L E CORSAIRE, COMÉDIE EN VERS ET EN TROIS ACTES ; Rtpréfentée pour la première fois à Verfailles devant Leurs Majeflês le Vendredi y Mars 1783 , & à Paris , Jur le Théâtre de la Comédie Italienne , le Lundi iy, reprife avec les changemens , le Jeudi 10 Mai iy85. MISE EN MUSIQUE Ear^Mr. UALAYRAC. ^'*r:JÊtûjD.- ?/.-j/w. < 5*v*4>Vt d JTÛUsrM *■-'■ ■* *•«««*< #1 izzg* *,,:•,,>:: • 4yr& i&im^ ^.®H' =^$S*@^-=: *Jsf» ■ • * â **•"«. tS Ji * : (3 g •*• v w ,. ^ ÎM* -TTt 3ft£r rpr- ■s w-a---- feuff VM?**X 7? kV**** v^i| 1 1 w^it L E CORSAIRE -*^£,S ACTE PREMIER. ^.-^^-^^-^^ SCÈNE PREMIERE. FLOR VILLE, feul. Suis - je donc pour jamais féparé de Julie? Quand les flambeaux d'himenallojent briller pour nous, Je me fuis vu priver du bonheur de ma vie , Et peut-être ion cœur en ce moment m'oublie: Ah ! ce malheur feroit le plus cruel de tous. ROMANCE. Que de maux loin de toi J'éprouve , ô ma Julie ! 11 n'eft plus dans la vie. Aucun plaifir pour moi, L'ennui qui me dévore Doit-il bientôt finir ' Ah ! fi j'exifte encore C'eft par ton fouvenir. Ciel ' daigne à mon amour , Rendre enfin ma Julie , Je donnerais ma vie Pour la voir un feul jour D'une abfence cruelle C'eft trop long-tems fouffrir, Et vivre ainfi loin d'elle , C'eft bien plus que mourir. A a 4 LE CORSAIRE, Pourquoi faut-i! gémir en ce climat barbare, Efclave d'un cor/aire , & fans aucun appui ! Envain depuis fix mois, par une amitié rare, JMahamet cherche-t'-il à calmer mon ennui Ses bienfaits font un poids pour mon ame flétrie, Rien ne peut adoucir mes chagrins dévorans : Ses richeiies, fes biens ne me font pas envie ; J'aime mieux refter pauvre & retrouver Julie , S'enrichir eft le vœu des cœurs indifférens. ^o=3h=^:3i=^=2fc^ SCÈNE II. NARSIT, FLORVILLE . NARSIT. D E Tunis un corfaire apporte cette lettre, Elle s'adrefle à vous.....( il fort. ) 4 4 s^^^fi-ite&^ SCENE III. FLORVILLE, Jïul. I3l eux! quel rayon d'efpoir En ce moment, vous daignez me permettre ? C'eft la main de Julie, (il ouvre la lettre) Ah ! que viens-je de voir. Depuis plus de trois mois cette lettre eft écrite Quel malheur dans Alger la fait rentrer fi tard. ( // lit.) „ Mon cher Florville, l'événement qui nous a féparé Jt au moment de nous unir, a été fuivi de trois mois de perfécutions de la part d'un tuteur inexorable ; „ mais le fort femble vouloir réparer fes injuftices , en me laifl'ant tout à coup par fa mort maîtrefi'e de mort ,, defiin. Après trois mois de recherches infruclueu- fes, je viens d'apprendre que vous êtes efclave à „ Tunis» COMEDIE, 5 A Tunis! qui peut donc l'avoir fi mal inftruite? ô Ciel ! préferve nous de tout fâcheux hazard. ( II lit. ) Je vole vous rejoindre , ma fortune eft modique , & vous êtes fans biens; mais je pourrai du moins „ partager vos fers , Ci jé ne puis les brifer. Je me } , flatte de détruire tous vos foupçons & de vous prouver par cette démarche que je fuis toute à „ vous. Julie. A quels dangers affreux , je la vois expofée Quel chagrin douloureux, pour fon ame abufée, De me chercher en vain quel fera fon recours ? Que ne puis-je du moins voler à fon fecours. ARIETTE. ATreux deftin dans l'efclavage Pourquoi m'as-tu réduit Ta cruauté qui me pourfuit Se plaît à redoubler ma rage. De la douçeur de te revoir, O ma Julie, amante adorée, Ta lettre à mon ame enyvrée, Sembloit promettre un doux elpoir. Vaine apparence ! Fauffe efpérance 1 Tout augmente mon défefpoir. ^:3F=3P^P^37=^ SCENE IV. FLORVILLE, M A H A M E T. FLORVILLH. i e l avec bonté Vois ma douleur extrême Pour chercher ce que j'aime Rends-moi la liberté. M A H A M E T. ( à part ) Il réclame fa liberté. R É C I T A TIF. Flotville, je vous la rends. FLORVILLE. O Ciçl eft-il poffible ! 