Répertoire du Théâtre français à Berlin. N 129. MICHEL PERRIN, COMÉDIE-VAUDEVILLE EN DEUX ACTES, par MM. MELESVILLB et CH. DUVEVRTER. Prix : 25 Sgr. (20 Ggr.) BERLIN, chez Ad. Mt. Schlesinger, Libraire et Editeur de Musique. (Untcr dcn Liudco Nr. 34.) 1834. PERSONNAGES. ACTEURS. MICHEL l'KKKIN, ancien curé . FOUCIIK, ministre........ DKSAUNAIS, chef do division JULES NE CRCSSAC..... Mr. FRANCISQUE. , Mr. VIAIII US. . Mr. HENRY. Mr. ALIX. BEKNAHD............... Mr. ISIDORE, THÉRÈSE, nièce de Michel Perrin. . Mlle. HDJilAN. '"' : *!S B iV**% éTM TI rvï| f\ 't, Commis. HtrismEM. » Censdarmks. a Scène se passe , au premier acte , tlans la chambre tle Miclicl Pétrin, Av deuxième acte, au ministère tle la police. Nota. Les acteurs sont placés en tete de chaque scène comme ils doivent l'être sur le théâtre. Le premier inscrit tient la gauche du spectateur, et ainsi de suite. — Les changement de position dans le courant des scènes sont indiques par des notes au has des pages. ACTE I. Le théâtre représente mie chambre très-simple, près des mansarde». La porte d'entrée au .fond, à gauche de facteur. Du même côté et sur le premier plan, la porte de la chambre de Michel Perriu. Sur le deuxième plan, une cheminée avec un réchaud en terre. A droite et au fond, la porte qui conduit à la cuisine. Du même côté, sur le deuxième plan, une croisée. Quelque* chaises de paille et deux petites tables, dont l'une est couverte de livres et de -papiers. Un miroir au-dessus de la cheminée. Scène I. BERNARD, seul. (Il entre par le fond, et écoute à la porte à droite.) J'ai trouvé la clé chez la portière.*. Thérèse n'est pas encore rentrée... tant mieux! ça me donnera le toni|>s de me remettre!... C'est-il drôle! je -viens d'avoir peur.... moi, un soldat de l'an III, un vainqueur d'Arcole! qui ai brûlé plus d'une foi la moustache des ennemis!... et a\ee agrément, j'ose le dire; qui, dernièrement encore, au 18 brumaire, malgré «pie je sois rentré dans la menuiserie et le civique, avais repris ma clarinette de cinq pieds pour donner un coup de main à mon petit général... Ah! dame! c'est que mon général Bonaparte... oh! oh! ne badinons pas... Ain: Vaudeville du Baiser au porteur. Au Saint-Bernard et sur le pont d'Arcole, Toujours près d'iui, lïans un jour de combat'. C'était mou drapeau, mon idole.... Kt, nuoiqu'ça ne soit plus mon état, Des qu'on 1' menac', je suis encor soldat! Car, en prenant mon congé de réforme, J' n'ai pas r'noncé, je m'en souvien, 1* 4 Au droit qu' j'avais quand j' portais l'uniforme, !>' donner mes jours pour conserver les siens. Enfin, j'ai eu peur... j'ai tremblé (lovant on blanc-bec, un muscadin en cadenettes... (Apfèi un tilence.) C'est que c'était bien lui; je l'avais déjà reconnu, avant-hier, quand, au milieu de celle foule, il m'a glissé à l'oreille, en pas- sant: „Ne dis ii personne que je suis à Paris." (Autre ti- lence.) as, Le bonheur conduira tes pas. THÉRÈSE, souriant. Vous veniez finir notre armoire, n'est-ce pas'? BERNARD, galinent. J'allais me mettre à l'ouvrage. (Otant son bonnet et retroussant ses manches.) C'est commode, tout de même, d'avoir apporté un établi dans c'te petite cuisine, qtà ne servait pas à grand' chose, THÉRÈSE, soupirant. 0 mon dieu! à rien du tout... par de bonnes raisons. BERNARD, Ça fait qu'en passans, je puis donner un coup de rabot a vol' mobilier; et plus tard, on fera mon cabinettravail. T11ÉKÈSK, posant le pain et le lait. Sur quoi aviez-vous donc besoin d'un conseil, tout-à- l'heure 1 BERNARD, avec embarras. Oh! sur rien... une affaire de menuiserie... une per- sienue qui vient tout de travers... THÉRÈSE, le regardant. Vous mentez, monsieur Bernard. BERNARD. Moi?.,. THÉRÈSE, le menaçant. Vous mentez; ce n'est pas cela. Air: de la fiancée du Poitou, Car vous avez rougi, Et j'en étais bien aise : Je m' disais, n' vous déplaise, Dès qu'il s'ra mon mari..., 11 n' pourra pas, je gage, Me tromper en ménage .... Sans qu' je 1' sache, avant lui! BERNARD, riant. Vous (totcz? THERESE. Ensuite... depuis deux jours... \ ous êtes triste... inquiet "? 6 ISKRNAKD, ;1 p«rt. Est-ce qu'elle mirait vu mon jeune nomme? (Haut.) Moi? du tout... TIIÉHKSR, vivement. Comment, monsieur, vous n'êtes'pas triste, malheureux, quand notre mariage est encore retardé... Ali! bien! c'est joli!... BEKNAKD. Si fait... Qu'est-ce (|ue je dis donc?... je suis furieux!... Mais pourquoi notre mariage est-il retardé? TllKltÈSE. C'est tout simple: vous savez combien j'aime mon oncle?.... beh&axd. Et moi doue! je me mettrais au fen pour lui! le citoyen Michel Perrin... on si brave homme! thkkèse. Et un si bon coeur! si attaché à ma mère! Quoiqu'il ne fût pas riche! un pauvre petit curé de campagne, c'est tout dire! il nous envoyait sans cesse de l'argent, des cadeaux; et quand il est arrivé ici pour chercher an asile, ;i—1 — il été désolé de ne plus trouver... que moi seule!... (Elle essuie une larme.) BIUMID, vivement. Et moi, qui ne vous abandonnerai jamais... ni votre oncle non plus. Mais comment ont-ils en le coeur de le renvoyer de sa cure? Si celui-là a jamais conspiré, par exemple) tjh'.uèse. Ce ne sont pas les habitans... il en était adoré. Et d'ailleurs, il ne se mêlait de rien que de donner aux pauvres. Mais v'Ià qu'un beau jour, on entend battre la générale: c'étaient les représentai, nui étaient furieux de ce qu'on n'avait pas trouvé de suspects dans la commune, et qui venaient chercher eux-mêmes. BJtnÎTARD. Des suspects?... Ah! oui... les plus braves gens!... THl':r, î:si;. Mon oncle ne pouvait pas manquer d'en être. 11 fut obligé de se sauver, la nuit, sans ressources] et pendant trois ans, nous n'avons su ce qu'il était devenu. BIHNAHD. Ab! Dieu merci. 1 ... ce lemps-là ne reviendra (dus!... Mais qu'est-ce que loin ta l'ait à noire inaria-c!?... V'Ià 7 voire oncle auprès d'vous,» il ne peut manquer d'avoir une lionne place... THKRÈSK, soupirant. 11 ne la tient pas encore!... BERHAAD. Laisscz-done! un homme qui est instruit comme... la Bibliothèque nationale!... qui s'iait de l'institut d'Egypte, s'il voulait? TU KM KSE. Oui, mais il est si simple! si timide!... un enfant lui ferait croire ce qu'il voudrait!... Tous les matins, il court pour trouver d'anciens camarades de collège, qui pourraient lui être utiles... 11 n'en rencontre pas un. BEHXAUD. Comment fait-il donc son compte ? THERESE. D'abord, il ne sort jamais sans se perdre! ensuite, il s'arrête à chaque pas pour lire les affiches sur les murs. BERNARD, riant. Diable!... il doit rentrer tard. THERESE. Pendant ce temps-là, il faut vivre... la couture ne va pas fort. BERNARD. C'est comme la menuiserie. THKKESE. Toutes mes économies y ont passé... {le regardant en dessous) et même celles d'une outre personne... BblRNAKD, embarrasse. Comment ? THÉRÈSE, do même. Oui, plus d'une fois, j'ai trouvé dans mon panier à ouvrage des secours... ses petites épargnes, sans doute?... Vous direz à celle personne que je ne veux plus de cela, entendez-vous, monsieur Bernard ? BERNARD, vivement. Et pourquoi donc, mamzellei Est-ce que mon argent n'est pas le vôtre ? Et puisque nous devons nous marier... THERESE. Justement... c'est alors que vous vous tueriez pour nourrir toute la maison! Je n'entends pas cela... voilà pourquoi j'ajourne le mariage. 