Répertoire du Théâtre français à Berlin. M 6. 1LHSS OTMPMËIBO i) il ;? !L />/. ROCHEFORT, BARTHÉLEMI et MASSON. Heprétenté pour la première fois sur le Théâtre roi/al à Berlin, le Avril 1829. PB OT» 10 Sgr. &&ibil3K 9 ^hez Adolphe Martin Schlesinger, Libraire «t Éditeur de musiçue, tinler dcn Liuden No. 34. 1829. Personnages. Acteurs. ALRKRTI, neveu ur .le Tosr.ine . . . Mr. ISWMIK. MAROCO, maître - il'hitte!.......... Mr. MJFOlin. ROSOLIO, cuisinier............. Mr. 4LIX. FIGATELLI................. ffr. FRANCISQUE. IHARIK DR MODKNB............ nui; I. INCRSTRR. QBRTRCDB, fille .le MUROCO...... Mlle. ÂNTONIN. Valets, etc. ta scène se passe dans le palais iln Granit - Dur .lu Toscane. ÎMPRIMICMIK de L. W. KRAU8B, Ailler - Slrassc No, 6. Le Théâtre représente la salle de réception des Durs de Toscane: une table, des fauteuils. A gauche et à droite du spectateur, des cabinets; une autre porte, au fond. Scène I. ALRERTl, ensuite GERTRUDE. (Alberti arrive arec mystère , en regardant plusieurs fbi* derrière /«»_ // approche île la parle du cabinet à gauche, et appelle li mi-voi.r.) ALBERTI. Certaine! Gertaule! (Gerlruilc paraît à la parle du cabinet.) GKliTIU;i>K, A la porto. Ah! c'est vous, seigneur Alberli? ALBERTI. Eh bien! la toilette de mon jeune page?.. GKRTRUDE , entrant en arène. Est presque terminée, Monseigneur. . . Sous son cos- <\ fume de garçon, notre inconnue est jolie comme un ange ! ALBKRTI. Ainsi, elle n'a fait aucune difficulté? GKRTRIJDK. Non. . . Comme votre projet n'a rien que d'honnête, elle n'est pas compromise, ni moi non plus. Je cherchais donc, comme vous me l'aviez ordonné, une petite fille des environs, assez espiègle pour représenter un page, et assez avenante pour rendre plus vraisemblable l'amour que vous voulez feindre pour elle . . Impossible de trouver ce qu'il vous fallait. Toutes avaient l'air gatiche et la ligure hâléc. Monseigneur n'ignore peut-être pas qu'en général, les filles de Florence. •. ALBF.RTI, souriant. Oh! je les connais. GKRTRUDK. Je revenais seule au palais ducal, lorsque je rencontre, par hasard, une jeune étrangère qui s'était égarée dans le parc du château, et cela, pour avoir voulu vous présenter une pétition, quand vous vous rendez au petit lever de Votre oncle, Son Altesse le Grand-Duc de Toscane. fille était accompagnée de sa tante. . . Toutes deux me demandèrent l.....■ chemin; la pauvre enfant partait chagrine, elle n'avait pu contempler vos (niits. . . Dame! c'est qu'on ne vous aperçoit pas facilement, au milieu de vos gardes, de vos valet» et de vos courtisans . . ils sont si hauts! ALBKRTI. fit moi si petit, n'est-ce pas? GKIiTRl'DK. Je ne dis pas cela... Monseigneur a une (rès-jolîe faille... de femme; nous sommes à-peu-près de la même grandeur, finlin, j'offre à l'étrangère de lui fournir l'occasion de vous voir tout à son aise; elle accepte mes conditions avec empressement» . . et vous avez le plus charmant minois de Modène. ALBKRTI. Ah! elle est de Modène?.. Tant mieux! du moins, personne ici ne la connaîtra. GKRTRUDK. Avec cela qu'elle a un air si iniilin! . . . Croiriez-vous i s qu'elle parle déjà d'en conter à toutes les dames de la Cour, li<|«<"i mais je ne vois pas pourquoi Son Altesse ne reçoit pas elle- même ces Messieurs ! ALBERTI. C'est que mon oncle est allé secrètement à l'ise. Il se rend auprès ENHEUBLB. Obéissez A votre maître, olr. Obéissons à notre maître, etc. < -lllicrti -.art par un Cabinet il limite , en IMHH|I Maroc». Marie orl A /rauclie par m el apanage, One par l'éloge des petits , . . FIGATKLLI, à part. Voila mi accueil qui m'embarrasse. . . Un