa, is trop de ridicule et de honte... — Que faire? Dave ne revient pas... Scène XIV. C ATULLB, LESBIE. - CORNELIUS, MANLIUS, PISO, cachés. Lentille» Catulle, me voici. J^ n esclave est venu me prévenir qu'ici ^ u m'appelais. Catulle. C'est vrai, lieable. J'étais loin de m'attendre ce message étrange, et je ne puis comprendre ^l'fès notre entretien si triste de tantôt, ^ a raison qui te fait me rappeler si tôt. ""'tant, ju suis venue. Catulle. Et je t'en remercie... un pénible effort que mon cœur apprécie. Meuble, « part. Ne m'en sache nul gré... Le dou- ^ Ion r eux bonheur e revoir encor m'a fait battre le cœur. Catulle, à part. Qu elle est pâle! Je «en» dans le fond de mon Ame amour mal éteint se ranimer la flamme. C'est O'un ^«Sble. Que voulais-tu de moi? Catulle, à part. Je me sens interdit U l ,0 int de ne pouvoir parler... (H•ut.) On m'avait dit ^ eu proie à la tristesse et d'ennuis accablée, " pleurais, sans vouloir même être consolée. ,ou vient... L«Sble. Est-ce à toi de mc le demander? Catulle. Pourtant... 2* 20 LE MOINEAU DE LESBIE. AeSllle. Eh bien? Catulle. Ou dit... l C'est vrai. - Te souvient-il D'avoir trouvé, le jour des calendes d'avril, Un petit nid de crin que la jeune famille Venait d'abandonner dans l'épaisse charmille. Un seul oiseau restait, un seul, et son essor A voler hors du nid n'arrivait point eucor; Tu le pris doucement dans ta main... le soir même, A mon tour je le pris dans ton sein. Combien j'aime A feuilleter ainsi dans les jours du passé Comme un bonheur présent mou bonheur effacé! — T'en souvient-il, Catulle? Il pépiait, son aile Paraissait appeler la leçon maternelle, l't comme il voletait de mou doigt sur le tien, Tu t'approchais de moi toujours plus près... si bien Que je sentais courir dans les fleurs de verveine Qui ceignaient mes cheveux, le feu de ton haleine, Et que, toute à l'amour qui parlait, dans ta voix, Je sentais mon cœur battre ut trembler à la fois. Pauvre oiseau! Dès ce jour, à sa fragile vie J'attachai le destin de l'amour qui nous lie, — Qui nous liait, pardon ! — De mon frêle bonheur Frêle palladium, c'était tout pour mon cœur. Or, ce matin, à l'heure où je venais d'apprendre Cet hymen que j'hésite encor à bien comprendre. A l'heure où de retour dans mon appartement J'éclatais en sanglots... — Subit pressentiment! Mon passereau! — .Soudain je cours à la fenêtre... Le cœur a des instincts qu'on ne peut méconnaître! Je ne me trompais pas..... — Las ! dans sa cage <' or > Si joyeux ce matin, je le retrouvai mort. Je me sentis pâlir... Faible et crédule femme, Ce coup, comme un malheur, m'avait pénétré l'âme, Et je m'évanouis... — Pauvre amour! pauvre oiseau. On dirait que le Sort d'un seul coup de ciseau Les a tués tous deux. Que la mort les rassemble! C'est de toute justice... — ils périrent, ensemble De la même façon qu'ensemble ils sont «clos. SCÈNE XIV. 21 Catulle. Le hasard a parfois d'étranges à-propos. Iiesble. C'est la voix du Destin que ce muet langage. De mon triste avenir c'est le triste présage. . Après uo bonheur court viennent les longs regrets! Catulle. L'avenir! qui pourrait en sonder les secrets? Ijesble. L'avenir esl bien triste, alors que dans son âme On a de tout espoir vu s'éteindre lu flamme. Catulle. C'eal trop désespérer. A la fin vient le jour Ou dans l'Ame un amour remplace un antre amour. ■i«'M»le. Non, Catulle, non pas. — Daus une seule vie 0| > n'a qu'un seul amour, et je l'aimais. . Catulle. Lesbie, baissons ces souvenirs... Quand le cœur est froissé, P* e st un amer écho que celui du passe. ljenhle. Oui, changeons de propos---- — Mais par quelle aventure Dans ce brillant écriu cette riche parure? ^ e iplendide camée! — Et ces flèches d'argent? travail! — Et ce beau lapis au bleu changeaut! 