6 LE CORSAIRE, M A H A M E T. DUO. Allez jouir de la douceur De revoir une amante adorée Mon ame enyrrée Partagera votre bonheur. Tous deux Bonheur fuprême ! FLOR VILLE. Quoi c'eft l'amitié fenfilele. M A H A M E T. Oui , oui, l'amitié fenfible. FLORVILLE. Qui vient m'offrit la liberté. M A H A M E T. Vient vous offrir la liberté. Oui, Florville , volez fur les pas de Julie , lit revenez bientôt avec elle en ces lieux , Au fein de l'amitié relferrer de doux nœuds ; Faire votre bonheur eft toute mon envie C'eft de votre rançon le feul prix que je veux. FLORVILLE. Difpofez de mes jours, ami trop généreux ; Vos bienfaits a jamais vivront dans ma mémoire. M A H A M E T. Vous êtes mon ami, je me plais à le croire ; A ce titre lifez tout a fait dans mon cceur , Si depuis quelques jours vous m'avez vu rêveur» Si j'ai paru vous fuir, l'amour en eft la caufe. Oui, j'aime , cher Florville , & j'aime avec fureur. Hélas ! à quels dangers , je fens que je m'expofe ! Une nouvelle efclave, arrivée en ces lieux Depuis un mois, fcduit & mon coeur & mes yeux Florentine eft fon nom , la France fa patrie ; En être aimé , ferait un bonheur précieux. FLOR VILLE. Hé quoi! quitteriez-vous cette Circafîicnnr;, A qui vous infpirez un fi tendre tranlport ? COMEDIE. 1 M A H A M E T. J'en rougis,, mais hélas ! l'amour eft le plus fort. Aucune paillon n'eft égale à la mienne , Je me fens par mes feux maîcnfer malgré moi ; Zima m'infpire encore, un fentiment fincère, L'ellime & l'amitié m'enchaînent fous fa loi, Je ne la verrais pas me quitter fans effroi ; Mais je fuis entraîné vers la jeune étrangère. Ce défir violent fatisfait une fois, Ne peut durer , Zima reprendra tout fes droits En couvrant bien mes feux des voiles du myftère. FLORVILLE. L'amour qu'elle a pour vous bientôt l'éclaircira : Si fouvent à fes pieds votre cœur lui jura, Que rien ne troublerait une union ft chère , Depuis , lui difiez-vous, que j'ai vu vos appas , Je ne puis plus trouver de beauté qui me plaife. M A H A M E T. Je n'avais pas encor rencontré de Françaife, Vos femmes , par un art que l'on n'apperçoit pas, Allument dans nos coeurs une fubtile flàme, Subjuguent a la fois, les yeux , l'efprit & l'ame , C'eft un je ne fais quoi d'intérefTant & doux. Dont votre pays feul femble avoir les modèles , Que chercheraient envain tous les climats jaloux: L art de plaire je crois fut inventé par elles, Mais, dit-on , l'habitude , ou le foin de charmer , Nuit fouvent dans leur cœur au doux befoin d'aimer, De grâce, apprenez-moi comment pour la féduire , Avec une Françaife il faudroit me conduire ! FLORVILLE. Par des foins aflïdus intéreffer fon cœur Marquer adroitement l'efpoir d'être vainqueur, Ne jamais négliger rien de ce qui la touche Soumis avec nobleffe , adorer fa fierté , Il faut toujours avoir auprès de la beauté , Le défir dans les yeux, le refpeér dans la bouche. a. S tÈ CORSAIRE. A R JETTE. "L'amour doit marcher pas à pas, S'il veut (éduire une Françaife , Il faut, pour qu'on lui plaife , Tendres foins, égards délicats Et fi fon âme enfin s'appaife , La viétoire à bien plus d'appas, fin* Son cœur fier autant que fenfible Dédaigne un maître impérieux , L'autorité blefl'e fes yeux, Son âme devient invincible. Il faut, il faut, pour qu'on l'appailTe » Tendres foins, égards délicats, Ou fon ame devient inflexible; Mais pour la rendre fenfible , L'amour doit marcher, &c. Mais après de (i doux combats. L'amour fe glifle dans fon âme, Le plaifir vole fur fes pas, Sor cœur s'émeut Se s'enflame, Elle cède, & vous dit tout bas, En couronnant votre flâme, L'amour doit marcher, &c. M A H A M E T. Moi la contraindre; ah ciel ! mais vous, mon cher Florville , Vous, qui me connoiffez, quoi vous ne favez pas Qu'un hazard feul m'a fait corfaire en cette ville ! Que des mœurs du pays, je ne fais aucun cas! Que la liberté règne en mes petits états. Je veux de Florentine éloigner toute crainte, La devoir à l'amour & non à la contrainte , Et prompt a me foumetre a fes moindres défirs , Arriver à fon coeur par l'attrait des plaiiirs. FLORVILLE. Voila les fentimens qui font fait pour lui plaire. M A H A M E T. Elle eft fenfible aux foins que mon amour lui rend; Mais elle fuit mes yeux & s'obftine à fe taire. F L O R V I L L E. Peut-être un peu d'audace alors eft néceffaire ; On ne fuit pas les yeux d'un homme indifférent i MAHA- COMEDIE. 9 La bouche tait fouvent ce que le cceur fouhaite, Il faut lui ménager, en amant délicat , Ces deux goûts dominans , la gloire du combat, Et le plaifir de la défaite. M A H A M E T. Je vous entends , brufquer un peu l'aflaut. ' FLORVILLE. Je vous le dis tout bas , mais je crois qu'il le faut* On fait quelques efl'ais qui ne peuvent pas nuire , Faire naître en fon coeur un trouble intérefi'ant { Etre tout à la fois délicat & prefl'ant, Voilà tout le fecret du grand art de féduire. M A H A M E T. Il me vient une idée , & vous me fervirez ; Avant de me quitter, tâchez , mon cher Florville , De voir ft dans fon cœur l'accès m'cfr plus facile , Vous nous verrez enfemble & vous en jugerez. Il fe peut qu'avec vous ellé ait moins de réfervej Parlez en ma faveur; votre amour vous préferve Du danger d'être ici jaloux de mes progrès. Prenez garde pourtant , il ne faut rien vous taire ; Cette efclavc efl: charmante, en voyant fes attraits, Craignez qu'en vous 1 amour ne lance tous fes traits. Vous ne connoilfez pas quel efl: mon caractère. ARIETTE. Pour mon ame douce & fenfible» L'amitié rendre a mille attraits J'aime à goûter s'il e(t pollible Le calme enchanteur de la paix Mais fi quelqu'obllacle m'arrête» Bientôt luccede la tempête* JVIon fang s'allume Le feu qui me confirme Embrafe tout mon cœur Et le vent de la haîne Qui bientôt s'y déchaîne Y fouffle fa fureur, fin. Ami génértux , ami lenfible» Rival implacabli & jaloux. Oui, fi quelque obftacle , &c. FLORVILLE. Moi l'aimer, Mar quer , ne l'appréhendez pas. Quand on a le bo.ilieur , d'être aimé de Julie, On peut voir, fans péril, tous les autres appas» B 10 LE CORSAIRE, M A H A M E T. A l'amitié je me confie. Je vais la prévenir & reviens promptement. Depuis fon arrivée elle n'cfl point l'ortie, Mais je veux que bientôt la