cuisinier n'est Pas bien au (ait tle tout ça. ROSOLIO. Assez! lissez! Messieurs, nous sommes fatigués de sa- '"lations. figatki.LL Et blasés sur les révérences. GBRTRUDB, i part. Je crois bien ! ils en ont l'ail plus qu'ils n'en ont reçu. ROSOLIO, à part. Pourvu qu'il ne je suis reconnu on ine jettera par la fenêtre, c'est sur. 16 UN VALET. Messieurs, vous êtes dans la salle de réception. On va avertir l'agent diplomatique de Son Altesse, «pie vous l'attendez. (Gertrmle et les valets sortent.) Scène VII. FIGATELLI, ROSOLIO, de chaque cù/é de la scène. FIGATELLI, A paît. Ah çà! me voilà seul, en tête -à -tète avec ce diplomate que je ne connais pas; c'est un malin! Bah! je suis (ou- jours sur de retomber sur mes fourneaux. Disons des bêtises avec aplomb; il n'y a que çù qui sauve. ROSOLIO, à pan. Voilà mon antagoniste. . . A-t-il l'air d'être sur de son affaire, ce gaillard-là? FIGATELLI, à part, J'ai ma phrase tonte prête; ne nous trompons pas. ROSOLIO, A part. Parlons le premier pour l'empêcher de me questionner. (lima ii W!g part) Il en arrivera ce qui pourra. FIGATELLI, j part. 11 me semble qu'il a l'air plus biffe que moi. Je ne sais as si c'est une idée. . . ROSOLIO, se ravisant. Au fait, c'est possible. 17 FIGATKLLI. Le baromètre l'annonce. ROSOLIO. Comment? Ah! bien, bien... c'est au sujet de l'orage dont vous parliez, tout-ù - l'heure. FIGATKLLI. Sans doute... j'avais peur que la pluie ne me prît en chemin. ROSOLIO. Vous avez l'ait une fameuse trotte, tout de même . . . de Modène ici, vous pouviez être trempé comme une soupe. FIGATKLLI, Et pourquoi? pour proposer ma Princesse. ROSOLIO. Un instant; c'est que j'ai la mienne aussi... D'ailleurs, je m'en rapporte à l'impartialité du Grand-Duc. (à pari) Je Craignais de ne pas pouvoir placer mon mot. FIQATKLLI. Oiianl à moi, je n'entre dans aucun arrangement, cela dépasse mes pouvoirs (« part.) Voilà ma phrase lâchée. ROSOLIO. Cependant, il faudra nous entendre sur ce canton en litige. FIGATKLLI. Tiens, je n'y pensais plus., c'est vrai, le diable de canton '"ilrophe ... ROSOLIO. Vous voulez (lire limi... FIGATKLLI. Trophe.. Ah! oui; ma langue a tourné.. Voyons, où ''" étions-nous? ROSOLIO. Nous étions sur le terrain de la discussion. FIGATKLLI. C'est-à-dire sur la discussion du terrain. ROSOLIO. Ah! si vous allez revenir sur vos pas.. FIGATKLLI. Non, i na -, s j ( . |„,, ls ; ", savoir ce que j'ai avancé. '».»,,„,.,,,. [ 2 '] ts ROSOLIO. Ce n'es! pas à moi que vous le demandez? F1GAIK1.II. Et à donc? Au surplus, ce olili(]iic non» rassemblée D'être eniemble, Déj; 1 ! je tremblé , Ki je craint bfM l.o premier entretien. Scène VIII. î.ks mômfs, MAHOCO, mirant NOM 1rs VtgWràer» IUarocO, en cnshiiiic. Oui lit- tournure.' Quellé figure ! J'ai l'air, je jure D'un y.w\ emi. lîrau ht'nrli,c ! A mon ofncé Point de service Ni , WKSiifliit, Cela a déjà élé dit.. C'est (oui bêtement nia phrase. PIGATELLI. ( "est vous (|ui me l'ayez volée. MAROCO, agitant une aonnetlr. Messieurs, je vous rappelle à l'ordre. D'ailleurs, il m'est impossible de rien décider aujourd'hui. KOSOLIO, voulant se lever. En ce cas, nous repasserons demain. PIGATELLI. Attende/, donc, çà ne peut pas finir comme çà. M IROCO. C'est jusle; il faut rédiger une noie.. Monsieur I» 1 " royé île Panne tiendra la plume. Passez la plume, s'il vous plaît. KOSOI.IO. (Merci. {» part.) Au moins, çà me donnera nue roiit'" nance. 