LUS PLAIDEURS, COMKDIE EN TROIS ACTES, l'AK Jean Racine. Personnages. DAND1N, juge. LKANDRE, fils do Dandin. CHICANEAU, bourgeois. ISABELLE, fille de Chictneau. LA COMTESSE. PETIT JEAN, portier. L'INTIME, secrétaire. LE SOUFFLEUR. I.a srrne eat dans une ville de liasse Normandie. ACTE I. Scène I. PETIT JEAN, traînant un gros sac de procès. M » foi! sur l'avenir bien fou qui 8e fiera. Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. Un juge, l'an passé, me prit à son service; " m'avait fait venir d'Amiens pour être suisse. Tous ces Normands voulaient se divertir de nous: 0n apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups. Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre, Kt je faisais claquer mon fouet tout comme un autre. Tous les plus gros monsieurs me parlaient chapeau bas; Keperloir. No. 338. (II. Série No. 88 ) \ 2 LES PLAIDEURS. Monsieur de Pelit Jean, ah î gros comme le bras. Mais sans argent l'honneur n'est qu'une maladie. Ma foi! j'étais un franc portier de comédie: On avoit beau heurter et m'ôter son chapeau, On n'entrait point chez nous sans graisser le marteau. Point d'argent, point de suisse; et ma porte était close. Il est vrai qu'à monsieur j'en rendais quelque chose: Nous comptions quelquefois. On me donnait le soin De fournir la maison de chandelle et de foin: Mais je n'y perdais rien. Enfin, vaille que vaille, J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille. C'est dommage: il avait le coeur trop au métier; Tous les jours le premier aux plaids, et le dernier; Et bien souvent tout seul, si l'on l'eût voulu croire, Il s'y serait couché sans manger et sans boire. Je lui disais par fois: Monsieur Perrin Dandin, Tout franc, vous vous levez, tous les jours trop malin- Qui veut voyager loin ménage sa monture; Buvez, mange/., dormez, et faisons feu qui dure. 11 n'en a tenu compte. 11 a si bien veillé Et si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé. Il nous veut tous juger les uns après les autres. Il marmotte toujours certaines patenôtres Où je ne comprends rien. 11 veut, bon gré, mal gré, Ne se coucher qu'en robe et qu'en bonnet quarré. II fit couper la tête a son coq, de colère, Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire; Il disait qu'un plaideur dont l'affaire allait mal Avait graissé la patte à ce pauvre animal. Depuis ce bel arrêt, le pauvre homme a beau faire, Son fils ne souffre plus qu'on lui parle d'affaire. Il nous le fait garder jour et nuit, et de près: Autrement, serviteur, et mon homme est aux plaids. Pour s'échapper de nous, Dieu sait s'il est alègre. Pour moi, je ne dors plus: aussi je deviens maigre, C'est pitié. Je m'étends, et ne fais que bailler. Mais, veille qui voudra, voici mon oreiller. Ma foi! pour cette nuit il faut que je m'en donne. Pour dormir dans la rue on n'offense personne. Dormons. Cil se couche par len ACTE I. SCÈNE IV. 8 Scène IL L'INTIMÉ, PETIT JEAN. I/Intimé. Hé, Pelit Jean! Petit Jean! Petit Jean. L'Intimé! (A part.) Il a déjà bien peur de me voir enrhumé. 17 Intimé. Que diable! si matin que fais-tu dans la rue? Petit Jean. Est-ce qu'il faut toujours faire le pied de grue, Garder toujours un homme, et l'entendre crier? Quelle gueule ! Pour moi je crois qu'il est sorcier. 1/Intimé. Bon! Petit Jean. Je lui disais donc, en me grattant la tête, Que je voulais dormir. „Présente ta requête Comme tu veux dormir," m'a-t-il dit gravement. Je dors en te contant la chose seulement. Bon soir. li'Bniiisssr. Comment, bon soir? Que le diable m'emporte Si... Mais j'entends du bruit au-dessus de la porte. Scène III. DANDlN, L'INTIMÉ, PETIT JEAN. Daildin, à ta fenêtre. Petit Jean 1 l'Intimé! li'lntimé, à Petit Jean. Paix. Dandin. Je suis seul ici. Voilà mes guichetiers en défaut, dieu merci. Si je leur donne temps, ils pourront comparaître; Ça, pour nous élargir, sautons par la fenêtre. Hors de cour. li'lntimé. Comme il saute! Petit Jean. O monsieur, je vous tien. Dandin. Au voleur! au voleur! Petit Jean. Oh! nous vous tenons bien. L'Intimé. Vous ave/, beau crier. ■>antlin. Main forte! l'on me tue! Scène IV. LÉANDRE, DANDIN, L'INTIMÉ, PETIT JEAN, ■méandre. Vile un flambeau, j'entends mon père dans la rue. 1* i LES PLAIDEURS. Mon père, si malin qui vous fait déloger? Où courez-vous la nuit? Dandin. Je veux aller juger. Iiéandre. Et qui juger? tout dort. Petit Jean. Ma foi! je ne dors guères. liéamlre. Que de sacs! il en a jusqucs aux jarretières. Dandin. Je ne veux de trois mois rentrer dans la maison. De sacs et de procès j'ai fait provision. Iiéandre. Et qui vous nourrira? Dandin. Le buvetier, je pense. Iiéandre. Mais où dormirez-vous, mon père? Dandin. A l'audience. Iiéandre. Non, mon père, il vaut mieux que vous ne sortiez pas. Dorme/, chez vous ; chez vous faites tous vos repas. Souffrez que la raison enfin vous persuade: Et pour voire santé... Dandin. Je veux être malade. Iiéandre. Vous no l'êtes que trop. Donnez-vous du repos ; Vous n'avez, tantôt plus que la peau sur les os. Dandin. Du repos? Ali! sur toi lu veux régler ton père? Crois-tu qu'un juge n'ait qu'il faire bonne chère, Qu'à battre le pavé comme un tas de galanls, Courir le bal la nuit, et le jour les brelans? L'argent ne nous vient pas si vite que l'on pense. Chacun de tes rubans me coûte une sentence. Ma robe vous fait honte. Un fils de juge! Ah! fi ! Tu fais le gentilhomme: hé! Dandin, mon ami, ltegarde dans ma chambre et dans ma garde-robe Les portraits des Dandins: tous ont porté la robe; Et c'est le bon parti. Compare prix pour prix Les étrennes d'un juge à celles d'un marquis: Attends que nous soyons à la fin de décembre. Qu'est-ce qu'un gentilhomme? Un pilier d'anti-chambre. Combien en as-tu vu, je dis des plus huppés, A souffler dans leurs doigts dans ma cour occupes, Le manteau sur le nez, ou la main dans la poche; Enfin, pour se chauffer, venir tourner ma broche. Voila comme on les traite. IIéI mon pauvre garçon, De ta défunte mère est-ce la la leçon? La pauvre Babonnette! Hélas! lorsque j'y pense, Elle ne manquait pas une seule audience. Jamais, au grand jamais, elle ne me quitta, ACTE 1. SCÈNE V. 5 Kt Dieu sait bien souvent ce qu'elle en rapporta: Elle eût du buveticr emporté les serviettes, Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes. Et voila comme on fait les bonnes maisons. Va, Tu ne seras qu'un sot. Iiéandre. Vous vous morfondez là, Mon père. Pelit Jean, remenez votre maître, Couchez-le dans