Répertoire du Théâtre français à Berlin. No 352. Deuxième Série. (No. 102.) --e>o«- Le château i LE MARI PAR HASARD, COMÉDIE EN UN ACTE, MÊLÉE DE VAUDEVILLES, PAR MM. DÉSAUGIERS ET ARMAND. BERLIN, 184». ', Hit. S eh lesivpar, Libraire et Éditeur de Musique. Pria 5 Sgr. (4 g Gr.) HHHHi :AdH\ ;,vi Le château de mou oncle, COMÉDIE-VAUDEVILLE EN IN ACTE par MM. Désaugiers et Armand. Personnages. LK BARON HK SAINT-VAL. NAT\T-E[l\FST, «on neveu, capitaine de hussard, décoré. M. GRIMAHIIKAU, intendant du château. I.EKRANfT, liusnard, domestique de Sainl-Krncst. 1.8 PALBKHKNIKH. LE SOMMELIER. LE CUISINIER. LAURE, fille du baron de Saint-Val. MADAME DERBOIS, amie du baron. MADAME GR1MARDEAU, gouvernante du château. ROSE, jeune fille du château. La scène se passe au château de Saint-Val, sur la mute de Paris. Le théâtre représente la salle basse d'un vieux château très- gothiquement meublé. On voit deux portes latérales, et celle du fond est ouverte. Un oeil-de-boeuf est à la droite, du public. Scène I. Mad. Cirim., une lettre « la main. Monsieur Grimar- rleau ! monsieur Grimardeau !.. Voyez un peu s'il viendra... Et pourtant il n'y a pas un instant à perdre d'après celte lettre. (Elle lit.) „Je me hâte de vous annoncer, ma chère madame Gri- „mardeati, que je serai do retour au château, dans la journée. „Je me propose d'y célébrer l'union de ma fille avec Belcour, „mon neveu, si toutefois leur première entrevue il le résultat „que j'en espère, car je ne prétends pas contrarier leur inclination. Belcour arrive de Saint-Cyr, ce matin même; et ma- „dame Derbois, dont la terre est voisine de la mienne, a bien „voulu se charger d'amener ma fille de son pensionnat. S'ils „se trouvaient au château avant moi, vous en feriez les hon- Répertoire No. 35Î. (Se Série No. lOt) 1 ■LW 2 LE CHATEAU DE MON ONCLE. „neurs avec le zèle et l'empressement que méritent ces trois „hôtes et le motif qui les amène. „Doh8av, Baron de Saint-Val." Comme si une première entrevue pouvait décider du rapport des coeurs et du bonheur de la vie ! Et puis qu'espérer d'une pareille union? Le jeune homme le plus froid, le plus réfléchi, le plus apathique que je connaisse! et la demoiselle la plus vive, la plus étourdie qu'il soit possible de voir!.. On s'étonne après cela de voir tant de mauvais ménages !.. Le moyen que ce soit autrement... Ah! il n'en était pas ainsi quand j'épousai M. Grimardeau. Le pauvre cher homme I outre que nos deux caractères semblaient avoir été jetés dans le même moule, il me fit la cour pendant cinq ans, et soupira pendant six semaines avant d'oser me dire : „ll fait beau temps aujourd'hui, Mademoiselle.'' Et voilà comme on aime. AIR: De la Parole. Aufsi depuis notre lieu, Dieu «ait quel bonheur est le nôtre 1 Son àvis cet toujours le mien, Jamais un mot plus haut que l'autre. Kt si rien de ces noeuds eonntana Ne troubla la douceur touchante, C'eat qu'on mariait, dans ce temps, Les jeunes filles à trente ans, Et les jeunea gens à quarante. Mais voyez donc s'il arrivera... Monsieur GrimardeauI monsieur Grimardeau!.. Ali mon Dieu! si je ne pensais pas à tout... 11 est, je gage, à arroser quelques plantes dans le jardin, tandis que sa femme... Ah mon Dieu! mon Dieu! (Elle sort par la droite du public.) Scène II. LEFRANC, SAINT-ERNEST, entrant par le fond. (Saint-Ernest doit avoir une redingote bleue, croisée de manière que sa décoration ne paraisse pas.) Lefranc. Le diable m'emporte si je sais où nous sommes; mais ma foi, entrons toujours. Saint-Ernest. La peste soit des chemins! Verser s 1 près du terme de noire voyage ! Iiefrane. Eh bien! personne :t qui parler! Saint-Ernest. Et cependant toutes les portes sont ouvertes. Iiefranc. Ce vieux château m'a tout l'air de dater du icms des Croisades. SCÈNE II. 3 Saint-Ernest. Mais comment se trouve-»-il ainsi livré à notre discrétion? liefranc. Qui sait, Monsieur? c'est peut-être le prélude de quelque aventure galante. Peut-être notre rénommée nous a-t-elle devancés ici, et vous savez qu'un jeune coeur n'a jamais été insensible aux promesses