préfence chérie , Embeliffe ces lieux de fon afpect charmant. Pour lui parler de moi, trouvez-vous y de grâce. FLORVILLE. Je Vous dois trop, pour vous rien refufer, Mais je fors un moment m'informer fur la place , Si pour un prompt départ , on peut tout difpofer. ( il fort. ) 4pr£3r£=.'sïi=^ SCENE V. M A H A M E T , N A R S I T. N A R S I T. A. H Seigneur , ce français va revoir fa patrie , Si vous vouliez combler vos bienfaits aujourd'hui, Vous me permettriez de partir avec lui ; Cette grâce feroit le bonheur de ma vie. M A H A M E T. Vous voulez me quitter, d'où naît doîic le défit - Qu'en ce moment vous montrez pour partir? N A R S I T. Tenez , s'il faut, Seigneur, parler avec franchife , Ma place me déplaît il faut en convenir, Je voudrais voyager , tant foit peu m'étourdir Vous êtes amoureux , c'eft un moment de crife , La garde du férail va m'étre encor commife; Si vous faviez combien je hais cet emploi-là , 11 faudra furveiller Florentine & Zima , Ce feça chaque jour quelque fcène nouvelle} Elles vont fe haïr fi cordialement. Deux femmes, dès qu'il faut difputer un amant, Font un bruit à tourner la meilleure cervelle, HHHHfl^ COMEDIE. il r Et fur moi tombera tout le défagrément. Le ferai! divifé fera mille querelles, Les tours vont fe remplir d'efclaves , de rebelles , Ces tours ont pour gardien deux maudits rénégâts. Qui vont recommencer leurs éternels débats , Se haïr & fe nuirë eft leur unique étude Et puis cette Françaife à toujours fur fes pas , Une foubrette aimable & qui prend l'habitude , De m'agacer : vraiment elle a du goût pour moi, Et je voudrais la fuir fans lui dire pourquoi. 7e ne puis accepter l'honneur qu'on veut me faire , La pauvre enfant m'infcrit au rang de fes amans, C'eft. qu'elle ne fait pas qu'une loi, bien févère, A défendu l'himen aux valets mufulmans, La voici..... ^0=tfc=Jfc:*fc=£^ SCENE VI. LesPrècèdens, LISETTE. So ' MAHAMET. {a Narjit ) iYEz libre , il faut vous fatisfaire, ( à tiJette ) Bon jour, ma belle enfant ; vous combler de bienfaits Vous & votre maîtreffe eft mon unique affaire Le plus ardent de mes fouhaits C'eft qu'ici toutes deux vous parailliez vous plaire. Florentine eft vifible ! ». ■> LISETTE. Oui , Monfieur le Corfaire. MAHAMET. Je vole a fes genoux oublier l'univers. (Il fort en faifant un figne gracieux à Lifette. ) h l / Xi LE CORSAIRE, 4q dk^^^^-zit=^t£^ ,> SCENE VIL NARSIT, LISETTE. LISETTE. iVI A foi dans ce pays , l'on n'eft pas fort à plaindre. Je croyois qu'un corfaire étoit un cœur pervers Mais je vois qu'en ces lieux, nous n'avons rien à craindre Je n.e trouve a merveille ici. Pour ma maîtrefle, on a beaucoup de complaifance Pour moi vous en avez beaucoup aulïï; Mahamet me paroît brave homme, en confcience Vous le lervez , tel maître tel valet, Le proverbe a raifon : cette maifon me plaît. Et je ne trouve rien h regretter en France/ NARSIT. Sans doute vous n'aimiez perfonne. LISETTE. Mon dieu non ; L'amour m'a jufqu'ici fcmblé pure folie ; Aîais il ne faut de rien répondre dans la vie. On trouve quelquefois l'écucil de fa raifon Sans , s'en douter. Alors c'en 1 chofe allez jolie D'aimer.....qu'en pcnfez - vous ! NARSIT. Oh ! mon opinion Sur un pareil fujet eft très-indifFérente Mais vous, pour n'auner rien, vous êtes trop charmante. LISETTE ( bas. ) Il va fe déclarer ; ( haut) parlez-moi tout de bon : Eft-ce un plaifir d'aimer ! ou bien cfl-ce un délire: Les uns dilent qu'oui, d'autres difent que non ; Je m'en rapporte à vous. NARSIT. Je ne puis trop vous dire Pour vous parler de bonne foi , Pcrfonne là-defl'us n'eft moins inftryit que moi. COMEDIE. 