w Fc40(131-H0) Répertoire du Théâtre français à Berlin. N 131. LA DUGAZON ou LE CHOIX D'UNE MAITRESSE, COAlftDIK-YAUDEVlKLE EN UN ACTE, l'AR MM. SCIIIBK et PAUL DUPORT. Prix: 15 Sgr. (12 Ggr.) BERLIN, chez Ad. Mi. Schlesinokr, Libraire et Editeur de Musique. (Vnter ilcn Limlon Nr. 34.) 1834. PERSONNAGES. ACTEURS. LA MARQUIS* I>K SAINT-GAUDKNK. Mad. M AMI) S. CLVTILUK, sa nièce........... Mlle. EDEIAN. M, IIAKl.KItlONT, président....... Mr. MIRUISSEI. KRNRST, «on neveu........... Mr. MORAND. OSCAR DR VFRNRI'SR......... Mr. ISIDORE. Vu Garçon oei Bain»........ Mr. CJSTKI.U. La Seène se passe aux eaux Je Bagrneres. NOTA. Les actenrs sont| places en 1 eto de chaque Arène comme ils doivent l'être sur le théâtre. Le premier inscrit tient toujour» en Irène la gauche du spectateur, ainsi de suite. Les chaiigcniens de position, dans le courant des scènes, sont indiqués par des n°tes au lias des pa^es. Imprime' chcie /.. G. KtmHâe. Le théâtre représente un grand salon ouvert par le fond et donnant sur un jardin — portes latérales ■ — • sur le devant du théâtre, à droite de Facteur, table avec papier, encrier, plumes, etc.; de l'autre côté un petit guéridon. Scène I. OSCAR, le Garçon des bains. Au lever du rideau, Oscar, assis devant une petite table au milieu du théâtre, déjeûne et écrit en même temps. Un garçon des bains vu et vient et le sert. OSCjIH. Ah! je ne serai pas aime"!.. Si parbleu! elle m'adorera, il le faudra bien.. je l'ai parié., et nous verrons l'effet de ce billet.. là, dans cette boîte de bonbons que je lui ai promue hier.. (1.1 met le papier dans la bonbonnière et la, rejcrme.) Garçon! . . une assiette!. . Vous direz à M. le chef que ses côtelettes à la Soubise laissent beaucoup à désirer.. ce n'est pas ainsi qu'on les sert au café de Paris. LE GARÇON. Dam! monsieur, ici, a Bagnères de Bigorre, on est loin de Paris!.. OSCAR. N'importe! nous autres gens comme il faut, nous voulons que le bien-être et la civilisation nous suivent partout.. c'est pour cela que nous sommes au monde... Du thé! LK GARÇON, lui apportant la théière. Voilà, monsieur .. OSCAR, se versant à boire. Y a-t-il quelques personnes au salon des bains?.. LE GARÇON. * • Des dames viennent d'y descendre .. Mad. la marquise de Saint-Gaudens et sa nièce, Mlle. Clotilde, qui est si jolie .. 1 * OSCAR. Tu trouves!.. Oui la petite n'est pas mal. , elle n'a qu'un défaut insupportable.. un défaut de tous les momens, sa tante qui ne la quitte jamais .. J.E GARÇON. Si monsieur., car dans ce moment elle vient d'entrer au jardin où elle lit une lettre qui lui arrive de Taris . . OSCAR. Vraiment!., de sorte que la nièce est seule au salon? . . LE GARÇON. Avec les autres dames . . oscar. Très-bien.. tiens, remets à Mlle. Clotildc cède bonbonnière .. une galanterie de ma part.. pas autre chose .. l.E GARÇON. Oui, monsieur!.. OSCAR. Quant à moi .. je n'ai plus faim et voilà mon déjeuner fini. ( CLOTILDE. Et vous me dites cela d'un (on bien solennel. MAD. DE SAINT-GAUDENS. C'est qu'il y est question pour vous d'un sujet grave et sérieux. Mon frère veut vous marier!.. CLOTILDE. Ali! mon Dieu!.. MAD. DE SAINT-GAUDENS. Soyez tranquille! la famille de Saint-Gaudens ne peut 6 s'allier qu'à un grand nom; celui qu'on nous propose est convenable .. d'ailleurs, rien ne se fera sans mon consentement .. Mon frète, qui sait ce que l'on doit d'égards à mon caractère et à ma fortune., s'en rapporte entièrement à moi, et dès que nous aurons vu le jeune homme.. CLOTILDE. Nous le verrons!. . MAD. DE SAINT-GAUDENS. Oui, mademoiselle... on m'écrit que nous le trouverons ici, aux eaux de Bagnères, ou que s'il n'y est pas encore, il doit prochainement s'y rendre; et je reçois en même temps pour lui une lettre de soh père qui lui explique les intentions des deux familles.. Je la lui remettrai dès qu'il se présentera .. CLOTILDE. De sorte que ce sera un prétendu déclaré.. MAD. DE SAINT-GAUDENS. Certainement ! CLOTILDE. Et qu'il va me faire ouvertement la cour. MAT>. »E SAINT-GAUDENS. H le faut bien, pour savoir s'il vous conviendra.. CLOTILDE. Eh bien! ma tante, c'est inutile de lui donner cette peine-là., je suis sûre qu'il ne me conviendra pas.. MAI). DE SAINT-GAIJIIKNS, sévrrement. Qu'est-ce que c'est ? est-ce que vous auriez encore en tête ces folles idées de l'hiver dernier.. CLOTILDE. Non, ma tante., mais quand de temps en temps... malgré moi, j'y penserais., est-ce que ce serait ma faute'? MAD. DE SAINT-GAUDENS. Voilà ce que c'est que de vous avoir laissé aller à Paris., auprès de votre oncle.. Si vous n'aviez jamais quitté l'Anjou, ni mon château de Saint-Gaudens.. ce n'est pas là que vous auriez vu des jeunes gens., car je n'y çeçois, grâce au ciel, que des hommes d'un âge, et d'une délicatesse trop éprouvée., pour jamais inspirer àune jeune personne des sentimens faux et exagérés.. CLOTILDE. Exagérés!., un pauvre jeune homme qui, à l'entrée de l'Opéra, et pour m'empècher d'être écrasée.. 