d'un enfant de Mars. Saint-Ernest. Fais-moi grâce de ton bavardage, et dis-moi où tu veux en venir. lii'lraiir. Eh bien ! Monsieur, mon avis est qu'une jeune et tendre châtelaine, séduite par Je bruit de nos hauts-faits, '■I n'ayant pu décemment venir au-devant de nous, malgré l'envie qu'elle en avait, a jugé à propos de profiter de l'accident de notre chaise, pour nous faire ouvrir les portes de son château, et se procurer par cette adroite hospitalité, le bonheur de nous posséder sans se compromettre. Saint-Ernest. Quel roman me fais-tu là ? ïiefi'Riic. Ce roman sera notre histoire, et la dame votre conquête. Saint-Ernest. Ma foi! le ciel me devait bien cet aimable dédommagement pour toutes les tribulations qu'il m'a fait éprouver depuis dix ans. liefranc. Il est vrai que je suis étonné de n'être pas mort vingt fois des dangers que j'ai courus pour votre compte et pour le mien. Saint-Ernest. Mais quelle fatalité! échapper à tact de périls... liefranc. Six sièges, dix assauts, douze blocus... Saint-Ernest. Et je ne sais combien de blessures, dont la dernière n'est pas encore guérie... liefranc. Pour venir échouer a quelques lieues de Paris, où toutes les belles nous réclament. Saint-Ernest. Et nous trouver dans l'impossibilité rliii. IU par où, s'il vous plaît? Saint-Ernest. Par la porte, que j'ai trouvée ouverte. Tlad. Carlin. Qu'y faisiez-vous ? Saint-Ernest. J'y dormais... comme vous ave/, pu voir. .Tlad. Cirlin. Eli qui êtes-vous, Monsieur, pour avoir osé vous permettre? Saint-Ernest, gaiement. Mais, vous-même, pour me faire subir un pareil interrogatoire, êtes-vous la maltresse de ce château ? Tlad. t. ri ni. Non, Monsieur; mais depuis trente ans j'en suis la gouvernante, sous tous les propriétaires qui s'y sont succédés, et je les représente en leur absence. Saint-Ernest. Je vous fais compliment, vous faites les honneurs de la maison avec une grâce, une prévenance... Tlad. C«rlm. Ta, ta, ta... il ne s'agit pas de cela, Monsieur; ayez, seulement la bonté de me dire qui vous êtes, d'où vous sortez, et ce que vous venez chercher ici... Saint-Ernest. Ce que je suis? militaire. D'où je sors? de l'armée. Ce que je viens chercher? ce n'est pas vous. Tlad. (à ri m. Eh! bien, monsieur le militaire, puisque ce n'est pas moi que vous cherchez, faites-moi le plaisir de déloger, si vous ne voulez pas que j'appelle main-forte. Saint-Ernest. Main-forte? Ah ! doucement, ma bonne dame; on n'obtient rien de moi par violence. Tlad. C-rim. Non ! eh bien, c'est ce que nous allons voir. Monsieur Grimardeau I monsieur Grimardeau ! Saint-Ernest, riant, (.(n'est-ce que ce monsieur Grimardeau? quelque vieil extravagant aussi aimable que vous. Tlad. fârlin. Monsieur Grimardeau, un vieil extravagant! c'est trop fort et la patience m'échappe. Air de l'Anglaise de M. Darondeaii. Sortez k l'instant, sortez, Ou, morbleu! si vous restes, Redoutez (bis) L'accueil que vont* méritez . l>oit-on se conduire ainsi? Et croyez-vous, mon ami, Etre ici (bis) Dans un pars ennemi. Saint-Ernest. L'heureux caractère, L'aimable colère : SCÈNE V. 7 La bonté, Ia douceujr^^^^ . , » «g. Ont moins d'attraita pour mon coeur! Cria, fureur extrême. Voilà ce que j'aime 1 Si j'osais (bis) Je l'ambraBserais. ENSEMBLE. Sort» à l'instant, sortez, etc. Saint-Ernest. Aimables vivaciléa! En honneur, vous m'enchantei- Permettez.» Eh quoi ! vous me résistez Cédea aux voeux d'un ami, Je suis libre et vous aussi, Dites oui, Et je suis votre mari. Scène V. Ma». GRIMARDEAU, M. GRIMARDEAU, SAINT-ERNEST. M. Grimardeau. Suite de l'air. Quel vacarme! quel tapage ! Quel affreux remu-ménag»! Un orage (bia) Fait moins de fracas* Ittad. €Jrlm. On m'injurie, on m'outrage, Je meurs, j'étouffe de rage -, Et mon âge Ne le retient pas. IIM. CSrlniaiMleaii. Encor vivacités, Toujours vous vous emportez; Arrêtes, (bis) Calmez vos sens irrités; Jamais on ne lit ici Tant de train, mais dieu merci, M'y voici, (bis) Et bientôt le calme aussi. Mad. dirlui. \ Sortes à l'instant, sortes, etc. Maint-Ernest, gui a ri pendant l'ensemble. (A part.) -Ma foi amusons-nous de ces deux caricatures,... puisque l'occasion s'en présente. M. fisFlmartleaii. Monsieur, je m'appelle, afin que vous le sachiez, Atbanase Grimardeau. Mad. Cirim. Oui, Monsieur. Saint-Ernest. Enchanté, M. Alhanase Grimardewi, de aire votre connaissance. 