son lit; fermez porle, fenêtre; Qu'on barricade tout, afin qu'il ait plus chaud. Petit Jean. Faites donc mettre au moins des garde- fous là-haut. Dantlin. Quoi! l'on me mènera coucher sans autre forme? Obtenez un arrêt comme il faut que je dorme. Iiéantlre. Hé! par provision, mon père, couchez-vous Damlin. J'irai; mais je m'en vais vous faire enrager tous : Je ne dormirai point. li«'mi«Ire. Ho bien, a la bonne heure. Qu'on ne le quille pas. Toi, l'Intimé, demeure. Scène V. LÉ ANDRE, L'INTIMÉ. fiéandre. Je veux t'entrelenir un moment sans témoin. I/Intiiitr. Quoi! vous faut-il garder? lieamli'e. j'en aurais bon besoin. J'ai ma folie, hélas! aussi-bien que mon père. ■/Intimé. Oh! vous voulez juger? ■Sandre, montrant le logis d Isabelle. Laissons lit le mystère. Tu connois ce logis. I/Intimé. Je vous entends enfin: Diantre! l'amour vous lient au coeur de bon malin. Vous mo voulez parler sans doute d'Isabelle. Je vous l'ai dit cent fois, elle est sage, elle est belle; Mais vous devez songer que monsieur Chicaneau De son bien en procès consume le plus beau. Qui ne plaide-t-il point? Je crois qu'il l'audience •1 fera, s'il ne meurt, venir tonte la France. Tout auprès de son juge il s'est venu loger: I-'un veut plaider toujours, l'anlre toujours juger. Et c'est un grand hasard s'il conclut voire allaur S«Di plaider le curé, le gendre, et le notaire. Léamlre. Je le sais comme toi. Mais, malgré tant cela, G LES PLAIDEURS. Je meurs pour Isabelle. I/Iittinié. Hé bien, épousez-là. Vous n'avez qu'à parler, c'est une afl'aire prête. Iiéandre. Hé! cela ne va pas si vite que ta tête. Son père est un sauvage à qui je ferais peur. A moins que d'être huissier, sergent ou procureur, On ne voit point sa fille; et la pauvre Isabelle, Invisible et dolente, est en prison chez elle. Elle voit dissiper sa jeunesse en regrets, Mon amour en fumée, et son bien en procès. Il la ruinera si l'on le laisse faire. Ne connoîtrois-tu pas quelque honnête faussaire Qui servît ses amis, en le payant, s'entend, Quelque sergent zélé? L'Intimé. Bon! l'on en trouve tant! Iiéandre. Mais encore? 1/Intimé. Ali monsieur! si feu mon pauvre pere Etait encor vivant, c'était bien votre affaire. II gagnait en un jour plus qu'un autre en six mois : Ses rides sur son front gravaient tous ses exploits. 11 vous eût arrêté le caresse d'un prince; 11 vous l'eût pris lui-même: et si dans la province II se donnait en tout vingt coups de nerfs de boeuf, Mon père pour sa part en emboursait dix-neuf. Mais de quoi s'agit-il? suis-jo pas fils de maître? Je vous servirai. Iiéandre. Toi? I/Intlmé. Mieux qu'un sergent peut-être. Iiéandre. Tu porterais au père un faut exploit? Ii'Intlmé. Hon, bon. Iiéandre. Tu rendrais à la fille un billet? I/Intinié. Pourquoi non? Je suis des deux métiers. Iiéandre. Viens, je l'entends qui crie : Allons k ce dessein rêver ailleurs. Scène VI. CHICANEAU, PETIT JEAN. Chicanean, allant et revenant. La Brie, Qu'on garde la maison, je reviendrai bientôt. Qu'on ne laisse monter aucune ame là-haut. Fais porter cette lettre à la porte du Maine. Prends-moi dans mon clapier trois lapins de garenne, ACTE 1. SCÈNE VU. ? Et chez mon procureur porte-les ce malin. Si son clerc vient céans, fais-lui goûter mon vin. Ah! donne-lui ce sac qui pend k ma fenêtre. Est-ce lout? II viendra me demander peut-êlre Un grand homme sec, là, qui me sert de témoin, Et qui jure pour moi lorsque j'en ai besoin: Qu'il m'attende. Je crains que mon juge ne sorte: Quatre heures vont sonner. Mais frappons h sa porte. Petit Jean, enlr'ouvanl la porte. Qui va làV Chieaiieau. Peut-on voir monsieur? Petit Jean, fermant la porte. N«n. Chieaiieau, frappant à la porte. Pourrait-on Dire un mot à monsieur son secrétaire? Petit Jean, fermant la porte. Non. Chieaiieau, frappant à la porte. Et monsieur son portier? Petit Jean. C'est moi-même. Chieaiieau. De grâce, Buvez ii ma santé, monsieur. Petit Jean, prenant l'argent. Grand bien vous fasse! (Fermant la porte.) Mais revenez demain. Chieaiieau. Hé! rendez donc l'argent. I «ta)€ Isabelle. Monsieur, vous me prenez pour une autre, sans doute : Sans avoir de procès, je sais ce qu'il en coûte; Ki si l'on n'aimait pas a plaider plus que moi, Vos pareils pourraient bien chercher un autre emploi. Adieu. ■/Intimé. Mais permettez... Isabelle. Je ne veux rien permettre. Ii'Intimé. Ce n'est pas un exploit. Isabelle. Chanson ! Ii'Intimé. C'est une lettre. Isabelle. Encor moins. Ii'Intimé. Mais lisez. Isabelle. Vo «s ne m'y tenez pas. Ii'Intimé. C'est de monsieur... Isabelle. Adieu. Ii'Intimé. Léandre. Isabelle. Parlez bas. C'est de monsieur? .. Ii'Intimé. Que diable! on a bien de la peine. A se faire écouter: Je suis tout hors d'haleine. Isabelle. Ah! l'Intimé! Pardonne a mes sens étonnés: Donne. Ii'Intimé. Vous me deviez fermer la porte au nez. Isabelle. lit qui t'aurait connu déguisé de la sorte? Mais donne. Ii'Intimé. Aux gens de bien ouvre-t-on votre porte? 14 LES PLAIDEURS. Isabelle. Hé! donne donc. t JL'Iiitiiné. I.a petite !.. Isabelle. Oh! ne donnez doue pas: Avec voire billet retourne/, sur vos pas. ITIlltinié. Tenez. Une autre fois ne soyez pas si prompte. Scène III. CHICANEAU, ISABELLE, L'INTIMÉ. Cliicaneaii. Oui, je suis donc un sot, un voleur, » son compte ! Un sergent s'est chargé de la remercier; Et je lui vais servir un plat de mon métier. Je serais bien fâché que ce fût il refaire, Ni qu'elle m'envoyât assigner la première. Mais un homme ici parle à ma fille! Comment! Elle lit un billet! Ah! c'est de quelque amant. Approchons. Isabelle. Tout de bon, ton maître est-il sincère? Le croirai-je? I/lntimé. Il en dort non plus que votre père. Il se tourmente: il vous... (Apercevant CVticaneau.) fera voir, aujourd'hui Que l'on ne gagne rien à plaider contre lui. Isabelle, apercevant Chicaneau. C'est mon père! (A l'Intimé.) Vraiment, vous leur pouvez apprendre Que si l'on nous poursuit nous saurons nous défendre. (Déchirant le billet.) Tenez, voilà le cas qu'on fait de votre exploit. Cliicaneaii. Comment! c'est un exploit que ma fille lisait! Ah! tu seras un jour l'honneur de ta famille: Tu défendras ton bien. Viens, mon sang; viens, ma fille. Va, je t'achèterai le Praticien français. Mais, diantre! il ne faut pas déchirer les exploits. Isabelle, il l'Intimé. Au moins, dites-leur bien que je ne les crains guère ; Us nie feront plaisir: je les mets k pis faire. Cliicaneaii. Eh ! ne te fâche point. Isabelle, à l'Intimé. Adieu, monsieur. ACTE II. SCÈNE IV. 15 Scène IV. CHICANEAU, L'INTIMÉ. 