Répertoire du Théâtre français à Berlin. N° 226. — ***** *^ VOYAGE A DIËPFE, COMBDIE EN TROIS ACTES ET El l'JROSE. FAR mur. waffijAru et ixlgi:.\i i;. Prix I 3i Sgr. (J gGr.) ^ BERLIN. Ad. Rit. Schlksinokk, Libraire et Éditeur de Musique. [Unter don Lincien No. 34..1 1840. PERSONNAGES. M. D'HKRBELIN, ancien marrii.mil, bien rond, bien franc. MAD. D'HERBELIN, sa femme. ISACRE, leur fille, caractère ingénu. DUItlONTEL, ami d'Herbelin, homme de cinquante ans. D'HERIGNY, amoureux d'Isaurc. MONBRAY, jeune peintre, caractère enjoué". ^ LAMBERT, agent de change, camarade de collège des deux l f " ( I f rH f ' gens; n'ayant que l'esprit des affaires; espace de Turcarel 11,0 i mu" MAD. LAMBERT, petite maîtresse, aimant beaucoup le gra" cl et les plaisirs. FÉLICITÉ, servante de M. d'Herbelin. DUPRE, domestique de d'Hcrigny. JAMES, jokey de M. Lambert, personnage muet. de ' La scène se passe k Paris. Le premier acte , sur le boulevard Jlaf ' pital, à côté du Jardin- des-Plantes ; et les deux derniers, su rue Chariot, no IV. 'iHl in « • I.K lOYJLCiE A DIEPPE. ACTE PREMIER. t« "•éàtrc représente le noulcvart do l'Hôpital, pris « **'é du Jurdin.ricH.iMniilcH; en face- du spectateur est 'OHiMon d'un restaurateur <|iii a pour enseigne: An eu -Ktcrncl; à gauche est la inaiHnn de M, d'Her- e,,l >> sur la porte de laquelle oui écrit i Jfo, 22. Scène I. lever du rideau, On entent le choeur suivant dan.': la maison du restaurateur.) ,,4 boire! (ter.) ,,Vivent les arts et les amours!" ^ONDRAY, sortant de chez le restaurateur, la tête un peu échauffée. A boire! à boire! C'est fort bien; mais moi j'ai besoin do Cf'^ 6 ' a ' r ' Q ue " e c h a ' cur ! 3 e ncn P uis P' us : 'a gaîté du ch a ' es 8a '"' es aimables «le cliaque convive et /es fumées du ^ Pagne commençaient à me porter à la (été; cela n'est pas 1 C '" f ' ' leures a ta ' ) ' e et tous anc ' ens camarades de col- Scène II. MONBRAY, LAMBERT. M 0|) "* m bert. Ali! ma foi, c'est trop fort; le moyen d'y tenir! vi etlI) ' cr Monbray, comment trouvez-vous ces messieurs, qui ''Urs^ 1 ^ e ' )0 ' re a 'a santé des maris qui sont amoureux de )o ut . enimes ^ N'est-ce pas touchant] vous m'en voyez encore eniu. »In à Hm , °* b *»y. C'est bien là on toast d'étourdis qui commen- t ""'"sonner, et qui ne savent déjà plus ce qu'ils disent. "Hubert. j e suis sur que le panier de Chambertin que j'ai 1 * 4 LE VOYAGE A DIEFFE. envoyé, enlre pour beaucoup dans rc petit retour de lendre' s conjugale. Messieurs! leur ai-je dit: c'est à jeun qu'il est l»ea d'aimer sa femme ! Comme vous, j'avais besoin de prendre I a ,r - on étoufl'o là-dedans. Fiez-vous donc à toutes ces annonces <' eS restaurateurs? „SaIon de cent couverts;" vous entrez, etàp*" 1 si vous pouvez tenir vingt-cinq convives. Avec ces gens lu, 1 faut toujours diminuer de moitié : c'est comme sur la carte. ^ 31 h n lira y. Eh bien! mon cher Lambert, que dites-vous ' notre réunion'! Avec quel plaisir, en trinquant avec ses anci | ' n ' condisciples, on se rappelle les tours espiègles qu'on a j" ue '' les pensums qu'on a faits ... les férules qu'on a reçues! Lambert, vivement. Oh ! pour cela, j'en sais quelque cli<> sft car j'étais bien l'écolier le plus paresseux . . . (.Woiifi''" 1 ' main.') Voilà le seul fruit que j'ai retiré de mes études. , IWonbrny, Ah J les souvenirs de l'enfance sont déliw cUX ' Lambert. Je vois avec satisfaction que nous avons <01|S fait notre chemin . . . Moi, dans les affaires à la bourse. Monbray. Moi, dans les arts. «.ninher*. Les autres dans les lettres. Jtlonhray. Comment donc! Mais nous comptons parmi noj^ des littérateurs très distingués, entre antres quatre membres''" société épicurienne, et qui sont, de plus, afliliés à toutes le» P ^ tites académies chantantes et mangeantes de la capital" « l 1 départements. t Lambert. Jeûnas gens pleins de mérite, qui tournent joliment le couplet, et qui, dans leurs joyeux refrains, v ', eD |. all t de nous apprendre que, pour cire heureux dans la vie, boire, rire, aimer, chanter et ne s'affliger de rien, < IHonbray. Idées fort originales et très neuves, qui " aVa ' jamais été dites avant Epicure et Anacréon. ^le, Lambert. A propos : toul-à l'heure, en quittant I» ^ au moment où ce gros chansonnier nous étourdissait J e » fions bachiques, j'ai vu entrer mystérieusement sa belle, s, ' z les intérêts de nus maîtres toute l'année; je ne suis pas kien des domestiques, je ne fais pas danser l'anse du Ni*'' et J u P"'s bien me permettre une fois par hasard cette e 'îberté à leurs dépens. Mais je les aperçois: les voilà Ju 'lui reviuunuut . . . Vite, serrons mu lettre. Scène V. '' K * mêmes, M. et Mad. DTIEIiBIÏLIN, ISAU1Œ. rivé?* *' Her °eli». LIi bien! mon enfant, Dumontel est-il ar- **'lcité. Non monsieur, pas encore. v Wz l*' rt * ,erbe,! "- Bn vérité, monsieur d'IIcrbelin , vous Un Vo ""brasser vos amis comme si vous alliez entreprendre '"Ois * c cette fois . , . Félicité. Ah! pour celte fois vous touchez au port. M. d'Hcrbcllii. Oui; je crois que nous tenons le ve"'' Mnd. d'Hcrbcliii. Ne parlons pas si haut, mon anii; p' nous garde, nous n'y sommes pas encore. 9 M. d'IIcrbclin, A moins d'une mort subite, jenevoi 8 !'' trop maintenant ce qui pourrait nous empêcher de partir. ^ lHaurc, vivement. Mon père, éloignez ces idées; j'° sf; contraire, vous prédire que notre voyage sera très agréai''* 1, _ mnd. d'Herbellii. Tu nous dis cela d'un air bi L ' n j mon Isaure. Je ne sais, niais ton caractère est bien chaog« . puis quelques mois; toi qui, l'été dernier, étais si gaie au ha Sceaux ! , ^ Isnurr, h part. Ah ! je devrais bien perdre le SOUV enl ce jeune homme que j'y ai vu. ^ MT. d'ilcrbelln. Oui, je me suis déjà aperçu q"' e " e " cachait quelques petits chagrins; je crois que ce Voyag e " e plaît pas. vfl , ISAurr. Mais, mon père, vous êtes dans l'erreur; ce ^ yage me plaît beaucoup; seulement j'aurais préféré q"' 1 ' se dans la belle saison : au mois de mai, par exemple. ,,, a j M. d'Hcrbelin. Non pas, ma chère amie, non pas; Jjj ( bien pensé: ce n'est pas sans dessein que j'ai choisi la , f l'hiver. Qu'allons-nous faire à Dieppe? ce n'est pa» P 0111 f , la ville qui, dit-on, est fort mal bâtie et n'offre rien . r , 0 gr« quablc. Or, nous sommes à la fin de février, et depuis hui J dans l'équinoxc; voilà le temps où les coups de vent, pétes et les bourrasques soulèvent les flots, brisent les « démâtent les vaisseaux , . . Félicité. Oh! mou Dieu! monsieur; mais vous i» t - peur. ACïlî L SCÈNE V. 7 51 • d'Herbeliu. Et tu conviendras que ce spectacle ler- We offre plus do beautés a l'oeil du Parisien, qu'une mer tran- Wle par un temps calme. Ensuite nous sommes dans le car- aval; c 'est l'époque consacrée au plaisir: cl) bien! nous partons C(i s °ir; nous arrivons demain à Dieppe; nous visitons le port; n ° us allons le soir à la comédie, s'il y en a une; nous faisons '°nne chère ; nous revenons ensuite à Paris; et nous sommes °»s content*. Dumontcl m'avait bien donné à entendre qu'une UIS arrivés à Dieppe nous pourrions monter sur un paquebot, tl fi,e » jusqu'au Havre . . . ni «d. d'Hcrbclin, vivement. Ah ! mon Dieu, et pourquoi pM »H*r à Plie de-France? 1. d'Herbeliu. Mais dans cette saison-ci, je ne me sou- '* Pas trop de m'exposer aux périls d'une traversée. Ténons- ****~ en à Dieppe, c'est tout ce qu'il faut pour un premier voyage. ' rnn ' sa montre.) Déjà cinq heures un quart! Que Dumuntel SUr tout ne nous fasse pas manquer les vélociferes. Félicité, ,ou 8 nos paquets sonl-ils prêts? Céllclté, Oui, monsieur, tout est prêt. M. d'Herbeliu. Tu n'as pas oublié de mettre dans mon 8 ac de nuit ma carte de Cassini, ma boussole ... ma longue- "Ue et sur-tout mon album? quand on voyage, il faut prendre ^8 notes, et mettre fl profit les observations que l'on fait. Kc- ■"arquez vous, mes enfants, comme depuis une heure le brouillard augmente? 3l»d. d'Herbeliu. Une seule chose me contrarie; c'est 1 * ,r e obligée do faire la route dans une voiture publique. On tst touj 0 | U . s géné, horriblement fatigué, et souvent exposé à se °Uver en mauvaise compagnie. M. d'Herbeliu. Bah ! bah ! une nuit sera bientôt passée ; * bailleurs, madame, comment ont fait tous nos grands voya- * rs • croyez-vous donc qu'ils n'aient pas éprouvé aussi bien * ^ligues? Le plaisir qui nous attend demain nous fera tout ° u| 'lier. ^înrt. d'Herbeliu. Ali, ça' profitons du peu de temps qiq Js fcsle pour mettra tout en ordre chez nous. _ Bl . d'Herbeliu» Et sur-tout ne faisons pas attendre notre 1 ûuinoniel. Pour toi, ma chère Félicité, pendant notre ab- e i 'a maison sera confiée à tes soins, licui***' â ' He rbelln. Nous pouvons être sans inquiétude: Fé- l r( ! 