13 LISETTE. N'importe on a toujours fur cela quelque idée. ( à part. ) Il eft timide, il faut l'encourager. N A R S I T, {à part. ) Elle veut m'agacer : la chofe eft décidée. Dans quels diicours elle va m'engager! ( haut. ) Ce n'elr pas tout d'aimer, le grand point eft de plaire. LISETTE. On plaît prefque toujours , quand on aime vraiment. Notre fexe d'ailleurs, ne peut pas décemment Faire les premiers pas ; c'eft au vôtre à les faire. N A R S I T. Eh bien ! je vois qu'il faut vous parler franchement Avant très-peu de tems je quitte cette ville J'ai pris un nouveau maître , & pars incefl'amment Le voici..... :^fc^ig==te=g^^ SCÈNE VIII. Les Précédens , FLORVILLE. FLOR VILLE. D I e ex ! V Lifette ! LISETTE. ô Ciel ! Monfieur Florville FLORVILLE. Que fait Julie ? hélas ! LISETTE. Elle eft ici. FLORVILLE. Comment t 14 LE CORSAIRE, LISETTE. Depuis un mois.....en route elle a cru très-utile Pour fuir de plus grands maux , de forger un roman , Vous chercher à Tunis fut notre premier plan , Florentine eft le nom qu'elle a pris. F L O R V I L L E. Dieux ! qu'entends-je ! Quel coup de foudre ! ô ciel ! pour mon coeur allarmé ; Et Mahamet m'a dit qu'il s'en croyoït aimé ! Je luis perdu. N A R S I T. Quel défefpoir étrange î FINALE. FLORVILLE. ô Sort funefte ! Hélas ! il ne me refte Que le deftin le plus fatal. F L O RV I L L E. Tout m'eft égal; Il ne me refte Que le deftin le plus faral. Cruelle confidence ! Non, non, tout m'eft égal. Je la perdrais, contraignons- nou?. Quel fort pour un cœur tendre ! Hélas ! contraignons-nous. LISETTE et NARSIT. Plus de prudence , Seigneur, plus de prudence, Contraignez-vous Oh mon cher maître! appaifez- vous. Mahamet peut entendre. Il va venir contraignez-vous. Le voilà, le voilà. 4^ COMEDIE. I \ / 4 i G-r&-rfa-Jts^*l£=!k^ SCÈNE IX. Les Précédens, MAHAMET, FLORENTINE. MAHAMET. (Charmante Florentine, Régnez dans ces beaux lieux, Au sort qu'on vous destine , Accoutumez vos yeux. LISETTE, à Florentine , qu'elle prend à part. Oui, c'eff. Florville votre amant, Songez, fongez à vous taire. FLORENTINE. LISETTE. Hélas ! hélas ! Il efr. perdu fans ce myftère ; Contraignons-nous en ce mo- Contraignez-vous en ce moment, ment. MAHAMET. Qu'en voyant ce Français De vous trouver ensemble Vos cœurs soient satisfaits. Vous, le meilleur de mes amis, Parlez pour moi, Voici l'instant propice, Vous me l'avez promis, MAHAMET. FLORVILLE. A l'amitié rendez juftice. Quel fupplice ! FLORENTINE »i FLORVILLE. Ah ! quel fupplice I En ce moment, contrai-1 En ce moment contrai- gtMQI nous. | gnez-vous. FLORVILLE- Charmante Florentine LISETTE. N A R S I T. Oui, c'elt Florville vo- V oici l'instant piopî- ue amant, ce , Mais longez à vous tai re , 11 elt perdu lans ce myf- Parlez pour vouj. tère > Contraignez-vous en 16 LE CORS AIRE, Vous voyez près de vous, L'amant qui vous defliiie Un fore aimable & doux. FLORENTINE. La trifte Florentine Ne liait plus tant ces lieux, Le fort qu'on lui deftine Bielle bien moins