1/1 utilité, se mettant en état d'écrire. Or ça, Verbalisons. t'Iiieaneau. Monsieur, de grâce, excusez-Ià; l'Ile n'est pas instruite: et puis, si bon vous semble, En voici les morceaux que je vais mettre ensemble. Ij'Intlmé. Non. ClilcaHeau. Je le lirai bien. 1/Intime. Je ne suis pas méchant. J'en ai sur moi copie. t'Iilciiiteaii. Ah! le trait est touchant! Mais je ne sais pourquoi, plus je vous envisage, Et moins je me remets, monsieur, votre visage. Je connais force huissieurs. li'lntimé. Informez-vous de moi. Je m'acquitte assez bien de mon petit emploi. Chicaneaiii Soit. Pour qui venez-vous? 1/Iittiiité. Pour une brave dame, Monsieur, qui vous honore, et de toute son ame Voudrait que vous vinssiez ii ma sommation Lui faire un petit mot de réparation. Cliicaneati. De réparation? Je n'ai blessé personne. ïi'B ut hué. Je le crois; vous avez, monsieur, l'âme trop bonne. l'Iilcaiieau. Que demandez-vous donc? I/Intimé. Elle voudrait, monsieur, Que devant des témoins vous lui fissiez l'honneur De l'avouer pour sage, et point extravagante. Clilcaneaii. Parbleu! c'est ma comtesse. Ii'Intlmé. Elle est votre servante. Clilcaneaut. Je suis son serviteur. 1/Intimé. Vous êtes obligeant, Monsieur. Cliieaneaii. Oui, vous pouvez l'assurer qu'un sergent L ui doit porter pour moi tout ce qu'elle demande. Ré quoi donc! les battus, ma foi! paieront l'amende! Voyons ce qu'elle chante. Hon... ,.Sixième janvier, „Pour avoir faussement dit qu'il falloit lier, , .Etant à ce porté par esprit de chicane, .Haute et puissante dame Yolande Cudasne, ■ Comtesse de Pimbesche, Osbesche, et caetera, 16 LES PLAIDEURS. soit de que sur l'heure il se transportera ,,Au logis de la dame; et là, d'une voix claire, „Dcvant quatre témoins assistés d'un notaire, ,,Zeste! ledit Hiérôme ayoûra hautement „Q»'il la tient pour sensée et de bon jugement. ,.Le bon." C'est donc le nom de votre seigneurie? I/Intlmé. Pour vous servir. (A part.) Il faut payer d'effronterie. Chicaneati. Le bon! jamais exploit ne fut signé le bon. Monsieur le bon ... Ii'Intimé. Monsieur. Cliivaneaii. Vous êtes un frippon. L'Intimé. Monsieur, pardonnez-moi, je suis fort honnête homme. Cliicaneau. Mais frippon le plus franc qui soit de Caen ii Home. Ii Intima''. Monsieur, je ne suis pas pour vous désavouer. Vous aurez la bonté de me le bien payer. Chicaneaii. Moi, payer? en soufflets. li'Intime. Vous êtes trop honnête. Vous me le paierez bien. Cliicaneaii. Oh! tu me romps la tête. Tiens, voilk ton paiement. 1/1 utilité. Un soufflet! Ecrivons. „Lequel Hiérôme, après plusieurs rebellions, „Auroit atteint, frappé, moi sergent à la joue, „Et fait tomber, du coup, mon chapeau dans la boue." Cliicaneau, lui donnant un coup de pied. Ajoute cela. Ii'Intimé. Bon, c'est de l'argent comptant; J'en avais bien besoin. ,,Et, de ce non content, ,,Aurait avec le pied réitéré." Courage! ,,Outre plus, le susdit serait venu, de rage, „Pour lacérer ledit présent procès-verbal." Allons, mon cher monsieur, cela ne va pas mal. Ne vous relâchez point. Cliicaneau. Coquin! I/Intimé. Ne vous déplaise, Quelques coups de bâton, et je suis à mon aise. Cliicaneau, tenant un bdton. Oui dà. Je verrai bien s'il est sergent. Ii'Intimé, en posture d'écrire. Tôt donc, Frappez. J'ai quatre entants iv nourrir. Chieaneau. Ali ! pardon! Monsieur, pour un sergent je ne pouvais vous prendre; ACTE II. SCÈNE V. 17 Mais Je plus habile homme enfin peut se méprendre. Je saurai réparer ce soupçon outrageant. Oui, vous êtes sergent, monsieur, et très sergent. Touchez-lit: vos pareils sont gens que je révère; Et j'ai toujours été nourri par feu mon père Dans la crainte de Dieu, monsieur, et des sergents. JL'lntlmé. Non, à si bon marché l'on ne bat point les gens. dilcaneau. Monsieur, point de procès. JL'lntlmé. Serviteur. Contumace, Bâton levé, soufflet, coup de pied. Ah! Chicanean. De grâce. Rendez-les-moi plutôt. I/Intimé. Suffit qu'ils soient reçus; Je ne les voudrois pas donner pour mille cens. Scène V. LÉ ANDRE, en robe de commissaire : CHICANEAU, L'INTIMÉ. I/Intimé. Voici fort à propos monsieur le commissaire. Monsieur, votre présence est ici nécessaire. Tel que vous me voyez, monsieur ici présent M'a d'un fort grand soufflet fait un petit présent. liéandre. A vous, monsieur? I/Intlme. A moi, parlant h ma personne. Item, un coup de pied; plus, les noms qu'il me donne. JLéandre. Avez-vous des témoins? L'Intimé. Monsieur, tàtez plutôt; Le soufflet sur ma joue est encore tout chaud. Iiéandre. Pris en flagrant délit, affaire criminelle. Chicaneau. Foin de moi! L'Intimé. Plus, sa fille, au moins soi-disant telle, A mis un mien papier en morceaux, protestant Qu'on lui ferait plaisir, et que d'un oeil content E| le nous défiait. Iiéandre, à l'Intimé. Faites venir la fille, ^'esprit de contumace est dans cette famille. Clilcaneaii, à part. 11 faut absolument qu'on m'ait ensorcelé. 8i j'en connais pas un, je veux être étranglé. Iiéandre. Comment! battre un huissier! Mais voici la rebelle. u »pertoire No. S3S. (If. Sé'ie No. 88.) 2 18 LES PLAIDEURS. Scène VI. ISABELLE, LÉ ANDRE, CHICANEAU, L'INTIMÉ. 1/Intimé, à Isabelle. Vous le reconnaissez? liéandre. Hé bien, mademoiselle, C'est donc vous qui tantôt braviez notre officier, Kt qui si hautement ose/, nous défier? Votre nom? Isabelle. Isabelle. liéandre. Écrivez. Et votre âge? Isabelle. Dix-huit ans. dileaneau. Elle en a quelque peu davantage; Mais n'importe. liéandre. Etes-vous en pouvoir de mari? Isabelle. Non, monsieur. liéandre. Vous rie/. ? Écrive/, qu'elle a ri. dtteaneaii. Monsieur, ne parlons point de maris à des filles ; Voyez-vous, ce sont là des secrets de familles. Iiéanflre. Mette/, qu'il interrompt. C'Iiieaiiean. Hé ! je n'y pensais pas. Prends bien garde, ma fille, à ce que tu diras. liéandre. Là, ne vous troublez pas. Képondez à votre aise. On ne veut pas rien faire ici qui vous déplaise. N'avez- vous pas reçu de l'huissier que voilà Certain papier tantôt? Isabelle. Oui, monsieur. Clileanean. non cela. liéandre. Avez-vous déchiré ce papier sans le lire? Isabelle. Monsieur, je l'ai lu. Cliieaneaii. Don. liéandre. à tlntbni. Continuez d'écrire (A Isabelle.) Et pourquoi l'avez-vous déchiré? Isabelle. .l'avais peur Que mon père ne prît l'affaire trop à coeur, Et qu'il ne s'échauffât le sang à sa lecture. Chieaneaii. Et lu luis les procès? C'est méchanceté pure. liéandre. Vous ne l'ave/, donc pas déchiré par dépit, Ou par mépris de ceux qui vous l'avaient écrit? Isabelle. Monsieur, je n'ai pour eux ni mépris ni colél*' ACTE II. SCÈNE VII 19 liéamlre, à l'Intimé. Écrivez. Clileaneaii. Je vous dis qu'elle lient, de son père; ICHc répond fort bien. Iiéamlre. Vous montrez cependant Pour tous les gens de robe un mépris évident. Isabelle. Une robe toujours m'avait choqué la vue; Mais cette aversion ii-présent diminue. Clileaneaii. La pauvre enfant! Va, va, je te marierai bien, Dès que je le pourrai, s'il ne m'en coûte rien. Iiéamlre. A la justice donc vous voulez, satisfaire? Isabelle. Monsieur, je ferai tout pour ne vous pas déplaire. I/Iiitlmé. Monsieur, faites signer. l.