8 BERNARD. Mais pourtant... THÉRÈSE. Du reste, faut pas vous tourmenter..; j'ai encore île quoi aller pendant quelque temps!... (A pari, en regardant une pièce de monnaie.) Oui, une pièce de trente sous pour notre dîner... c'est la dernière... (avec un soupir) et elle me coûte cher) Scène III. Les Mêmes, MICHEL PERIUN, en dehors. MICHKL l'KHRIN, dans la rue. Thérèse!... Thérèse! THÉRÊSB, à Bernard. C'est lui!... (Allant à la fenêtre.) Où ètes-vous donc, mon oncle? MICHEL FERRIJST. Dans la rue, ma bonne. THÉRÈSE. Eh bien! montez donc!... MICHEL l'ERRIIT. Je ne peux pas, je suis en fiacre... jette-moi (rente sous.... j'ai oublié do prendre de l'argent. THÉHKSF, A ]>ar». Je crois bien!... (Enveloppant sa pièce dans du papier.) Adieu, noire dîner... (Jetant le pupier par la fenêtre.) Voilà, mon oncle. MICHEL PERMIT. Merci, ma bonne. THÉRÈSE, à part. Heureusement que le déjeuner est payé. (A Bernard.) Ali! ça, monsieur Bernard, soyez gai... que ce pauvre oncle ne se doute jamais qu'il peut m'ètre à charge, au moins. BERNARD. So\ez donc tranquille. Je veux qu'il se donne au diable, tout curé qu'il est... Vous croyez que j'irais lui dire que depuis qu'il est ici!,., vous ne savez comment suffire. 1 ... Pauvre clier homme, il y aurait de quoi le (uer... Laisses donc... je ne suis pas si maladroit, et... finit! le voici. 9 Scène IV. Les Mêmes, MICHEL PERRIN, entrant par le fond. terrin. Ouf!... cent deux marches tout d'une haleine... ça n'est pas mal, à mon âge... Et ce cocher qui me demandait pour boire!... comme je lui ai dit: ^Citoyen cocher, mon cher ami... la plus belle fille ne peut donner que..." {Donnant une 'poignée de main à Bernard.) Bonjour, mes enfans! bonjour, Bernard. BERNARD. *) Salut, citoyen Perrin. PERRIN, embrassant Thérèse. Et toi, ma petite Thérèse!. .. (La regardant avec attendrissement) je ne t'ai pas vue d'aujourd'hui, et si lu savais quel plaisir j'ai à le regarder... (A Bernard.) C'est qu'elle ressemble à sa mère, à ma bonne Madeleine... Air : de Teniers. Oui, plus je vois ma Thérèse chérie, Plus je crois revoir dans ses traits, Ceux d'une soeur, ceux d'une amie... Oui, c'est elle que j'adorais! (La regardant avec émotion.) Dans ses yeux sa bonté respire... C'est son regard pour me charnier, C'est sa bouche pour me sourire ,,, THÉRÈSE, tendrement. Et c'est son coeur p.our vous aimer. PERRIN. Et sa petite moue, quand elle me grondait— parce qu'il faut vous dire qu'étant jeune, je n'avais jamais le son. BERNARD, à part. 11 me semble qu'à présent c'est absolument la mémo chose. PERRIN, toujours attendri. Et c'était Madeleine qui me glissait la pièce blanche, pour retourner au séminaire... Pauvre soeur!... et dire que je suis arrivé trop tard! THKRKSE, avec tendresse. Allons-, mon oncle, ne parlons pus de cela. *) Thérèse, Perrio, Bernard. 10 PKRRIN, se remettant. Tu as raison... il ne faut pas s'attendrir, quand on a des allàires!.. Mais, c'est égal, je ne mourrai coulent que lorsque je t'aurai vue heureuse, mariée à un honnête garçon de ma connaissance... (Il regarde Bernard de loin.) TIIKUÈSK, A part. Cher oncle! PRRH1N, allant à Bernard qui est à l'autre bout «lu théâtre et lui montrant Thérèse, (jui va auprès de la cheminée. Pis donc, Bernard, j'ai trouvé le cadeau que je veux lui faire le jour de vos noces... une demi-douzaine découverts d'argent... Ne dis rien.'.. J'ai déjà vu l'orfèvre L . c'est lu première chose que j'achèterai... dès que je sciai en fonds. BKRNAKI», à part. Qu'est-ce qui ne se mettrait pas en quatre pour un brave homme d'oncle comme ça!... PBRR1N, haut. Ah! ça! Bernard, tu venais nous demander à déjeuner? BEIIUARD. Moi?... Oh! non... pmjlin. Ne vas-tu pas faire des laçons?... Thérèse, dis-lui donc que c'est ridicule. TlIliUKSR, près do la cheminée. Certainement, monsieur! j'ai compté sur vous. HKKXA11I). Ah! si vous avez compté... c'est diJlérenl. (Ilpasse à droite du théâtre.) PftRRIN, se (Vouant les maint. El liens-loi bien, mon enlànl. Si Bernard est connue moi, ion déjeuner trouvera à qui parier! Le grand air... la satisfaction.., BRRNARI), vivement. Vous avez donc réussi? THKRKSH, venant auprès de son oncle *). Comment, mon oncle? l'KURJN, d'un air triomphant. Ah! von., ne vous v allendiezpas... toi, surtout, Thérèse, qui me répétais sans cesse que je n'eu viendrais jamais ii bout... •J Bernai li, P«rriu, Thérèse. Il THÉIIÈSE. Vous avez une place!... PERMÎT. Que ne demandeç-tti tout de suite si je ne suis pas second consul'?... Ça ne marche pas si vite, mes enl'ans! niais les choses sont en bon train. THÉRÈSE. Vous avec donc trouvé vos anciens camarades de Juillv? TERRIS!. Précisément. BKKNARD, regardant Thérèse. C'est-il heureux ! THÉRÈSE. Contez-nous donc cela, mon oncle. PER1UN. J'ai d'abord été chez Camus... tu sais, le petit Camus ... Oh! non, tu ne sais pas! un ancien camarade!... [1 venait d'être nommé directeur de l'enregistrement des Bouches- ilu Rhône, et il était parti. THÉRÈSE. Parti!... PERMIT. Ensuite, chez le gros Bri»onnet... un tapageur!.. 11 est colonel à l'année du Danube. THÉRÈSE. Ainsi, vous ne l'avez pas vu non plus'?... PERMIT. Ne voulais-tu pas qu'il quittât le Danube pour me recevoir"? Mais 1b troisième n'était pas parti, lui! BERNARD. Ah! PERMÎT. Un inspecteur-général des vivres!... j'avais sou adresse: faubourg du Roule. n°- 87. Et jugez de mon bonheur!... c'était son jour d'audience! THÉRÈSE. Enlin! PERRIÎÎ. Il n'v avait qu'une chose qui me déplaisait... tout en marchant je me disais: lin jour d'audience... c'est indiscret! M Il y aura une foule.. et puis, le plaisir de me voir... il va Douanier ses affaires... renvoyer tout |e mande i ISKKNARD, souriant. Oh! il n'y avait pas de danger!..! PEU MIN. Knlin, j'allais toujours... Quand je crois être arrivé, je lève le nez pour chercher mon n°- 87... faubourg du Roule... et je lis au coin d'un mur: ,,1'Jacc de la Bastille!" ItKItNAun. Comment'?... rEitKiir. Ah! ah! je dis: ce n'est pas encore là!... J'entre chez un cordonnier pour savoir un peu dans quel pays je me trouvais. (Riant,) Juste! à l'autre bout de Paris!,.. Il lirait qu'au lieu . Avant d'aller en Italie, il avait brûlé quelques cartouches... là-bas, vous savez bien... cette autre guerre... si iriste!.. (poussant un soupir.) vu que l'ennemi parlait français comme nous, et qu'il se battait à faire plaisir à voir> PKRRIN, soupirant aussi, lll coupe des tartines.) Ah! oui. *) Bernard, Perrin. 15 HEIIVAHD. Mon camarade; qui était dans les bleus, rencontre (in juin les a'utres... Aux premiers coups il tombe.'... il allait être haché, quand l'officier ennemi, un jeune homme, l'apeVçblt! Air: Bpqux Imprudent, Près de lui soudain il s'élance, 11 le relève, il le défend... A son courage il dut son existence. Perrin, attendri. Digne jeune homme ! RERNARD. vivement. Ah! pour lui sûrement Chacun de nous en aurait fait autant! De pareils traits ne doiv'nt pas vous surprendre,.. Kutre ennemis nobles et généreux, Lorsque l'on pari' la imW langue tous deux, 11 est si iacil* tic s'entendre, PKRItlN, enchanté. ("est très Itifn!.. Mais je ne vois là rien d'embarrassant. îiKn n Min. Attendez donc; c'est que mon ami a rencontré son pe- tit officier... ici, à Paris! L'EKltlX. Eh bien! BERNARD, l'échauffant. EU bien! qu'est-ce qu'il y vient faite? PKRRlN, froidement. Eh bien! est-ee que cela le regarde.. BERNARD, s'animant. Songez doue qu'il était déguisé, et que le parti pour lequel il s'est battu ferait croire naturellement... RGKHIN, souriant. Tu crois qn'il viendrait faire tin 18 brumaire aussi, lui'?... Ps'l il ne s'est pas le\o assez matin pour ça! D'ailleurs, qu'est-ce que veut ton camarade? sur des soupçons... le dénoncer? faire le métier le plus vil, le plus lâche: celui d'espion! BERNARD, repoussant cette idée. Ah! PRRRIN, sérieusement. Qu'il y prenne garde, Bernard! l'honneur d'un soldai doit être pur el sans tache! Le secret d'un ami est, pour (oui honnête homme, comme le secret du confessionnal: il doit môurii dans le sein de celui qui l'a reçu. (Changeait/ 10 de ton.) Qui te dit, d'ailleurs, que ce jeune home n'est jias ii Piuis pour tout autre chose?., pour faire sa soumission, pour prendre du service ? il est peut-être de l'armée de réserve! BKRNARD, avec joie. Vous croyez'? l'EKIUY. Laissons faire le premier Consul, mes enfant; il n'est pas maladroit, voyez-vous; et dès que le gouvernement pense (pie... TIIKRÈSK, posant sa casserole Sur la tahle. Allons, laissez là le gouvernement, et déjeunez. PKRHIN, griment. Thérèse a raison! laissons le gouvernement tranquille, et déjeunons!.. (A TAérètt.) Mets-toi là, ma petite... entre nous deux! (Thérèse s'assied à table èiitre Bernard et Perrin.) Une odeur excellente, ce café!.. Chère enfant, c'est cpie maintenant c'est toute ma joie!.. (Regardant Thérèse.) Je la vois encore, quand elle est venue m'ouvrir la porte!., sa petite mine... une toilette modeste... avec sa petite croix au cou... (La regardant avec surprise.) lih bien! Thérèse, où est-elle donc, ta croix? THKRKSK, embarrassée. Ma croix!.. l'KRRIN. C'est celle de ta mère... elle ne doit jamais te quitter ... Elle n'est pas perdue, j'espère'? THKRKSK, embarrassée. Non... non, mon oncle... je l'ai donnée... hier malin ,à raccommoder. BKRNARD, naïvement. I5ah! vous l'aviez encore hier soir... (Thérèse lui marche sur le pied.) Oh!... l'ERRlN. Qu'est-ce que c'est ? liEltlTARI). Rien... rien... citoyen Perrin,.. j'ai rencontré le pied de | :i table... i-citniN. Mais, enfin celle croix'?... BKRNARD, sans voir les signes de Thérèse. Mon dieu! il ne font pas vous inquiéter, aile/.... c'est qu'elle 17 n'ose pas vous «lire... ça arrive tous les jours, dans no» états!.. Un moment de gêne, un surcroît de dépenses... qu'on n'attendait pas... PRRK1N, frappé. Ah!... j'entends!.. (Il se lève lentement et jette sa 6ervictte sur sa chaise.) THÉllÈSE. Eh bien! mon oncle... qu'avez-vous donc? l'KRIUN, éinn. Rien!., rien... je n'ai plus faim. TIIKKÈSIt, se lerttrt, Comment... vous qui tout-à-l'heure ... PKKK1N, de même. Oui, je croyais... on s'imagine, comme ça... une le grand air... l'exercice... et puis, pas du tout... c'était une fausse faim. TIIKHKSK, allant à lui. Ah! mon oncle, je vais croire que mon café... PKKK1N, plus ému. Ton café, chère enfant!... il est comme lui... ce qu'il v a de meilleur, de plus parfait au monde! (L'embrassant sur le front ci. d'une cui.u émue.) Et moi qui ne m'apercevais pas!... Pauvre petite!... un ange! qui se sacrifié... (Essuyant une larme.) Ah! ça ne peut pas durer comme ça... (11 rentre dans sa chambre qui est à gauche.) Scène V. BERNAIU), THÉRÈSE. THfcKKSK, après un silence. Là!... vous avez fait de belle besogne! BBRNAHD, interdit. Est-ce que je pouvais deviner'?... Est-il susceptible! (11 se lève, et replace la taMc auprès de la fenêtre.) THÉRÈSE. 11 y avait une heure que je vous marchais sur le pied... Mais vous ne comprenez rien. 11 sait maintenant que nia croix est en gage, et il est capable de se laisser mourir de faim... Michel Parla. Rcp. No 129. 2 IS llKliXAIt Dé Allons, mainzcll»', ne pleurez pas; il faut absolument la lavoir, cette croix. THÉRÈSE. Et comment? BERNARD, tâtant ses poches. Je m'adresserais bien au bourgeois; mais je suis déjà en avance d'une quinzaine. THICRKSR. Attendez!... j'ai un mémoire chez une belle «lame... qui me renvoie toujours; ces gens riches, ça ne paie jamais! Mais aujourd'hui, je la prierai tant... 1IKHNA1U). , Je vas vous accompagner... TH&RË8K. Non; restez près de mon oncle... BERNARD, voulant prendre son bras. Pourquoi donc'?... nous revendrons plus vile... [La porte du fond s'ouvre, Jules paraU.] THÉRÈSE. Ah!... un étranger..! BERNARD, à pari. C'est mon diable de jeune homme! Je ne pouvais pas l'échapper. Scène VI. Les Mêmes, JULES, habillé à la mode du temps. JULES *). Eh! le voilà, ce cher Bernard! Parbleu! j'arrive a temps... tu ne m'attendais pas! BERNARD, embarrassé. Non, vraiment... je suis enchanté.'.. JULES. J'ai passe chez ton maître menuisier, qui m'a dit que lu ne bonocais plus d'ici. (Kegardanl Thérèse.) Je n'en suis pas étonné. *) Thérèse, Bernard, Jules. 16 THÉRÈSE, A Bernard, lias. C'est un de vos amis? BRRWARD, idem. Oui... Une connaissance de l'armée. {Haut.) J'allais sortir... JULES. J'en suis fâché; car il faut que je te parle. THÉRÈSE. Mon dieu, ([ne je ne vous gène pas, messieurs... causez tout à votre aise... je me sauve. BERXAHD. Comment! Mais permettez... Air: Walse du duc do Reichstadt. 11 faut accompagner sa femme. THÉRÈSE. Restez donc tous les deux, Des que l'amitié vous réclame, Restez donc, je le veux. [A mi-voix ] D'avance faites vos études, Puisqu'on doit nous unir... Prenez les bonnes habitudes. [En riant.] Et tachez d'obéir. ENSEMBLE. BERNARD Ct JULES. Puisque l'amitié me réclame, ■ vous " Demeurons tous les deux; Il faut obéir â sa femme ; Je me rends K, a ses voeux* enuez-vous THÉRÈSE. Puisque l'amitié vous réclame, Rr.stez donc tous les deux: 11 faut obéir à sa femme; Hestez donc, je le veux, [Kllc sourit ù Bernard, fait un© petite révérence à Jules, et sort par le fond.] Scène VI. BERNARD, JULES. .IULES, regardant sortir Thérèse, Très jolie, ma loi! je t'en lais mon compliment. ( Voyant 20 son air contraint.) Ah! ça, mais dis-moi donc, Bernait lu me fais une singulière figure: est-ce que- ta as déjà oublié... KKRNARD, vivement. Que je vous dois la vie? Non, vraiment; et plût au ciel tjue je pusse vous rendre le même service, au prix de tout mon sang! Vous veniez <|ue Bernard n'est point un ingrat Mais c'est justement parte <|iir je vous suis dévoué, parce que je sais que vous êtes un brave et digne jeune homme, que votre présence ici me fait trembler. J'ignore quel est votre nom, voire rang; mais le drapeau sous lequel je vous ai connu, le parti que vous défendiez: tout me dit que vous courez des dangers à Paris. JI.'LKS, froidement, Aucun. KKRNARD, étonné. Comment! Vous avez donc renoncé?... JULES, de même. Absolument. KKRNARD, avec joie. Est-il possible? JULES. Nous suivions une fausse route. La guérie civile ! des déchirement intérieurs! lorsque nous voulons tous la gloire et le bonheur de notre belle France! Fi donc! c'était une folie!... j'ai changé de projet. KKRNARD, lui serrant la main. Ah! vous n'imaginez pas le bien que vous me faites. Maintenant, disposez de moi, de ces jouis qui vous appar tiennent: je serai fier de les exposer pour vous. JULKS, lui fendant la main. Touche là: j'j complais. BERNA» I). Auricz-vous quelque insulte à venger? JULES. Non!... {se reprenant) mais, avant tout, pourquoi as- tu donc quitté le service si jeune? BKKNARD, montrant sa main. Rapport à une blessure... JULES. Qui ne t'empêchait pas de manier un fusil. KKRNARD, lottriant. Non; mais un peu d'humnn ..'< un passo-droil... 21 julgs, i part, Nous y voilà. (Haut.) Et si l'on t'oitVait l'occasion de regagner le grade que tu mérités? BKiiXAHD. Comment? JULKS, baissant la voix. Chut!... Une expédition secrète se prépare. BERNARD, û part. L'oncle avait raison... l'année de réserve. (Haut.) Une expédition pour le bien de la France. JULES. Pour le bien de la France. BERNARD, se grattant l'oreille. Diable!... Un grade'? JULES. Et cinquante louis d'avance. RKHNARD, étourdi. Cinquante louis! Dieu! une fortune! Ce pauvre oncle 1 Thérèse! je pourrais les secourir, me marier, à mon retour! (Hàtll.) C'est dit, je suis prêt. JULES, lui donnant un papier. Mets ton nom là-dessus. BERNARD, gaîment, et allant à la table pour signer. De tout mon coeur! et vous Verrez un luron qui ne boudera pas. (Regardant le papier.) Tiens! quels Broies de noms! Il n'y a donc pas d'anciens camarades'} (Lisant.) „Leeogneux, Lanori, Jean Durand..." JULES. C'est moi. BERNARD, le regardant. Vous? Laisse/, donc! vous ne vous appelez pas Jean Durand! vos soldats vous donnaient un titre... JULES, avec impatience. Qu'importe? BKRNARD, jetant le papier sur la table et allant A lui. Ah! un moment! des noms supposés! Ai h: Les Russes m'ont rendu visite. On n'y met point tant de mystère Lorsque l'on va droit son chemin. Cette entreprise à l'honneur est contraire; Oui, maintenant j'en suis certain, Je veux savoir quel est votre dessein,,,. 22 Parlez, Monsieur, tout ici vous accuse!...