1>uu f qui donc ces joyaux?... — Que je suis étourdie! "'apprends son mariage et déjà je l'oublie... Qu'elle doit être heureuse!... Elle est belle, dis-moi? Allons, ami, sois franc. Catulle. Maie... moins belle que toi. l'eubie. Flatteur! — Ces diamants sont d'une eau merveilleuse ; Comme ils étalent bien leur chaîne radieuse, Et comme cet onyx au transparent éclat Doit bien sur une épaule attacher la stola. ^ u vas me trouver folle à lier... — mais pardonne! '' e voudrais sur mon front essayer la couronne elle mettra demain pour la première fois. ^ n '"stant n'est pas long, c'est pour un instant... — Vois, Snis-je belle?... Jadis, quand ton cœur plein d'ivresse battait à l'unisson du cœur de ta maîtresse, Je m» parais ainsi. Catulle. t' est ainsi que le jour u 'a première fois je te parlai d'amour, es perles d'Orient sur ton front enlacées, Venaient et tombaient sons mes mains insensées. I^eBble. Tu t'en souviens encore? Catulle. Oh! si je m'en souviens! J •« yeux avo c |, r i ere interrogeaient les tiens. 22 LE MOINEAU DE LESBIE. Kt quand ton doux regard, enivrant interprète, Me laisser deviner sur ta lèvre discrète L'aveu tant souhaité que j'invoquais.., je crus Voir l'Olvmpe entr'ouvert et dans mes bras Vénus... O souvenir brûlant! Couronne Fugitive De jeunesse! IiCSble. Et ce jour où seule sur la rive De mon vivier, tu vins, par l'ombre protégé, Surprendre le secret de mon amour?... Catulle. Où j'ai Pour la première fois dénoué ta ceinture... Quel bonheur que d'aimer! PISO, enlr'onvrant la parle (le la chambre où il est cticht avec Cornélius et Manlius. (Bas.) Finiront-ils? Leable. Parjure, Pourquoi ce houheiir-là s'est-il donc envole 1 ? Cornélius, bas. Nous perdons. .. Plan, bas. Chut! Catulle. Épargne un amant désolé. Oui, nous avons ptfetd île bien beaux jours ensemble, Jours si vite écoulés, que parfois il me semble Sortir d'un réve d'or... liesble. Quel réve que l'amour! C'est à la fois le plus charmant et le plus court. Catulle. Quand un réve est si doux, il faut fixer le r<;v ^ Iiesble. On le croyait fixé, — le temps passe. ' l'enlève. Catulle. L'amour rend le bonheur, dit-on... Iiesble. SI tu m'aimais! ITlanlius. bas II faut intervenir maintenant ou jai» a,! " Scène XV. CATULLE, LESBIE, - MANLIUS, COBNELI^^' PISO, sortant bruyamment de la chambre où 9* étaient cachés. ManlIUS. Il suffit. - Nous donnons S ain de **»"* H Catulle. Iiesble, à Catulle. Que veut dire?... Catulle. Tu ras le savoir. — Par Hercule! SCÈNE XVII. 23 ■^wis, je vous avais -si bien tous oubliés, Qu'une minute encore et j'étais à ses fiés. ï'CSfoie. Que faisiez-votis donc là, seigneurs? Catulle. Une gageure, Une sotte à la fois et charmante aventure... Je te conterai tout Scène XVI. LES PRÉCÉDENTS, LICINIA. Ltclnla. Catulle, je t'attends. 4,6 ""lepsydre a marqué l'heure depuis longtemps; ^ e *ta s'impatiente et trouve sans excuse * coupable froideur que la lenteur accuse... ~~ Un aussi long retard, c'est presque un abandon. 'PISO. Catulle, vas apprendre à demander pardon. (Le 'bie fait un pas pour s'éloigner et un geste pour défaire sa couronne.) f Catulle, retenant Lesbie. Reste. ' S « tournant vers Licinia oui est restée debout prvs de la porte.) Licinia, va dire à ta maîtresse ^ Ue Catulle n'es< pas digne de sa tendresse; Jj Ue dans son cœar un autre amour qu'il croyait mort, '"«tant assoupi, «'est réveillé plus fort; jj 18 l«l qu'il n est point fait pour les plaisirs sévères ç U fy'er, — plaisirs purs, mais souvent éphémères, * r 'I ne faut qu'un souffle, hélas! pour les troubler... ~* An bonheur de Sexta j'aime mieux m'immoler. (Licinia sort.) Scène XVII. ^TUU.E, LESBIE, CORNELIUS, MANLIUS, PISO. C «*Ulle. Tu voulais me quitter tout à l'heure, Lesbie? "'«'«hle, se jetant dans ses bras. Oh, Catulle, merci' J Je suis comme éblouie. ^ se «s mon r r0Kt rougir) ct mon cœur s'abîmer. P»"r tant de bonheur je ne puis que t'aimer! '•anllu». Cette pauvre Sexta, — va-t-elle être ébaubie! 24 LE MOINEAU DE EESBIE. PlMO. Sans rancune, mon cher. — Tu noua reprei Lesbie, Mais tu nous rends Catulle, et pour mieux dissiper Ma bile de tantôt, — si nous allions souper? Catulle. D'accord. Le vin versé dans ce gai M ct ' A l'ombre du moineau rendra IJacchus propice. Venez. — Et nous, Lesbie, allons en ce beau jour, Des roses du festin couronner notre amour. FIN