fes yeux. M A H A M E T. En ma faveur elle s'explique , Vous l'entendez, quel plaisir ! FLORVILLE. Eft-cc pour moi qu'elle s'explique, Je ne puis le faiiir. LISETTE à Florvillc Oui, c'eft pour vous qu'elle s'explique. NARSIT à Mahamet. Oh c'eft pour vous qu'elle s'explique. M A H A M E T. Parlez-lui donc encore , Vous n'êtes pas affez prellant. Dites-lui qu'on l'adore , Que son cœur soit content. FLORENTINE ET FLORVILLE. Hélas! hélas! Ah! pour mon cœur quel moment ! FLORVILLE. LISETTE, NARSIT. Parlez-lui donc encore. Dites-lui qu'on l'adore , Que (on cœur soie content. J'ofe jurer, pour votre amant. Qu'il eft toujours tendre & fincère. MAHAMET. Oh! s'il vous plaît, tout doucement! Ce rôle-là je puis le faire. TOUS, mais chacup. à part. Je ne puis plus me taire, Quel moment, quel moment ! MAHAMET. Oui, je jure que votre amant Sera toujours tendre & fincere ; A vos genoux, recevez fou ierment. SCENE I E CORSAIRE, 17 <^e-fTrh^ g ; fr ^=3fc=^:^^ SCÈNE X. Les Précédens, Z I M A. /=z&=zà§2 —< Je ne pourais jamais vous plaire. *4 C'eft. LE CORSAIRE, LISETTE. Si vous m'aimez en vérité, Pourquoi craindre de me déplaire. N A R S I T. Vous avez talent & beauté. LISETTE. Vous avez bien de la bonté. N A R S I T. Œil féduifant , charmant vifage, Souris fripon, joli codage, LISETTE. Vous avez bien de la bonté. N A R S I T. Mais s'il ne faut rien vous taire. LISETTE. Eh bien s'il ne faut rien me taire . N A R S I T. C'eft. LISETTE. Eli bien quoi? N A R S I T. c'eft..... LISETTE. Eh bien. Mais quel eft donc tout ce myftere, N A R S I T. C'eft là vraiment qu'eft le myftere. LISETTE. Mais pourquoi donc ce myftere, 1 Ne craignez pas de me déplaire Dites-moi donc la vérité. Vous êtes trop modefte aufïi. Je dis que fi..... Je dis que fi- N A R S I T. Laiflons cela , c'eft un myftere, Je ne pourrais jamais vous plaire. Oui , je vous dis la vérité Oh non ce n'eft pas modeftie. Je dis que non..... Quelle folie... LISETTE. Vous avez efprit & gaîté, NARSIT. COMEDIE. ii ;N A R S I T. Vous ave?, bien de la bonté. LISETTE. Joli maintien, taille légère, Efprit gaité, regard malin, Enfin vous êtes fait pour plaire. N A R S I T. Oh vous avez trop de bonté. LISETTE. Si vous m'aimez en vérité, Pourquoi donc craindre de dé- N A R S I T. Quand j'aimerais en vérité, Je ne pourais jamais vous plaire. | plaire. Mais pourquoi donc tout ce Laiflons cela je dois me taire myftère ? Oui, je vous dis la vérité. iC'eft trop d'honneur en véritéw L I S E T ï E. Quoi ! vous n'avez pour moi pas même d'amitié ? N A R S I T. De grâce , Iaiflez-moi mon fecret, par pitié. Informez-vous des mœurs, & d'Afrique & d'Afie^ Ici, par une loi-qui vient de Barbarie, Le Maître époule trop , le valet point du tout. LISETTE. On n'eft pas â ces loix fujets dans ma patr:°. N A R S I T. Éxcufez-moi, la loi me fuit par-tout, LISETTE. Vous m'impatientez. N A R S I T. Je n'en fuis pas le maître, LISETTE. Je fuis bien folle au fond, de tant me tourmenter; Je vous laifîe deux jours pour bien vous conlulter, Vous vous raviferez peut-être , C'eft-là mon dernier mot, après quoi tout eft dit, P i6 LE CORSAIRE, Dans mon pays j'aurais, fans contredit, Allez d'adorateurs dont les feux vont renaître , Et qui, pour en parler, ne fe font pas prier, Monfieur Florville vient..... *H 4* H* SCENE