1 tst u " eh»rmant sujet, sage, réservée, attachée à ses mat- 8 > d qu^ contfe | a coutome dee jeunes tilles do son état, n'a a 'amoureux Je dis cela exprès devant elle, pareeque je 8 je dis la vérité. * c >'cit c . Vous avez bien raison, madame ; qu'il se pi e s LE VOYAGE A DIEFPE. sente un amoureux chez vous, il sera Lien reçu, et il pourra si vanter d'y èlre joliment traité. (/ci hnmbcrl parait avec plusieurs convives sur le balcon i'" re staurnteur; ils ont le verre à In main.') I.nmbert. A la santé de tous les habitants du quartier d' Jardin des Plantes! M. d'Hcrbelin. Allons, en voilà un qui n'engendre psS '' mélancolie. Comment! ils sont encore là depuis midi .' Velléité. Oui, monsieur; le voisin doit être content de s " journée, car il s'est fait chez lui une grande consommation. M. d'Hcrbelin. Rentrons, mes enfants, rentrons. (Ile rentrent chez <'«•''•) Lambert, les appelant. Kli bien! monsieur, vous ne Ttf° tt dez pas à notre politesse 1 list-ce que nous faisons peur à et* dames ? C'est étonnant comme les habitants du boulevard N*"" 1 aiment la gaité! Scène VI. MONBIUY, LAMBERT, est toujours sur le balcon. HI oiil> ni y. Ah ! ah ! quelle heureuse fécondité chez °° chansonniers du jour! Une ronde de dix-huit couplets sur constance! A la vérité le sujet prête. (l'aidant que Monbrny parle, Lambert, qui ne Vit pas ai' cl ' referme la fenêtre.) Scène VIL MONBRAY, D'HERIGNY. U'Hepigny. Allons, mon cher Monbray, après trois ser^ vices, le dessert, les vins de liqueurs, le café et le P uDC \^ peut se retirer, et laisser un exemple de sobriété et de m °^ ofjn é lion. Mais je ne vois pas ce coquin de Dupré à qui j'avais ' l'ordre de venir nie prendre ici avec la berline, .,1- Monbray. Le pauvre garçon se sera ennuyé de no uC tendre; il prend sans doute son mal en patience dans a PI' rail un accident fâcheux? _ . cC |(c O'JIerigny. Que veux tu, mon ami! le souvenir jeune personne . . . ACTE I. SCÈNE VIII. 9 Monbray. Ah! oui., que tu as vue l'été dernier au bal de Sceaux; pays délicieux, qui offre tous les dimanches aux Parl- dans la belle saison, un orchestre agréable, des bois touf- fus > et des paysannes fort jolies, parmi lesquelles on trouve beaucoup plus de danseuses que des rosières. lï'Ucrîgny. Son image me suit par-tout! au milieu des distractions, au sein des plaisirs. Monbray. Quoi! tu me persuaderas que tu es véritable- """•t amoureux, pour avoir vu plusieurs fois au bal une demoi- St '" e à laquelle tu as à peine osé parler. tt'Herigny. Je sais tout ce qu'on peut dire ; je conviens m °i-nitme avec toi qu'un pareil amour tient du roman, et prête du ridicule ; mais la première fois que je la vis, je fus frappé de s,i beauté et de son air de modestie; la seconde fois, je sentis 'l Ue je l'aimais: l'absence, loin de me guérir, n'a fait qu'augmen- ' er nia passion, et maintenant c'est un sentiment qui ne finira,.. Monbray. Qu'avec le carneval . . . D'Herigny. Allons, tu plaisantes toujours; rien ne t'afl'ecte, '°i ; tu es heureux. Monbray, C'est vrai, mon ami, et mon bonheur m'est d'autant plus cher qu'il est ton ouvrage. Tu partages ta fortune avec moi; j'ai dans ton hôtel un joli entresol, un atelier superbe, ta Voiture à ma disposition; nul soin du présent, nul souci de l'avenir ne m'inquiètent. Lorsque je veux travailler, si mes sens ,r °P appesanlis ont besoin d'être réveillés par du bruit, du tin- Mtoarre, cocher! vile à l'Opéra. Si au contraire mon sang, allumé par un excès de travail, m'empêche de dormir, je jette de (: °'é nia palette, et je vais faire un tour à l'Athénée. Si enfin, °rsqu e je fais un grand tableau, fatigué de la sévérité de l'his- | oi| e, j e v eux exercer mes pinceaux sur des sujets l'égers , . . 1* fais |e portrait de tes maîtresses. Tu vois, mon ami, que ë'ace à ( cs so j ns ^ jamais artiste ne fut dans une position plus "fiante. Scène VIII. Les Mêmes, LAMBERT. ^ Lambert, a la cantonade. Non, messieurs, non, Horace et lr !5ile ne sont pas une autorité pour moi. Monbray. Eh bien! mon cher Lambert, que font nos con- " Vcs -' je ne les entends plus chanter. ^«uibcrt. Dali' les voilà qui parlent littérature; ils font de «prit. M'Herigny, Eh bien, vous les quittez! 10 LE VOYAGE A DIEPPE. Lambert, Oh! personne ne s'apercevra de mon absence. D'ailleurs il commence à se fiiire lard, il fout que je sois ;'i sept licures à la Chaussée-d'Anlin pour assister à mie comédie bourgeoise: aujourd'hui tous les plaisirs à In l'ois, on bru y. Il appelle cela du plaisir ... la comédie dans un r-alon. Lambert. En! pourquoi pas, monsieur? Madame Latn»*rt d;.ns la hausse Agnes, ne laissera rien à désirer: elle joue trnmbcrt, bas h Mnnbray et h tVHériyny, C'est là le voisin? Oh! messieurs, quelle bonne figure!... H'Merigny, de même. Taisez-vous donc, Lambert. M. d'Herbelin. Eh! allons donc, mon ami; je suis « rlie de plaisir manquée! Ah! mon Dieu! vit-on jamais un hou""' plus malheureux que moi? Je ne pourrai donc jamais parve"" à voir la mer'.' Humontcl. Mais écoute donc. ^ M. d'Herbelin, désespéré. Ah! mon ami, cette nouve me tue----Ln l'attendant, je relisais les Voyages du capilf'"" Cook: j'en étais à son naufrage au cap Vert, et il faut mai"'®" nant que je renonce au plaisir que je me promettais à DiePP e Damontel. Mais, encore une fois, me laisscras-fu par' er Monbray, Las h Lambert et à d'Hérighy. Attention. Uumontel. Iles affaires de la plus haute importance ' clament ma présence à Paris jusqu'à demain soir; je n'ai pa* minute à perdre; on m'enlève vingt nulle francs si je ne au pas dans une heure à la rue Saint-Georges, Je te conterai ce . . . une faillite ... nlin~ Lmnbcrt, bas. Ah! mon Dieu! serait-ce celle du petit » val? si j'y étais pour quelque chose! _ Humontel. Mais je viens de faire une rencontre tres- reuso pour loi et pour moi. jg M. d'Herbelin. Tiens, mou ami, je t'avoue que je ■« Bl ' ACTE I. SCÈNE X. 13 P ; 'S il» tout à ce que lu me dis. .le vais prévenir qu'on défasse ' es paquets et que nous ne partons pas. Dnmontel. Mais au contraire, tu vas partir. t. d'Herbelin, vivement. CommcntJ ce voyage n'est donc P' IS manqué? "miiontel. Eh! non; que diable, aussi tu ne me laisses P* 1 * achever, M. d'ncrbelin transporté. Ah! mon cher Dumontel, mou vie 'l ami, que je t'embrasse! J'avais besoin de ce mot-là pour ■"•minier mon courage. Parle, mon ami, parle; je remets le ca- P'Iaine Cook dans ma poche, et maintenant je suis tout oreilles. 1 (; r»iets-moi seulement de marquer la page où j'en étais. (Il remet le sinel.) Dumoiitcl. Je viens de voir Bernard, notre ami commun. i*ambcrt, à Monhray, Encore un nom à écrire. Damontel. Je lui ai dit que tu allais enfin entreprendre a "JOUrd'hui le voyage que tu projetais depuis si long temps, mais 1"e j'étais fort contrarié de ne pouvoir t'accompagner, à cause de plusieurs affaires qui nie retiendront encore à Paris vingt-qua- Ire heures. m. d'Herbelin. Ah! oui, (u dois être bien contrarié; je te plains bien sincèrement. Dumontel. Eh! parbleu! s'est-il écrié, je puis peut-être procurer à notre ami d'Herbelin et à son aimable famille une 'xcellcnte occasion de voyager beaucoup plus commodément que P'tr les voitures publiques. XI, d'Herbelin. En vérité'.' iBnmontcI. Sans doute; un de mes braves correspondants, de Saint-Valéry, a-t il ajouté, retourne ce soir ou demain ma- '1 au p| lis ( ar j a Dieppe. Je sais qu'il a une berline à six pla- es et qu'il doit partir seul; je ne doute pas qu'il ne se fasse un aisir (] e se charger de nos amis ; je vais le lui proposer. d'nerbclin. Ce bon Bernard ! je le reconnais bien là. 'lumontcl. 11 me quitte aussitôt pour courir chez M. de •"H-Valery, et, deux heures après, il revient me dire que c'est u " e chose convenue, et que ce soir, à six heures, ou demain ans 'a matinée, ce monsieur sera à ta porte avec sa voilure; '" nsi i dans une demi-heure il peut-être ici; sur-tout ne le fais pas Cl >dre; et moi, je me sauve bien vite; es-tu content? *• d'ncrbelin, transporte. Si je le suis, mon ami? 