7 Air du Vaudeville de Haine aux Femmes. Sous les pieds des chevaux, hélas! Kn voyant mon péril extrême, Au risque de péril- Itii-niêiue, Il etitirl, m'enlève dans ses bras. MAD. I>K SAIM-GAUI1FNS. Dans ses liras!. . e. est vraiment sans gêne. (,'LO ! IU)K. Il n'avait pas le temps, je crois, De réllérHir... il eut à peine Celui de s'exposer pour moi. [His.T Aussi quand, une demi-heure après, il est venu s'informer de mes nouvelles... comment ne pas le remercier? MAT). DE SATNT-G AiroKVS. A la bonne heure!., mais il n'était pas nécessaire qu'il restât toute la soirée dans votre loge! CLOTILDE. Il ne s'en allait pas! nous ne pouvions pas le renvoyer, et puis il causait avec tant de grâce et de naturel., et des manières si respectueuses... il mourait d'envie de savoir qui j'étais., et il ne l'a pas demandé, il a gardé le silence. MAT). DE SilKT-GAUDEÏS. ( C'est ce qu'il a fait de mieux! CLOTILDE. Et repartir le lendemain pour l'Anjou, sans connaître celui à qui j'avais tant d'obligations., c'est d'une ingratitude .. MAD. DE SAINT—G AUDE N S. C'est possible!., mais c'est dans les convenances!., il n'appartient pas à une personne de notre nom de ressembler à une héroïne de roman.. Que ce soit donc la dernière loi» qu'il soit question entre nous du bel inconnu.. clotii.de. Oui, ma tante.. mad. de saint-gatjdens. J'entends en outre que vous n'y pensiez plus,. CLOTILDE. Oui, ma tante.. MAD. DE SAINT-GATJDENS. Quant à celui qui bientôt se présentera, U réunit du coté du rang et de la naissance tout ce que je puis désirer; reste à savoir si son ton, sa tournure, et ses manières... J'en jugerai., cela me regarde!.. B^^^BBBBBHHiBiBIH^^^H 8 CLOTILDE. Et moi, ma tante!... M AU. DE 8A1NT-GAUDENS. Vous! mademoiselle... ce qui vous regarde... c'est de tâcher de lui plaire... d'être aimable, gracieuse, attentive.. (Elle tousse.) Cette maudite toux... CLOTILDE. Vous toussez!., ah! que c'est heureux! MAI). DE SAINT-GAUDENS, Qu'est-ce à dire'? CLOTILDE. Parce qu'on vient justement de me remettre une boite de pastilles d'ananas. MAI). DE SAINT-GAUDENS. Des pastilles! CLOTILDE. Oui, ma tante. [Elle lai duiino la boite.] MAD. DE SAINT-GAUDENS, l'ouvrant et voyant le papier. Air do la Famille de l'Apothicaire. (A part.) U ciel! mais c'est un billet-doux! (A Clotiidc.) Eh ! ijuui, des pastilles semblables Entro vos mains? CLOTILDE. En usez-vous? MAD. DE SAINT-GAUDENS. Jamais! quels traits abominables! CLOTILDE. Laisser donc., c'est pour m'eprouver ; Je sais bien quel goût est lo votre .. Et quand vous pouvez en trouver, Vous en prenez tout connue une autre. MAD. DE SAINT-GAUDENS, la lui montrant. Comme celles là!., jamais. CLOTILDE. Une lettre. MAD. DE SAINT-GAUDENS. Et de qui la tenez-vous? CLOTILDE. De M, Oscar., ce monsieur qui est arrivé aux eaux 9 depuis deux jours, et h qui vous trouvez un air et des manières si distingués.. MAI). DE SAINT-GACDENS, qui a ouvert le panier et qui lit. „Chaiinante Clotilde.. je vous adore.." CLOTILDE, Eh bien! par exemple!.. DIAD. DE SAINT-GAUDENS, conlinuant de lire. „Et sans des raisons personnelles qui me forcent à ca- „cher et mon rang et mon nom., surtout sans la présence „assidue de celle duègne ridicule qui ne vous quitte point.." (S'interrompant.) Qu'est-ce à dire'?... (Continuant à de mi-voix.") „Je veux parler de votre respectable tante.." Voilà qui est d'une audace., d'une insolence., je dirai plus, .. d'une inconvenance! moi, qui avais pris ce M. Oscar pour un homme comme il faut! CLOTILDE. Sans doute., il vous faisait toujours dos complimens, vous donnait le bras à la promenade, et portait même Zé- mira, votre épagneule.. MAD. DE SAINT-GAUDENS, a demi-voix. Bien plus!., il avait l'air de me faire la cour.. CLOTILDE. 