<'-:< imIi-<>. Dans les occasions Sontiendrez-vous au moins vos dépositions? Isabelle. Monsieur, assurez-vous qu'Isabelle est constante. Iiéandi'e. Signez. Cela va bien, la justice est contente. Ça, ne signez-vous pas, monsieur? Clileaneaii. Oni-dà, gaîment, A tout ce qu'elle a dit je signe aveuglement. Céamlre. bas à Isabelle. Tout va bien. A mes voeux le succès est conforme: Il signe un bon contrat écrit en bonne forme; Et sera condamné tantôt sur son écrit. Clileaneaii, à part. Que lui dit-il? Il est charmé de son esprit. liéanilre. Adieu. Soyez toujours aussi sage que belle, Tout ira bien. Huissier, ramenez-la chez elle. Et vous, monsieur, marchez. Clileaneaii. Où, monsieur? Iiéandre. Suivez-moi. Clileaneaii. Où donc? Itéandre. Vous le saurez. Marchez, de par le roi Clileaneaii. Comment! Scène VII. LÉANDRE, CIIICANEAU, PETIT JEAN. Petit Jean. Holà ! quelqu'un n'a-t-il point vu mon maître? yuel chemin a-t-il pris? la porte, ou la fenêtre? l'éaiulre. A l'autre! 8* LES PLAIDEURS. Petit Jean. Je De sais qu'est devenu son (ils; Et pour le père, il est où le diable l'a mis. Il me remandait sans cesse ses épices; Et j'ai tout bonnement couru dans les offices Chercher la boîte au poivre: et lui, pendant cela, Est disparu. Scène VIII. UANDIN, à une lucarne: LÉ ANDRE, CHICA- NEAU, L'INTIMÉ, PETIT JEAN. Ilaiiilin. Paix! paix! que l'on se taise là. Iiéandre. Hé! grand Dieu! Petit Jean. Le voilà, ma foi, dans les gouttières. Dandln. Quelles gens êtes-vous? quelles «ont vos ai- faires? i-luatfl Qui sont ces gens en robe? Etes-vous avocats? Çh, parlez. Petit Jean. Vous verrez qu'il va juger les chats. Dandln. Avez-vous eu le soin de voir mon secrétaire ? Allez lui demander si je sais votre affaire. Léandre. Il faut bien que je l'aille arracher de ces lieux. Sur voire prisonnier, huissier, ayez les yeux. Petit Jean. Ho, ho, monsieur! Iiéanilre. Tais-loi, sur les yeux de tn tête; Et suis-moi. Scène IX. LA COMTESSE, DANDIN, CHICANEAU, L'INTIMÉ. Dandln. Dépêchez, donnez votre requête. Chlcaneau. Monsieur, sans votre aveu l'on me fait prisonnier. lia Comtesse. Hé, mon dieu! j'apperçois monsieur dans son grenier. Que fait-il là ? I/Intimé. Mndimie, il 3' donne audience. Le champ vous est ouvert. t'Iiiennenn. On me fait violence, Monsieur, on m'injurie, et je venais ici Me plaindre à vous. ACTE II. SCÈNE X. 21 lia Comtesse. Monsieur, je viens me plaindre aussi. Cliicaneau et lia Comtesse. Vous voyez devant vous mon adverse partie. d'Intimé. Parbleu! je me veux mettre aussi de la partie. Chicaneaii, lia Comtesse, 1/1 iitimé. Monsieur, je viens ici pour un petit exploit. Chicaneaii. Hé! messieurs, tour-à-tour exposons notre droit. lia Comtesse. Son droit? Tout ce qu'il dit son autant d'impostures. Daitdin. Qu'est-ce qu'on vous a fait? Chicaneaii, lia Comtesse, fi Intimé. On m'a dit des injures. IiTntlmé, continuant. Outre un soufflet, monsieur, que j'ai reçu plus qu'eux. Clilcaneau. Monsieur, je suis cousin de l'un de vos neveux. » • " i /> '1H ( I ' / " I i lia Comtesse. Monsieur, père Cordon vous dira mon affaire. ■/Intimé. Monsieur, je suis bâtard de votre apothicaire. Damlin. Vos qualités? lia Comtesse. Je suis comtesse. I/Iiilimc. Huissier. Chicaneaii. Bourgeois. Messieurs... l>an«liii, se retirant de la lucarne. Parles toujours, je vous entends tous trois. Chtcaneau. Monsieur... 1/Intimé. Bon! le voilà qui fausse compagnie, lia Comtesse. Hélas! Clilcaneau. Hé quoi! déjà l'audience est finie? Je n'ai pas eu le temps de lui dire deux mots. Scène X. LÉANDRE, sans robe; CHICANEAU, LA COM- TESSE, L'INTIME. Léandre. Messieurs, voulez-vous bien nous laisser en repos ? Chlcaneau. Monsieur, peut-on entrer? Iiéainlre. Non» monsieur, ou je meure. Chicaneaii. Hé! pourquoi? j'aurai fait en une petite heure, En deux heures au plus. 2S| LES PLAIDEURS. liéaiulre. Od n'entre point monsieur. I*a l'oiniesie. C'est bien fait de fermer In porte ii ce crieur. ■Mais moi. . . Iiéniiilrc. L'on n'entre point, madame, je votis jure. Ei» Comtesse. Ho, monsieur, j'entrerai, ■iéandre. Pciit-êire. lia Comtesse. J'en .suis sûre, liéandre. Par la fenêtre donc? lia Comtesse. Par In porte. Léandre. Il faut voir. Cliieaneau. Quand je devrais ici demeurer jusqu'au soir. Scène XI. LÉANDRE, CHICANEAU, LA COMTESSE, L'INTIMÉ, PETIT JEAN. Petit Jean, à Ixandrc. On ne l'entendra pas, quelque chose qu'il fasse. Parbleu! je l'ai fourré dans notre salle basse, Tout auprès de la cave. J.éaiidre. En un mot comme en cent, On ne voit point mon père. Cliieaneau. Hé bien donc ! si pourtant Sur toute cette affaire il faut que je le voie... (Dandin parait par le soupirail.) Mais que vois-je? Ah! c'est lui que le ciel nous renvoie! liéandre. Quoi! par le soupirail! Petit Jean. II a le diable au corps. Cliieaneau. Monsieur... Dandin. L'impertinent! Sans lui j'étais dehors. Cliieaneau. Monsieur... Dandin. ltetirez-vous, vous êtes une bêle. Cliieaneau. Monsieur, voulez-vous bien... Dandin. Vous me rompez la tête. Cliieaneau. Monsieur, j'ai commandé... Hnililin. Taisez-vous, vous dit-on. Cliieaneau. Que l'on portât chez vous... Dandin. Qu'on le mène en prison- Cliieaneau. Certain quartaut de vin. Dandin. Hél je n'en ni que faire- Clticaneaii. C'est de très bon muscat. Oandin. Hcdites votre allaite. ACTE II. SCÈNE XII. 23 Iiéantlre, u l'Intime. 