• A vos projets comment peut-on Prêter son brai v , qMuiil on refuse De leur prêter le secours de son nom ? JULES. Quelle idée! rernard. Non, monsieur: et j'exige avant tout que vous me disiez... JULES. ' Eli bien! puisqu'il le faut absolument... Silenec! voie! quelqu'un. [Il lui serre la main.] Scène VIII. Les Mêmes, MICHEL PERR1N sortant de sa chambre; il a l'air rèreiir. PKRRIN, à lui-même, Oli! ça ne peut pas durer comme cal (7/ aperÇùft les deux jeunes gens.) Hein! qu'est-ce que c'est ? BERNARD. Ne faites pas attention, cher oncle! un de mes amis... le ciloyen... JULKS, l'interrompant. Jean Durand. PKRRIN, préoccupé. Le citoyen Jean Durand'?... il rient nous demander à dîner 1 {A.part, te reprenant.) Qh! qu'est-ce que je dis donc? BERNAIU). Du tout, c'est pour une ailaire... JULES. Une commande très pressée... PKRRIN, passant à droite et s'asscyant près de la table. Bien... bien!... causez, mes enfans; que je ne vous o'êne pas. BF.RNARD, bas à Jules. impossible devant lui. ( Montrant la porte de la cuisine.) Mais j'ai là mon atelier. JULKS, bas. A la bonne heure... car je ne le quitte pas que lu ne sois des noires. 23 i;KP.N Util, I entraînant. El moij 'i'"' F '"' sache h»**». Vte*e»! venez! [Ils disparaissent. J Scène IX. MICHEL l'EIÏKI.Y mti$, à lui-même. Oh! bien décidément, ça ne peut jias durer commo cm... Pauvre pétrel,. Et moi qui iie m'aperçois »Ie rien... je roe promène, je dors, je mange!.,, (avec un soupir) j« mangé deux foi"* plus qu.?» l'ordinaire !. . . c'est vrai, ra a l'air d'un fait exprès... L'inquiélude, l'agitation, me donnent des appétits désolans!... El voilà vingt-deux joins... oui, ma foi, je suis arrivé le premier déeadi... vingt-deux jours que je vis à leurs dépens... qu'ils se privent de tout, qu'ils vendent même!... (// se lève cl marche avec agita/ion.) Ali! Michel! Michel! toi qui devrais être leur appui, leur providence,,. (D'un ton résolu.) Allons, il faul prendre un parti... il faut travailler, n'importe à quoi.,.. Après tout, j'ai des liras connue un autre, et je ne vois pas pourquoi un ancien curé... Air. Tenez, moi je suis un ho» homme. Par malheur, je ne sais rien faire; [Montrant la cuisine.] Souvent j'ai voulu m'essayer Avec Rcrnard .. . j'en désespère! Je suis très mauvais menuisier!.,, .l'ai beau me retrousser la manche, 1(1 me démener comme un fou..., [Faisant le ligne de scier.] Je prends mon genou pour la planche, [l'aisant le signe de clouer.] Kt je prends mou doigt pour le clou. Et alors ce sont des Jiisloires de compresses et de cala plasiues à n'en plus finir! Mais il y a d'autres occupations ... des écritures... (Il aperçoit le Jour/ta/ sur la tablé'.) Alt! ce journal! voyons un peu dans les annonces... (il s*assiéd et prend le journal) car les amis... je n'y compte plus... D'ailleurs, il n'y a pas un moment il perdre. (Parcourant le journal.) Ilum! ,,0n désire trouve)- un homme intrnil et probe..." Voilà mon allàire! „qui soit en étal de verser vingt mille lianes dans un fonds de commerce..." Votre serviteur... Allez doue demander viiiiil mille lianes à un homme qui n'a jamais pu inethe deux sous de côté. (Lisant toujours.) „Armée de réserve...'' Voilà mon mal- 24 heur, c'est que je n'ai jamais eu d'armée de réserve!... (Regardant toujo/lrs le journal.) ,,Le ministre de la police générale rappelle l'arrêté des consuls du 7 ventôse..." Ah! mon Dieu! qu'est-ce que je vois là!... Signé Fouché. (Avec joie.) Fouché!... est-ce que ce serait Joseph Fouché ... mon meilleur ami, mon Camarade des Oratoriensl Par exemple, celui-là n'aurait rien à me refuser... (S'arrêta///.) Oh! non! quelle apparence! lui, ministre!.,.. Et pourquoi pas? on a vu tant de choses... Il avait de l'esprit... bon enfant, mais adroit et rusé comme un chat... 11 aurait bien pu se faufiler... (Se levant.) Si j'y allais'? Non: s'il me recevait mal, je serais forcé de ne plus l'aimer... j'aime mieux lui écrire; s'il ne me répond pas, je dirai: ce n'était pas lui, et il n'en sera ni plus ni moins... (courant à la table) c'est cela! J'ai justement là une feuille de papier... je n'en ai qu'une, par exemple, mais je ne peux pas l'employer pour une meilleure occasion!... (S'arteyant cl prenant la plume.) Mon pauvre Joseph!... la main nie tremble rien que d'y penser... (Ecrivant.) Citoyen ministre... (A lui-même.) 11 ne peut bas m'avôir oublié, nous étions faisant à Juilly, et plus tard, répétiteurs de philosophie à 'Nantes... Mais maintenant qu'il est ministre, il ne se soutiendra peut-être plus d'avoir été philosophe... (Ecrivant^) Citoyen ministre! (On Jrappe uu fond.) Entiez! Scène X. MICHEL PEHRIN, d la table, FOUCHÉ, en redingote bleue, trèt simple, du matin. KUrcllK, au fond, Je crois que je me sois trompé de porte. PKRH1N, écrivant. „J'ai l'honneur de te demander..." je n'ai jamais beaucoup aimé le tutoiement républicain; mais entre camarades ... (écrira///) „de te demander une audience particulière." FOUCHÉ, à part. Le plus sûr est de m'informer. (A Perrin.) Le citoyen Michel Perrin? l'K.liniN, levant le nez. C'est ici... (voulant le faire asseoir) donnez-vous donc lu peine... FOUCHÉ, le regardant a part. Eh! mais! rosi lui! oui, vraiment! Bon Michel!... il n'est pas changé, 25 PRRRIN, la plume en l'air. Puis-jo savoir ce qui DM procure ?... FOUCHK. Je viens de ht part... d'un de vos amis... l'KKRIN, cherchant. Un de mes amis'? FOUCHK, a part. Il ne me reconnaît pas! l'KRRIN, a part. Alt! peut-être mon directeur des vivres qui envoie... (liant.) Mille pardons, citoyen, je suis à vous... c'est que j'écris à mon ami Joseph... FOUCHÉ. Joseph Foucht': 1 ? le ministre? l'KKRIN, vivement. Décidément, il est dont; ministre!... Ali! vous le connaissez aussi? TOUCHÉ. Fouché!.. Beaucoup. PEKRitr. Alt! vous le connaissez!., et dites-moi, est-il toujours bon enfant'? Croyez-vous qu'il me recevra bien? FOUCHÉ, souriant. Lui!... 11 est capable de venir vous voir le premier. rïR h i v. Alt! bah! comment saurait-il jamais que je suis ici'?.. Pauvre homme! il ne peut pas..'? FOUCIlfc. Pourquoi dune'? dans sa position, on doit lui rendre compte de toutes les personnes qui arrivent à Paris; il aurait pu voir votre nom... et le nom d'un ami d'enfance est si doux à retrouver!... On le croit dur, insensible, parce qu'il estime ce qu'ils valent tous ceux qui l'environnent! Mais, un ami, un véritable ami! ce serait une bonne fortune inespérée... et s'il sait que vous êtes à Paris, depuis un mois, sans être venu le voir! comment donc, se dira—t—il, parce que je suis minisire, je crois que Michel fait le fier. PERMIT. Le lier!., moi!., nn si hon faisant.' (nourianl.). Mais ce nom de Michel... il vous a donc parlé de moi'?.. FOUCHf:. Sans doute. 26 PF.RKIN, fmu. Est—il possible.'V. il n'a pas oublié ce temps où tout était commun'?.. FOUCIlfi, vivement. Les livres, 1rs pensums du père Viel..'. PERRIKa Les confitures que sou père lui envoyait... POUCHK, s'animant. Toujours partage égal,'.., P8KHIN, de même. OJi! non,... il avait déjà de l'ambition,., il lui fallait toujours les tartines les plus longues... mais c'était juste ... il me donnait on coup de main dans nies thèmes. FOL'CHÉ, vivement. Que vous lui rendiez dans ses querelles... l'KItlilN, souriant. En coups de poings! c'est vrai! j'étais petit... mais tout nerfs!... Je me rappelle, entre autres, un superbe combat... le combat des Horaces... trois contre trois. FOUCHR, retrouvant ses souvenirs. Oui, oui... Joseph venait d'être renverse... nui i K) D'un coup de Gradus ail f) armaitumt im cnf:. Nous vous élancez comme un lion... PKRKIN, fermant 1rs poings. Comme nn tigre!.,, et je reçois la |tlus belle tape?.,. FOIjC'IIK, le regardant avec intérêt cl montrant le sourcil. La !*.è la !.., l'KRHI\, s'animant. Mais j'étends mon gaillard.'