11 a osé! MAD. DE SAINT-GAL'DENS. • Oui, ma nièce. CLOTILDE. Tandis qu'il ne faisait pas seulement attention à moi, MAD. DE SAINT-GAUDENS. C'est d'une rouerie!., s'attaquer à une Saint-Gaudens! .. je me vengerai.» Le voici. (Elle passe à droite.) Oscar parait dans le jardin, se promenant et lisant un journal. AIR : Valse de Robin des Dois. Je me fais d'avance une fête De l'immoler à mon courroux ; Laissez-nous seuls. CLOTILDE. En (rie 4 tète ! MAD. DE S A1NT-G AUDKNS. Eli! sans donte.. que craignez-vous CLOTILDE. Aprè« pareille découverte TtmKJwm 10 Ne redoutez-vous pas ici Quelque danger pour vous? M AD, DE S AINT-C AtîHKNS. Nun wmlc. Tout le danger serait pour lui. ENSEMBLE. WAD. ï)K SA1NT-GAUIIKNS, CLOTILDB. Vf AD. DE 8AI.NT-GAUDENS, Je me fais d'avance une fete De l'immoler à mon courroux ; .Te doute après ce té*te-à-tète Ou'il ose encor rire de nous. CLO TILDE. Le fat "crut faire ma conqucle Avec un pareil Iiillet-doux; Mais notre vengeance est complète, C'est tous qu'il trouve au rendez-vous. [Clotilde sort par la porte a gauche.] Scène III. Mad. DE SAINT-GAIDEISS, OSCAR. OSCAR, entrant. Voyons si je pourrai saisir une occasion favorable... Allons, encore la tante., il faut se résigner a son bonheur.. (Haut.) Madame la marquise coinpte-t-clle ce matin se rendre à l'allée de Maintenon.. ou au camp de César?.. MAI). DE SAINT-GAUDRNS, «l'un air sec. Non monsieur., je reste.. OSCAR. Je resterai donc aussi., car la promenade esl pour moi sans charmes en l'absence de certaines personnes.. MAI». I»K SAlNT-GAtlDKNS, avec ironie. Des personnes respectables.. OSCAR, galamment. Comme yous dites., puisque le respect est le seul sentiment qui soit permis.. MAD. DE SAINT-GAUDENS. Monsieur.. OSCAR. Sentiment si naturel auprès de vous., qu'il suffit de tous regarder.. {A part.) Je crois que je m'embrouille. 11 (ITaut.") Pour effarer toute autre pensée que eelle.. d'un dévouement., dont je serais trop heureux de vous donner des preuves.. MAD. DE SAINT-GAUDENS. Je ne refuse point., car j'ai, dans ce moment, un conseil à vous demander.. OSCAR. Vraiment!., je ne m'attendais pas à tant de bonheur., moi, votre conseiller., conseiller des grâces!.. MAD. DE SAINT-GAUDK.\'S. Vous savez qu'une femme, quels que soient son rang et sa qualité, se trouve quelquefois placée dans des positions délicates et embarrassantes. OSCAR, d'un ton persifleur. Comment donc!., madame, quel est le mortel assez aveugle pour s'être permis de vous placer dans une position connue celle-là? MAD. DE SAINT-GAUDENS. Un impertinent!., un fat! OSCAlt. Un fat!., je m'en doutais!.. MAD. DE SAINT-GAUDENS. Il me suffirait d'écrire à mon frère qui est encore d'âge à prendre la poste pour venir lui donner une bonne leçon.. OSCAR. Mauvais moyen, madame; puisque vous me faites l'honneur de me consulter., un duel! c'est trop commun! surtout à présent que tout le monde s'en mêle.. MAD. DE SAINT—G AUDE N S. Votre avis est donc'?.. OSCAR. Qu'il y aurait une vengeance de meilleur goût., quelque bonne plaisanterie . . quelque nvyslilication bien gaie, bien mordante.. J'ai pour cela quelques talens.. la grande habitude.. ( .( s j madame veut s'en rapporter à moi, voilà un pauvre diable coulé à fond sous le ridicule... on n'en rcvjent pas!., surtout ici aux eaux où la société se compose de ce qu'il y a de mieux à Paris et dans les provinces.. Alors, vous comprenez, cela retentit., cela se répète, et d'écho en écho voyage dans la capitale et les départe- inens.. MAD. DI SAINT-GAUDENS. Vous avez raison., ce soir, après dîner, quand tout le 12 monde sera réuni au balon.. je compte suc vous., j'en ai besoin.. OSCAH. J'y serai.. MAI). DE SAIXT-GAUDKN S. Je lirai tout liant une lettre que je viens de recevoir dans une bonbonnière. t ( i j, )_-) , : „ . OSCAR. 0 ciel.'