VI. Les Précédens, FLORVILLE, FLORVILLE. IjisEtte , ce papier Doit de tous nos projets inftruire ta maîrrefiej Pour l'y déterminer ufe de ton adreffe.. LISETTE. Comptez fur moi, Monfieur , j'y vais tout employer. (<1 îfarjit.) Adieu nigaud. ( elle fort. ) N A R S I T. Elle eft toute charmante. Que les femmes de France , ont de grâces & d'efprit. FLORVILLE. Toi,Narfit, cours au port, mon ame impatiente, N'ofe embralfer encor l'espoir qui la féduit , Vois fi rien ne s'oppofe à ma fuite fecrette. ( Narfu fort. ) 4o: =^= ** SCENE VIL FLORVILLE, fiul. Aux portes du bonheur quel remord m'inquiette, J'ofe trahir celui qui m'a comblé de biens Il veilla fur mes jours , j'cmpoilbnne les fiens. Ah! mon plus grand tourment eft d'ignorer encore , COMEDIE. i 7 Si Julie eft toujours fenfible à mon amour ; Qui fait fi tous les foins d'un rival qui l'adore Î<1 'auront pas à fon cœur infpiré du retour. Ciel ! le voici. 4» — =^te! -g ' < - jfe SCENE VIII. MAHAMET, FLORVILLE. MAHAMET, tris - gaîment. CZ^j'je s T vous que je cherche , Florville , Je viens vous embraffer comme mon bienfaiteur. FLORVILLE. Moi! comment donc? MAHAMET. Je vous dois mon bonheur, J'ai fuivi vos confeils... l'efclave cft plus docile. FLORVILLE, à pan. Mes confeils ! que dit - il ! M A H A M E T. J'en ai fenti le prix. Ecoutez à peu près comme je m'y fuis pris. DUO. MAHAMET. Tantôt en vous quittant, Chez elle en tete à tête . J'ai cru trouver l'inftanc D'aiïurer ma conquête, N'en eufliez-vous pas tait autant? FLORVILLE. Oui, je le crois, Mais pourfuivez, je vous fupplie Je le crois,tout autant. MAHAMET. Oui, je le parie. Vous en auriez fait autant. MAHAMET. J'ai juré que jamais près-d'elle, Ne s'éteindrait d'aufii beaux feux, Que toujours confiant & fidèle , Je chérirais de fi beaux nceuds, D % a? LE CORSAIRE, N'en eufliez-vous pas fait'autant ? J'ai vu iur la bouche, F L O R V I L L E. , Sur fa bouche.... M A H A M E T. Un fourire» Puis un foupir !. >. FIORVILLE. Un foupir.. i. M A H A M E T. Puis un foupir s'eft échappé ; Soupirer , tendrement fourire ; On lait allez ce que cela veut dire. FLORVILLE. Soupirer— 8c fourire, Mais tout cela ne veut encor rien dire. M A H A M E T. A fes genoux, je fuis tombé, FLORVILLE. A fes genoux , ah quel martyre! ,., M A H A M E T. J'ai preflé tendrement fa main, N'en euHiez-vous pas taie autant? Son embarras étoit extrême , J'ai cru voir palpiter fon cœur. FLORVILLE. | M A H A M E T. Ah! fe peut-il qu'elle l'aime ? Je fuis.fur qu'elle m'aime. Mon malheur elt certain. iMon triomphe eft certain. FLORVILLE. De fon amour pour vous elle a donc fait l'aveu! MAHAMET. Pas tout à fait encor, mais il s'en faut fi peu, FLORVILLE. Chaque mot, dans mon cœur , plonge un poignard perfide. MAHAMET. Un refte de pudeur, femblait l'envelopper; COMEDIE. -9 Mais je l'appercevais tout prêta s'échapper; Il expirait fur fa bouche timide ; Quand Lifette a rompu l'entretien plein d'appas. F L ORVILLE. Ah! je refpire encore ! M A H A M E T. Ne vous affligez pas; Mon triomphe eû certain, ou du moins je rr.'enflatte. Et comme vous difiez, brufquant le dénouement..... FLOR VILLE. Prenez garde, qu'un pas fait mal adroitement..,. Quand une femme a l'ame délicate. Peut, loin de le hâter , reculer le moment. M A HA. MET. Mais vous me confeilliez