... pas du lotit... je ne voyais pas un grand... FOUCHK, vivement. Mathieu..! l'KItlilM. (j)tii accourait derrière moi... FOI < Mi:, l'oubliant. t'est alors ijtie je le cric; ,,1'r.....Is uatdc a loi, Michel!" l'KKHIN, interdit et le regardant. Comment! tu m'as crié: Vous m'avez... lu... t»i 27 FOrCHK, lu! ouvrait so9 bras. Eh!... allons «loin!... voilà une heure une; lu mirais du me sauter au cou!,.. PKRR1N, dans ses bras. Joseph!... mon bon Joseph!... (tPwte voi.r émme) il serait possible!... Oh! oui, e'est loi... e'est bien loi!.... car tu as les larmes aux yeux! FOUCHÉ, attendri. Michel!... PRRRIN, s'essuyant les yeux. Ah! que ça fait île bien!... Jene t'aurais pas reconnu! ... comme tu es changé, mon pauvre Joseph... mais c'esl égal!... Ain: de Colalto, Oui, je retrouve tous ces traits Que j'ai chéris dès mon enfance! .. . Kt, j'en suis sûr, même au fond d'un palais, Ton cucur n'a point change dans cette longue absence. (Lo regardant.) Non, je le vois... et cet air attendri Doit m'enlcver toute crainte sinistre!. •• FOUCHÉ, parlant. Comment?... PRRRIN, achevant l'air. On craint toujours dans les yeux d'un ministre De ne plus voir le regard d'un ami!... FOUCHÉ. Quelle folie!... tu avais peur de moi?... PERMIT. Ecoute, donc!... dans ta position, entouré des heureux que tu fais... d • gens les plus distingués. FOUCHÉ, souriant. Hum! mon ami... c'est bien mêlé] l'K.lWUN. Un beau ministère!... car je ne suis pas au murant de tout cela... niais tu as un beau ministère!... FOUCHÉ. Le plus important, du moins!... VKlilUN. Et tu t'en acquittes bien. FOUCHK, souriant. l'as trop mal... 28 ri:iuux. Tu fais If modes** 1 ... je suis 8lir que lu y «s adoré ? hOLCHK, secouant la tête. Oh! l'adoration!-.'."', ce n'est pas précisément là ce qu'un ministre inspire!... On est injuste dans le monde! on veut de l'ordre, du calme, et l'on ne tient pas compte «les difficultés... (Regardant sa montre.). Mais, pardon, voiei l'heure du conseil... il faut que je le quitte. Ah! ça, Michel, lu viendras me voir'?... le malin... nous causerons... PKRRIN, Alourdi. Comment! comment! tu vas déjà me quitter? FOUCHk'. Mes collègues m'attendent. (Il fuit quelques pus vers la porte) I>KKKIN, le retenant. Eh bien! qu'ils fattendent; ils le rotent luus les jouis, tandis que moi, je ne t'ai pas encore dit un mol. Tu vois: je t'écrivais. Assieds-toi. je t'en prie (il le fait asseoir auprès de la table), sans cela je ne serais pas à mou aise *). (A par/.) Dire que je tiens là le ministre!... sous ma main! (Haut.) Vois-tu, il s'agit d'uni! affaire qui ne souffre aucun relard. Tu n'as pas oublié que je fus nommé à une petite cure de Normandie..à 101 GUÉ. Où tu as fait beaucoup de bien, Lès pauvres secou nis, l'école rétablie... l'KKKlN, émerveille. Tu sais (oui cela ? POUÇHÉ, souriant. Si je n'étais pas pressé, je ne saurais rien, et je te laisserais le plaisir de me foui Conter. (Regtiïdaitt sa montre.) Biais je n'ai que dix minutes a te donner. PEltllIN. Il ne m'en faut pas cinq! Ce n'est pas moi qui voudrais abuser... Un temps si précieux! FOUCHÉ. La cure fut supprimée*. • ••îreKHIirj'h .ItinJ'ioquii eiifq •>>! Oui... la terreur!... Que] temps! Ah! si lu avais été la, dans le gouvernement! ce n'esl pas toi qui aurais souffert... •] Kourhc astis, Peseta, 29 FOUOIIK. l'IUll llllipillll. Mon ami, je t'ai dit que j'étais pirttssé; PBRRIN, tremblant. ("est juste... Je voulais te dii-e... qu'estrce ijue je voulais dmic te dire? FOUCIlÉ. Voila aèja deux minutes de passées! PKRRIN, se troublant davantage et perdant la tête. Alt! mon dieu! je n'en ai plus <|tie huit... Suis je malheureux!,, j'ai une foule de choses... et n'avoir que huit minutes, tandis qii'il v a des genS'.'.. Fort 'HÉ. Mais parle donc, au lieu de te désoler. PK.RRIM, loul-i-fait troublé. Non, je n'aurais jamais le tem|ts... {ilM'assied devant Fouckéy et se n oise les bras) et décidément j'aime mieux ne te rien dire. FOUCHÉ, se levant et allant à lui. Ali! ça, es-ttt ion'? Voyons... tn es venu te réfugier à Paris'; FERRIN. Ah!... Voilà que tu me remets sut la voie... (Rdllni- litml.) Oui... près de ma soeur... que je n'ai plus trouvée ... mais sa tille... une orpheline, dii ange, mon ami!.. Elle allait se marier à un hrave garçon... menuisier dé son état ... excellent ouvrier... si tu avais même besoin de quelques objets... tu ne pourrais pas mieux l'adresser... (geste d'impatience de Fouché.) tu as raison... ce n'est pas de cela qu'il est question!., e'est à-dire, ça s'y rattache dans un sens... parce que ces pauvres enfans... devaient se marier ... et leurs économies... qu'ils ont mandées... c'est-à-dire que nous avons mangées... FOUCIlÉ, avec impatience. Enfin, enfin!.. PKRHIN, vivement et avec volubilité. Enfin, enfin... c'est pour te dire qu'ils n'ont plus rien, ni moi non plus; et que si tu ne trouves pas le moyen de me donner une petite place dans les bureaux, je ne sais plus à quel saint me vouer. FOUCHÉ, riant. Eh bien! tu ne pouvais pas commencer par là? 30 l'KIIHIV. Si ta crois que c'est facile... (s'cssi/yanl le front) j'en sue à grosses gouttes. FOUCHÉ. Te placer... dans mes bureaux? PEU It IS. Ou ailleurs. La moindre des choses... Je ferai (ont ce que l'on voudra. FOUCHK, voulant sortir. J'y penserai. PKIIKIN, l'arrêtant. Non, Joseph, ce n'est pas ça; il ne faut pas dire: j'y penserai! il faut dire: Michel, j'ai trouvé ton allaite. foi; niii. Eh bien! va voir Désaunais. FEU H IN. Désaunais! FOUCHK, prêt â partir. Un de mes chefs de division. l'KJtlUN. C'est «pie je suis brouille' kVfec les noms, et si tu ne m'écris pas celui-la... FOUt'HK, écoutant du côtium) le citoyen... le citoyen..) JULES, avec aplomb, et se présentant devant l'ouclié. Jean Durand... entrepreneur du lltcàlrc des Mines- Artistes. FOUC11É, à lui-même. Jean Durand... 11 l'observe attentivement. , j JULES. j-.v'iift \ ..>,,. », - Si je puis vous être agréable, citoyen, je nie ferai un vrai plaisir... { Voyant Fouché qui s'approche de lui en fobtervcçttt.) Qu'est-ce qu'il a donc, celui-là? IfOlJCHB, lui (Vtisant ligne d'avancer. Vous vous appelez Jean Durand? JU1.ES. Oui, citoyen. FOUCHÉ, a mi-voix. Ça n'est pas Mai. T -"" >«■» ... JULKS, élevant la voix. Comment, citoyen !.. fouch k. Plus lias, monsieur. Vous vous appelez Jules de Crussac... BERNAKI), à part. Ciel!... KOUOIlk, continuant. Vous n'êtes pas entrepreneur de tltéàtre... mais un écerrelé, un fou, un esprit turbulent!.. Depuis quand èles- vous ii Paris? JULKS, avec impatience. Depuis six mois... t oi CHÉ. Depuis six jours!... Vous avez quitté Ta on, où vous ('■liez en surveillance; \ous êtes descendu dans un petit hôtel borgne de la rue de la Loi; >ous ne sortez que déguisé. JULKS, avec hauteur. Monsieur... 32 FOUOIIÉ, de même. J'ai le droit de vous parler ainsi. Fouché, ministre de la poKce! JU1,KS. Fouché!... (Regardant Bernard, qui est près de lui, d'un air de reproche.) Ah!.. KKKNAfW). bat à Jules. Je vous jure que j'ignorais.,. JULES, à part et d'un air de résignation. Et par conséquent, entouré... La maison doit êtrecer née... impossible de si; défendre ou de fuir) PKHH1N, qui est au (ond, prit de la cheMÎnfo. (A pari.) Qu'est-ce qtl*î] peut donc avoir de commun avec un directeur de Spectacle? FOUt'llf'., A .Iule». Vous voyez que j'étais )>ien instruit... et qu'il ne tiendrait qu'à moi... JULKS, fièrement. Eh bien! prenez ma téle!... FOUCHK, froidement, et baaMMit les épaules. Que voulez-vous que j'en fasse? Si clic était bonne ... on pourrait l'employer... mais un fou, un brouillon... ce serait vous faire trop d'honneurVous éles libre, monsieur; mais demain soir, ne sovez plus à Paris... ou c'est moi qui me charge de vous fournir un logement. [II lui tourne te dos.] BKHNARD, à part. Je respire (Bas à Jules.) Ainsi, vous voilà obligé de renoncer... JULKS, bas. Au contraire... cela avance l'exécution... à ce soir, au Cadran bleu... lu sais que nous nous réunissons, et... BERNARD, avec force. Jamais, jamais... ne comptez pas sur moi. JULES. Chut! Air: Confiant et sincère [du Lorgnon], ENSEMBLE. JUMCS. Ce «li'l.ii, jo l'cupere Servira mon dessein,,. ;« Vigilance et mystère .., Attendons A demain. BERNARD et PERMIT. Çuel e8t donc ce mystère ? Qn'attend-i! pour demain ? Vigilance et mystère..