.. MAD. DE SAIXT-GAUDENS. Elle était adressée à nia nièce, et vient de quelqu'un qui nous fait la cour à toutes deux; vous m'aiderez alors, et devant tout le monde, à mystifier le fat qui l'a écrite. OSCAIt. Madame.. MAD. DE S AIX T - G A UI ) E Y S. Vous pourrez même vous charger de la réponse, lui dire que partout ailleurs le mépris seul ferait justice de son impertinence., mais qu'ici, il n'en sera pas quitte à si bon marché., qu'à tous ses ridicules nous voulons en ajouter un nouveau.. que nous voulons qu'il eoit ici raillé, bafoué, lym- panisé, pour que cela retentisse, que cela ait de l'écho. oscAn. Madame!.. MAD. DE SAINT-GAl/DENS, Air du Partage de la itirhesse. t Vous n'aurez plus besoin, jo gage, Pour le voir alors immoler A la risée, au persiflage, Que de paraître et de parler. . Je sais, monsieur, quels succès sont les vôtres, Kt quand on a tant dépensé, je croîs, I»e ridicule pour les autres, Qn a bien droit d'eu retrouver pour soi. Je vous donne donc rendez-vous ce soir., au salon à sept heures; quand tout le monde sera réuni... et je vous préviens que, si vous n'y êtes pas, l'on commencera sans vous. (Elle lui fait la révérence^ et sort par hi porte à gauche.) Scène IV, OSCAR, seul. Malédiction!., elle le fera comme elle le dit., tant elle J* est piquée nu vif! et moi, jeune homme à la mode, je serais mystifié aux yeux de tous par une vieille marquise... par nue duègne., et la nièce surtout., celle petite sollc... celle petite bégueule qui va me trahir t. se moquer de moi, montrer mon billet à sa tante.. Non, non, cela ne se passera pas ainsi., et si avant ce soir., avant qu'on se réunisse, je pouvais me venger et rendre à M ad. de Saint- Gaudens quelque bonne mystification qui mit les rieurs de mon côté.. Air de Jadis et Aujourduiii. Il faut <|uelque ruse complet*, Ouelque moyen (l'un grand ellet, Pour vaimrc une \ieille coquelle Ç)ui soirs le régent florissait... Mais un espoir en moi vient naître; Descendant noble et généreux, Kti l'immolant je vais peut-être Venger rjuelipi'un do mes aïeux. Oui, mais moi qui d'ordinaire ai tant d'imagination., je ne trouve tien., je ne vois rien.. (Tl s'assied.) ("est fini, je n'oserai plus me présenter au salon pour que les daines me montrent au doigt, ou mè rient an nez.. Heureusement, on ne suit pas ici qui je suis., je n'ai pas dit mon nom ! niais on le saura toujours., on le découvrira... il ne faut pour cela qu'une personne de Taris qui me reconnaisse.. Scène V. OSCAR attig, ERNEST, PAR I.K MONT dans le fond. DARLKIHONT, à Krncst. Oui, certainement., puisque je suis il Bagnères, je vais prendre un bain; cela délasse du' voyage... (A Ernest.) Je te retrouverai ici... KKNEST. Oui, mon oncle., je vous attendrai.'... (Jl entre regardant Oscar.) Tiens., je ne me trompe pas, le vicomte. CSt'AK, se levant. *) Qu'est-ce que je disais'?.. (Se retournant.) Le petit Ernest Parleinont. F.RNEST. Air: Ce» postillons sont d'une maladresse. Pour moi vraiment, la rencontre est lieureuse. *} Ernest, Oscar. 14 OSCAR. Quand je tremblai», jfavaU-ju pas raison: 1 ERNKST. Quoi! vous icil vous, monsieur de Vernouse! OSCAR. Au nom du ciel, taisez-vous donc. ERNEST. Kh quoi! rougir d'un si beau nom! OSCAR. Il est fort beau.. . comme tel on le cite; Oui, mais quel prix y peut-on attacher, Lorsque l'on n'a qu'un nom pour tout mérite, Kt qu'il laut le cacher. Kit NE ST. Cacher votre nom!., el pourquoi!., par politique.. OSCAH. Non., par modeslie... Vous connaissez quelques-unes de ces espiègleries originales qui ont déjà coûté à mon père une centaine de mille francs., car je ne vous ressemble guère, vous qui êtes sage, raisonnable., timide comme une jeune fille.. C'est pour cela qu'à Paris je vous avais pris en affection.. RRNFST. Et que vous vous moquiez toujours de moi.. OSCAR. Je ne peux pas m'en empêcher., je suis comme cela., c'est dans le sang-, et moi, qui mystifiais tout le monde, j'ai cru qu'il en serait de même avec mes créanciers.. Point du tout., on ne se moque d'eux maintenant que dans les comédies., car ils ont là, à Paris., ce qu'ils appellent le fri- Itunal de commercé, qui, sous le prétexte qu'on a fait des lettres de change., veut vous forcer à les payer.. Moi, je n'ai pas voulu.. Alors émeute et insurrection de mes fournisseurs., jugement, prise de corps., contre moi... un vicomte.'.. Cela m'a indigné.. Je n'ai pas pu y tenir., j'ai quitté Paris, et suis Tenu prendre les eaux de Bagnères.. en laissant à mon père, le comte de Vcrneuse, qui finira par s'attendrir, le soin de faire honneur à mes affaires.. KKNRST. Je comprends alors votre incognito, et je vous promets de ne point parler à Paris de notre rencontre.. OSCAH. Vous retournez donc dans la capitale?.. KRNKST. Hélas! oui., pour être substitut.. 