8 LE CHATEAU DE MON ONCLE. JTI. fwrimarileau. J'ai l'honneur d'être chargé par le propriétaire (te ce domaine de la direction du château et de ses dépendances, en qualité d'intendant, et c'est à ce titre que je prends la liberté de vous demander ce que vous désire/, de nous. Maint-Ernest. A la bonne heure, et si madame votre épouse m'avait parlé avec autant de politesse, je me serais empressé de la satisfaire. ÎTI. Grlinai'i'imai' Saint-Ernest. Bataille, bataille, C'est mon état, c'eat mon humeur, Bataille, bataille, C'est mon bonheur* (Madame Grimardeau, en sortant, emporte le sabre de Saint- Ernest, sans qu'il s'en aperçoive.) Scène VI. SAINT-ERNEST, LEFRANC. ■ -"' ..... '.If*:.. s comiques alarmes; B Kt dans l'instant il faut bon gré, mal gré, \ Qu'elle nous rende ici les irm*s* (Us sortent par là porte latérale a gùuékë du publie s UNS- It LE CHATEAU DE MON ONCLE. Scène VII. ROSE, seule, entr'ouvrant la porte avec précaution. Ils n'y sont plus;... mais, mon Dieu! qui est-ce donc que ces militaires v'nont chercher ici? Et qu'est-ce qui va se passer?.. Vlà mon père qui a pris sa grande serpe; le palefrenier sa grande fourche, le cuisinier sa broche, monsieur Grimardeau sa grande flamberge, et madame Grimardeau sa... Oh! elle, je ne sais pas ce qu'elle a pris: mais elle crie pour tout le monde... On va se battre, c'est sûr... Des officiers, ça se bat mieux que nous, et s'ils gagnent la bataille, qu'est-ce que nous allons devenir? Je vous le demande; c'tapendant, moi, je suis bien innocente de tout ça... Aussi je crois bien qu'ils ue nie feront pas de mal; quoique ça, je ne suis pas rassurée... car, c'est toujours des militaires... et s'il faut en croire ce qu'on dit... Scène VIII. LEFRANC, ROSE, SAINT-ERNEST. Iii-fraiir, en dehors. Où diable sont-ils tous retranchés? Kose. Ahl mon Dieu! Saint-Ernest. Quoi! ni homme ni femme? (Rose veut se sauver, et se trouve précisément à la porte dans l'instant où Lefranc et Saint-Ernest entrent.) Eel'ranc, portant avec lut son sabre et une paire de pistolets. Alte-là. Rose. Grâce!., grâce, monsieur le soldat. Maint-Ernest. M'aie pas peur, ma belle enfant. Lefrand Capitaine, c'est un espion, il fruit le prendre. Rose, voulant fuir. Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! Saint-Ernest, la retenant. Elle est ma fois gentillo .Lef'rane. Et un espion femelle;... c'est plus dangereux qu'on ne pense. Koge. Ne nie tuez pas, monsieur l'officier. Maint-Ernest. Te tuer; mon enfant! non, non,... rassure toi, et dis-moi qui tu es! Kose. Je m'nomme Rose, j'aide mon père dans le jardinage, j'plante, j'arrose, j'cueille les fleurs, les fruits ou les légumes, selon qu'il «st nécessaire ; mais vous, monsieur l'officier,... si c'est no effet de votre complaisance... SCÈNE VIII. 13 A/H: Ah! roilà la rie. Voules-voua m' dire, Ne vous connaissant pas, (" qui chez nous atiire Aujourd'hui vos pas* Iiefraiic. Nous y venons faire T.a guerre. Rose, effrayée. La guerre! Maint-Ernest. Nous y venons faire La guerre A tes appas. (Il l'embrasse.) Rose, roulant se défendre. Eh bienl eh bien4 (à part.) Puisqu'il m'embrasse, il ne veut pas me tuer. Salnt-Kriiest. Dis-nnus maintenant, ma petite Rose, combien d'hommes ce château renferme. Rose. Combien d'hommes? Ah! mon Dieu! est-ce que vous voudriez... EelVane. après avoir posé ses armes sur une table. Nous voulons savoir combien d'hommes il y a ici. Rose, intimidée. Nous avons d'abord madame Grimar- deau, la gouvernante. Naint-Ernest. Je l'ai vue; ensuite? Roue. Ensuite monsieur Grimardeau, son mari, l'intendant. Naiiit-Ernest. Je l'ai vu aussi... Après? Kose. Après! dame après, il y a mon père, le Jardinier; Bose, vot' servante. Iiefrane. Ça ne compte pas. Rose. Mais c'est que ça compte; le palefrenier, le garçon d'écurie et le