• Quel est donc son dessein ? FOUOHÉ. Quel est donc ce mystère ? 4Ju'attcnd-il pour demain ? Vigilance et mystère ... Surveillons son dessein. [Jules sort, en regardant FoucIhS fièrement.'! Scène XII. Les Mêmes, excepté JULES. BERNARD, à part. 0 ciel!... comment le détourner... FOUCHÊ, remarquant son trouble. Qu'avez-vous donc, jeune homme? PERRItî. Ce n'est pas étonnant... quand on voit un ministre pour la première fois... mais où est donc Thérèse, que je te la présente. (Il va à la chambre à droite.) FOUCHE, à Bernard. Est-ce que vous êtes lié avec cet étourdi'? BERNARD, ému. Oh! mon dieu... j'ignorais son véritable nom... fouchê. C'est bien... évitez-le... quoiqu'il y ait plus de légèreté et de fanfaronnades... PERRIN, revenant. Je ne sais ce qu'elle est devenue !.. (A Bernard.) Cherche donc Thérèse, mon ami. BERNARD. J'y cours. (A part.) Tâchons de le rejoindre... et pour lui-même, de le faire renoncer... [H Soft.] PERRIN, revenant à Fouchê. Ah! ça... nous disions donc pour cette place... Michel Perrin. R Comment lui apprendre? TERRIN. Hein? est-ce que vous ne sentez pas comme moi... que le déjeuner est un peu loin? THÉRÈSE. Certainement, mon oncle... ce serait avec plaisir... mais nous ne savons.., BERNARD, Oui... nous ne savons... PERMIT. Où trouver un dîner, n'est-ce pas?... Ça me regarde, mes enfans!... c'est à mon tour... c'est moi qui traite! Jo l'ai bien gagné, j'espère! [11 passe au milieu.] BERNARD ET THERESE. Comment?...**) PKRRIN, les embrassant. Oui, Bernard, oui, ma bonne Thérèse... plus de soucis; plus de misère!... nous voilà riches, heureux... j'ai une place! BERNARD.. Une place? THÉRÈSE, avec joie. Vous, mon oncle?... VERRIN, Une place superbe!,.. *) Perrin, Bernard, Thérèse, **) Bernard, Pertin, Thérèse. 42 THÉRÈSE. Et laquelle? TERRIN. Je n'en sais rien. Je ne peux pas dire au juste ce «pic j'ai à faire... mais jusqu'à présent, t;a ne nie parait pas au-dessus de mes forces: vingt francs par jour!... six cents francs par mois... Ce que j'avais par an pour être curé! Je vous demande si cela doit être honorable. THERESE. Vingt francs par jour!... PERRIIf. Il y en a la moitié pour toi... ou plutôt... Non, tout est pour vous, mes enfans, pourvu que je vous voie heureux... que j'aie un petit coin, là, auprès de vous... c'est tout ce qu'il me faut... (G aiment.) Mais, un moment, il ne faut pas négliger ses devoirs... il est temps que j'entre en fonctions... Allons dîner. BERNARD Ct THERESE. Allons dîner!... PERR1N, galment. Air: du galop Uésuunais, Peiriu. 59 » EEARItf. Parce que je n'ai encore rien fait!.., DKSAL'NAIS. Rien fait!... PEU1ÎIN. Plus fard... je ne dis pas, nous verrons!... mais il faut avoir travaillé autrement que ça... (Changeant de ton.) Voyons un peu... je venais vous dire. DÉSÀUNAIS. Du nouveau'?., encore!., attende?... je suis a vous!., quelques ordres à expédier pour achever... ce que vous avez si bien commencé!... (Apari.) Quel homme précieux! ... et quelle bêtise j'allais faire.'., (Il court à son bureau, et écrit quelques mots, tout debout.) PRRRIN, a part. Qu'est-ce que j'ai donc si bien commencé? décidément, je crois que le chef de division aime un peu trop à rire! ... {Allant vers ta fenêtre.) Pourvu que Thérèse ne s'impatiente pas... non... elle m'attend sur le quai... (11 lui fuit des signes. DÈSAUNAIS, dérivant et sonnant en même temps. (Un huissier entre un instant après.) Interroger ce Cliapotel... lui dire que l'on sait tout... (A lui-même.) Je ne sais rien, mais c'est é:ral... (Ecrivait!.) Qu'on lui promette sa grâce... s'il nomme ses complices. (Donnant le papier à P huissier qui ëst entre.') Bureau de M. Yerat! .. allez vite, et que l'on me tienne au courant!,.. {Revenant à Perrin.) Eh! bien, mon cher Perrin'?... peu n in. 11 ne faut pas vous offenser... si je viens vous parler encore de détails... d'amourettes... DKSAUNATS. Pourquoi donc, mon cher? il ne faut rien négliger!... souvent les plus petites choses... PEH.RIN. Il faut vous dire qu'il y a un jeune homme nommé Bernard, soldat d'Arcole... DRSAUNAIS, faisant un mouvement, Bernard! soldat d'Arcole!... Vous vous en occupez? PEUIIIN. Beaucoup. DÉSÀUNAIS, à pan. Est-il étonnant! je ne lui ai rien dit, je ne lui en ai pas ouvert la bouche, et il est déjà à lu piste... (Haut.) Eh bien! mon cher, ce Bernard?... <>(> l'KHlUN. Il m'inquiète. DÉSAUNA IS. Moi aussi! PKRKIN, d'un ton affectUCUI, Vous êtes bk9B l>on. Vous savez donc...? IH'-SAl NAIS, d'un air d'intelligence. Certainement (Haïssant la voix.) Il a écrit au p're- mier consul! PEKRÏN, joignant 1rs mains. Allons donc!.. Qu'est-ce qu'il a pu lui (lire? ln'.SAUMAIS. Bah! îles histoires... des choses de l'autre monde! PERMIT. Ah! mon dieu! voilà ce que je craignais. {A par/.) Je n'étais bien aperçu dès hier que sa tête... {Haut.) l'Ji (tien! Egarez-vous... depuis ce matin, je ne peux, plus mettre la main sur lui!... DÉSAUJtfAIS. 11 a disparu? CE1UUN. J'en ai peur! Tantôt, en vous quittant, après avoii touché ce hon à la caisse, j'ai été pour le chercher. J'avais mon idée; je ne voulais pas perdre de temps: j'ai couru clie/, sou maître menuisier... DESA USAIS. Vous savez donc son adresse? PE» 11 i v. Parbleu!., le menuisier Leblanc, place de l'Estrapade... DS0AUNA1S, émerveillé. Il sait tout! PERRIN. On n'en avait pas de nouvelles, il n'y avait pas couché; et... (Emulant près de la fenêtre , qui eut reniée ou- verte.) Hein!... qu'est-ce que j'entends là... Thérèse qui m'appelle en sanglottant! (Lui parlant par lajenètre) Jîh bien! qu'est-ce que lu as donc, ma bonne? {Ecoulant sa réponse.) Hein) Comment?.. Tu viens de h; voir passer?... Bernard?.. OKSAUNA1S, vivement. Bernard? rKItltllV, à «a nièce. (Ecoulant.) Hein?... hein? le bruit des voitures m'empêche... Je n'entends pas!.. Attends, je vais aller le !<• joindre.. LU veut sortir.J fil PÉSAllNATS, l'arrêtant. Eh! non! faites-la monter. l'KIUUN. ï pensez-vous?., une jeune lille! DKSAUNAIS. Qu'est-ce que cela l'ail ?.. dans un pareil moment!.. (A l'huissier.) Gîraud... (// lui /ait signede /'airf monter Thérèse.) r EUR IN. Puisque vous le voulez absolument... (A sa nièce, par la fcnrlrc.) Monte, ma lionne... le citoyen Désaunais le permet. (Quittant la fcnrlrc.) Je vous avoue que celte affaire là me désespère; j'avais si bien arrangé tout cela..'. Mou Dieu! DÉSAUNAIS, le calmant. Allons, allons, mon cher, il ne faut pas non plus se rendre malade. (A pari.) Tin voilà—t-il uiupiiesi passionné pour son état!.. AI»! le minisire a un tact pour choisir son inonde !.. Scène VIII. Les Mêmes, THÉRÈSE, conduite par thuissier. PERK1N, allant an devant d'elle. Viens, viens, Thérèse... n'aie pas peur. THÉRÈSE, timidement, *) Ah! mon oncle, où suis-je donc?.. PERR1N, avec aplomb. Ce sont nos bureaux, ma bonne; c'est ici que nous travaillons. nfesAt/NAis. Rassurez-vous, mon enfant. Eh bieril ce Bernard, vous venez (le le voir?.. THÉRÈSE, ( ,j m . contenir les factions., à paeifler la France!., et vous vouliez., sans sonner aux suites d'un pareil attentat!., ù votre pars, an maux incakulaWes.. JULES. lié! monsieur.. PRHK1N, s'animant de )ilu9 en plus, A vous-mêmes! aux dangers «auxquels vous vous exposiez.. {Mouvement de fierté de Jules.) Eh bien! aon, je le sais., vous ave/, du coeur.. \ons ne craignez pas la mort!.. (Avec tune.) Mais vous avez une famille.. des pareils . . une soeur .. peut-être, une mère. JULKS, frappé et avec un soupir. Ma mère!.. ah!.. l'KURIN, vivement et saisissant son bras. Oui, vous avez une mère .. j'ai tu briller des larmes !.. Eli bien! jeune homme., celle pauvre mère., qui ne chéri que vous, qui n'existe que par vous .. Pavez-vous oubliée 1.. la condamnerez-vous à ne pins vous serrer dans ses bras'? . . la condamnerez-vous à des larmes éternelles., à mourir de douleur?.. (Mouvement.) Non, non., n'est-ce pas'?.. Voilà que nous nous entendons., que VOUS VOUS repentez.. que vous abjurai tout projet coupable . . Oui, j'en suis stir . . vous èies émus!.. (Tout en larmes el le» terrant dan» ses bras.) Embrassez-moi, mes entons .. embrassez -moi.. et crinez que les conseils d'un vieillard, d'un ami, valent bien ceux de la jeunesse et des passions. JULKS, très étonné. ( t )uels discours! . . PKKM1E11 JEUNE HOMME. Je n'en reviens |>;ts!.. JULES, lentement à Ptrrin. Enliu, monsieur! la conclusion de tout ceci.. l'KKMlKK .»