11 faut les entourer ici de tous côtés. L» Comtesse. Monsieur, il vous va dire autant de faussetés. * 'hteaneatl- Monsieur, je vous dis vrai. Mantlin. Mon dieu! laissez la dire. La Comtesse. Monsieur, écoule/, moi. Ilamlin. Souffre/, que je respire. Clileanean. Monsieur... Ilantlin. Vous m'étranglez. lia Comtesse. Tournez les yeux vers moi. Dantlln. Elle m'étrangle. Ayl ay! Cliieaneau. Voua m'entraînez, ma foi! Prenez garde, je tombe. JPetlt Jean. Us sont, sur ma parole, L'un et l'autre encavés. Iiéantlre. Vî(e, que l'on y vole. Courez à leur secours. Mais au moins je prétends Oue monsieur Chicaneau, puisqu'il est là dedans, N'en sorte d'aujourd'hui. L'Intimé, prends-y garde. I/Intlmé. Garde/, le soupirail. Iiéantlre. Va vite, je le garde. Scène XII. LA COMTESSE, LÉANDRE. £ Kiéandre. C'est ta première cause, et l'on te la fera. Petit Jean. Mais je ne sais pas lire. Iiéandre. Hé ! l'on te soufflera. Dandln. Allons nous préparer. Çà, messieurs, point d'intrigue. Fermons l'oeil aux présents, et l'oreille à la brigue. Vous, maîlre Petit Jean, serez le demandeur: Vous, maître l'Intimé, soyez le défendeur. FIN DU SECOND ACTE. 26 LES PLAIDEUR». ACTE III. Scène I. CHICANE AU, LÉ ANDRE, LE SOUFFLEUR. Clilcaneau. Oui, monsieur, c'est ainsi qu'ils ont conduit l'affaire; I. huissier m'est inconnu, comme le commissaire. Je ne mens pas d'un mot. fiéamlre. Oui, je crois tout cela; Mais, si vous m'en croyez, vous les laisserez là. En vain vous prétendez les pousser l'un et l'autre; Vous troblerez bien moins leur repos que le vôtre. Les trois quarts de vos biens sont déjà dépensés A faire enfler des sacs l'un sur l'autre entassés ; lit dans une poursuite à vous-même contraire... difeaneau. Vraiment vous me donnez un conseil salutaire; Et devant qu'il soit peu je veux en profiter : Mais je vous prie au moins de bien solliciter. Puisque monsieur Dandin va donner audience, Je vais Taire venir ma fille en diligence. On peut l'interroger, elle est de bonne foi; Et même elle saura mieux répondre que moi. liéaiiflre. Allez et revenez, l'on vous fera justice. I^e Souffleur. Quel homme! Scène II. LÉANDRE, LE SOUFFLEUR. liéandre. Je me sers d'un étrange artifice: Mais mon père est un homme à se désespérer; Et d'une cause en l'air il le faut bien leurrer, bailleurs, j'ai mon dessein, et je veux qu'il condamne Ce fou qui réduit tout au pied de la chicane. Mais voici tous nos gens qui marchent sur nos pas. ACTE III. SCÈNE III. 27 Scène III. DANDIN, LÉANDIIE. L'INTIMÉ et PETIT JEAN en robe; LE SOUFFLEUR. Ilandln. Ça, qu'étes-vous ici? fjéantlre. Ce sont les avocats. llBiiilin. au Sonf/letir. Vous? IjC Souffleur. Je viens secourir leur mémoire troublée. Slamlin. Je vous entends. Et vous? lit-anal■•«>. Moi? je suis l'assemblée. IVandin. Commencez donc. lie Souffleur. Messieurs... Petit Jean. Ho! prenez-le plus bas: Ni vous Ronfliez si haut, l'on ne m'entendra pas. Messieurs... Ilaiitiiii. Couvrez vous. Petit Jean. Oh I Mes... Dan (lin. Couvrez-vous, vous dis-je. Petit Jean. Oh! monsieur! je sais bien à quoi l'honneur m'oblige. Ilamlin. Ne te couvre donc pas. Petit Jean, m amvrtmt. Messieurs... (Au Souffleur.) Vous, doucement; Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement. Messieurs, quand je regarde avec exactitude L'inconstance du monde et sa vicissitude; Lorsque je vois, parmi tant d'hommes différents, Pas une étoile fixe, et tant d'astres errants; Quand je vois les Césars, quand je vois leur fortune; Quand je vois le soleil, et quand je vois la lune; Quand je vois les états des Babihoniens (Bod pit H ttM ) Transférés des Serpents (Persans) aux Nacédonieus; (Mm e- do ni eus) Quand je vois les Lorrains, (Romains) de l'état dépotique, (despotique) Passer au démocrite, (r/rn/ocra/i'/ue) et puis au monarchique; Quand je vois le Japon... 1/1H di mm'-. Quand aura-(-il tout vu? Petit Jean. Oh! pourquoi celui-là m'a-l-il iulcrioni)' J c no dirai plus rien. Dandin. Avocat iiicominmode, Q"o ne lui laissez-vous finir sa période? J c suais sang et eau, pour voir si du Japon 28 LES PLAIDEURS. II viendrait à bon port au fait de son chapon; Et vous l'interrompez par un discours frivole. Parlez donc, avocat. Petit Jean. J'ai perdu la parole. Iiéandre. Achève, Petit Jean: c'est fort bien débuté Mais que font là tes bras pendants à ton coté? Te voilà sur tes pieds droit comme une statue. Dégourdis-toi. Courage; allons, qu'on s'évertue Petit Jean, remuant les bras. Quand Quand ... je vois ... liéandre. Petit Jean. Oh dame! à-la-fois, lie Souffleur. On lit... Petit Jean. On lit., lie Souffleur. Petit Jean, lie Souffleur. Petit Jean. Comment? lie Souffleur. Petit Jean. je vois . Dis donc ce que tu vois, on ne court pas deux lièvres Dans la... Dans la... Métamorphose... Que la raétem... Que la métem... Psycose.. Hé! le cheval! Et le cheval., lie Souffleur. Petit Jean. Psycose lie Souffleur. Petit Jean. lie Souffleur. Encor! Petit Jean. Encor... Ije Souffleur. Le chien! Petit Jean. Le chien... lie Souffleur. Le butor! Petit Jean. Le butor... lie Souffleur. Peste de l'avocat! Petit Jean. Ah! peste de toi-même! Voyez cet autre avec sa face de carême ! Va-t'en au diable. I>antlin. Et vous, venez au fait. Un mot Du fait. Petit Jean. Hé! faut-il tant tourner autour du pot? Ils me font dire aussi des mots longs d'une toise, De grands mots qui tiendraient d'ici jusqu'à Pontoise. Pour moi, je ne sais point tant faire de façon Pour dire qu'un mâtin vient de prendre un chapon. Tant y a qu'il n'est rien que votre chien ne prenne; Qu'il a mangé là-bas un bon chapon du Maine; Que la première fois que je l'y trouverai. ACTE III. SCÈNE III. 29 Son procès est tout fait, et je l'assommerai. Iiéandre. Belle conclusion, et digne de l'exorde! Petit Jean. On l'entend bien toujours. Qui voudra mordre y morde. Dandin. Appelez les témoins. Iiéandre. C'est bien dit, s'il le peut: Les témoins sont fort chers, et n'en a pas qui veut. Petit Jean. Nous en avons pourtant, et qui sont sans reproche. Dandin. Faites-les donc venir. Petit Jean. Je les ai dans ma poche. Tenez, voilà la tête et les pieds du chapon; Voyez-les, et jugez. I/Intimé. Je les récuse. Dandin. Bon! Pourquoi les récuser? 