'lonbray, h part. Pas plus que moi. *• d'Herbelin. Mais quel est ce M. de Saint-Valéry ? p r ^ , *"«nontel. C'est un jeune homme charmant; du moinsd'a- o,. \, cc 'l ue m'a dit Bernard; car, moi, je ne l'ai jamais vu: les les pl us affables . . . pas grand parleur. il LE VOYAGE A DIEPPE. M. d'Herbelin, i/itimenl. Tant mieux pour ma femme» ew' aura plus souvent son tour. Monbray, « juirt. Eh » eh ! le voisin fait aussi desépigrnin- mes . . . Humonte]. Je te prédis le voyage le plus agréable . • • M. d'Herbelin. A merveille, mon ami, à merveille . . • • Mais, dis-moi donc: Bernard lui 8-t-il donné mon adresse bM exactement? Humontcl. Oui, oui, rue de Bullbn, No 22, à côté du Jardin des Plantes. Allons, adieu. M. d'Herbelin, ïtirrrUnit. El) bien, Dumontel! au moment d'un départ tu me quittes comme cela? tu n'embrasses P ;lS ton vieil ami? Dumontel. Ah ! pardon, mon cher d'Herbelin. M. d'Herbelin. La route est sùrc, à ee que l'on m'a <•''• mais, quand on voyage la nuit, il arrive quelquefois bien des accidents. Dumontel. Sois tranquille, il ne t'arrivera rien ; nous noa s reverrons . . . Allons, bon voyage. M. d'Herbelin. El toi, bonne réussite. Prévenons bi« n vile ma femme qu'au lieu de partir en diligence, nous partons en berline. Scène XI. D'IIERIGNY, MONBRAY, LAMBERT. Monbray. Vite, vite, mes amis, à l'oeuvre sur-Ic-chau'P' voilà une occasion superbe, ne la laissons pas échapper. Lambert, riant. Oh ! oh ! oh ! c'est délicieux d'avoir 8 ur pris la conversation de ces braves gens: nous les connaissons 1 ! et ils ignorent qui nous sommes. Que d'avantages nous avons. H'Herigny. Un moment! ne va pas nous comprometf -6 - Monbray. Allons, te voilà déjà redoutant le péril avant q uC l'aflairc soit engagée. Lambert. Moi, je ne crains rien; je veux être votre eond, mon cher Monbray. Monbray. Je n'ai pas besoin de vous; vous feriez quelq ue gaucheries, H'Herigny. Mais enlin, quel est Ion projet? Monbray. Voulez-vous me faire un plaisir tous les n • Toi, va-t'en au bal chez ton oncle; vous, Lambert, allez chaussée d'Antin applaudir votre femme dans la Fausse ^S ne ^ et laissez-moi maître du champ île bataille; j'ai bien retenu noms . . . Dumontel. . ., d'Herbelin. . ., Bernard. . Sa ' n ACTE i. SCÈNE XIII. 15 Va,ci- y .... Je n'ai rien p#rdu de ce que nous venons d'enten- ,lre: je me charge de (ouï; justement j'aperçois ton domestique av ec ta berline. {Appelant.) Dupré! . . Dupré! . . . •»'Hcrigny. Mais comment! nous ne pourrons pas sa voir? , , , Scène XII. Les Mêmes, DOTRÉ. . WConbray. Tout à l'heure, je vous le dirai. Dupré.) Mon garçon, apprête-toi à courir la poste celle nuit, et ramène- nous, vers les trois heures, du matin, rue Chariot No 17. Retourne maintenant à ton poste. Scène XIII. Les Mêmes, excepté DUPRÉ. u'Hcrigny, Ah! je devine à présent. Comment! tu oserais? . . . Lambert. Bravo! bravo! Comme je vais faire rire ma femme ! Monbray, Il parait que c'est pour son plaisir que cet hon- n «te monsieur d'IIerhelin va à Dieppe. Ce monsieur de Saint- yalery, q U j doit venir les prendre, est un jeune homme charmant; J e le représente, et je me charge de les conduire: ta voiture * st excellente; ils ne pouvaient pas mieux tomber .... D'ail- eurs > quand on voyage pour son agrément, aller à droite ou à Quelle, qu'importe, pourvu qn'on s'amuse?.. Je place mes vingt- Cltl( I louis sur leur tète. j'ai I '. ttm ' ,e^t • Et je suis de moitié, si vous voulez. Parbleu.' a ' bien envie d'abandonner la Fausse Açnès et de rester avec v ous. lonbray. D'Hérigny, débarrasse-moi de lui, je t'en prie. ï*'HerIgiiy. Lambert, votre réflexion n'est pas honnête |' 0llr madame . , . Donnez-moi une place dans votre tilbury; al- 8 "ous amuser, si nous le pouvons, à la comédie bourgeoise, de 'à, au bal chez mon oncle. Au surplus, nous regretterions "'•être demain de nous être trop avancés dans cette affaire; ec u " pareil étourdi, on a toujours quelque chose à redouter, to ln,nbc «'tj s'en allant avec (VJIéri n " heur! quel bonheur! Honbrny. Pardon, mais je craindrais que nous ne perdis* sions du temps; ma voiture est là, et le postillon n'attend q ue l'instant de notre départ. vous i» Herbelln, vivement. Oh! Monsieur, depuis ce matin je suis trop impatient de jouir du spectacle de la mer pour^ faire aftemlrn* loi mînntaa n.o nn. n l..(iMi ,l„ a «tAnlA* que d rajeunit ra,e ' gens ont pu être abusés à ce point? .. M. Lambert, h voix basse. Chut ! ne parlez pas s ' nos victimes étaient ici . . . ,^4 n'Hcrigny. Je viens d'interroger mes gens; Monbroj' pas encore rentré. j e mad. Lambert, riant. Je me fais une idée délira'"' ^ les voir , . . Quand mon mari m'a raconté votre avent ure ': ^ lais entrer en scène, et j'ai eu toutes les peines du nioin' e pas rire . . . Mais je voudrais qu'ils vinssent bien vile; J e que j'ai besoin de quelques heures de repos. , ( ,| lC z D'Hcrlgny. Je le crois: vous avez beaucoup da nSL mon oncle. el - Mad. Lambert. Le bal était charmant. Comment» vous que j'ai joué mon Angélique de la Fausse Agnès.' D'Hcrigny. Comme un ange . . . Votre DWBM* 1 " tait pas mauvais. f0l i- Mad. Lambert. C'est le petit Précourt . . ■ VouS naissez. M. Lambert. Qui a déposé son bilan jeudi uern,er ' gl uD e D'Hcrigny. Comment! il a encore manqué' mais c indignité. M. Lambert. Bah! dans le carnaval tout est p** 81 ' ^ M'Herigny. J'aperçois de la lumière dans la e° u ^«8! tel. (Il regarde par la croisée.) Ah ! nos originaux sont < jj e l les voyez-vous? Comment! deux dames sont aussi de P f0 „i Mad. Lambert, riant aux éclats. Ah! ah! , \ e bien tels que mon imagination me les représentait . • monsieur est charmant; il a l'air endormi. .j v !«:i' M. Lambert. Voilà Monbray qui leur dit adieu; vers nous. ACTE II. SCÈNE II. 19 "nd, Lambert. C'est bien là la tournure des gens qui ha- llil(!ll t près le Jardin-des-Plantes. Scène II. Les Mêmes, MONBRAY, accourant. Monbray, vivement. Victoire! victoire! victoire! L'ennemi, s " r pris, pressé, enveloppé de tous les côlés, est maintenant en "°lfe pouvoir, et ne peut plus nous échapper. **'Hcrigny. Mais comment as-tu fait pour les conduire ici.' lad. Tambert. Parlée vite . . . parlez vile ... je suis 8 !a conspiration. fttonbray. A peine m'as-lu quitté, que j'ai conduit ce lion • d'Herbelin, sa femme et sa fille, dans la voiture. Pendant 'i" on arrangeait les paquets sur la berline, je prends Dupré à l );ir l : „Won garçon, lui dis-je, voilà le moment de déployer toula »lon intelligence; n'oublie pas que je me nomme Saint-Valéry ; '■"ous sommes sensés aller à Dieppe : c'est un tour de carnaval. ■iSonge qu'il y a quarante francs pour toi," Le drôle ne se le fait pas répéter, il pique ses chevaux, et nous voilà courant bride abattue les grands chemins, et parcourant tous les villages environnant la capitale: Meudon, Sèvres, Neuilly, Ville - d'Avray, Saint-Denis, Pantin, Vinccnnes; la nuit est tellement obscure 'Kon ne voit guère à vingt pas; et je ne sais vraiment comment Ce pauvre Dupré faisait pour conduire ses chevaux . . , Bref, n °s voyageurs s'assoupissent ; nous prenons nos derniers relais a ^ontrouge, et de là, gagnant les boulevards neufs, nous ren- j' 01li > dans Paris; et j'amène au Marais, rue Chariot, No 17, de av es gens qui, après avoir voyagé toute la nuit, croient être à "'eppe. Mad. Lambert. Ah! mon cher Monbray, embrassez-moi; Une si i h al nelle action ne peut rester sans récompense, lonbray, lui baisant la main. C'est le prix du vainqueur ' • . Je les ai laissés dans le pavillon qui donne sur le jardin. . ^ i,ni e Bertrand est allée leur offrir ses services, et, grâce à "P r «, tous les gens de la maison sont dans le secret. Ils vou- 'M descendre à l'auberge; ils craignaient de nous gêner; mais «Il a ' raS8ures en leur disant que, s'ils occupaient dans la J» e un auire logement que le notre, mon ami Bernard ne me j Pardonnerait jamais. Vous ne sauriez vous imaginer combien 'Jeune personne est jolie . . . Isaure est son nom; de grands ' Ux bleus pleins d'expression, un son de voix enchanteur. D 'HerIgny, h part. De grands yeux bleus! .. Un son de •20 LE VOYAGE A DIEPPE. voix enchanteur! , . (Haut.) En ma qualité «le mailre detnaiso"' je ne puis pas me dispenser d'aller saluer mes non veaux Ml** Scène III. Lks Mêmes, LAMDERT, courant aprèt <ïlhrip»J- M. Lambert. Won ami, mon ami, je vais avec vous. Itrad. Lambert, Varrêtant, Non pas, monsieur, non P'' 5 ' allez-vous aussi m'abandonncr pour les yeux bleus de celle J e ' moiselle ? Nous allons vous quitter, Monbray . . . nous revi«"' drons, nous apporterons des costumes; je veux vous ménage' une surprise . . . Vous connaissez mon talent pour jouer la c0 médie; vous savez aussi avec quelle facilité j'improvise des f r ° verbes en société. Monbray. Comment donc? Mais n'en avons-nous pas un ensemble chez ce gros banquier qui nous donna dernière"' 1 ' une fête si brillante? Mail. Lambert. Oui. Tout ce qui reluit n'est pas or. es m. Lambert, h Monbray, N'est-ce pas que nia femme charmante ? Monbray. A qui le dites-vous? • M. Lambert. Ah ça! ma chère amie, dans tout ceci q° rôle jouerai-je? . monbray. Tenez, Lambert, si j'ai un conseil à donner madame, c'est de vous faire jouer un personnage muet. M, Lambert. Allons, vous voilà encore avec vos épio'* 1111 mes! M»4. Lambert. Je me charge de mon mari. {A son>"" rL Allons, mon ami, donnez-moi le bras, et, en roule, nous j e rons le canevas de notre scène. Scène IV. MONBRAY, seul. Ma foi, je me suis bien diverti, et de plus, voilà une P 81 ".,^ de plaisir pour demain . . . Mais comment cela (inira-t-il. J e gnore; mes vingt-cinq louis sont gagnés, c'est l'essentiel. Scène V. Les mêmes, D'HERIGNY, accourant. D'Herlgny. Ah! mon cher ami, qu'avons-nous W< \ •'' Tout est perdu! ACTE U. SCÈNE V. '21 Mtmbray, vivement. Que veux-tu dire ? ^'Herlgny, Dans quelle pénible situation nous a placés " 0|, e étourderie! Monbray. Mais enfui explique-moi . . . ^'Herigny. Sais lu quelles sont les personnes que (u as '""'"ces oliez nous? .. ce sont précisément les parents de mon OCO| "M18 du bal de Sceaux. 