15 OSCAR, lui prenant la main. Pauvre -garçon!., il n'y " donc pas moyen de fléchir votre oncle'?.. KKNKST. Tout a été inutile. J'ai eu lieau lui répéter que cet état-là ne me convenait pas., que je n'y ferais jamais rien., il ne vaille et n'estime que la magistrature., Premier président d'une cour royale du Midi, il veut que je lui succède un joui-, que je perpétue l'illustr.ilion de notre famille, qui a toujours été citée dans les fastes du parlement à côté des Molé, des Séguier et des Harlay.. et moi, je ne veux pas., je veux être militaire.. OSCAR. Vous me disiez autrefois négociant K 11 m: ST. C'est possible.. je ne sais pas au juste.. Je veux voyager .. je veux parcourir la France., car il est quelqu'un que je cherche, que je poursuis, sans pouvoir l'atteindre.. sans pouvoir la retrouver.. OSCAK. Une femme'?., serait-il vrai?.. Contez-moi cela.. ERNEST. Non., non; vous vous moqueriez de moi.. Je connais votre naturel railleur., et si vous me voulez quelque bien, donnez-moi seulement le moyen de ne pas être magistrat, c'est tout ce que je demande.. oscar. Eh! mais., ce n'est pas impossible.. ERNEST, lui sautant au cou. Serait-il vrai?.. Ah! mon véritable ami.. OSCAR, rianl. Vous détestez donc bien les robes noires?.. ERNEST. '1 n'y a rien que je ne fasse pour m'y soustraire.. OSCAR. Eh bien! j'ai, je crois, un moyen.. rp „ ERNEST. Terrible?.. OSCAR. Non., très-facile M très-amusant, que je lisais l'autre |nur je ne sais où., dans le cardinal de Retz, ou quelque chose comme ca.. JG ERNEST. Vous lisez donc, vous, un vicomte? OSCAK. Parbleu! les vicomtes d'à présent n'ont (]uo cela à faire. Je lisais donc que, pour éviter d'entrer dans les ordres, un jeune homme qui, comme vous, n'aimait pas les robes noires, s'était lancé dans toutes les folies les plus opposées à l'état qu'on lui destinait., bals, spectacles, duels, maîtresses à l'Opéra, et que, grâce à ce scandale médité avec adresse, il avait bien fallu renoncer pour lui,. Eli NE ST. Admirable!., c'est juste ma position, parce que la magistrature demande une gravité, une considération., un respect des convenances.. OSCAK. Eh bien! alors.. E H \ EST. Oui, le moyen est bon en théorie., mais c'est pour l'exécution.. OSCAIl. C'est là ce qui vous embarrasse?.. ERNEST. Certainement.. Il me sciait aussi difficile d'être mauvais sujet qu'à vous de ne pas l'être.. OSCAH, riant. Air: J'ai vu partout, dans mes voyages. D'être mauvais sujet il tremble! ERNEST. Vous l'êtes à fairo frémir! OSCAR. Quel sort bizarre nous rassemble ! D'un roté scandale et plaisir, Kt, de l'autre, honneur et sagesse .. A nous deux, mon cher, je le vois, Nous représentons la jeunesse Vous d'aujourd'hui, moi d'autrefois. EltNEST. Et puis, mon pauvre oncle, qui est au fond un si brave homme, ça lui ferait tant de peine., si je devenais un libertin., mais je peux faire semblant.. De retour à Taris, je dirai que j'ai une maîtresse., et je n'en aurai pas.. OSCAH, d'un ton de reproche. Ah!., tromper son oncle., jeune homme, ce n'est pas bien: et puis, si vous espérez qu'il vous croira sur parole.. 17 ERNEST. Aussi je tâcherai éb mo compromettre., de me lancer ostensiblement., d'être assidu chez quelque figurante de l'Opéra., quand je devrais lui parler de morale, de vertu., de constance.. Je sais bien que ça l'ennuiera.. OSCAK. Du tout!., cela lui paraîtra original.. ERNEST. Vous croyez!., mais c'est que je ne suis pas comme vous, qui connaissez (ont le monde.. Si vous étiez à Taris, vous me présenteriez.. OSCAR, se récriant. Eli bien! par exemple.. ERNKST, le priant. Seulement une petite lettre de recommandation.. OSCAB, riant. Ali! ah! ah!.. (A part.) Quelle idée!., je tiens ma vengeance t.. Ah! ah!.. ERNEST. Eh bien! de quoi riez-vous donc'? OSCAR. Du hasard le plus singulier.. Nous avons ici une artiste distinguée oui a débuté dernièrement à l'Opéra-Comique, dans les mères JJugazo/i. ERNEST. Les Dugaxonf qu'est-ce que c'est que cela'? OSCAR. Un emploi superbe, qu'elle a rempli avec un succès.. Vous en avez entendu parler"? ERNEST. D' 1 tout., je ne connais rien,. Je viens de passer ces deux mois a,, vacances chez mon oncle, dans son château, à l'extrémité de la Fiance, et nous passons par Bagnères l'our retourner à Taris.. OSCAR. Eh bien! comme je vous le disais.. Cela se rencontre a merveille., une beauté un peu sévère., un peu mûre., cela vous est éfjû,, pâgg n > y r a j t àm^. n ,,' cs t pas pour elle que vous l'aime*.. c'est une cantatrice connue., cela suffit., et en lui faisant une cour un peu assidue, c'est tout ce qu'il faut pour vous c.....promettre aux yeux do voire oncle et de toute lu société de Bagnères. La Dugazon. Hep. No. 131. ^ 18 ERNEST. Vous croyez'?.. Mais si elle a ici quelque adoraleui ? ose,* h. Du tout... elle y est seule, avec sa nièce, ÎUINKST. Une actrice aussi? OSCAR, étourdiment. Certainement. ERNEST. A quel théâtre? OSCAR, à part. Ali! diable!.. (Hnul.) A l'Opéra., où elle a débuté avec un grand succès., une élève do Tag liant.