1/1 utilité. Monsieur, ils sont du Maine. Dandin. II est vrai que du Mans il en vient par douzaine. ■/■■■tinté. Messieurs... Dandin. Serez-vous long, avocat? dites-moi. I/Intimé. Je ne réponds de rien. Dandin. Il est de bonne foi. L'Intimé, d'un ton finissant en fausset. Messieurs, tout ce qui peut étonner un coupable, Tout ce que les mortels ont de plus redoutable, Semble s'être assemblé eontre nous par hasard, Je veux dire la brigue et l'éloquence. Car, D'un côté, le crédit du défunt m'épouvante Et de l'autre côté, l'éloquence éclatante De maître Petit Jean m'éblouit. Dandin. Avocat, De votre ton vous-même adoucissez l'éclat. Ii'Intimé, d'un ton ordinaire. Oui-dà, j'en ai plusieurs. (Du beau ton.) Mais quelque défiance Que nous doive donner la susdite éloquence, Et le susdit crédit; ce néanmoins, messieurs, L'ancre de vos bontés nous rassure. D'ailleurs, Devant le grand Dandin l'innocence est hardie; Oui, devant ce Calon de basse Normandie, Ce soleil d'équité qui n'est jamais terni: Victrix causa Diis plaçait) sed victa Catoni. Dandin. Vraiment, il plaide bien. I-i'Intinié. Sans craindre aucune chose, Je prends donc la parole, et je viens ;i ma cause. Arislote, primo peri Poiiticon, :«) LES PLAIDEURS. Dit fort bien... mmo»M V „„ Mantliil. Avocat, il s'agit d'un chapon, Et non point d'Aristole et de sa politique. Ii'f ntiiiié. Oui, mais l'autorité du Péripatéliqui Prouverait que le bien et Je mal... ]>»«idiil. Jo prétends Qu'Aristote n'a point d'autorité céans. Au fait. 1/1 n< i««>«•. Pausanias, en ses Coriuthiaqucs.. Wamlin. Au fait. J/Iiitinic. Hebuffe... llandln. Au fait, vous dis-je. 1/Intime. L« grand Jacques llaiitlill. Au fait, au fait, au fait. I/liitimé. Harmenopul, in Prompt... Daiidin. Oh! je te vais juger. I/Iiltliné. Oh! vous êtes si prompt! Voici le fait. ( Mie.) Un chien vient dans une cuisine, Il y trouve ttu chapon, lequel a bonne mine. Or celui pour lequel je parle est affamé, Celui contre lequel je parle autem plumé; Et celui pour lequel je suis prend en cachette Celui contre lequel je parle. L'on décrète; On le prend. Avocat pour et contre appelé: Jour pris. Je dois parler, je parle ; j'ai parlé. llaiiflin. Ta, ta, ta, ta. Voilà bien instruire une affaire! 11 dit fort posément ce dont ou n'a que faire, Et court le grand galop quand il est à son fait. 17 Intime. Mais le premier, monsieur, c'est le beau. UaiMlin. C'est le laid. A-t-on jamais plaidé d'une telle méthode? Mais qu'en dit l'assemblée? liéamli'e. Il est fort it la mode. 1/1 ntiuié. d'un ton véhément. Qu'anïve-t-il, messieurs? On vient. Comment vient-on? On poursuit ma partie. On force une maison. Quelle maison? maison . Aux galères. lit-an «Ire. Un chien Aux galères! Dandin. Ma foi! je n'y conçois plus rien. De monde, de chaos, j'ai la tète troublée. Hé! concluez. 1/1 n(imé, lui présentant de petits chiens. Venez, famille désolée; Venez, pauvres enfants qu'on veut rendre orphelins, Venez faire parler vos esprits enfantins. Oui, messieurs, vous voyez ici notre misère: Nous sommes orphelins, rendez-nous notro père, Notre père, par qui nous fûmes engendrés, Notre père, qui nous... Dandin. Tirez, tirez, tirez. L'Intimé. Notre père, messieurs... Dandin. Tirez donc. Quels vacarmes! Ils ont pissé par-tout. Ii'Intimé. Monsieur, voyez nos larmes. Dandin. Ouf. Je me sens déjà pris de compassion. Ce que c'est qu'a propos toucher la passion ! Je suis bien empêché. La vérité me presse; r.c crime est avéré; lui-même il le confesse. Mais, s'il est condamné, l'embarras est égal ; Voila bien des enfants réduit* à l'hôpital. Mais je suis occupé, je ne veux voir personne. Scène IV. I)ANDIN,LÉANI)RE,CIIICAIVEAU, ISABELLE, L'INTIMÉ, PETIT JEAN. Cliicaneaia. Monsieur... Dandin. Oui, pour vous seuls l'audience se donne. Adieu... Mais, s'il vous plaît, quel est cet cnfnnt-la? Ciiicanean. C'est ma fille, monsieur. Dandin. Hé ! tôt, rappelez In. iHaltellc. Vous êtes occupé. Dantllu. Moi! je n'ai point d>(jaire. ACTE III. SCÈNE IV. 33 (A CMcaneau.) Que ne me disiez-vous que vous étiez son père? C'hiraneaii. Monsieur... Dandln. Elle sait mieux votre affaire que vous. Dites... Qu'elle est jolie, et qu'elle a les yeux doux! Ce n'est pas tout, ma fille, il faut de la sagesse. Je suis tout réjoui de voir cette jeunesse. Savc/.-vous que j'étais un compère autrefois? On a parlé de nous. Isabelle. Ah! monsieur, je vous crois. Dandln. Dis-nous: a qui veux-tu faire perdre la cause? Isabelle. A personne. Dandln. Pour toi je ferai toute chose. Parle donc. Isabelle. Je vous ni trop d'obligation. Dandln. N'avez-vous jamais vu donner la question? Isabelle. Non; et ne le verrai, que je crois, de ma vie. Dandln. Venez, je vous en veux faire passer l'envie. Isabelle. Hé monsieur! peut-on voir souffrir des malheureux? Dandln. Bon! cela fait toujours passer une heure ou deux. Clilcaneaii. Monsieur, je viens ici pour vous dire... lié a mire. Mon père, Je vous vais en deux mots dire toute l'affaire. C'est pour un mariage. Et vous saurez d'abord Qu'il ne tient plus qu'à vous, et que tout est d'accord. La fille le veut bien; son amant le respire: Ce que la fille veut, le père le désire. C'est h vous de juger. Dandln, se rasseyant. Mariez au plutôt: Dès demain, si l'on veut; aujourd'hui, s'il le faut. Iiéandre. Mademoiselle, allons, voila votre beau-père; Saluez-le. Chleaiiean. Comment ! Dandln. Quel est donc ce mystère? Iiéandre. Ce que vous avez dit se fait de point en point. Dandin. Puisque je l'ai jugé, je n'en reviendrai point. Cliicaneaii. Mais on ne donne pas une fille sans elle. Iiéandre. Sans doute; etj'encroirailacharmanlelsabelle. Cltteaneau. Est-tu muette? Allons, c'est à toi de parler. Parle. Isabelle. Je n'ose pas, mon père, en appeler, f hleaiieaii. Mais j'en appelle, moi. ■méandre, lui montrant un papier. Voyez ectto écriture. Vous n'appellerez pas de votre signature. Clilcaneaii. Plaît-il ? Héptrtoira No. 338. (II. Série. No. 880 m LES PLAIDEURS. Dandlii. C'est un contrat en fort bonne façon. Chlcaneau. Je vois qu'on m'a surpris; mais j'en aurai raison : De plus de vingt procès ceci sera la source. On a la fille; soit: on n'aura pas la bourse. Léantlre. Hé monsieur! qui vous dis qu'on vous demande rien? Laissez-nous votre fille, et gardez votre bien. Clilcaneau. Ah ! Iiéamlre. Mon père, êtes-vous content de l'audienco? Daniliii, Oui-dii. Que les procès viennent en abondance, lit je passe avec vous le reste de mes jours. Mais que les avocats soient désormais plus courts. Et notre criminel? Iiéaiiflre. Ne parlons que de joie; Grâce! grâce! mon père. Daiitlin. Hé bien, qu'on le renvoie. C'est en voire faveur, ma bru, ce que j'en fais. Allons nous délasser à voir d'autres procès. _ F I N. _ Notice. Quand je lus les Guêpes d'Aristophane, je ne songeais guère que j'en dusse faire les Plaideurs. J'avoue qu'elles me divertirent beaucoup, et que j'y trouvais quantité de plaisanteries qui me tentèrent d'en faire part au public; mais c'était en les mettant dans la bouche des Italiens , à qui je les avais destinées comme îme chose qui leur appartenait de plein droit. Le juge qui saute par les