'ïonbrny. Comment! il se pourrait? . . , **'Ucrlgiiy, Et la demoiselle qui les accompagne estello- '"t'ine ; 'tonbray. Je suis vraiment désolé, mou ami, d'avoir fait que chose qui te contrarie; mais, écoute donc aussi, c'est a 'aule. °'Herigny. Comment? ta " ,Io ' ,br ">- Sans doute: si au lieu de t'enfuir pour ne pas ^ a| lagt r , nes folios, t u e i a i s resté avec moi, tu aurais reconnu "'adresse, et du moins nous eussions pu nous arrêter à temps. '•'Herigiiy. Je ne vois qu'un moyen. Monbrny. Lequel 1 A'JHcrlgny. C'est de faire franchement l'aveu de notre a "lc, de noua confondre en excuses, de prétexter une erreur. ""e méprise. Qlci lé jour commence a paraître.) Mtonbray. Fi donc,' mon ami, fi donc! y penses-tu? co '""yen ne ferait que nous perdre tout-à-fait dans l'esprit de la ^'"e, et nos excuses précipités auraient l'air d'une seconde • Vs|| lication. Nos bons bourgeois sont sans doute susceptibles; I Bu fond ce sont de braves gens. Toi, lu as de l'esprit, de °'tirne, tout ce qu'il faut pour plaire; moi, je suis vif, gai, H»i j e ' e demande l'i ( ' n pardon si je dis du bien de moi : *W 611 ' a '' ^ '''°S es > 011 n esl jamais mieux servi que par soi- lit f 6- . ^ e "'^espérons donc pas . . . l'eut-élre un jour sera: 'idepif^ ^° < " l ' e! ,, ^' ost Monbray 1 }le j e l '°' s " l0 " bonheur; ^jf 0 '' c élibalairc, j'aurais rapproché un mari de sa femme, "Vis i ^ c " a ,a " 1 »I U > l° nt ,oul ' e contraire; et, de plus, j'au- in V ° ' u '""yen de faire un enlèvement qui ne blesse pas j'en f e - c 'est un trait qui mérite de passer à la postérité; jj, 3 ' ' e s "jet de mon premier tableau. »)• f Vf _^ e *'gny. Tu as dans les événements une confiance qui le «iiti e < " r ' re mil 'g'é moi . . . l'A nos amis, et Lambert et sa *î ul doiveut veuir demain! 2-2 LE VOYAGE A DIEPPE. Monbray. Il faudra les guctler, el les prévenir de notre mésaventure; occupons-nous à présent de la lettre de chang 6 qui échoil aujourd'hui. n'Hcrlgny. Je suis tranquille; mon oncle m'a remis le 3 fonda hier soir. Jtlonbray. Eh bien, la personne peut se présenter • • Mais j'entends du bruit dans l'appartement de nos botes . • ' Justement, c'est M. d'Herbelin . . . Du courage,. . . beat» 60 "' de politesse^ et n'oublie pas sur-tout que nous sommes à I->i c yage j ce n'est pour vous qu'une promenade. D'Herlgny, a pari. C'est comme pour lui. , , ( j u M. d'Herbelin. Quant à moi, je l'ai supporté le nn« u> ' _ monde ... Il était bien impossible que nous eussions fr«" \, B Que de prévenances vous avez eues pour nous! Avec qu'• ( vous leviez les glaces, vous baissiez les stores! Jesuisvra pénétré de tant de bontés, voU g, Monbray, avec intention. Je n'ai pas encore eu p" ur monsieur, tous les égards que vous méritez. D'Herigny, à part. Je le crois. . v „u9 M. d'Herbelin. Mais, permettez-moi, messieurs, ^ {ett * renouveler tous mes remercîments d'un accueil :>" ssl 6 ^ t ... Je vois que l'urbanité des habitants de cette ville ne g( j„ c en rien à celle des Parisiens; aussi j'espère bien que, ^ vous viendrez à l'aris, vous me mettrez à même de pre"' 1 ACTE 11. SCÈNE VI. 23 «ViDche; c'est à celle Condition seulement que je m'abandonne a vous. K'Herlgny. Je serais trop heureux, monsieur, que cette " c casio n fût I e signal de relations plus intimes entre nous et ces finies, M. d'Hcrbelin. Trop honnête, en vérité . . . Avant mon ^P-" ' yu\s long-leinps j'avais parlé de mon voyage, m'ont chargé de 7*«*«8 commissions: veitl des letlres pour plusieurs habitants ( ' e celle ville; elles sonl, m'a-ton dit, très pressées; et comme "j 1 connaît mon exactitude . . . Voudriez-vous bien me permettre ' l '"vny,.r un de vos gens? Monbrny, h part. Ah! diable! (liant.) Comment donc, Ul °nsieur? Si vous voulez me les remettre, jo vais les envoyer P* un domestique à leur adresse. U'Herigny, bas h Monbray. Que vas-tu faire? Monbrny, de même. La poste n'est-elle pas là ? M. d'Hcrbelin, M donnant les lettres. Je vous prierai de recommander celle-ci: elle est très Importante . . . C'est un su l'imméraire des finances qui prie 6a famille de lui envoyer une bourriche pour en faire cadeau à son chef. Jfluiibray. Dans un insiant elles seront en route. M. d'Hcrbelin. A merveille. A mon retour à Paris j'an- •"ineerai à mes connaissances que leurs commissions ont été fai- 08 ponctuellement ... A propos, monsieur de Saint-Valéry, "oua avez sans doule des nouvelles de l'affaire qui occupait no- ami Bernard depuis quelques jours? Monbrny, h part. Diable! je n'avais pas prévu celle question. **'Hcrîgny, de même. Nous y voici. 'Ioiibrny, avec, embarras. Non, pas posilivement . . . île * Hcr,,cli "- '•' <; ' ,r '" 1 **°>""ait que son vaisseau, venant s ( 'ôles de Coromandel, avait péri à quelques lieues de la rade ? * Kochefort ; et que ses peaux de buffle, son bois de campèche Ses «lents d'éléphants étalent coulés à fond. lonbrnv, uivemenf. Oh! (|iie m'apprenez-vous là? Com- j lt!nt ! ce pauvre Bernard ... — Mais c'eut peul-élre un bruit ' e hourse ; et nuis vous savez qu'il est assez réservé, assez dis- Cret ... d'Hcrbelin. Que diles-vous donc? Je l'ai toujours c ° nn u, au contraire, très ouvert, Irès rond en affaires. , ^ïonbrny, a part. Changeons de eonversalion. (Haut.) Ces , "" t ' s . probablement, reposent encore? Bl - d'Hcrbelin. Oh! elles ne larderont pas à être levées;, 24 LE VOYAGE A DIEPPE. elles sont aussi impatientes que moi de voir la mer. — Ah! V a ' dites-moi; demeurez-vous loin du port? Monbray, avec emharrns. Mais non, pas très loin. M. d'Hcrbelln, Après le jour de la naissance de "> on Isaure et celui où j'ai eu l'honneur d'être reçu francinaçon, ce jour est un des plus beaux de ma vie. Comme je vous l'a' dit hier, monsieur de Saint-Valéry, il* y a trente ans que je d e sire voir un port de mer; mais, enfin, m'y voilà; tous mes voeu" auront été comblés, et maintenant je puis mourir . . . Vous n rez sans doute de ma faiblesse. D'Hcrlgny. Biais comment donc, monsieur! votre deSW c bien naturel ; nous aussi nous formons des voeux . . . e ' 1 U ' sont peut-être plus difficiles à réaliser. M. d'Hcrbelln. Espérez . . . espérez ... Je souh' 1 ' 16 que les vôtres s'accomplissent comme les miens. Pendant le P cU de temps que je reposais, la joie que j'ai d'élre à Dieppe >n ,e ^ rompait mon sommeil . , , J'entendais l'ouragan qui agilaf 111 ' volcls . . . Tant mieux, me disais-je à chaque coup de venf> tempête ! c'est ce que je demande, demain, la mer sera super ^ D'Herigny, las à Munirai/. Tu vois, mon ami, à P our 86 nlar 'er, la fille d'un .| 11 bourgeois, retiré du commerce avec une honnête aisance, f C8t vra 'j mais qui n'a tout au plus qu'une soixantaine de mille ttC8 de dot à donner ! 26 LE VOYACB A DIEPPE. Scène VIII. Lks Mêmes, DUPRÉ. M. d'Herbelin. Ah! ah! c'est notre postillon do cette nuit... Part)leu, mon garçon, c'est affaira à vous pour bien "' c ' ner les gens. , Dupré. Je ne conduis jamais autrement, monsieur; au ssl avec moi on n'est pas long temps en route . . . Nous avens fa'' quatre lieues à l'heure, M. d'Herbelin, h madame tVirerbclin. Voilà le moment d'être généreux envers les domestiques. (A Dupré.) Mon •*"•» voici une pièce d'or de vingt francs que je vous prie d'acWP** pour récompenser voire zèle, Dupré. Monsieur, c'est inutile ... je n'accepterai pas-" (A part.) En vérité, il y aurait conscience. M. d'Herbelin. Acceptez, acceptez, mon ami; dans volr e état on ne doit rien refuser; l'usage de Paris veut que le 8 mestiques reçoivent des personnes qui logent chez leur nrfW*' cela doit être de même en province. Dupré, acceptant. Monsieur, pour vous être agréablei J c me conforme à l'Hsage de Paris. M. d'Herbelin, vivement. Ecoutez, mon ami. . . H s '' e de me rendre un petit service. . . Je vais m'habiller; je ne c0 " nais pas la ville. . ; . pendant qu'on prépare le déjeuner . • * faites moi le plaisir de me conduire sur la plage. Dupré, « part. Me voilà dans un bel embarras! Isnure. Quoi! mon père, sans nous? OT. d'Herbelin. Vous avez tout le temps, vous autre" moi, je cède à mon impatience. Dupré, h part. Diable, tâchons de le relcnir. (HH**0 ^ monsieur, le déjeuner va être servir ... Et puis, je vous le en confidence, je vous conseille d'attendre jusqu'à midi. M. d'Herbelin. Et pourquoi / i Dupré. C'est qu'on doit lancer une frégate! la Majesté trente-six canons . . . capitaine («obert. , j j, M. d'Herbelin, transporté. Une frégate! une freg* laquelle certainement je ne devais pas m'attendra en venai ^ et qui tombe là comme par miracle . . . Ces choses-là n ^ m0 . faites