^ (Vitaément) Mais une personne sage, vertueuse, irréprochable., il n'y a rien ;i l'aire de ce côté-là., aussi il ne faut pas penser à la nièce, mais à la (tinte., c'est d'elle seule qu'il faut vous occuper.. Une voix superbe, surtout dans 1rs cordes liasses.. Ce soir, au salon il faudra la prier de chanter... (A pari.) Ce sera bouffon.. {Haut.) Dernièrement encore, elle a refusé à Toulouse un engagement de dix mille francs, toujours dans les DugdZOft, pour ne pas quillcr sa nièce. ERNEST. Celle bonne tante! . . c'est bien h elle.'.. OSCAR, à part. Ne va-t-il pas s'attendrir!. - , (ffmit.) Ce qu'il y a de plus drôle., c'est qu'ici, pour ne pas effaroucher la pruderie de ces daines., elle est connue moi, incognito, et si- fait appeler la marquise de Saint-Gaudcns .. ERNEST. Elle aurait osé!.. OSCAR. Parbleu!.. AIR! Vaudeville du Charlatanisme, Grâce au rode d'égalité, Qui, (liez nous, des moeurs est l'arbitre, Aujourd'hui pleine impunité Pour quiconque usurpe un vain titre, Chacun peut se taire, a son choix, Et sans que nos lois le menacent, Comte ou baron .. et je ne vois Que les niais qui s'en privent, je crois, Et les gens d'esprit qui s'en passent. ERNEST. Eh bien!.. à la bonne heure . . et quoique cela nie ■kMl 19 fasse un peu peur .. je tacherai d'avoir du courage .. Présentez-moi seulement il Mad. la marquise de .. de .. Saint- Gaadens.. OSCAR, â part. Ah! diable!.. (Haut.) De tout mon coeur, si elle me connaissait., c'est-à-dire si je portais mon nom véritable, "' s'il n'y veut poiul paraître, Pour lui d„ moins il y viendra, Oui, p„, lr l u j_, llêmc i| y viçuJra, KRNKST, entraînant Darlcmont vers le fond. Venez., mon oncle.. Ce n'est pas devant un étranger.. 30 qu'on peut parler do (elles affaires. (Revenant à Oscar.) Pardon., j'oubliais., j'oublie tout., une lettre à votre adresse., que m'a remise Mad. de Saint-Gaudens.. je veux dire la tente de Clotilde.. DAKL.EMONT, qui s'en allait, ne voyant pas Krnest aupris de lui, se retourne en lui «lisant ; Eh bien! je vous attends. ERNEST. Me voilà, mon oncle. [Us sortent tous deux par le jardin.] Scène XII. OSCAR, seul, Ali! ça., je vous le demande, lequel, de l'oncle ou du neveu, est le plus mystifié?,. Et cette Mad. de SaiuM.au- dens, à qui il a avoué, et qui ne se fâche pas.. Diable m'emporte si je puis rien comprendre.. (Regardant la lettre.) „Au vicomte de Veineuse.." Dieu! l'écriture de mon père., (Décachetant vivement.) Si c'est quelque lettre de change., béni soit l'amour paternel!.. (Secouant la lettre) Non, rien., que des serinons, sans doute.. «Monsieur le vicomte, mon cher lils, j'ai enfin trouvé „le moyen d'arranger vos affaires.." Est-il possible! „Du moins, cela dépend de vous, et j'espère que vous „n'y mettrez point obstacle." Non, certes. „Depuis long-temps je méditais et négociais pour vous „un mariage qui vent d'être enfin arrêté entre moi et les „grands païens. (Parcourant rapidement.) Une excellente J'amille.. maison noble., jeune personne charmante., et ^caetera... (Appuyant.) Quatre cent mille francs de „dot!!!" C'est ce qu'il fallait dire tout de suite. „Votre prétendue et sa lante se rendent aux eaux de „Bagnères où vous m'avez dit que vous vous arrêteriez „quelque temps.. Efforcez-vous, par vos soins e( vos attentions, de seconder les bonnes intentions où l'on est „dojà peur \mis, et tâchez surtout de vous rendre agréable à Mad. de Saint-Caudens.." Ah! mon Dieu!.. „A qui j'écris par ce courrier, et qui vous remettra „cette lettre.." 31 C'est fait do moi et tout s'explique!., ect Ernest à <|iii j'avais prêté mon nom., aura été pris pour le prétendu., de là les prévenances., le bon Accueil qu'il a reçu., et moi qui ce matin étais seul et sans rivaux près de la tante. Air: Sans murmurer. J'avais le temps De me gagner son aine, Et je m'en vais, dans mes voeux imprudens, Pcindro à sa niece et mes feux et ma flamme; KUc qui doit un jour être ma femme, J'avais le temps, [Bis ] Mais maintenant., comment m'exenser?.. et que leur dire?.. Eh parbleu! (pic c'était une ruse., une mvstilicatioti .'