21 MAROCO. Vous, vous dicterez, HOATRIXI. Du (ont. M AISOCO. Aimez-vous mieux écrire? Alors, repasse/, la plume. KIGATÏtLI. Non, non; je suis plus fort sur les idées que sur les réductions- MAIIOCO. Bh bien ! à la bonne heure, nous commençons à marcher JVJodènc prendra la parole, et Parme écrira. KOSOLIO. Panne tiendra la plume.. Je tiendrai la plume, mais je n'écrirai pas; cela dépasse mes pouvoirs. MAROCO. Tenez, je suis bon enfant ; à moi la plume, et remontons au principe, il y a, dans le voisinage, un petit canton, pas plus grand que ma main, gui n'appartient à personne.. ROSOUO. te qui l'ait HKO l'avais recommandé «le les refuser tous les '•'""x, afin que tout lui terminé; demain la discussion reprendra. 26 IHAROCO. Comme ci, j'ai l'ait «le la diplomatie sans le savoir; c'est adroit. ALBK.llTI, aux ilcux aatTei. Messieurs les ambassadeurs, nous vous prions d'ajourner la séance, et «le considérer tout ce qui a été décidé ce. matin, comme entièrement nul. ROSOLIO. Monseigneur, c'était déjà mon opinion. Scène X, i.ks mùmks , MARIE, tenant une /dire. MARIE, rivement. Monsieur le Duc, c'est un message que tyotre oncle adresse à son agent diplomatique. ftlARoco. A moi! ... je ne sais pas, Monseigneur, si je suis en posture de décacheter. . . ALBKRTI, ù part, Je n'en sais rien non plus. ROSOLIO. Pourtant il est possible.. des fois, que cette lettre éclair- CÎSM la chose, et nous donne «les lumières dont nous avons réellement le plus grand besoin. ALHKRTI. C'est juste, ouvrez la dépêche. MAROCO , ouvrant el lliant. „Monsieur, j'apprends ù l'instant que le Prince, mon ,,neveu, a choisi et placé près de lui, .sans m'en prévenir, jeune page qui m'est tout-ù-luit inconnu; craignant „ que la présence et les conseils de ce jeune homme n'en» „ Retiennent encore mon Mren dans ses idées «le désobeiS- „sauce, relativement à son mariage projeté, je vous, m" vite à prévenir le prince Alherti, que je nomme son psg« v.capitaine dans les hussards de ma garde." ALHERTI. Grands dieux! 2? MAROOO, iimlirmaiil Je lire. „E< que ma volonté est qu'il parte, et vienne ine rejoin- „dre sur-le-champ, pour recevoir mes ordres." MARIE, à AlUerti. » Ah! quel événement! comment allez-vous sortir de là, Monseig neur ? ALBERT!, avec inquie'tud», regardant Roaolio et Eigatelli. Messieurs les ambassadeurs, quel est donc celui de vous qui a donné un avis si rapide à mon oncle? TOI S, le saluant. Pas moi! ALBERT!. Vous me trompez . . je lis sur vos figures, que la ruse, la linesse et la perfidie sont vos plus surs moyens diplomatiques! KOSOLIO. Si vous lisez tout cela sur nos figures, Monseigneur, vous y voyez pins clair que nous. FIGATELLI. D'autant que nous ne savons pas un mot de l'histoire. AI.HF.RTI. Ah! je comprends d'avance, Messieurs, que dans cette maison, vous avez déployé toutes les ressources de votre esprit. MAROCO. Ils n'ont rien déployé du tout. ALBERT!. Mais cela s'éclaircira plus tard; en attendant, éloignez- vous, et ne reparaissez en ces lieux que pour recevoir votre audience de congé. FIGATELLI, à part, On nous traite exactement comme des domestiques. ROSOLIO, à part. Est-ce que nous ne ferons pas un tour a l'office avant de partir? MAROCO. Venez avec moi, je vous rafraîchirai■ (« v r O Je tiens '«on menu! l'honneur de la Toscane est sauvé! (*««) Mon **%nenr, nous vous obéissons. {Ils saluent tous trois cl sortent à reculons, I 28 Scène XI. ALBERTI, M A RIE. ALBERTI, virement Eh bien! Marie, ta vois mon embarras. MAH1K. Je le partage, Monseigneur, niais vous saviez bien que le secret deviendrait public, puisqu'on m'a amenée ici (oui ''xpiés pour cela. ALBERTI. Le moment n'était pas encore venu. Les Princesses auraient appris que j'avais aimé une inconnue. Celait un bruit de Cour comme on en répand quelquefois, mais qui ne laissait