que pour moi ... Ah! j'ai peine à résister à tant lions. Dupré, h part. Mon invention n'est pas maladroite. ^ ^ M. d'Herbelin. Ah ça! mais je croyais que DiepP L ^ un port marchand très resserré, et qu'où ne pouvait pas y struire de frégate. < ACTE II. SCÈNE XI. 27 l»nuré, embarrasse. Oui, monsieur, autrefois. . , Mais depuis peu on l'a bien agrandi. -Wiid, d'ilcrbrlin. Ah ! monsieur d'Herbelin! quand vous &er ez de retour, quel beau sujet de conversation avec vos amis Ju Café de la porte Saint-Antoine! JW. d'Berbeltn. Oui, mais je ne veux pas ressembler à la Plupart des voyageurs, qui ont la manie de broder et d'embellir ' e récit de leurs voyages; je ne raconterai absolument que ce 4°« j'aurai vu. Uupré, ; t pàrl, Eli bien! son récit ne sera pas long. M. d'Herbelin. Dépéchons-nous, mes enfants; allons nous babiller, et tenons-nous prêts à passer à table quand on nous ilv «riira. (Ils sortent.) Scïne IX. DUPRÉ, seul. Ah ! grâce à mon adresse, je viens de sortir d'un bien mauvais pas .... Ma foi que ces messieurs s'en tirent maintenant comme ils pourront .... Cela ne me regarde plus .... Quel est cet étranger V Scène X. DUPRE, DUMONTEL. Uupré. Que demande monsieur? Dumontel, M. d Hérigny est-il ici ? ■tupré. Oui, monsieur; donnez-vous la peine d'attendre un '""tant ; je vais le prévenir. Scène XI. DUMONTEL, seul. Pas encore dix heures! . . Dieu merci, voilà toutes mes affaires terminées .... Grâce à mon activité, je n'ai rien perdu, H j'en ai été quitte celte fois pour la peur. Avant de partir pour ,)l0 PPc, je ne suis pas fâché de toucher ma lettre de change sous- Cllt « par M. d'Herigny, fils de ce d'Herigny si connu dans la banque . . . j e pe nse à ce bon d'Herbelin ... Si M. de Saint- a,ei y a pu venir le prendre hier soir, je gage que dans co mo- m «nt-ci il se p ron ,ène sur le port. . . Oui, il me semble le voir, 28 LE VOYAGE A DIEPPE. avec sa longue vue attendant avec impatience la marée «îontanie, interrogeant tout le monde, accablant de questions jusqu'à" moindre matelot. Il était si heureux, si content de faire ce voyage, qu'il n'eu a pas dormi i.uit jours d'avance. Scène XII. DUMOiNTEL, D'HERIGNY. numontcl. C'est à M. d'Herigny que j'ai l'honneur de parler ? D'Herigny. Lui-même, monsieur. (A part.) C'est sin£ u lier! celte figure ne m'est pas inconnue . . , Dumontcl. Je viens, monsieur, pour toucher une lettre de rhange do six mille francs qui échoit aujourd'hui. D'Herigny. Vous allez èlre satisfait. (Le regardant t0 "~ jours.) Plus je le regarde, et plus il nie semhle . . , (Il vu h son secrétaire.) Ilnmontel. Pardon de n'être pas venu hier; mais j'ai p*"* qu'un dimanche vous serait Indifférent; et devant partir aujourd'hui pour un petit voyage . . . D'Herigny, h part. Oh! mon Dieu, Serait-ceI . . . "''' nS le doute, dépêchons nous de le renvoyer. . . . (Ilaut.) Voici !<* montant de votre billet. Dumontcl. .te vous suis obligé .... Je vais mellre I s< qui! .... Celle lettre de change a passé dans bien des m»' 8 " avant d'arriver jusqu'à moi. (Il t'approche umontcl. Je vous avouerai, monsieur d'Herigny, que si i" suis venu chercher moi-même le montant de ma lettre de change, " n'est pas tout-A-fait sans motif. Vous avez sans doute en- le ndu parler à M, votre père, d'un certain Dcrville, ancien agent ,le change, qui demeurait à la Butte des Moulins .... Je désirerait connaître. . . D'IIcrigny, vivement. Non, monsieur, non, je n'en ai jamais entendu parler .... Je vous demande pardon; mais nous Sommes obligés de vous quitter. Domontel. Alors, je me relire . . . Pourquoi diable aussi mon frère Alexandre Dumontel me charge-t-il de ses affaires? Messieurs, j'ai bien 1 honneur de vous saluer? Monbrny. Ah! nous en voilà donc enfin quittes! Dumontel, revenant. Encore un mot, je vous prie, Bionbray, à part. Ah! le maudit bavard.' Grand Dieu! Entends M. d'Herbelin ! ï»\Hcrîgny. Ciel! nous sommes perdus. (Haut, et avec '"'«'(ion.) Dis-donc, Saint-Valery ? Dumontel, smpris cl vivement. Quoi! Monsieur est M. a « Saint-Valery ( "lonhrnj. Et vous, monsieur, vous seriez M. Dumontel, ' IDl1 apercevant d'Herbelin. D'Herbelin ici! ah! je D < " l0nne P ,us - (A madame d'Herbelin et à Isaurc.) Mesda- • v 't>ulez-vous bien me permettre . . . p a j* 1, "'Mcrbclln, avec chaleur. Eh! voilà l'ami Dumontel! q„, eu ne t'attendais pas sitôt.... Il me parait que, lors- ° n a le désir de voir la mer, on a fait ses affaires prompte- ,-îo LE VOYAGE A DIEPPE. ment... Tu savais donc l'adresse de ces messieurs? . . I» »'*• donc pas descendu? , . Honbray, à part. Ciel! (Haut.) Monsieur élail (ro|> intéressé à la connaître, IMimoutcl. Figure-toi, mon cher, que par le plus grand hasard , . , H'Hcrigny, rompant vivement la conversation. Allons, allons, messieurs, nous voilà tous réunis, ne pensons qu'au plai*" - qui nous attend . . . Saint-Valéry, mon ami, c'est à loi bien W*< ces messieurs et ces dames; ils t'ont tous été recommandés p*' ton ami Bernard . . . ÇA part.) Le diable m'emporte si je sali où donner de la tête ! Itlart. d'Herbcllu. La recommandation est inutile. (A ^" menteh) Si vous saviez tout ce que ces messieurs ont fait p° ur nous ! M on lira y. Madame, mon plus grand désir dans cenioi" 1 '"' serait d'en pouvoir faire encore davantage. M ml. d'Hcrbelin. On n'est pas plus honnête. ITIoiibrity, à aVllerbelin. Je suis enchanté de l'arrivée ■* M. Dumonlel . . . Parbleu! pendant les trois jours que nous » c ions ensemble, nous nous amuserons bien. M. d'Hcrbelin, avec mystère. Oui, mais je serais d' 8>|S de lui ménager une surprise: ne lui parlons pas de la frég»' e ' 'if Pî£~ OToubrny, étonné. Que veut-il dire avec sa {régate • - •Ml Dumonlel par le bras, et à demi-voix.) Nous devions P' tir hier soir; mais cela m'a été impossible; ce matin nous av" n été chercher M. d'Hcrbelin; nous ailons déjeuner, et nous p* rons de suite. ■ tu m on tel. Tant mieux; au moins je serai des VÔlf*' , Honbray. Allons, au lieu d'un mystifié en voila à e * ' (Haut.) Mais voyez donc comme on se trouve! En vétUfi ',. ;i souvent des rencontres bien heureuses. (A part.} ' d'homme qui nous tombe sur les bras! ^ Mad. d'Hcrbelin, h Dumonlel. Si vous étiez venu i . INoU» heure plus lard, vous ne nous auriez pas trouvés ici. . • • allions partir. Bf. d'Hcrbelin. Oui, le déjeuner nous a retenus . • • Uumontcl. C'est ce que monsieur vient de me dire. Mais nous nous serions toujours retrouvés là bas. s M. d'Hcrbelin. Oui, sur le port; c'est là que deux parisiens doivent se rencontrer . . . Mais maintenant nous loua ensemble, et cela vaut beaucoup mieux. a . Mad. d'Hcrbelin. Mais qu'avez-vous donc fait 0« * 0 ' quêtai Humontcl. Ils sont en bas, dans la voiture. ACTE II. SCÈNE XV. 31 M. d'Herbelin. Dis-moi donc un peu, mon cher Dumontel, 'WSque lu as compté la dernière borne, ton coeur a dû battre; as dù éprouver une émotion? . . Monbray, h part. Four cette fois tout va éclater. Dumontel. Une émotion! . , . point du tout ... Et pour quelle raison? Mail. d'Herbelin. Oh! pour quelle raison .... Tu veux ■oiijoura faire le petit philosophe, l'homme indifférent pour les plai- si| s ... et cependant tu t'es dépéché de terminer tes affaires,.. Dumontel. 11 est vrai que je n'ai pas perdu de temps, Mnd. d'Herbelin. Comment avez-vous fait la route? Dumontel, étonné. Mais, madame, d'une manière assez «'oniniode ... en fiacre . . . Mnd. d'Herbelin. En fiacre! La plaisanterie est délicieuse. Mai. d'Herbelin, riant. Ah! ah! ah! ah! Le drôle de corps que ce Dumontel! Tu m'avoueras, mon cher, que la coursa était un peu longue. Mnd. d'Herbelin, Le cocher, à coup sûr, méritait un bon pour boire. Dumontel. Oui!. , . Le coquin faisait des difficultés pour marcher; mais quand je l'ai eu menacé de prendre son numéro, il s'est décidé à me conduire. M, d'Herbelin, riant aux éclats. Ah! ah! ah! ah! Bravo, mon ami! bravo! je vois que tu es dans ton jour de gaîté. . . . Tant mieux, morbleu, tant mieux, ma bonne humeur ne le cédera en rien à la tienne. Dumontel. Je veux mourir si je comprends un mot à tout c c que vous me dites. Monbray, h d'Herbelin, Il est fort gai, ce monsieur Du- «ontel, fort aimable. M. d'Herbelin. Ah.' c'est un excellent vivant, vous n'y es pas. (Tirant un journal de sa poclie.) Parbleu, messieurs, Pendant que j'y pense, faites moi donc le plaisir de în'cxpliquer quelque chose que je ne comprends pas. Tout-à-Pheure en traversant le salon, j'ai trouvé le Journal de Paris, et je m'aper- ǰ IS qu'il est daté du dimanche 25 février. Dumontel. Eh bien! qu'est-ce que cela a donc de Si étonnant? Ë 8 fce que nous ne sommes pris aujourd'hui dimanche 25 février ? M. d'Herbelin. Je le sais parfaitement, mon ami; si nous *tlons à Paris, je ne serais pas étonné que l'on reçût le journal e matin même du jour où il s'imprime; mais en province! Dumontel, étonné. Comment! en