. que je savais tout., que je les connaissais d'avance., que je voulais les intriguer.. Vraisemblable ou non, cela peut s'arranger., se réparer.. Oui, mais mon autre idée défaire passer ma belle tante pour une cantatrice à roulades., et ma prétendue pour une artiste à pirouettes,, voilà ce qu'on m- me pardonnera jamais., ci il faut absolument détromper Ernest ou l'éloigner, avant que le quiproquo ne se débrouille ... car si l'explication a lieu, je suis perdu,, je reste garçon.. et, ce qui est pire encore., c'est moi qui suis mystifié... Scène XIII. OSCAR, ERNEST. OSCAR, à Ernest qui rentre. Eh bien! quelles nouvelles? ( Eli VEST. Ali . vous vous en doutez bien, la scène a été chaude ; elle a ele lei rible, surtout pour mon pauvre oncle, qui, vrai, m'a attendri., car il méditait: Qu'importe le rang?.: qu'importe la fortune?.. Mi c'était seulement quelqu'un que l'on put épouser., j'irais pour toi la demander à mains jointes." OSCAH, à part. Ah! diable!., gardons-nous alors de les détromper et de leur dire qui e p e ,. sU> EU SE ST. Et puis, voyant que tout était inutile., il s'est presque mis à mes genoux pour me supplie,- de renoncer à un fol amour, qui me faisait perdre, .lisait-il, mon état, B» f'"' mon avenir... 32 OSCAR. Franchement, mon chér, il a raison, el je suis obligé de vous dire que je suis de son avis.. ERNEST. Vous qui, ce malin. OSCAR. Ce malin., c'était bien dilleront.. je ne pouvais pas me douter que ce serait sérieux.. ERNEST. C'est que je ne l'avais pas vue.. Si vous saviez quelle grâce, quelle décence dans son maintien!., on ne se douterait jamais que c'est une danseuse. OSCAR, à part. Je crois bien!... RRNF.ST. Il est vrai que maintenant elles ont toutes si bon ton., des manières si distinguées.. Mais pour la tante.'., c'est différent., vous n'aviez pas besoin de me le dire., je l'aurais deviné cuire mille., j'ai un fonds d'antipathie pour elle, cl si, au lieu de rester près de sa nièce, elle voulait accepter à Toulouse cet engagement dont vous me parliez ce matin.. OSCAR, i part. Ali! mon Dieu!.. KRNKST. Je l'aimerais tout autant., et j'ai envie de le lui conseiller tout à l'heure.. OSCAR, effrayé. Tout à l'heure!.. KRNEST. Oui, je dois lui donner le bras pour aller à la promenade., vous jugez comme c'est amusant!.. OSCAR. Et vous irez.. KRNEST. Il le faut bien.. OSCAR. Vous donner en spectacle., faire rire à vos dépens, et servir après tout les projets d'un attire.. KRNKST. Qu'est-ce que cela signifie? OSCAR. Que si vous m'aviez dit ce matin que vous alliez vous 33 passionner pour tout de bon., je vous aurais appris des choses.. ERNEST. Et lesquelles'? OSCAR. Inutiles à vous expliquer et que vous devez comprendre de reste.. ERNEST, avec colère. Monsieur... OSCAR. Ce que vous avez de mieux à faire., je vous le dis en ami, c'est de revenir à la raison., d'écouter la voix de voire oncle, et de partir à l'instant même avec lui et sans réfléchir... ERNEST. Monsieur., il y a là-dessous un mystère que je veux pénétrer.. OSCAR, à demi-voix. Ah! vous le voulez absolument!.. Apprenez donc qu'il y a ici une personne bien autrement importante que vous n qui on la destine., et qui en est tellement épris qu'il veut l'épouser.. ERNEST, d'un air d'incrédulité 1 . L'épouser!.. OSCAR, de même et en confidence. Enfin, tout est convenu, arrangé, avec la tante; et la nièce ne l'ignore pus., je pourrais vous donner des preuves., (Mon/nuit la lettre.') Je les ai., je pourrais vous nommer la personne, je la connais., si ce n'était ma parole qui est engagée., mais je dois du moins vous avertir que l'on veut se servir de vous et de vus soins pour dérober à tous les yeux celle intrigue qui doit rester cachée., qu'en un mot, on veut vous faire jouer ici un méchant personnage, ERNEST. Morbleu! OSCAR. •T'avais donc raison de vous dire en ami.. ne faîtes pas de bruit., parlez à l'instant.. ,,L'honnête homme trompe s'éloigne et prend la poste." ERNEST. Oui, je partirai,, oui je ne la reverrai de ma vie.. M'abuser à ce point'., moi n U | pour elle réduisais mon oncle au désespoir !... (Prenant la main ar la porte a gauche.] Scène XXI. Les raixKDENs, OSCAR, rentrant par le fond. OSCAR, s'approchant de Mad. de Saint-Gaudcns, et à demi-voix. Eh liien! partons-nous'?.. MAI). I>K SA1NT-GAU1)EN8, qui