cuisinier. •Lefranc, transporté. Un cuisinier ! (L'embrassant.) Tu es charmante. Rose. Me v'ià tout-a-fait rassurée. Saint-Ernest. Et, dis-moi, ma petite, à quoi donc tout le monde est-il tant occupé, que je n'ai encore vu personne ? Rose. Aux préparatifs d'une grande fête pour les fiançailles de not' jeune maîtresse avec son cousin, ■jel'rane. Ah! Rose. Ce n'est pas l'embarras. (Elle se retourne rers l-efranc et rit.) Ah! il est trop laid celui-là. (Fdle se retourne et parle à Saint-Ernest.) Ils vont se voir tous deux pour In première fois... et si par hasard ils veniont il ne pas se convenir, crac, tout serait défait... mais si, au contraire, dès qu'ils 14 LE CHATEAU DE MON ONCLE. se seront regardés, on voit que l'un fera hen l'affaire de l'antre, zeste le mariage. Saint-Ernest. On dansera? Rose. Oui. Saint-Ernest. Je reste. Lefranc. On boira? Rose. Kl du bon. Lefrane. Je suis cloué. Saint-Ernest. Et ta maîtresse, où est-elle? Rose. A son pensionnat, d'où elle va arriver avec madame Derbois, une amie de monsieur son père. Saint-Ernest. Quel âge? Rose. Dix-huit ans. Saint-Ernest. Jolie? bien faite? Rose. Je crois bien, la fille d'un baron ! si ça n'était pas bien fait? Saint-Ernest. D'un baron? Iiefranc. Eh bien! Monsieur, voila nia prédiction qui commence à s'accomplir. Saint-Ernest. Et ce baron, comment se nomme-t-il? (On entend dans la coulisse M. Grimardeau s'écrier: En avant! marche'.) Iiefranc. Aux armes, capitaine, voici l'ennemi. Rose, se sauvant par la porte latérale à droite du public. Miséricorde !.. Scène IX. SAINT-ERNEST, LEFRANC (sur le théâtre); M. GRIMARDEAU, le sommelier, le cuisinier, le palefrenier, armés chacun de leur instrument de travail. M. Grimardeau, seul à la tête, porte un vieux fusil et une grande cpée. CHOEUR dans la coulisse. MH: Après vingt-cinq ans. Menace ou denier, Que rien ne nous arrête; Chassons l'étranger Qui vient nous outrager; Il doit déloger. Montrons-lui de la tête, Ht nous le verrons Nous montrer les talons. Iiefranc, regardant par la porte du fond. De nos ennemis Déjà l'armée approche; Grand Pieu 1 je frémis, Nous allons cire occis. SCÈNE IX. lô Ils se sont munis De pelle, fourche, broche, Et, si j'y vois bien, D'un vieux fusil sans chien. ïHOEiR paraissant, mais sans oser entrer. Menace ou danger, etc. Saint-Ernest, refrain*. Bravons le danger, Affrontons la tempête, Et sans déloger, Laissons-nous assiéger* Bravons le danger, Montrons-leur de la t*He, Et nous les verrons Nous montrer les talons. Saint-JEriiest. Trembles, malheureux, Le premier qui me touche... C.ri iiutrtlonii, Malpeste; ils sont deux, C'est bien plus hasardeux. Choeur. Jamigoi ! quels yeux ! Vue! sir, quel ton faroucheI (Grimardeau. Il m beau crier, Hien ne peut m'effrayer. $aint-£rnest. Craignes mon courroux, Ou plus prompt que la foudre, Je tombe sur vous. Ijef'raiic, à foreille d'Ernest, lui donnant un pistolet. Il n'est chargé qu'à poudre. Saint-Ernest. Abjourez vos torts, Ou vous ttes tous morts. Tous, tremblant. Ou nous sommes mort! Saliit-lSniest. Ou vous êtes morts. TOUS, entrant, Grimardeau à leur tête. Menace ou danger, etc. (A la fin du morceau, Saint-Ernest tire en l'a/r.j Tous, tombant ventre à terre. Je suis mertl Scène X. i.rs piiécédens, Mad. GIUMARDEAU, àvoctï-de-bocu/. Mad. Grlni. Mon mari! mon mari! Lefrane, à madame Grimardeau. Rends-nous nos armes, misérable veuve, ou tu y passeras aussi. Mad. f»rini., se retirant. Veuve! jusie ciel. 1G LE CHATEAU DE M01V ONCLE. {Scène XI. les pnÉCÉDENSj excepté madame Grimardeau. Maint-Ernest. Je veux bien vous accorder la vie; mais en vertu des droits légitimement acquis par la victoire, je déclare que je prends possession du château, dont je suis obligé de me nommer moi-même gouverneur-général; je déclare en outre que je regarde tous les liabitans dudit château comme mes prisonniers, et qu'ils seront traités comme tels. M. Cirimarfleaii. Nous, prisonniers ! Saint-Ernest. Hussard, désarme/. la garnison prisonnière. (Lefranc prend les armes des vaincus et en fait un faisceau.) Scène XII. les précède