fenêtres, le chien criminel, et les larmes do sa famille, me semblaient autant d'incidents dignes de la gravité de Scaramouche. Le départ de cet acteur interrompit mon dessein, et fit naître l'envie a quelques uns de mes amis de voir sur notre théâtre un échantillon d'Aristophane. Je ne me rendis pas à la première proposition qu'ils m'en firent : je leur dis que quelque esprit que je trouvasse dans cet auteur, mon inclination ne me porterait pas a le prendre pour modèle, si j'avais a faire une comédie; et que j'aimerais beaucoup mieux imiter la régularité de Mcnandrc et de Térence, que la liberté de Plante et d'Aristophane. On me répondit que co n'était pas une comédie qu'on nie demandait, et qu'on voulait seulement voir si les bons mots d'Aristophane auraient quelque grâce dans notre langue. Ainsi, moitié en iti'encouragcanl, moitié en mettant eux-mêmes la main à l'oeuvre, mes amis me firent commencer une pièce qui ne tarda guère à être achevée. NOTICE. 35 Cependant la plupart du monde ne se soucie point de l'intention ni de la diligence des auteurs. On examina d'abord mon amusement comme on aurait fait une tragédie. Ceux même qui s'y ëtaieut le plus divertis eurent peur de n'avoir pas ri dans les règles, et trouvèrent mauvais que je n'eusse pas songé plus sérieusement à les faire rire. Quelques autres s'imaginèrent qu'il était bienséant a eux de s'y ennuyer, et que les matières de palais ne pouvaient pas être un sujet de divertissement pour les gens de cour. La pièce fut bientôt après jouée k Versailles. On ne fit point de scrupule de s'y réjouir; et ceux qui avaient cru se déslionorer de rire à Paris furent peut-être obligés de rire à Versailles pour se faire bonneur. lis auraient tort à la vérité s'ils me reprochaient d'avoir fatigué leurs oreilles de trop de chicane. C'est nue langue qui m'est plus étrangère qu'à personne; et je n'en ai employé que quelques mots barbares que je puis avoir appris dans le cours d'un procès que ni mes juges ni moi n'avons jamais bien entendu. Si j'appréhende quelque chose, c'est que des personnes un peu sérieuses ne traitent de badineries le procès du chien et les extravagances du juge. Mais enfin je traduis Aristophane ; et l'on doit se souvenir qu'il avait affaire à des spectateurs assez, difficiles : les Athéniens savaient apparemment ce que c'était que le sel atlique; et ils étaient bien sûrs, quand ils avaient ri d'une chose, qu'ils n'avaient pas ri d'une sottise. Pour moi, je trouve qu'Aristophane a en raison de pousser les choses au-delà du vraisemblable. Les juges de l'Aréopage n'auraient pas peut-être trouvé bon qu'il eût marqué au naturel leur avidité de gagner, les bons tours de leurs secrétaires, et les forfanteries de leurs avocats. Il était à propos d'outrer un peu les personnages, pour les empêcher de se reconnaître; le public ne laissait pas de discerner le vrai au travers du ridicule: et je m'assure qu'il vaut mieux avoir occupé l'impertinente éloquence de deux orateurs autour d'un chien accusé, que si l'on avait mis sur la sellette un véritable criminel, et qu'on eut intéressé les spectateurs à la vie d'un homme. Quoi qu'il en soit, je puis dire que notre siècle n'a pas été de plus mauvaise humeur que le sien, et que si le but de ma comédie était de faire rire, jamais comédie n'a mieux attrapé s °n but. Ce n'est pas que j'attende un grand honneur d'avoir assez long-temps réjoui le monde; mais je me sais quelque gre de l'avoir fait sans qu'il m'en ait, coûté une seule de ces sales équivoques et de ces malhonnêtes plaisanteries qui coûtent maintenant si peu à la plupart de nos écrivains, et qui font retomber le théâtre dans la turpitude d'où quelques auteurs plus modestes l'avaient tiré. Jean Racine. --3* Répertoire du théâtre français à Berlin, ou collection des meilleures pièces du théâtre français. La série de G No* 1 Tlilr. Les pièces marquées d'une f sont de Scribe* No. gr. 1 Mes derniers vingt sous* 4 2 f Malvina. (2) « 3 L'Ambasadeur. 6 4 t Les Moralistes. (2) 6 5 Un dernier Jour de Fortune. 4 6 Les Cuisiniers diplomates* 4 7 Mr. Jovial. A 8 f Le mariage do raison* (2) 6 9 Le Paysan perverti. 10 10t Les premières amours* 6 11 f Théobald. 4 12 Madame de St. Agnès. 6 13 f Yelvs. 6 14 f La jeune Marraine. 6 15 Simple Histoire. 6 16 Léonidr. 8 17 f La Sonnambule. 6 18 Le Diplomate, par Delavigne. 6 19 f La Quarantaine. 4 20 f Le Cousin Frédéric* 4 21 t La ,une de Miel> 8 22 f La demoiselle à marier. (2) 6 23 f L'Héritière. 6 24 Le jeune Mari. (2) 6 25 Le vieux Général. 6 26 f Le vieux Mari. 8 27 La Maîtresse. 6 28 | La Mansarde des Artistes. 6 29 f Ls Usine d'une Femme. 4 30 Les Perroquets. 4 3Ï Tony, ou: les canarda. 6 32 f Le Confident. 4 33 Angéline. 6 34 La Mère au bal. 6 35 Marie Mignot. 8 36 f Avant, pendant et après* (2) 6 37 L'école des Vieillards. (2J 8 38 f Le nouveau Pourceaugnac 6 39 La Suite d'un bal masqué. 6 40 Un Moment d'imprudence. 6 41 Le précepteur dans l'embarras. 6 42 f Valérie. <> 43 T La seconde année. 6 44 f Louise, ou: la Réputation. 6 45 La Mère rivale. fi 46 Le Matin et le soir. 6 47 Le Roman d une heure. 48 Ls Semaine des amours. 6 49 f La Manie dea places fi 50 f Le Menteur véridique. 4 51 { L'Anime. 6 52 f Michel et Christine. (2) 6 53 Les trois Quartiers. fi 54 Le Conncrit. 4 55 La chatte métamorphosée. 4 56 Hersani, par V. Hugo. (2)8 57 La Heine de seise ans. (2) fi 58 L'Actrice en voyage. fi 59 Ninette. fi 60 f Philippe. fi fil Ma plare et ma femme. 8 62 -J- La fin du mois. 4 63 Monsieur Ilot le. 8 64 Le Célibataire. 8 65 Le Homrf. 6 66 f Le Parrain. 6 67 Ces deux Cousins. 4 68 Le Marquia de Pomenars. 8 No. 69 t Ls plus beau jour de la vie. 70 La mère et la fille. 71 + Jeune et vieille. 72 La dai /o .».aaame au i] 79 t famille 1 80 J Le Vu.ker 81 le Tyran don •me et U demoiselle. 73 + Une faute. 74 La révanrhe. 75 L. séparation* lit Madame Lavalette. 77 Tartuffe, par Molière. 78 Madame du Barry. Riquebourg. er et la danseuse, domestique. 82 Marion de Lorme, par Hugo. 83 La Perle dea Maria. 84 L'oncle rival. 85 M. Csgnard. 86 Le dey d'Alger. 87 L'oubli. 88 Le Philtre champenois. 89 Rabelais. 90 La grande dame. 91 La fille d'honneur. 92 Chacun de aon côté. 93 Louis XI, par Delavigne. — Lee vêprea siciliennes. 94 Le Chaperon. 90 La duchese de Guise. 96 + La Cloison. 97 \ La vengeance italienne. 98 Le Serrurier. 99 f Mémoires d'ua colonel, 100 La famille Jabutot. 101 Une Monomanie. 