province? Monbray, las h Dumontel, pendant que d'JIeriyny occupe ••{'2 LE VOYAGE A DIEPPE. M. tVnerbelin.) M. dUerbelin est fort complaisant: depuis qu'il est ici, il feint de se croire en province, et cela parce que no" s demeurons an Marais. . . Vous savez que les personnes qui Habitent le centre de Paris affectent de regarder ce quartier isolé comme la province .... C'est une plaisanterie qui commence déjà à être usée. Dumontcl, de même à Montra;/. Ohî j'y suis à présent." Parbleu, je lui conseille de parler, lui qui demeure auprès du Jardin-deS-PlantCS . . . (Haut.) Oui, mon ami, oui, les journaux arrivent ici le matin; ils s'impriment lu veille au soir ... et d'ailleurs la poste va si vite ... et puis la province où nous SOBJ- nu'S n'est pas tellement éloignée de Paris . . . M. d'ilcrbelin. Oli ! sans doute... Le lendemain on pe"' savoir ici ce qui s'est passé la veille dans la capitale. Scène XVI. Les Mêmes, DUPRÉ. Diipré. Monsieur, le déjeuner est servi. Monbrny. Excellente nouvelle! . . . Allons, messieurs, * table. Diimoiilcl, Quant à moi, messieurs, mon déjeuner est I er ' miné . . . Pour ne pas perdre de temps pendant que vous fer' 2 le voire, jo vous demanderai la permission d'écrire quelques W" tres. It'Hcrigny, h part. Tant mieux, cela s'arrange à merv' ci " c- (Haut.) Monsieur, voilà mon cabinet. . . Vous y trouverez I0 B ' ce qui vous sua nécessaire. (Offrant la main aux dame."') ^' cS dames, voulez-vous bien permettre? . . Monbrny, gatment. Allons, allons, à table. Scène XVII. DUMONTEL, seul. Ma foi, ma lettre de ehange m'a conduit ici bien heureuse ment. . . C'est singulier ; mais ces jeunes gens m'ont paru '° à Thème embarrassés . . . Leur obligeance commence P eB * déjà à leur être à charge; dans le fait, quatre étrangers à la f°j*' «'est pousser un peu loin la complaisance ... Au surplus, « poêlions nous d'écrire ma lettre, et tâchons du moins qu on nous attende pas pour partir. (Il entre dans le caliinel à droite.') ne fM DIT SECOND ACTE. ACTE III. SCENE I. 33 \ ACTE TROISIEME. Scène I. ^ c ' Mad. LAMBERT, vu Jockey, porlanl des paquets. B lnil. Lambert. Comme c'est licureux! comme c'est heu- rei J"! personne ne nous à vus cnlrer . , . Allons, monsieur, ap- 4tons-noua à surprendre nos amis, et à les seconder d'une ninn i*'re piquante. St. Lambert, au Jockey, .laines! donnez-nous nos coslu- *•> et retournez à la voiture. (Xe jockey .sort.) Savez-vous, "'■''laine, que le rôle que vous m'avez donné est un terrible fardeau pour moi? Etre à la fois auteur et acteur; je m'effraie déjà l 'i pensant que je serai obligé d'improviser. Mad. Lambert. Ne craignez rien, je vous soufflerai; n'oubliez pas surtout que je me nomme l'almyre, jeune esclave géorgienne que vous avez épousée dans un de vos voyages: le ton ''■usque, la grosse voix, l'air jaloux. Parlez du Kanitselialka; ^ détroit de Balielmandel, de la mer Caspienne, des iles Molu- 'J Ues . Jurez liien fort , . . Demandez à tout propos du punch, 11 'hum, du rackj lancez, si vous pouvez, quelques mots spiri- 1*18; personne ne vous reconnaîtra, et la mystification sera des plu * complètes. ( . Lambert. Bravo! bravo! c'est cela! oh ! maintenant je l(!ns m °n rôle, et il me tarde d'être en scène, 'lu IiBm| t>crt. Mais où nous habiller? (Ouvrant la porte c «oine| h gauche.) C'est charmant! une pièce pour vous, et 118 le fond un cabinet de toilette pour moi. . 1. Lambert. J'espère que nous n'aurons pas perdu de ,l e PSj el flne Monbray et d'Herigny ne nous reprocheront jamais ne l'as les avoir secondés. ^ad. Lambert. J'entends quelqu'un; allons, monsieur, aee au théâtre; le spectacle va bientôt commencer. (Ils entrent h t/miche.) P^loire Ho. 220. :î 31 LE VOYAGE A DIEPPE. Scène II. DUMONTEL, sortant du cabinet à droite; et ISAUR E ' entrant par le JoiuL Dumontel. Voilà toutes mes lettres écrites, et l'« n P e "' partir maintenant quand on voudra. Iganre. Mon ami, je vous cherchais ... Ah ! que wS sieurs sont aimables.' Dumontel. Oui; mais je les ai trou vos distraits, [ ,re râpés. Ignare, sourimil. Vous ne savez pas pourquoi ? Dumontel. Non. Ignare. Je le sais, moi. (Avec mystère.^) ,1e crois q ue ' 8 d'eux, M. d'Hérigny, aime secrètement. „ Dumontel, vivement. Ah ! mon Dieu! le paiivf* j**" homme!.. et qui donc? Igaare. Vous ne le devinez pas? Dumontel. Non, ma foi. Igaare. C'est moi. Dumontel, à part. Quelle ingénuité ! {Haut.) Parb!e u ; v °^,.| un amour qui lui est venu bien subitement. Quoi ! à p einC vous connaît. fl9 Isaure, vivement. Oh! il y a déjà long-temps q ae j| nous sommes vus: l'été dernier, le jour de la sainte Clo' 1 'j a a dansé deux fois avec moi au bal de Sceaux, et p« n ' ''. jj contredanse il n'a cessé de me regarder : en me revoyant lC '*^ a été interdit ... il a pâli : or, mon ami, quand on dans^ ^ semble, qu'on soupire , . . qu'on se retrouve six mois ap r1 ^ ' gj qu'en se revoyant on rougit, on pâlit, est-ce là de l'amour je pouvais causer un instant seule avec ma mère, je ''' n(er et c n rais sur tout cela; mais vous, mon ami qui êtes si bon, qui j'ai tant de confiance, dites-moi si je ne me trompe P' u * ^ Dumontel. Diable ! mais voilà qui devient se " el 'j c ' m0 i; chère amie, les passions du coeur sont déjà bien loin ^ f je nie rappelle seulement qu'une fois en ma vie J'ai resse"' 1 ' ^ feu madame Dumontel, un amour qui m'a rendu bien mal' bien malade même , . . mais enfin le mariage est venu . • Iganre. Et vous avez été guéri? c ^re Domontel, vivement. Oh ! radicalement. Mais. D,a e6; enfant, il ne faut pas toujours s'en rapporter aux app souvent, en amour, les jeunes gens s'abusent eux-mcnies. ^ ( igaare. Tout-à-J'heure M. de Saint-Valery me ^ lSa J enian . bas; Mademoiselle, nos intentions sont pures; avant de ACTE II F. SCÈNE III. 35 «'1er votre main à vos parents, vous sentez-vous disposée à ai- ') m er mon ami? Vingt-cinq ans, un bon coeur, une jolie tournure, et cinquante mille livres de rente, cela vous convient-il J" Dumoiitel. Eh bien, ma chère amie, vous avez répondu?.. Isnure, baissant les yeux. Que si mes parents y consentaient . »umonteI. Vous accepteriez le bon coeur, les vingt-cinq ans » la jolie tournure et les cinquante mille livres de rente. Isaure. Mais, je vous en prie, monsieur Dumontel, voyez •nés parents, parlez . . . agissez . . . Tenez, le voici ... je 0,6 retire. (Elle sort.) Scène III. DUMONTEL, D'HERIGNY. D'Hcrlgny, trèi vivement. Ali.' monsieur, je suis bien aise ue vous trouver seul. Dumontel. Serais-je assez heureux pour vous être utile à quelque chose? n'iicrlgny. Je l'espère, monsieur, et compte beaucoup 8ur votre indulgence. Dumontel. Sur mon indulgence! vous voulez rire, sans Joute î D'Merigny. Non, monsieur . . . non. Plus tard vous ver- r *z que nous en avon* grand besoin. Il faut d'abord que vous teniez que depuis six mois j'aime . , . j'adore la fille de M. d'Herbelin, et que mon seul bonheur serait d'être son époux.. . ** e lui consacrer ma vie entière ... ma fortune . . . Dumontel. Eh bien! monsieur, mademoiselle d'Herbelin a Pparlient à une famille respectable; elle est jolie, bien élevée, j| a 8c, modeste, et a toutes les vertus qui peuvent faire le bon- . eur d'un galant homme : vous êtes dans l'âge de plaire ; vous •laissez d'une excellente réputation, et je sais que vous la mé- r " ei > Les parents de la jeune personne sont ici . . . Parlez, Jj[°nsieur, parlez; avec de tels avantages on est toujours sûr é,r c accueilli favorablement. ^'Herlgny. Ah! monsieur, vous m'encouragez; mais il ÏXls te des obstacles que vous ne connaissez pas encore. ■•umontcl. Que parlez-vous d'obstacles. 3* 30 LE VOYAGE A DIEFPE. Scène IV. Les Mêmes, DUPRÉ. i Dnpré, las h (THerigny. M. Monbray vous prie de v6l " f à l'instant même près de lui; il n'y a pas une minute à perJf* 1 D'IIerlgny, bas h Dupré. Je te suis. (A Vumonlel vivement.) gfrh ! monsieur, pourquoi faut-il qu'un seul mot o"** plication puisse détruire tout mon bonheur? . . Je n'ai pi" 3 ^ poir qu'en vous. Soyez mon appui auprès des parents de ce que j'aime; dites-leur qu'une étourderie peut se pardonner,