NSj Mad. GRIMARDEAU, rapportant le sabre de Saint-Ernest. Mad. 4»rim., échevelée. Où est-il? où est-il? M. Grimardeau, se jetant dans les bras de sa femme. Dans tes bras. Mad. t-riin. Cher époux! (A Suint-Ernest.) Voici vos armes. .ttun' Saint-Ernest. Pour vous, monsieur l'intendant, qui êtes coupable envers moi de rébellion au premier chef, qui avez chercher à soulever contre ma personne une population paisible, je veux bien user d'indulgence h votre égard, et ne vous condamner qu'aux arrêts. Mad. (àrini. M. Grimardeau aux arrêts! (Pendant le dialogue, Lefranc a pris la place de M. Grimardeau. et reçoit madame Grimardeau qui tombe dans ses bras. Elle s'en aperçoit, le repousse vivement en jetant un cri d'effroi, et se sauve en un coin de la scène. Son mari veut aller près d'elle; Lefranc le retient au collet.) Lefraiir, Alte-là ! 8aint-Erne«t, à Lefranc. Hussard, enfermez Monsieur dans le grenier du château, et assurez-vous qu'il n'y a pas d'issue secrète. Eefranc. Oui, mon capitaine; mais en attendant qu'ils nous livrent les clefs de la place, exigez, pour les besoins de votre armée, celles de la cave. SCÈNE XIII. 17 lie Sommelier, les remettant à Saint-Ernest. Les voici. Eiefranc, les saisissant. Donnez... Allons camarades, point àe façons. Mad. Ciriin. Saint-Vierge! que vont-ils faire de moi? Scène XIIL LBspnfecÉnENS,^^LEFRANCctGRIMARI)EAU S al lit-Ern est. A votre tour, nia chère madame Grî- mardeau, il faut vous mettre dans un lieu ou vous puissiez crier tout à votre aise, et j'ai vu en mirant ici un colombier où vous serez fort bien. Iflad. <-i*im. Moi, au colombier! liefranc, revenant. 11 est en sûreté, mon capitaine, trois portes sur lui. Saint-Enieat. Conduis madame au colombier. Ficfraiic. Allons, petite mère. (Madame Grimardeau se prépare à lui égr aligner la figure. Il regarde son maître et n'ose avancer.) AIR: Vaudeville de madame Scarron. Point de cris (bis), da plaintes maussade*, 11 faut de bon coeur Céder aux ordres du vainqueur. Sans façons (bis), sans jérémiade!*, Vite délogeons, Emménageons chee les pigeons. illad. Grim. Pour qu'ainsi l'on me maltraite, Ouel est donc mon crime, hélas 1 Ijefraiie. Rassurez-vous, ma poulette, On ne vous croquera pas. Iflad. <-rim. Dans ce colombier que faire, Tant que vous m'y laisserez? Sa&nt-ÏErnest. Colombe prisonnière, Vous y roucoulerez. Ijefraiie. Point de cris (bis), de plaintes, etc. Iflad. Griiii. Juste ciel ! (bis) de cette incartade Peut-on, sans fureur. Voir l'inconvenance et l'horreur ? Pour six ans (bis) j'en serai malade; Non, jamais mon front Ne souffrit un pareil a(ÏYonl. Répertoire No. 3Ôi. (2e Série Nu. 101.) S is LE CHATEAU DE MON ONCLE. Scène XIV. les préckdens, excepté Mad GRIMAROEAK et LEFItANC. Saillt-Ernest. Quand à vous, marauds, qui vous avisez de vouloir me faire la loi, vous aile/, entendre la mienne. (Au Palefrenier.) Oui est-m, loi, dans ce château? lie I?aIel'r«Miier. J'sommes le palefrenier, mon officier Saint-Ernest. Tu soigneras mes chevaux. (An Soin métier.) Kt toi? !-tnlu^ lie Sommelier. Sommelier, pour vous servir, mou commandant. Saint-Ernest. J'accepte: tu me verserai.' du meilleur (An Cuisinier.) Et toi? :/ «mifi» .bniT lie Cuisinier. Le cui... cul... c " isinicr - ;l „-«|. I.ef'rane. revenant. Le cuisinier, capitaine! je demande qu'il soit libre, qu'on lui rende ses armes, cl qu'il nous pré parc un repas oit la quantité des mets le dispute de la qualité // lui rend sa broche. Saint-Ernest. I//;. l'mir ctourdir le chagrin.. Avec .