..( r,t. ,;„» .. , à son camarade. C'est un cachot. DKUXJKMK .u.i .vi-. HOftLUK, du même. El un jugement! PKKH1N, cherchant. La conclusion .. ? JULES. Oui., que nous reste-t-il ii l'aire?.. PElllilIV. Mais, rien, je pense., qu'à vous en aller., bien tranquillement, JULES. Où ça?.. PEK.1UN. Chacun chez vous. LES 1>EUX AUThJiS, Comment? 70 JULES, à ses amis. Chut!.. (Haut.) Quoi, monsieur.. rmuuN. Ce sont les intentions du ministre; je ne fais que suivre ses ordres, je suis content de vous ... je suis suide vos sentimens .. vous pouvez vous retirer. JULES, hésitant et regardant autour de lui. Nous retirer..? et par où? PERR1N, souriant. Mais dame., par la porte!., je ne vous propose certainement pas de sortir par.. (Il montre ta fenêtre.) JULES, désignant la porte du fond. Mais., cette foule?., ces huissiers?.. PERHIN, à lui-même. Ah! je comprends., un peu de honte!., je me inefs bien à leur place!., heureusement que nous .nous là... ça donne directement dane la rue.. (// va à ta petite porte à gauche, et l'ouvre; fendant ce temps, les deux jeunes gens passent à droite à côté de Jules, TOUS TROIS, e'tonne's. Que vois-je?.. iTiitniw. Tenez, mes enfans.. personne ne vous verra. JULES, à ses amis. Ce n'est pas possible., il y a des gens apostés pool nous saisir., mais que risc|uons-nous?.. (A part.) Nous pourrons peut-être encore arriver à temps. PERR1N, les faisant passer, et leur serrant la main. Adieu mes enfans, adieu mes lions amis! (A Jules qui est resté le dernier.) Et vous jeune homme, allez embrasser votre mère. JULES, regardant avec émotion. Monsieur., je ne sais comment vous exprimer.. PEHRIN, lui serrant la main. C'est bien!., c'est bien..! je vous comprends. TOUS, à mi-voix. Air : Vite à cheval. Fuyons . Fuyez sans htmi > Et / nous . . L espérance ™~ conduit. J U1.BS, hésitant. C'est un beau trait. 71 Je dois lui rendre justice; C'est un beau trait (Regardant la porte et Pcrrin avec défiance.) S'il lient ce qu'il nous promet. TOUS. ï'. a y° n9 sans bruit, l'uyez Et que rien ne nous trahisse, > ons sans bruit, luyez L'espérance conduit. (Ils sortent; la porte se referme.) I'ERRIN, seul, avec joie, et s'essuyant les yeux. Ali! je suis content de moi., je suis sûr an moins da- voir rempli les intentions., (Regardant au fond.) Eh! mais., quel bruit! Scène XI. MICHEL PERRIN, BERNARD, conduit par des gendarmes et des huissiers, THÉRÈSE qui le suit en pleurant. LES GKIVDARMKS, a llernard, et le poussant. Allons., pas tant de raisons! BERNARD. Soyez tranquilles, je ne veux pas me sauver! THKHÈSB, pleurant. Comment, M. Bernard! vous! arrêté!.. l'KUKIN, le reconnaissant. Arrêté! Bernard'?.. BERNARD. Oui, vraiment., et comme conspirateur! l'RRRIN, se récriant. Comme conspirateur? THÉRÈSE. AU! mon oncle, suis-je assez malheureuse! PBftHIN, ï ivrniwit. Mais ce n'est pas possible! il y a quelque méprise, quelque malentendu... ou bien.. (A Bernard.) Tu as dune des ennemis'?... quelqu'un qui t'aura dénoncé... Ah! nous allons voir!.. Scène XII. Les Mêmes, DÉSAUNAIS, entrant par la porte qui conduit chez le ministre. DF.SAUNAIS. Le ministre va venir les confronter, et je me flatte qu'il sera content du zèle que j'ai déployé. 72 PERRIN, courant à lut. Dites donc, citoyen Désaunais.. DÉSAUJJAIS. Qu'est-ce que c'est? PKHH1N, lui montrant Bernard. Voilà Bernard., il est arrêté!.. désausais *). Je le sais.. C'est bien. l'Eimiiî. Comment! c'est bien!.. Mais du tout, c'est une horreur! une indignité!.. Qui est-ce quia osé le l'aire arrêter?.. DÉSAUVAIS. Eh! parbleu! mon cher, c'est vous. l'Eitmiv. Moi!.. nfcsAUXAlS. Une très bonne idée que vous avez eue là, j'en conviens. Vous m'ayez donné U's renseigiiemens, le signalement., je ne veux pas vous en ôter la gloire. BERNARD, surpris. Comment! M. Perrin, c'est vous qui me faites arrêter? THÉRÈSE, se récriant. Comment! mon oncle, c'est vous!.. PERRIN, étourdi. Qu'est-ce que vous dites? qu'est-ce que vous me demandez? Est-ce que ça peut tomber sous le sens? Vous me feriez Croire que c'est moi., que j'ai été.» tandis qu'au contraire, je voulais... Ali! laissez donc! Vous finirez par m'embrouiÛer.. que je ne m'y reconnaîtrai plus du tout!... (Apercevant FoncM.) Mais, Dieu merci, voilà Joseph, qui va nous tirer d'embarras. Scène XIII. Les mêmes, FOUCDÉ. PERRIN, courant A lui. Mon bon Joseph, i] faut que je te parle. FOIMJHE, l'éloignant douccrtifrit. Tout-à-l'heure, mon ami; une affaire de la dernière importance., (A JJésniDiuis.) Ce soldai?.. DÉSADNAIS, montrant Bernard. Le voici. FER RIN. C'esi juslement de cela que je veux.. ») Hésaunais, lv ri . iri) Bernard, Thérèse. 73 FOUCHÉ, même jeu. Un moment!... DÉSAUNA1S, repoussant Perrin. Taisez-vous donc !... I'ERIUIV, il Thérèse, et s'asseyant avec elle sur la banquette qui est au-dessous de la fenêtre. Ne pleure pas, ma l>onne, je m'en vais lui parler; il n'y a pas le moindre danger... (Apari.) Malgré ça, je commence à avoir une peur!.. FOUCHÉ, regardant Bernard *]. Ah! ah! c'est vous, jeune homme? J'aurais dil m'en douter! Lorsque l'on forme de mauvaises liaisons.. (Tenant à la main la lettre de Bernard, que Dêiaunaù lui tend.). Vous vouliez approcher tlu premier consul? BERNARD. J'en conviens. TOUCHÉ. Vous saviez qu'il existait un complot contre lui? BERNARD. C'est vrai. FOUCHÉ, vivement. Vous en étiez complice? BERNARD. Moi! THÉRÈSE. Par exemple! PERRIN, se levant. Joseph, je t'ai (lit (pie je voulais te parler.. FOUCHÉ, avec impatience. Eh! morbleu! [On le l'ait rasseoir.] BKKNARO, avec indignation. Moi, leur complice! FOUCHÉ, froidement. Vous ne pouvez pas le nier: je vous ai trouvé, hier malin, en conférence secrète avec le chef de la conspiration. THÉRÈSE, respirant à pciuc. Ah! mon Dieu! FOUCHÉ. Le soir, vous étiez au Cadran bleu. BERNARD. C'est vrai; en sortant de là, j'ai écrit à mon général . je voulais le voir., lui seul!., j'aurais pu le sauver, sans trahir leur secret., je l'espérais du moins., il aurait compris mon silence, lui., mais vous, vous ne le pouvez pas. rouciit':. Ainsi, vous connaissez les conjurés?., vous pouvez les nommer?., indiquer leur retraite ? "J Dcsaunais, touché, Bernard, * 74 BERNARD, vivement. Moi! Air : d'Arislippe. Y pensez-vous?... ïjue je me déshonore ï D'un tel espoir j'ai lieu d'être surpris. FOUCIIÉ. Kt pouvez-vous les ménager encore! Songez-y donc. .. ce sont les ennemis Kt de la paix et de notre pays. BERNARD. Je ne sais pas quels princip's sont les vôtres: Un ennemi... j'puis l'combattr' ... le défier... Mais le livrer!., adressez-vous a d'autres! Je suis soldat, ce n'est pas mon métier. FOUCIlÉ ET DÉSAUNAIS. Comment? BUVARD. Faites-moi jeter dans tin cachot., faites-moi fusiller... je ne dirai pas un mot «le plus. TUKKÈSE, retombant, 11 est perdu! PERRlN, s'approchant. Ali! ça, est-ce qu'il est fou?.. (A Thérèse.) Laisse donc, ça ne se passera pas ainsi! Joseph... DÉSAUNAIS, Las a Fouché\ Nous saurons bien le faire parler, en le confrontant avec les autres. FOUCHÉ. Faites les venir. DÉSAUNAIS, l'incHnant. Tout de suite. (Bas à l'errin.) Faites venir yos trois hommes?... peiuun. Quels hommes ? DÉSAUNAIS. Ceux que j'ai laissés, ici, avec vous?.. PEU H l S. Ali!., sojcz tranquille, j'en ai été fort coûtent... c'est une all'aire finie. DÉSAUNAIS. Mais où sont-ils?.. l'KRRIN, tranquillement. Eh! bien, ils sont partis. DESAUNAIS. Partis!., que voulez-vous dire?.. PRHR1N, montrant la pelite porte. Je leur ai ouvert la porte moi-même, DÉSAUNAIS. Celle-ci ? « \ 75 TE H JUS. Sans doute. DKSAUNAIS, atte'ré\ Miséricorde!., nous ne tenons plus rien! nous sommes ruinés! perdus!... FOUCHK, virement. Comment? DKSAI NAIS, montrant Pcrrin. 