umontcl. Je n'y comprends rien . . . Cependant M. de a » «-etirc-loi. félicité, s'en allant. Allons me voilà à Dieppe à présent! 38 LE VOYAGE A DIEPPE. Scène VII. DUMONTEL, seul. Ma situation devient délicate ... Ce n'est sans doute q u ~ une espièglerie, mais elle est forte, et j'ignore comment d'HC" belin va le prendre . , . D'un autre coté, je voudrais favoris"* le mariage de M. d'Herigny avec Isaure ... Ne précipitons rie"' et examinons quelles peuvent être les véritables intentions J*-' 3 jeunes gens. Scène VIII. DUMONTEL, D'HERBELIN, D'HERIGNY, MONBRAÏ- M. d'Hcrbelin, gaîment. Ma foi, messieurs, votre déje« ner est exquis; il fallait que je vinsse à Dieppe pour maog* r _ poisson aussi frais, aussi délicat ... Ah ça.' maintenant, rl * D ne peut plus nous retenir . , . Allons faire la digestion sur port, et voir lancer la frégate. . . Trente-six canons! quel ^ ea>> jour pour moi! H'Uerigny. A peine sortons-nous de table ... De g 1 ' i * ce accordez-nous encore quelques minutes. M. d'Herbelin. Qui nous arrête'? Ces dames font en moment quelques légers changements à leur toilette; mai* el ne nous feront pas attendre long-temps: liez-vous à leur ' nl P a tience; elles sont tout aussi curieuses que moi de voir la ""^ Monbriiy, emharraseé. Le vent est au nord: l'air est mide, et je crains vraiment un rhume pour ces dames. C rt * Dumonlel .) Monsieur, nous desirons avoir avec vous un entre particulier. M. d'Hcrbelin. Un rhume ! Je vous réponds de leur M""' depuis cinq ans que je demeure sur le boulevard Neuf, on " pas toussé une seule fois chez moi. , ^ e Dumontel, avec ironie. Vous avez quelque chose a dire, messieurs 1 eh bien ! tout à l'heure, en allant sur le P je serai tout à votre disposition. r jj Monbray, étonné, à part. Comment! en allant sur le f• D'Herigny, à part. Ah! mon Dieu! en voici bien « 11 autre! est ce qu'il se croirait aussi à Dieppe, à présent? ^ Dnmontcl, h part. Amusons-nous un instant. (//«"'•/ , . bleu, messieurs, en venant ici ce matin, j'ai été bien *', on . ne ' une vous l'avoue; j'avais cru jusqu'à présent que Dieppe e,al ville commerçante, mais petite et mal bâtie; jugez donc que ACTE III. SCÈNE IX. 39 "* ma suprise eu voyant îles hôtels magnifiques... tles maisons "Perbes qui ont toutes quatre et cinq étages ... En vérité, je 11)6 suis cru encore à Paris. Monbrny, h part 11 sait tout; comment a -1 - il pu décou- vrir?, ^'Hcrigny, bas h Monbray. Je m'y perds. , d'Hcrbolin, vivement. Eh bien! mon cher ami, j'ai fait "lênie remarque que toi; cela nous prouve, mon cher Dumon- que pour bien juger les choses, il faut les voir par ses Jeux Wonbrny, bas h Dtimonteî, Monsieur, nous vous en supplions ' • • un mot d'entretien . . . 51. d'Herbeltn, avec impatience. Mais pourquoi diable ne Pétons-nous pas ! Dumontel, à d'Ifcrbclin. Allons, prends patience; ces mes- ^' e urs ont à me parler ; probablement noire entretien ne sera pas n S : attends ici ces dames; dans un instant nous revenons. "Messieurs, je suis à vos ordres. „ SI. d'IIerbcliii. Surtout, dépecheg-vous. Que peuvent ils av oir à se dire? Peul-elre quelque surprise qu'on me ménage. Scène IX. &HERBEL1N, Mai». LAMBERT, habillée en Géorgienne, sortant du cabinet la première: M. LAMBERT, en habit de capitaine de vaisseau et des moustaches. Mnd. Lambert, apercevant d'Uerbclin, C'est notre homme! I e **• ï-ombert, a la cantonade. Mioco, allez bien vile sur <|u>' )0rl oire ù mon lieutenant qu'on baisse le mal de misaine, °n hausse le mât de perroquel, qu'on mette toutes les voiles rs > et sur-tout qu'on prenne bien garde à la sainte-barbe. 9l»d. Lambert, bas à son mari. Bien, très bien! c'est 1:1 même. m e d 'He'bclin, « part. Quel est ce monsieur? Si je ne g* f ^° m PP, c'est un capitaine de vaisseau. Et cette jeune élran- „, ; Lambert. Corbleu! ma chère Palmyre. .. la mer est vaise; mais, mille sabords! nous ne lu craignons pas; lors- on S fait trois fois le tour du monde . . . aïoi " d ' Herbel, "j « " W'A a plus voyagé que a mi ^J*" 4, l »mbcrt, à d'HerbeUn. Monsieur est sans doute un de 'a maison ? 40 LE VOYAGE A DIEPPE. M. Lambert. Monsieur ne scrait-il pas ce voyageur arrive ici celle nuit, et dont nos bons amis Saint-Valery el d'llerig»y nous ont fait un si grand éloge? . . Ils m'ont dit, monsieur, fl ue je pourrais vous procurer des distractions fort agréables, et vous me voyez prêt à les seconder de tout mon pouvoir. M. d'Herbclin. Eh quoi ! monsieur, vous seriez le cap 1 ' taine Gobert, commandant la frégate la M aj est u eu se, 1 u0B va lancer tout-à-l'heure ? M. Lambert, bas h sa femme. Que dit-il donc? Mad. Lambert, bas à son mari. 11 parait que ces ni eS sieurs ont déjà ébauché la mystification; nous entrons bien u 3 ^ leurs vues, continuons. (Haut.") Oui, monsieur; monsieur est capitaine Gobert, et vous voyez devant vous madame Go» e ' née Palmyre Oscan Mousclina, Géorgienne d'origine. M. d'HcrbelIn, saluant très respectueusement madame I' 1 " 11 lerl. Madame, voulez-vous bien me permettre . . . (A V arl '{ Oh! j'y suis maintenant ... je comprends tons ces petit* re lards, ces entretiens particuliers ... on voulait me surpre» 1 ' 1 ^ (Haut.) Je savais votre nflm, monsieur, et l'heure du départ la frégate ; seulement on ne m'avait point parlé de madame; c tait encore une surprise qu'on me ménageait, et c'est de '° Ja plus agréable. , Mad, Lambert. Mon coslume, monsieur, vous étonne, doute? • 9 M. d'Herbclin. Non pas, madame, non pas; si nous" 1 a Paris, cela pourrait paraître singulier; mais on sait qu'" n " . de mer est le reudez-vous des étrangers de tous les pay s > m'attendais à trouver ici cette diversité de costumes. e Lambert. C'est dans les déserts de l'Arabie Pé(r* a jj ap j'ai découvert ce trésor; elle m'a apporté en mariage un coeur, dix mille sequins, de l'innocence et douze chameau*. Mad. Lambert, à part. En vérité, je ne reconnais P monsieur Lambert ... il a de l'esprit. Lambert. Elle a été élevée dans un des meilleurs P enS ' vû . nais du Caire. . . elle parle six langues différentes, et vous yez qu'elle possède assez joliment le français. ( pa s M. dllcrbclin. Comment donc! mais madame » a du tout d'accent. u „c Lambert. De plus elle danse à ravir, et chante coninl * e ne sirène, Corbleu, ma chère Palmyre, vous souvenez-vous ue jolie romance? vous savez bien ce que je veux dire • • - ^, Mad. Lambert. Qui m'a été donnée par un jeune j |a nieur français, et que j'ai chantée devant le pacha Koub c veille du jour où il fut étranglé. Lambert. Précisément. ACTE III. SCÈNE IX. Il M. d'Herbclin. Monsieur, je vous préviens d'une chose, ,:es t que, chaque fois que je suis assez heureux pour rencontrer l ' e grands voyageurs comme vous, j'ai l'haliilude de les accabler questions: c'est lo moyen de s'instruire en l'amusant. Mad. Lambert, à pari. Et en amusant les autres. M. d'Herbclin. Lorsque le pacha Kouliked fut étrangle ( car il parait que les pachas finissent tous comme cela), ayez la bonté de me dire ce que madame est devenue? Mad. Lunibcrt, vivement. Comment! ce que je suis devenue ? M. d'Herbclin. Oui, madame; puisque vous avez chanté devant le défunt pacha, vous étiez sans doute une de ses favorites? Mad. Lambert. Ciel ! quelle idée avez-vous de moi ! la fotorîte d'un pacha! ÇA Lambert.') Eh bien! monsieur, V ous •"e laissez outrager ainsi? Lambert, feignant d'être irrité. Corbleu ! monsieur, que Venez-vous de dire là? mille sabords! mille frégates! attaquer 'a réputation de l'almyre Oscan Mouselina, l'honneur de la Géorgie; une femme dont la vertu est citée pour un modèle dans ton. tes les meilleures sociétés des déserts de la haute et basse Égypte! M. d'Hcrbelin. Mais, monsieur, je n'ai parlé que d'après l'usage de l'Orient. Lambert, avec force. Il n'y a pas d'Orient qui tienne. Par les cèdres du Liban, par les lions de la Sibérie . . . par les cataractes du Niagara, je jure que j'aurai satisfaction de l'outrage *l u c madame vient de recevoir. Itassurez-vous, femme céleste,,. Vous serez vengée; mon épée se couvrira de rouille plutôt que de laisser sans châtiment l'alfront fait à votre vertu. M. d'Hcrbelin, effrayé. Grand Dieu! quelle fureur! Mad. Lambert, vivement. Ah! mon ami, calmez-vous, et "allez pas traiter monsieur comme vous avez traité ce malhcu- '««x patron hollandais. M, d'Herbclin, toujours effrayé. Qu'est-ce que c'est ? Ii'est-ce que c'est? ï-ambert. De la calomnie ! mille bombes! les sables mou- Vai >ts des Marais Pontins font moins de ravage. Mad. Lambert, bas à son mari. Eh bien! eh bien! qu'est- Ce que vous dites donc? Lambert. Non, je n'enlends plus rien ; par la Sainte-Barbe ! 1101,8 allons voir beau jeu ! 