<■''<• coures loua Servir votre nouvel liôte, Ët j'oiiblirai votre faute fcSi je suis corttent de vous. LUS AUTHF.S. Avec Kèle courons loue Servir notre nouvel hôte, II oublîra notre faute S'il est satisfait de nous. liel'rane. Moi, je vais porter tout cela a l'arsenal (Il emporte les pelles, fourches cl bâtons ) Scène XV. SAINT-EItNEST, ROSE. Rose, sortant furtivement du cabinet où elle s'cl ail ré- fiujiee. Elle es/ arrêtée />ur Saint-Ernest. Alt! mon Dieu' v ia mon tour arrivé. Saint-Ernest. Quant a toi, ma belle enfant, c«mm<" tu ne nous as pas résisté, je te nomme intendante du château. Konc. Moi, intendante ! Saint-Ernest. Générale. Itose. C'est-il bien possible? Oli! que j'ai bien fait de un pas prendre les armes contre eux. SCÈNE XVI. lu Alii: Du Battit de$ Pierrots. Moi, l'intfndantr-génrirale Du château de monsieur 1' baron 1 Ail 1 d'avance je me régaie IV l'honneur qu' ça m' fera dans ie canton. C plaisir n' dur'ra qu'une heure peut-être, Mais je n' l'aurons pas moins goûté, Et c'est toujours queuqu' chose d'être C' qu'on n'avait pas encore été. Saint-Ernest. Ah ça! pour commencer les fonctions, tu vas me conduire dans une chambre d'ami, où je puisse, en attendant l'arrivée de ton maître et du dîner, me livrer a un repos dont j'ai grand besoin, oi que madame Grimardeau est venue interrompre par des cris.,. Kncore si c'eût été la gentille Uose, le réveil aurait été plus gai. Rose. Monsieur est bien honnête; mais s'il veut me suivre, j'vas lui Indiquer... Maint-Ernest. Te suivre, mon enfant... au bout du monde. Mais ne vas pas me loger comme j'ai logé les autres Rose. Fi donc! AIR: Je regardais Made&nette A c'lui qui m'a faite intendante, C'est d' tout' justice et d' tout' raison, Que j' donne, en fdle reconnaissante, Le plus beau Ht de la maison. Saint-Krnest. Mais qnand on a vu tant de grâce, Le moyen de bien sommeiller? Rose. Ajires ça qu' fauitra-t-il que j' fasse! Saint-Ernest. Il faudra venir m'éveiller. Rose, A c'lui qui m'a faite intendante, etc. Maint-Ernest. K\cfKiMBl t-à-fait \tWC faute, pareeque, voyez-vous, monsieur (Jiimardeau est en prison. liBiire et Mad. Derlioi*. Kn prison! K08C Kt madame Grimardeau aussi. Madame Grimardeau! Koge. Dans le colombier. Mad. Derliolrt. Prisonnière! SCÈNE XVII. 21 Rose. Comme j'ons l'honneur de vous le dire; dam, c'est qu'il s'est passé ben des choses au château ce matin, allez. Mad. Derbois. Que s'est-il donc passé ? Rose. Une bataille. lire. Une bataille! ah! mon Dieu, ma bonne amie, allons-nous-en. Rose. Ah! rassurez-vous, c'est fiui à c'te heure; la garnison est désarmée. Mad. Bernois. Mais explique-toi donc mieux; car je ne comprends rien- Rose. Comment! vous ne compreneB pas qu'il nous est tombé ce matin, je ne sais d'où, un bel officier, qui est ben un capitaine tout au moins, a demandé l'hospitalité à madame Grimardeau, qui la lui a refusée; que monsieur Grimardeau est arrivé a u bruit, qui la lui a refusée aussi; que ïà-tWsus !e capitaine s'est fâché, et leur a dit qu'il resterait malgré eux; que sur ce mot-là, ils ont été chercher tous les gens du château, qui sont venus armés jusqu'aux dents,., de fourches, pelles, broches; bah ! est-ce que j'sais moi?., pour chasser le capitaine, qui n'a eu qu'à tirer un coup de pistolet pour faire mettre M. Grimardeau dans le grenier, madame Grimardeau dans le colombier, le palefrenier à l'écurie pour soigner ses chevaux, et le cuisinier à la broche pour son souper. Mad. Derbols. C'est un roman tout entier. IiAiire. Ainsi il a fait toute la maison prisonnière. Rose. Oh! tout le monde, ni plus ni moins. Mad. Derliols. Mais toi pourtant71'. Rose. Oh! moi, il m'a faite autre chose; il m'a faite... Mad. Derbois. Bah! et quoi donc? Rose. Intendante du château. Larare et Mad. Derbois, riant. Intendante! Rose. Générale encore. Mad. Derbois. Et sais-tu son nom? Rose. Il ne nous l'a pas dit ; mais, à ça près qu'il s'empare de tout co qu'il y a dans le château, il a l'air d'utijeune homme de bonne famille. Mad. Derbois. Et il ne s'est pis nommé! (A pari.) Air d'une Visite à Dedlam. Ohl quel singulier soupçon! Oui c'est lui, je te parie, . Eh quoi 1 Belcour, tout de bon, Aurait fait cette folie ! Il faudrait donc, bonne amie, Qu'il eût perdu la raison. Mad. Derliols. Non, ce n'est plus un soupçon ; C'est Belcour, je le parie, Qui fait, par cette folie, Son dernier tour de garçon* Rose, Qu'est-ce ilonc qu'elles se disent lit tout bas! Mad. Ilerliols. Tout explique; le baron ne voulant pas que la prévention influât sur l'opinion que lu pouvais concevoir de lui a la première vue, lui a recommandé le plus complet incognito