11 les a laissé échapper!.. Quand je disais que c'était un misérable, un traître L. rERHIÎÎ. Dieu me pardonne, ils ont tous la tète à l'envers!... Ne m'avez-vous pas dit, vous-même, de leur promettre leur grâce ?.. , , , . DESAUNAIS, hors de lui. Eh!.. Monsieur, ça se promet toujours.. {Furieux.) Malheureux!., vous avez perdu la France!.. PKKRIN, "avec colère. J'ai perdu la France, à présent!., tantôt, je l'avais sauvée!.. Tâchez donc de vous entendre... Vous me ferez croire peut-être «pie je peux remuer la Fiance avec mon petit doigt!.. FOUCHK, virement. Allons, allons! il ne s'agit pas de se désespérer!.. 11 faut donner des ordres, il faut courir. {Allant vers le fond.) Holà! quelqu'un.. [Tous les chefs de bureaux, huissiers, gendarmes accourent à sa voii.] DESAUNAIS. Et où les retrouver maintenant?.. rERHIPf. Mon dieu, je suis sûr qu'ils sont retournés bien tranquillement à la revue!., où était leur premier rendez-vous. TOUS. A la Pevue!.. liKHNAKI», très usité ; il regarde par la fenêtre. En eftet.. l'heure approche!.. {On entend vue musique éloignée.) La garde des consuls esl déjà rassemblée.. Ce mouvement., celle musique.. Et ce Crussac qui esl libre!.. 0 mon Dieu!., (à ceux qui t'entourent) courez vite!.. FOUCHK. Comment? BKRNAKD, hors de lui, i Foiichc'. Je n'y liens plus!.. Oui, c'est îi la revue., au momenl où il soi tira des Tuileries., où on l'entoure pour lui présenter des pétitions., c'est là qu'il doit être frappé!.. toi s. Grand Dieu! ¥ 76 FOUCHE. Et il ne veut pas que l'on veille sur lui.. {Au£ gendarmes.) Vile! votre piquet à cheval !.. (A Désaunais.) Courez... prévenez Lannes, Duroc.., ses aîdes-dc-camp.. {Aux huissiers.) Faites venir Coinmin^es.. Non, j'y vais moi-même.. Ma voilure!.. DÉSAUNAIS, à haute voix. La voiture du ministre! [Fouché signe quelques ordres; tout le monde va et vient dans le plus grand désordre.] PERKIN, au milieu d'eux. Mais un moment., expliquez-moi.. Qu'est-ce qu'il y a donc'?.. CHOEUR. Ain: La voix de la patrie. Du sort qui le menace Comment le préserver ! De leur aveugle audace Oui pourra le sauver? BERNARD, très ému, Des armes!., qu'on m'en donne ! Et Bernard aujourd'hui... Sans accuser personne, Pourra mourir pour lui!... CHOEUR. Du sort qui le menace, Etc., etc. FOUCtlÉ, se levant et voulant partir. Allons, messieurs!.. BERNARD, à la fenêtre. Attendez! {On t'arrête en silence.) Le bruit des (;mii- bonrs.» ces cris., ces acclamations.. {On entend cns qui vient m'app rendre. FOUCHÉ. Ouvrez !.. (Désaunais va ouvrir.] m 77 Scène XIV. Les Mêmes, vti HUISSIER paraissant à la petite porte. I.'HUISSIKR, a nésauiiais. Un homme, enveloppé d'un manteau, et qui a disparu aussitôt, vient de me remettre ceci, pour le citoyen Perrin. [Montrant une lettre.] PERRIN, s'avançant. Pour moi?.. DKSAUNA1S, la saisissant. Un moment!., il était d'intelligence avec eux., il était du complot, |'en suis su*,. e( je veux savoir.. [11 luise le cachet] [TOUCHÉ, vivement. Donnez!., donnez!.. (Regardant la signature.) Jules de Crussac!». I>ÉSAI;NA1S, triomphant, à ceux qui l'entourent.. Voyez-vous!.. FOUCHK, lisant ♦]. «Monsieur, quoique je fusse en votre pouvoir, notre projet était immanquable... la vie du premier consul était entre nos mains... Tous les efforts de la police n'auraient pu le garantir. Le procédé noble et loyal du ministre, daiil vous vous êtes montré un si digne interprète, sa con- fiance, sa générosité, ont dû changer notre résolution.. Nous renonçons à notre dessein, et mes amis et moi nous quittons Paris à l'instant." TOUS. 11 est sauvé!.. BERNARD, avec élan. Mon pauvre général. FOUCHÉ, achevant de lire. „Adicii J monsieur. Je regrette de vous voir suivre une pareille carrière. Mais si le ministre n'employait que des hommes comme vous, son pouvoir serait immense, et la police bien plus facile." PERRIN, cherchant à comprendre. Qu'est-ce qu'il veut dire?.. Une pareille carrière'. FOUOI1K, à Pcriiri. Comment, mon bon Michel, c'est à toi que nous devons. I)ÉSAl!\AIS, avec enthousiasme. Quel homme prodigieux!., je l'avais bien jujîé!.. PKKRIN, le regardant avec ironie. J'ai encore sauvé la France, n'est-ce pas?.. Eh bien! moi je n'y comprends rien., et cette lettre.. (La prenant *) Desaunais, Fouclié, Perrin, Thérèse, Bernard. 78 et regardant.) Si fait! c'est bien pour moi {Lisant l'adresse.) Au citoyen Michel Perrin.. employé de la police secrète. THÉRÈSE. De la police secrète? BERNARD, vivement. Quoi! M. Perrin.. c'est là votre lilre?.. c'est là votre place? DÉSAUNAIS. Eh! mais, sans doute. PERRIN, un peu inquiet. Eh l)icn! qu'est-ce qu'il y a donc?.. Voilà que tu m'effraies aussi, toi! BERNARD, vivement. C'est que vous ne savez pas., vous ignorez... PERRIN, à (jui Thérèse a dit un mot A l'oreille, tremblant d'émotion. Gnmd Dieu!., comment, j'étais!., moi!., ah!.. [U se cache la figure rie ses deux mains, et tombe accable sur une chaise.] THÉRÈSE, «'empressant auprès de lui. Mon oncle!.. BERNARD. Monsieur Perrin! TOUCHÉ, à Dc'saunais. Qu'est-ce que cela signifie?.. Vous ne m'avez donc pas compris?.. Qu'est-ce qu'il taisait ici? DÉSAUNAIS, interdit. Mais dame! il faisait connue les autres.. il faisait des rapports. FOL'CHE, avec un geste de colère. Hum!., sotte espèce!.. (Courant h Perrin.) Mon ami, mon bon Michel., pardonne!., je n'ai jamais pensé... Mais la précipitation.. J'étais si occupé., et puis tu voulais être employé suivie-champ*» tu élais décidé à tout faire!.. PERRIN, relevant sa iclc et noblement. Oui, sans doute, j'aurais tout fait!., j'aurais frotté mis appartenions.. monté du bois., tout ce qu'il y a de plus pénible, tout ce qu'un honnête homme peut faire, pour gagner du pain, sans rougir., je l'aurais fait! Mais me déshonorer! flétrir quarante ans d'une vie irréprochable! FOUCHÉ, voulant prendre sa main. Mon ami! PERRIN, se levant et le repoussant. Votre ami! Air: Vaudeville des Amazones. Moi, votre ami!., non, je ne veux plus I'clre! El pour jamais je brise tous nos noeuds.. Je ne dois plus vous parler, vous connaître; 79 Je veux . Nous ne vous quitterons plus. PERRIN, tendant la main à Fouchc. Et puis de temps en temps des nouvelles de mon ami Joseph! que j'apprenne que tout va bien., qu'il n'y a plus de conspirateur», par conséquent plus de... (Regardant Désaunait, et se penchant à l'oreille de Fouché) tu sais ce que je veux dire. CHOEUR. AïRl Vive l'empereur [du Czar.] Gloire a ses talcns, Ses nobles acceits, Sa prudence, Conjurent soudain Ici le plus lâche dessein. Du « lu i immortel OuYiiiin le ciel Donne à la France, II sauve à-la-fois Les jours et les futurs exploits. PERRIN, au Public. Air: A soixante ans. Je vais revoir ma modeste retraite; Mais je voudrais, en partant de Paris, Etre bien sûr, cela seul m'inquiète, De n'y laisser que des amis. [Au Public] Oui, mes enfans, soyez tous mes amis? Si, par malheur, en ces lieux, ma présence A pu déplaire. « imposez-vous la loi De l'oublier I .. pour les autres, je croi, J'ai tant prêche! la bonté, l'indulgence, Qu'il en faut bien avoir un peu pour moi. TOUS EN CHOEUR. Quand pour autrui l'on prêche l'indulgence, Ou a bien droit d'en obtenir pour soi. FIN.