42 LE VOYAGE A DIEPPE. Scène X. Les mêmes, D'HERIGNY et DUMONTEL, accourant. D'Herlgny, h part et vivement. Ciel! que vois-je! monsieur et madame Lambert! grand Dieu,' tout est perdu. M»d. Lambert , bas à d'Hcrigny, Tout va Lieu, tout va bien. D'Herigny. C'est aussi par trop fort .... Je n'y l' ellâ plus . . . Quoi! sans me consulter, prendre l'initiative! M. d'Hcrbelin, h Lambert. Mais, monsieur ... je vous jure que tout ceci . . . WHerlgny, très pkfné, h I^amberl. Qu'est-ce que tout i' e ' a signifie, monsieur? Quoi! je ne serai pas le maitre chez m"'' Je prends monsieur et sa famille sous ma protection, et j'espè re qu'avant peu dés li^ns liien clicrs . , . Mnd, Lambert, « d'Hcrigny. Bravo! bravo! . . . n'<'st- ce pas que c'est drôle? (4 son mari.') Allons, M. Lambert, chM'' fez la scène. Lambert, h iï Herigny; feignant toujours d'être fâché. Ap" prenez qu'on ne manque pas impunément au capitaine Goberl »' à sa chère Mouselina. H'Herlgny, toujours furieux. Eh ! que m'importe le cap 1 " taine Gobcrt ! Trêve à tous ces propos, monsieur; sachez 1 u je ne plaisante pas; je parle très sérieusement, et je vous P r ' e de sortir de chez moi. Lambert, bas à d'Hcrigny. A merveille ! ÇHaut.) Ni m< " non plus, monsieur, je ne plaisante pas; vous voyez rhomm e > e plus cruellement outragé. D'Hcrigny, h part. Allons! je ne puis les déssb« ser ; {Haut.) Monsieur, je vous répète que votre conduite chez m 01 à l'égard de monsieur est de la dernière impertinence. Mad. Lambert, « d'Hcrigny, De mieux en mieux ; c e - charmant. . . Notre voiture nous attend; le costumier est a de"* pas; partons, et revenons bien vite porter les derniers coup». • • Lambert, h d'Hcrigny. Adieu, monsieur; je pars, .t dans peu vous me reverrez, et il faudra bien que quelqu un ^ me rende raison de l'outrage que j'ai reçu. (// sort en r "" Scène XI. Les Mêmes, excepté M. et Mac LAMBERT. M. d'Herbe II h. Je n'en reviens pas. Ah ! monsieur,^ je vous dois d'excuses sur l'éclat qui vient d'avoir lieu chez vo mais je vous jure que c'est bien involontairement . . • ACTE III. SCÈNE XIII. m '♦'Herlgny, Des excuses à moi, monsieur, mais c'est au contraire moi qui ne saurais trop vous en faire. M. d'Bcrbclln. Du tout, monsieur, du tout, c'est moi. **'Herigiiy. Et je puis encore le désabuser ! Dnmontcl, " d"Herbelin. Allons, mon ami, oublie la scène desagréable qui vient de se passer; je me charge de tout conei- u , d'Herbeliii. Au fait, tu as raison; éloignons toutes les Ces qui pourraient nuire au plaisir que je suis venu chercher Partons-nous, enlin! car tous ces retards me tuent, ^•raontel, embarras$é. Mon ami, nous quiltons ces dames; cs ne sont pas encore prêtes. ^ d'Herbclin. Comment! pas encore'! (A part.) Par- je suis bien bon; et qui m'empêche? . . . Excellente idée. ""'•) Je vais les prier de se dépêcher. (Bas.') Ne disons n à personne; esquivons-nous, et allons sur le port; car en * r 'le, c'est acheter le plaisir trop cher que d'attendre si longtemps. Scène XII, Les Mêmes, excepté D'HERBELIN. n'Herigny, Eh bien ! monsieur, peut-on être plus malhcu- rt 'ux que moi? Dumontel. C'est une suite de votre étourderie, monsieur; ma i8 les moments sont précieux; je vais tâcher d'abord de vous J'^r du danger, et je vous ferai après ma harangue ; j'entrevois " ei > des difficultés, bien des obstaeles ... A la place de d'Her- htlin . . Scène XIII. Les Mêmes, DUPRÉ, il arrive en courant. ^ **upré, h d'Herigny. Monsieur, je viens vous annoncer que Vo '. d He rbelin, ne pouvant plus y tenir, est parti seul pour aller r la mer. **'Heilgny, vivement. Il est parti! . . il'e ?* Um il m'a emmené avec lui à votre insu. 1- d'Herbelin. Il vous a emmenée? Et où, s'il vous plaît? •"èlicité. A Dieppe, monsieur, où nous sommes. St. d'Herbelin. A Dieppe! voilà qui devient trop fort, '^demoiselle, sachez que de votre part je ne souffrirai pas. . . félicité. Dame! monsieur, ce n'est pas ma faute si vous ne voulez pas croire . . . M. d'Herbelin. Toutes mes idées so confondent ; je viens fle Sortir il y a cinq minutes; à peine avais-je fait un pas que je demande à la première personne que je rencontre le chemin qu'il feut prendre sur le port. Félicité, à part, en riant. Le port au vin, probablement. M, d'Herbelin. Lequel? me dit-on . . . . Eh parbleu! le port où entrent les vaisseaux? Félicité, it part, C'esl-à-dire le coche d'Auxerre. M. d'Herbelin. La pei-sonnne me rit au nez et continue s on chemin; je pousse un peu plus loin, et j'aperçois au coin de ' a rue: rue Chariot. Je rentre, et mademoiselle me soutient en- c We que je suis à Dieppe. (A part.) Cependant ma domestique Poserait jamais se jouer de moi à ce point. {Haut.) Quelle P er plexité ! Kufin je suis réduit à me demander encore si je suis Dieppe ou si je suis à Paris. Scène XVII. tïs Mêmes, DUMONTEL, Mad. D'HERBELIN, ISAURE, D'HERIGNÏ, MONBRAY. ma . g ** nmo, >tcl. Tu es encore à Paris, mon cher d'Herbelin; 18 bientôt tu seras à Dieppe ... je t'en donne ma parole, jeun"' <,, ** er ' ,e " n - J e 8 "' s *' Paris! {Se retournant vers les tre * gtns ^ Eh quoi ! messieurs, vous auriez osé vous permet • • • a' 0n ^* n . n,ontel * C'est mol qui ai tout dirigé; ces messieurs kit qu'agir d'après mes conseils. e Hclté, h part. Quand je disais qu'il était du complot ! 46 LE VOYAGE A DIEPPE. M. d'Herbelln. Comment! c'est Dumontel; loi, mon***' leur ami! . . . Dmnontcl. C'est justement ;'i ne titre que j'ai osé Bie V e mettre cette plaisanterie; c'est une revanche que j'.ii prise . • ' Elle est un peu plus forte, j'en conviens, que tous les tours q" e lu m'as joués autrefois. M. d'BcrbelIn. J'aime la gailé tout autant qu'un 88"*' mais, morbleu! ceci passe tous les privilèges que l'on accord 6 à l'amitié. .naît. d'Herbelln. Allons, mon ami, ne vous fâche* P aS ' nous qui pourrions nous trouver plus offensées que vous, eli l" e "' nous y mettons de l'indulgence . . . Faites comme nous, e ' ' suis sûre que vous en rirez vous-même par la suite. Dumontel, avec intention. Oh! je concevrais ta susc^p" bilité, si d'autres que moi, n'ayant pas auprès de toi les mi' n,eS titres, se fussent permis la même liberlé ... ces messieurs, P af exemple; tu aurais alors le droit de leur dire: ..Messieurs, ' e ..lourderie naturelle à votre âge, l'époque consacrée à '* ..ne suffisaient pas pour vous autoriser à commettre une » e y ..aussi répréhensible. Vous immiscer dans des projets de fi"" 1 ^ ..quelque futiles, quelque ridicules même qu'ils vous parus* ^ ..vous jouer de la crédulité d'un homme estimable que son <^ ..seul recommandait à votre respect; envelopper enfin da" s ,,tre mystification un sexe qui ne devait s'attendre qu'à vos "< mages; n'est-ce pas, je vous le demande, messieurs, l)l essef .,1a fois toutes les convenances? . ," .11. d'Herbelln. Ah! je devine à présent ... . • te Dumontel. Mais heureusement il n'en est pas ainsi ; J le répète, c'est moi qui ai tout conduit, et je m'en apP j,jj e . puisque, grâce au tour que je t'ai joué, j'ai appris que M- rigny aimait éperdument ta fille, à laquelle il n'est pas non v indifférent. Ainsi je réunis deux êtres dont je fais le l'on et qui sans cela, peut-être, ne se seraient jamais revus. • • ' consens a tout; monsieur devient ton gendre; et, par ce ni J ma petite mystification ne sort pas de la famille. Monbray. Et nous partons pour Dieppe. genn'~ 1» MerJgny. M. Dumontel est l'interprète de m cS ^ ments; de grâce, monsieur, ne détruisez pas un honneur ces dames ont bien voulu nie donner l'espérance. _ gh m. d'Herbelln. Ahl ces dames vous ont P rom ' S / 1 ' J ,' rt rl) bien! mon Isaure: ^Regarder n'est pas aimer. . . ♦ ^, e j je Au fait grâce à Dumontel, mon amour-propre est ménage* crois que je ferai bien de ne pas me fâcher. ACTE III. SCÈNE XVIII. 47 Scène XVIII. Les Mêmes, DUPRÉ. ttnpré. Messieurs, les chevaux sont à la voiture. Damontel, '» 'Vllerhelin. Allons, mon ami, plus 28..-J- La Mansarde des Artistes. ■3 29. y La Haine d'une Femme. ^ 30. Les Perroquets. 2 31. Tony, ou: les canards. >, 32. y 1 ■« Confident, a 33. Angéline. -2 34. La Mère au bal. 5. 35. Marie Mignot. 2 36. y Avant, pendant et après. 6. 37. L'école des Vieillards, g 38. y Le nouv. Poureeaugnar. . 39. La Suite d'un bal masqué. J 40. Un Moment d'imprudence, g 4l. Leprécept.dansl'embarras. ~ 42. y Valérie, g. 43. y La seconde année. 44.y Louise, ou :1a Réparation. 5! 45. La Mère rivale. 46. Le Matin et le soir, q 47. Le Roman d'une heure. 48. La Semaine des amours. * 49. y La Manie fies places. 50. y Le Menteur véridiijue. 51. y L'Artiste. 52. f Michel et Christine. 53. Les trois V'arlicrs. 54. Le Conscrit. 55. La chatte métamorphosée. 56. Hernani, p. f'iclor Hugo. 57. La Reine de seize ans. 58. L'Actrice en vo< âge. 59. Ninette. 60. ; Philippe. 61. Ma place et ma femme. 62. y La fin du mois. 63. Monsieur Botte. 64. Le Célibataire. 65. Le Sourd. 66. y Le Parrain. 67. Les deux Cousins. 68. Le Marquis de Pomenars. f>9. yLe plus beau jour d.lavie. '<>. La mère et la fille. «1. y Jeune et vieille 72. La dame et la demoiselle, 73. y Une faute. 74. La revanche. 7>. La séparation. 70 Madame Laralctte. ( s 6 6 f 4 6 8 10 6 0 6 S 6 6 g C fi 4 4 8 0 C X fi H 6 fi 4 fi fi 4 fi 8 S 8 8 fi t; l t fi f (i 0 (i 4 6 ti i (. fi lu ■f 4 « fi 2»fi. Henri 111 '< » ï /il" 2(17. Les parens de 208. Kilc est fo"*' 209. Le malade ■'""S 210. Passe' Min» 1 '- ,„j» 211. Lekaina 212. Le rapilai"* n 213. L'Octogénaire- !/a!t /. 21t. Mahomet, P- -j c d> 215. Maurice, '« m -'"' P»"! «' J "«><- , r 217. Alhafie, p. '!" 218. Henri HameU"- y 21!). La ,'eune '«"""'.sli' 1 ' 220. L'Kcole de' (.i" 221. Les brodei/""" 222. Un pont neuf- , 223. Veuve et t**1TUt* 224. Une couronne «' 225. -;■ |.e cbarlal»" ' f 226. Le voyage i "'''5^ 227. f La raloui""' '