jusqu'à son retour; et ils auront bâti ensemble la fable qu'il a fait à ces braves gens, et qu'il va nous faire à nous-mêmes, si nous voulons bien le croire. Lattre. Mais c'est une conspiration que cela. Mad. Ilerbols. Bien innocente, puisqu'elle n'a pour but que ton bonheur. IiAIire. Ce que vous me dites là, ma bonne ami, double- le désir que j'avais do connaître mon cousin. Mad. Dcrbois. Eh bien! il est aisé de le satisfaire ; moi-même je ne serais pas fâchée de voir cet aimable étoiirrii- là. Rose!.. Rose. Madame V Mad. Derhots. Va dire à cet étranger que deux dames, qui arrivent dans ce château, désirent lui parler. Rose. Et s'il dort? Lance. Tu le réveilleras. Rose. En frappant seulement it la porte; car un jeune homme vif comme ça, doit avoir le réveil bien méchant... Mais je voulais vous dire, n'aller, pas aussi vous fâcher, car il vous mettrait en prison comme les autres, dit. Mad. Derboia. Sois tranquille, et va vile l'avertir. Rogc. J'y courons? Et t'nez, le v'Iàj faut qu'il vous ait devinées ici. Scène XVIII. les mêmes, SAINT-EUNEST. Sjalil<-I2r«s«8*. Quo vicus-jo d'apprendre? Eh quoi' deux daines ici, et on ne me prévient pas. (liant.) Pardon, mille pardons, Mesdames. SCÈNE XVIII. 13 Eatire, tl pari. Il est fort bien. (A madame Derbois.) Oh I oui, c'est lui, c'est mon cousin. Saint-Ernest, à part. Serait-ce la jolie prétendue? Oserais-je vous demander, Mesdames, à quel heureux hasard je dois une aussi agréable rencontre. Eaure. J'allais vous faire la même question. Saint-Ernest. Oh! moi, c'est un accident... Eanre- Qui vous a conduit ici? Saint-Ernest. Non, qui m'y a jeté. Ulad. Ilerhois. Ah! Monsieur a versé? Saint-Ernest. Oui, Madame, à deux pas de ce château. ITIad. Berbois, bas à Laure. Ils ont arrangé leur petite comédie. Eanre, bas à madame Derbois. Il est embarrassé. (Haut.) Et moi qui, prenant Monsieur pour un ami de mon père, croyais qu'il venait signer à mon contrat. Saint-Ernest. Vous vous marie/., Mademoiselle? Eanre, avec an petit sourire ironique. Vous l'ignoriez? Saint-Ernest. J'avais ce bonheur-là. Eanre. Ce bonheur! Saint-Ernest. Oui, et je maudis maintenant l'accident que je bénissais tout à l'heure, puisqu'il me prépare des regrets. llad. lïerliois. Voila bien le langage d'un officier français. Saint-Ernest. Mais, excuse/, mon indiscrétion, vous êtes donc la lille du maître de ce château? Iiniire. Vous l'ignoriez aussi? Maint-Ernest. C'est la première fois que j'ai l'honneur de vous voir. I.aiire. Et ce ne sera pas la dernière. Saint-Ernest. Je n'ose l'espérer. Eaure. Et moi, j'ai de fortes raisons de le croire. Saint-Ernest. Que de bonté! Mais, monsieur votre mari... Jflad. Ilerhois, riant. Son mari! Eaure, de même. Oh ! je ne crois pas qu'il s'oppose... (Elles éclatent.) Mon mari ne sera pas jaloux de vous du tout. Saint-Ernest, à part. Le compliment est aimable! Laure. Allons, Monsieur, cesse/, do vous donner tant Je peine, et il est inutile de prolonger votre déguisement. Saint-Ernest. Mou déguisement! (A part.) Le diable m'emporte si je sais tout ce que cela signifie j je suis fait aujourd'hui pour les aveutures bizarres. Eanre. Vous voilà bien piqué d'être reconnu. Saint-Ernest. Reconnu ! pour qui ! iflad. Dcruols. Vous allez continuer; allons, ma chère î-!rvï * H t 24 LE CHATEAU DE MON ONCLE. amie, retirons-nous, et quand il plaira à Monsieur de convenir que le baron de Saint-Val est son oncle, alors... Saiiit-Krncst. Que dites-vous du baron de Saint-Val? vous le connaisse/.? Laare. Ah! mon cher cousin, pour la dernière fois... Saint-Ernest. Votre cousin! .71 ait. Derbois. Apparemment ! Le baron de Saint-Val n'est-il pas votre oncle? Saint-Ernest. Il est vrai. Mad. Iterbois. Il est donc assez, naturel que sa fille soit votre cousine. Saint-Ernest- Je vous jure que tout ce que je vois, tout ce que j'entends est une énigme.... Mail. Derbois. De votre façon, mais dont voici le mol. AIR: Quand fêlais garde-marine. Sans voua faira reconnaître, Voua avez désiré voir Celle dont voua allez être L'heureux époux dès ce aoir. Saint-Ernest. Qui ? moi ? 