102 L'enfant trouvé. 103 Le jeune homme à marier. 104 Heur et malheur. 105 Kettly. 106 La duchesse et le page. 107 La vie de Molière. 108 f Toujours ou l'avenir. 109 La puritaine. 110 Lucrèce Borgia. par Hugo. 111 f Camille. 112 Le roi s'amuse, par Hugo. 113 Les vieux péchés. 114 t Le gardien. 115 Les enfans d'Kdouard. 116 L'avare, par Molière. 117 f Les malheurs d'amant. 1 16 l.ea deux ménages. 119 L'art de payer ses dettes. 120 Iphigénie, psr Harine. 121 t Bertrand et Béton. 122 Marie Tudor, par Hugo. 123 L'art de se faire aimer. 124 Angèle, par A. Dumas. 125 f Le Savant. 126 Le Sauveur. 127 Une mère. 128 Le Cid, par Corneille. 129 Michel l'errin, l'espion. 13(1 y Le lorgnon. 131 f La Dugazon. 132 Un duel sous le cardinal, 133 t Le retour. 134 j- Le budget d'un j. ménage. 135 Le mari de la veuve. 6 8 6 (2)6 8 6 6 10 It 6 4 4 4 6 6 4 8 10 8 S 8 6 6 4 8 6 4 4 6 8 6 4 6 6 10 (2)8 8 8 8 8 6 8 8 (2)8 8 6 6 | 8 8 8 It 8 8 8 6 (1) 8 (2) S 6 6 4 « 6 No. V 136 f Salvoisy, ou l'amoureux. 6 137 Les Charmettes. 4 138 Un matelot. * 139 La Lectrice. 8 140 Le jeune homme en loterie. 6 141 + Estelle. « 142 Une heure de mariage. 4 143 + Partie et Bevanchc. 4 144 La fille de l'avare. 8 145 Chatterton, par de Vigny. 8 146 f Etre aimé ou mourir. 6 147 Angelo, par V. Hugo. 8 148 L'ami Grandet. 8 149 La France pittoresque. 4 150 Une camarade de pension. 6 151 Pourquoi? 6 152 Un changement d'uniforme. 4 153 lion Juan d'Autriche. 8 154 Cathérine ou la croix d'or. 8 155 f Une chaumière et son coeur. 8 156 L'éclair. 6 157 Un mari charmant. 6 158 f La passion secrète. 3 159 Phèdre, par Racine. 6 160 Le Gamin de Paris. 8 161 Don Juan, par Dumas. 162 Une famille du temps de Luther. 6 163 Esther, par Racine. 164 Les rivaux d'eux même. 165 Moiroud et Compagnie. 166 Un mariage raisonnable. 167 -j- La pensionnaire mariée. 168 iVJarie, par Mme Ancelot. 169 L'homéopathie. 170 Un bonheur ignoré. 171 L'heureuse erreur* 172 + La camaraderie.^ 173 Un mariage sous l'empire. 174 Une position délicate. 175 Cinna, par Corneille* 176 Schubry. 177 Vouloir c'est pouvoir. 178 La père de la débutante. 179 La comtesse du tonneau. 180 + Les indépendants. 181 f , 18» L'Epée de mon pere. 183 A trente ans, par Rosier. 184 Le misanthrope, par Molière 185 Trop heureuse. 186 Le conseil de discipline. 187 Zaïre, par Voltaire. 188 Une bonne fortune* 189 Un colonel d'autrefois. 190 Le mari et l'Amant. 191 Sans nom. 192 Clémentine. 1<)3 Britannicus, par Racine. 194 Jean ou les fruits de l'éducat. 195 Ruy Blas, par V. Hugo. 196 + Clermont. 197 Un premier amour* 1°8 Les deux manières. 199 Le joueur, par Begnard. 200 f Rodolphe, ou frère et soeur 801 Le rêve du .mari. 202 Une fille d'Kve. 203 Napoléon Bonaparte. ; 204 Mlle de Belle-lsle. «m Vu" béni "«- = 206 llenr, ,,I „ .« c01ir . ■ loi ■II. d « ! « "»<•• mm *" f »He. «ira Le malade imaginaire, p. Molière. 8 4 fi 6 6 6 H 4 4 6 8 fi fi fi 4 8 6 6 (2)8 4 4 8 6 4 4 6 4 6 6 4 4 4 6 8 6 fi fi 8 4 4 4 ■ H 4 a 4 li No. gv. 210 Passé Minuit. 4 211 Lekain à Draguignan. 4 212 Le capitaine Roland. 4 213 L'Octogénaire. (Adèle.) 4 214 Mahomet, p. Voltaire. 6 215 Maurice, ou le médecin. 8 216 Paul et Jean. 6 217 Alhalie, p. Bacine. (2)6 218 Henri Hamelin, le fabricant. 6 219 La jeune femme colère. 4 220 L'Ecole des Journalistes. 8 221 Les brodequins de Lise. 4 222 Un pont neuf. 4 223 Veuve et garçon. 4 224 Une coronne dans l'exil. 4 215 f Le charlatanisme. 3 226 Le voyage à Dieppe. 227 f Le mariage d'argent. 228 La fille du Cid, p. Delavigne. 6 229 M. Musard. 230 Le conteur, p. Picard* 231 Catherine Howard, p. Dumas. 6 232 Une dame de l'Empire. 4 233 Les deux Philibert* 3 234 La première ride. 4 235 Voltaire en vacances. 4 236 Stockholm, Fontainebleau, Borne. 6 237 f Chut, ou un Polonais à la cour. 4 238 Le bourgois-gentilhomme, p.Mol. 6 239 Le jeu de l'amour et du hasard. 6 240 + Le verre d'eau. (2) 6 241 Bocquet père et fils* 6 242 Le chevalier du Guet. 6 243 f Jsphet. 4 244 Le barbier deSéville p.Beaumarch. 6 245 Le mariage de Figaro. — 6> 246 La mère coupable* — 6 247 L'abbé de l'Epée. 2 248 Encore des Ménechmes p.Schiller. 6 249 L'ombre d'un amant, 250 L'habit ne fait pas le moine DEUXIEME SÉRIE. No. 1—90 251 Un mariage à rompre. 252 Un monsieur et une dame. 253 Mérope, p. Voltaire. — La Marquise de Senneterre. 254 Bensudin de Caen. 255 Bodogune, p. Corneille. — 1,'liumoriste. Proverbe. 256 Le Parasite, p. Picard. 257 f Une chaine. — L'hôtel garni. Proverbe. 258 Les gants jaunes. 259 Le dépit amoureux, p. Molière. — La manie des Proverbes, 260 Un secret. 261 Tiridate. 262 f La calomnie, p. Scribe. 263 Le bon moyen. 264 Lorenzino, p. Dumas. 265 Les deux voleurs. — Horace, p. Corneille. 266 t L'ambitieux. 267 f Vatel. ~v _ Indiana et Charlemagne. J 268 Les Mémoires du Diable. 269 + Oscar, ou le mari qui 270 Le Tyran d'une femme. 271 La Chanoinesse. Mad. Sorbet. 272 Les premières armes de Bichelieu 6 273 L'ange dans le inonde. g 274 Andromaquc, p. Racine. 4 — L'homme propose et Dieu. 4 4 4 4 6 6 6 2 6 (2)6 4 4 6 2 fi ■1 (! 4 8 I li fi 4 S 4 4 4 No. gr . 975 Clémence. 4 276 George Damlin, p. Molière. 4 277 La nuit aux soaftlels. 6 378 Le Hls de Crumwell. s 279 Faute de n'entendre. ~\ — Le protège. ) fi 280 Sliakesp.ainoureux.ToutleiiHin'Ii.ni.i fi 281 Le vicomte de Léiorières. 8 2M2 rln pénitenre. ~\ — Le* circonstances J 0 283 Les Bnrgraves, p. Hugo. 8 284 Mathilde, p. K. Mue. fi 285 Lucrèce, p. Pousard. fi 286 Un roman intime. 4 287 Les demoiselles de St-Cyr. H 28S Uajazet, p. Hacine. 4 289 Davis, ou le bonheur d'être fou. 4 290 Polyeucle, p. Corneille. fi 891 Pierre-le-rouge. 6 292 La courtc-paille. fi 293 (Juaud l'amour B'en va. 4 294 N'anon, Ninon et MaîntciHtfi; (i 2115 Le démon de la nuit. ' -"fi 29li Mademoiselle Dungeville. 4 297 Mystères de Paria ». K. Sue. 8 298 Les petites misères de la vie. 4 299 Les mémoires de deux jeunes. 4 300 Le cadet de famille. 4 301 f Les surprises* 4 302 Antigonc, p. Sophocle. 4 303 La ciguë, p. Augier. 4 304 L'école des maris, p. Molière. 4 305 lie mari à la campagne. 8 306 Les femmes savantes, p. Molière, (i 307 Une jeunesse orageuse. 6 NO. gr. 308 Milhridate, p. Ratine. O 309 + Hebecca. fi 310 Le Docteur Robin. 4 311 Les projets de mariage. 4 312 Napoléon,nu Srhonhiunii et Sl-Hél, 0 313 La grâce de Dieu. 8 314 Le médecin malgré lui, p. Mol. 4 315 Mariun Kaliero, p. Delavigne. H 310 Ki-an, p. Dumas. 8 317 Follette. 4 SIS Loïsa, p. Anrelot 4 319 Marie-Jeanne, une m