dccachètc la lettre. Tout à l'heure; je dois auparavant prendre connaissance d'une lettre qui m'est adressée par la personne qui avait usurpé votre nom.. OSCAR. O ciel!.. (Bas à Darlemont.') Et que faites-vous ici? BAKLRIUONT. Est-ce que je sais'?.. [Oscar passe à la gauche de Mad. de Saint-Gaudcns.] MAI). I)K SA1NT-GAUOKNS, lisant la lettre. Quel ton!., et quel style!.. Me déclarer qu'il est décidé à épouser ma nièce pour la sauver., (l'onsnanl, un cri d ^arrêtant.) Ah! grand Dieu! à la condition que j'accepterai, dans la troupe de Toulouse, l'emploi des duègnes et des mères Dugazon.. DARLKMONT, à Krncst. Malheureux!., un pareil alIYont!.. MAI). DE SAI\T-C.AUDENS. Et pour qui me prend-on'?.. ERNEST, avec colère. Eh parbleu! pour une tante de comédie, MAD. DE SAINT-GAUOKNS. Moi! la marqui su de Saint-Gaudcns! DARLKMONT. Madame la marquise.. ERNEST. Est-il possible.',. IBMHLsHp- 46 DARLKMONT. Eh! qui, diable aussi, a pu lui mettre m tête une pareille iùéel.. ERNEST, montrant Oscar. C'est monsieur.', qui, seul ici, tous connaissait.. MAI). I)E SAINT-GAUDENS, avec indignation. M. de Veineuse!.. OSCAH. Allons! nous n'échapperons point aux explications.. MAI). DE SAINT-GAUDENS, regardant Oscar. M. île \'eineuse.. ii qui je venais «le pardonne* une première inconvenance., et qui en commet une seconde plus forte encore.. OSCAll. Eh bfen! oui., que voulez-vous? la plaisanterie était un peu vive.. DARLKMONT. Et mon neveu n'est point coupable.. Coupable d'erreur, voilà tout.. Error in personà. MAI). DE SAIHT-GAUDEIÏS. El cette lettre, dont le style et les pensées., cette lettre inconvenante de toutes les manières, et dont je veux, pour sa punition, achever tout haut la lecture.. RKNEST. Crâre.. madame., grâce! n'accablez pas un coupable qui a perdu tout espoir de pardon.. M'achevez pas., déchirez la.. OSCAR, riant. Du tout., moi, je suis pour la lecture., je demande la lecture.. MAI). I)K SAINT-GAUDENS, reprenant la lettre, qu'elle parcourt. „Acceptez, dans la troupe de Toulouse, l'emploi qu'on „vous propose." Celui des duègnes! KRNKST, d'un ton suppliant. Madame!.. MAI). DE SAINT-GAUDENS, continuant. „Et je me charge alors du sort de votre nièce et du „votre.." (Avec ironie.) Que de bontés! (Continuant à lire.) „Sur quinze mille livres de rente que je possède, je „voii9 en donne dix., je vous les abandonne aujourd'hui, 47 Sur-le-champ., trop riche encore du trésor que vous me .^■edc/,, trop heureux de dérober aux dangers qui l'ettrirqn- ,'nenl, fatal de grâce-, et de jeunesse;." (jhioi! c'est là., ce que vous écriviez., à cette duègne, à celle femme horrible!, c'est bien, monsieur., c'est bien! il y a là des sentimens qui nous raccommodent un peu.. DAKI.KMONT. N'cst-il pas vrai?., il y a «lu lion. MAI). DE SAINT—GAUPENS. Et j'ai bien envie d'acceptër la donation.. Ernest. Ali! madame!.. Scène XXII. Les PnÊoÊDiar*, CLOTILDB. OI.OT1LDF, timidement. Ma tante., puis-je revenir?.. MAI). I)E SAIST-OitlDKSS. Eh! oui., oui., revenez, madame Darlcmont... CLOTILDK.*) Qu'entends-je?.. KKNKST. Ali! madame., nh! chère Clotilde!.. DAKLKMONT. Je réspire, mes enfans.. OSCAll. Quel tableau!., c'est pourtant moi qui ai fait ce mariage-la I 1 1 CLOTILDE, H avait doue raison, quand il prétendait qu'il finirait par vous désarmer.. Cela ne m'étonne pas, il a toujours eu pour vous et pour moi tant d'amour., d'estimé., de respect.. MAI), kk SAINT-GAUUKNt), souriant. Oui, mon enfant.. CLOTII.m . Aussi, et sans être curieuse, je voudrais bien savoir ce qu'il a pu \ous dire, et celle lettre.. *) DarlcaMnt, Krnest, Mail, de Saint-Gtudenl, Clotild», Oscar. 48 MAP. DE SAINT-GAUDENS. Je Ja garde pour moi., je la garde précieusement; mais le lendemain de (on mariage, je te Ja remettrai., ce sera ton cadeau de noces.. CLOTILDE. Merci, ma tante; car, puisqu'elle vous a fait tant de plaisir., je l'étudierai, pour tâcher de vous en écrire-de Un- tes pareilles. FINAL. Air de galop. ENSEMBLE. DAHLEMONT, ERNEST, M AD, DE * AINT-GAUDENS. Jusqu'au jour du mariage Nous devons à sa candeur Laisser ignorer l'outrage £ . . . r. . notre yue lui iaisait tre erreur. OSCAR. L'Opéra verrait, je gage, S'enfuir plus d'un amateur Si Ton était dans l'usage D'y trouver tant de candeur» CLOT1LDE. Kst-il un plus doux présage? L'époux ijuî, pour mon I>oiihcur # Ile ma tante a le suJFrage Etait choisi par mon coeur. F I y,