71 ad. Uerboig. Voua avez beau faire. Lanre. Noua savons tout le mystère. Mad. Derbois. Ainai vous pouvez, j'espère, Vous avouer sans détour Pour le neveu de son père, Et pour son cousin Belcour. Saint-Ernest. Quoi! Belcour Est l'époux qu'on vous destine. liaure. Ht Belcour ICet votre nom, j'imagine. Saint-Ernest, Non, mais si c'est en oc jour A Belcour qu'on voua marie, Piiiaaïev-voua, toute la vie, \e voir en moi que Belcour. Eaure, Mad. Hci-fioi*. ."est lui-même, c'est Belcour. fil embrasse sa cousine.) SCÈNE XXI. 25 Scène XIX. les PRKCÉDENS, LEFRANC, entre deux vins, un verre d'une main et une bouteille de l'autre. Lcfranr, en criant. Bravo, bravo, mon capitaine; est- ce encore une (irise? mari, llerbois, Iiaure, se sauvant. Ah ! mon Dieu ! Saint-Ernest. Laure, Laure, ma chère cousine! (Il sort précipitamment du côté par où Laure est sortie.) Scène XX. LEFRANC, seul. L'amour lui fait oublier qu'il meurt rie soif et rie faim; heureusement je suis de précaution, et j'ai mangé et bu pour deux... Achevons rie souper... il est bon, tout de même, le vin conquis... (Il boit.) Vrai nectar; c'est l'amc de la guerre. AIR: De Lantara. f.a victoire est toujours fidèle A qui ne boit pas a demi ; Le soldat dont le pied chancelle Marche plus droit à l'ennemi. Kt je ferai des choses sans pareilles. Si Mars changeait les sabrea en forAts, I,i>s fusils en vieilles bouteilles, Les corps-de-garde en cabarets. (Un entend crier.) Holà! Hose, Jacques, Antoine. liefritlic. Qui va là? On ne répond pas; serait-ce quelque surprise? Voyous. (Il va à la porte en chancelant.) Ah 1 j'y suis, c'est le brigadier qui vient relever la garde. Scène XXI. LE BARON, LEFRANC. lie Baron, voyant Lefranc boire. A merveille! il paraît que l'on passe fort bien le temps en mon absence. (A Lefranc.) Qui èles-votis, brave homme 1 Iiefranc. Brave, c'est mon nom. Ije llaroii. Kt que faites-vous dans mon château. Iiefranc. Tiens, cet autre, mon château!.. (Le contrefaisant.) Mou château... C'est lo château de mon capitaine, entendez-vous? 86 LE CHATEAU DE MON ONCLE. IiC Baron. De son capitaine! .. Cet homme esl. dans un état h ne pouvoir ni me répondre, ni m'entendre. Holà, quelqu'un? licfranac. Dites que c'est le château de mon capitaine, ou, morbleu! en prison! lie Baron. En prison! Iiefranr. Comme les autres. Ije Bnroii. Qu'est-ce à dire, comme les autresV fiefraiic. Où c'que j'vas ('mettre, ce gros marattf-là ? lie Baron, Monsieur (îrimaidenti, monsieurGriinartieau ! li«'IViine. Oui, oui, appelle: ton Grimardi au a été condamné par un conseil de guerre. Mais je vais chercher le maître, et nous verrous ; dites donc (J.efranc suri.), capitaine, v'Iit un pékin. Scène XXII. LE BARON, Mad. DERBOLS, LAURE HÉ» «l (MÉBfrab jyj)'',ai>ii .i«'J li ...^sqilixi 4h «aovuilsA ...me.»- iTIad. Bernois. Mon Dieu! quel bruit! Ah ! c'est v'o-i*, baron f lianre. Bonjour, mon père. JLe Baron. Bonjour, bonjour, mon enfant. JTIad. Bernois. Vous voyez, que nous sommes exactes. lie Baron. Kl je vous en remercie; mais dites-moi donc un peu, puisque vous êtes arrivées avant moi, quel est ce drôle qui s'enivre ici avec mon vin? Laure. C'est le domestique de votre neveu. lie Baron. Bon! Belouur est donc arrivé? Eiaure. Oui, mon père. |je Baron, bas à madame Ucrbois. Eh bien! l'effet de l'entrevue? Iflad. Bernois. N'a pas été un instant douteux. lianre. Je n'aurais pas mieux choisi. lie Baron. Ah! ah! Tlad. Bernois. Il est d'un enjouement ! Laiire. D'une folie !.. IiC Baron. Que me parlez-vous d'enjouement, de folie ! C'est le jeune homme du monde le plus réfléchi, le plu» sage. JTIad. Bernois. Lui! lie Baron. Un vrai Caton. Je lui en ai même souvent lait le reproche. J»Iad. Bernois, Il paraît qu'il y a été sensible, car vous ne le reconnaîtrez pas. SCÈNE XXIII. 27 liC» Baron. NI d'une indolence, d'une lenteur... liiture. Dites donc d'une vivacité, d'une pétulance! lit- Karmi. riant. Belcour! Si une chose m'étonne, c'est qu'il soit déjii ici. C'est la première fois qu'il ne se fait pas attendre. •>". '■ i*H •tn*tn&*êmili