aucune preuve. Cela suffisait pour révolter leur fierté cl faire rompre te mariage! me comprends-tu à présent'.' Mark. l'as trop. Ah çà! Qu'allons-nous faire? ALBERTI. Il faut que tu reprennes sur - fe - champ les habits de femme et que tu quittes le palais avec ta tante. MAKIK. Oh non! Monseigneur. ALBERTI. Pourquoi donc? MARIE. Vous m'avez dit de tous compromettre. . . Je dois remplir mon devoir, et je reste avec vous. ALBERTI. Mais songe donc dans quelle situation tu me mettrais. MARIE, avec amour. écoutez-moi: vous m'avez fait venir près de vous; vous m'avez dit de vous aimer! cela élait si facile! je m'v suis mise tout de suite. ALBERTI. Ah! tu me fais trembler ! MARIE. Je sens qu'il ne faut pas plaisanter avec l'amour, on ne sait pas où il nous mène. 29 ALBKRTI. Mademoiselle, je ne vous ai pas ordonné de m'ndorer... Je suis 1«! plus inalhenrenX des hommes! MARIE, tineincnt. J'imagine un moyen. Le duc de Toscane exige que je me rende près de lui, pour commander une compagnie de hussards, et je ne peux pas accepter, n'est-ce pas? ALBKRTI, Sans contredit. MARIS. Eh bien, attendons que votre oncle soit de retour, j'irai me jeter â ses pieds, et je lui dirai qu'il faut qu'il nous unisse ensemble, ALBKRTI. O ciel! voilà une jolie idée! . > . Nous irons loin avec cela! Ma chère Marie, vous ne comprenez pas un mot aux all'am-s politiques; songez doue que mon rang s'oppose.. Scène XII. les même», GERTRUDE. GKRTKIIDK, accourant. Monseigneur, voilà encore du nouveau. Votre oncle est arrivé. ALBKRTI. Arrivé! il ne manquait pins que cela! GKRTRUDK. H est accompagné des ducs de Parme et de Modène; ou Usure qu'ils se sont rencontrés tous les (rois, dans i"> •'" droil où ils allaient en cachette. ALBKRTI, Que devenir? MAKIK. le s'hésite plus, je cours le trouver. Ain tlv ta Karelle. l'rcte à tiravcr l'orage. Je n'ai point de frayeur, 30 Et j'attends le naufrage , Sans reproche et sans peur; l.'nmoiir fait ma puissance, t'Yst lui <|iti parlera . . . A1BERTI, GF.RTRirDK. Grands dieux! quelle imprudence! Oui nous protégera? vmATRLl.l et ROSOMO , dan» la coulisse. Ituvons du vin de France, nafralcliissons notre excellence ; limons du vin de France; Le paira Oui pourra. pi a n i F. Ah! ail! l'amour réussira. (Ri/c sort vivement.) ALBKRTI. Elle s'en va, et je n'ose ni la suivre, ni la retenir! (il va Rasseoir dans un fauteuil 9 et se cache la figure avec ses mains.) Et ces chants que je viens d'entendre. . . (Il réfléchit.-) CERTlll DË. Ce sont les ambassadeurs. Scène XIII. les mêmes , HOSOLIO, FIGATELLI. ROSOLIO, riant. Ah! ah! ah! qui se serait jamais douté que, sans noo* connaître, nous étions tous trois du même acabit? FIGATKLLI. Oue votilez-vous, la cuisine se trahit toujours. ROSOLIO. Oui, par son délicieux parluui. albkrti, se 1er «art. Il n'y a pas d'autre parti à prendre. (4 FigmttlU.) Monsieur l'ambassadeur, vous arrirez à propos. J'ai liiii aujour- d'hui une feUa <|iii peut avoir i«'s conséquences les phi» :u graves. . . Je vous prie de m'accorder votre appui près du Win de Modène. Kir. \TF.i,[.r. r.st-re encore de la diplomatie? ALBERTI, Sans doute. Frf.VTii.i.i. Alors, je suis bien votre valet. Mon affaire est terminée et je ne suis pas assez sot pour recommencer. Je n'ai plus de pouvoirs. ALBERT!. Je vois cpie vous vous unissez contre moi, mais croyez bien que, tôt ou tard, je m'en vengerai! I ICATF.I.l.l , btt à RdtoUo, Est-ce qu'il veut nous faire donner des coups de l>;î- lon? . . Al.liK.HTI. Vous pouvez en être srtrs. gsrtrcdb; J'aperçois mon pire» Scène XIV. LES MÊMES, MAHOCO, en coutume de mniirc-dhôlel. MAROCO, d'«n :