tantôt différemment! FLORVILLE. Tantôt je n'avais pas encor vu Florentine: J'ai de fortes raifons de penfer autrement Laiffez-moi la revoir , fouffrez que j'examine. M A H A M E T. Non, mon ami, craignez un tel écueil ; Ne vous expofez plus au danger d'un coup-d'ueil, Qui vous f'alfe oublier. . . . FLORVILLE. Qui f moi ! moi, que j'oublie... Plus je vois Florentine , & mieux je fens hélas! Que mon deftin eft d'adorer Julie. M A H A M E T. Eh bien ! fuyez ces lieux & volez fur fes pas : Je ne vous retiens plus , ce ferait injuftice. Quittez-moi, je le veux ; c'eft pour vous un fupplice De voir l'amour heureux , quand vous ne l'êtes pas, Je vous trouve rêveur, inquiet. FLORVILLE. Ah ! je penfe Qu'en touchant au bonheur, on peut en être loin 30 LE CORSAIRE, Je vais chercher Julie avec le plus grand foin : Je veux qu'à la trouver le hazard me deftine ; Mais fi de mon malheur , forcé d'être témoin , Je la trouvais efclave , ainfi que Florentine , En la voyant qui ne l'aimerait pas? M A H A M E T. Une forte rançon vous tirerait d'affaire ; L'argent plus que l'amour léduic un cccur corfaire. FLORVILLE. Mais enfin fi l'amour, l'attachoient à fes pas ! M A H A M E T. Il faudrait avec feu reclamer votre amante ; Tout le monde n'a pas cette humeur violente , Ce caractère altier, indomptable, fougueux Qui me rend , lorfque j'aime , intraitable & barbare Ce ferait, je l'avoue, un foin infructueux D'employer avec moi cette franchife rare ; Car jamais un rival ne pourrait m'échapper. FLORVILLE, (à part,) Dieux ! j'allais me trahir; il faut donc le tromper, M A H A M E T. Mais il eft peu de gens je crois qui me reffemblent Après tout cependant , fi pour votre tourment, Les mêmes incidens par hazard fe raflemblcnr. Votre plus court parti , c'eft de tromper l'amant. FLORVILLE. Vous me confeilleriez d'ufer de ftratagème ; Parlez comme pour vous. M A H A M E T Je le ferais moi-même. On s'excufe de loin quand on à réu/îi. FLORVILLE. Vous m'obligez beaucoup, en me parlant ainfi. COMEDIE. 31 M A H A M E T. Pour quoi d'avance aufli fe forger de chimères ! Baniffez prcmptement vos craintes fur ce point. Fakes pour le départ vos apprêts nécefl' ires, Et, fi vous m'en croyez, ne le différez point. FLORVIUE. C'eft mon intention, & dès cette nuit même,..... Mais ne devez-vous pas partir aufli ce foir î M A H A M E T. Je le devrais! je fuis dans un péril extrême: On trame contre moi le complot le plus noir; Mais vers le point du jour, il fera tems encore, Un dernier entretien avec ce que j'adore Me paraît un devoir, avant de la quitter. A l'infu de Zima , je cours m'en acquitter. Il faut donc malgré moi que je vous abandonne. Pour mon projet, je ne veux en ce lieu D'un départ fuppofé défabufer perfonne Mais nous nous reverrons bientôt j'efpère • adieu, Ma confolation doit être aufli la vôtre. Oui, félicitons-nous chacun à notre tour De ce qu'en nous quittant, nous paflions l'un & l'autre Des bras de l'amitié dans les bras de l'amour. ( il fort ) ^QdtS=&^k=Zl£!ZË=^ SCÈNE IX. MAHAMET, FLORVILLE, JULIE, LIZETTE, ZIMA. FLORVILLE. II. faut donc le trahir malgré moi... mais je tremble, Et Julie & Zima font à préfent enfemble; S'il alloit découvrir... non il rentre chez lui Ah 1 Julie, » me fuivre avez-vous confenti? Si LE CORSAIRE, Chaque inftarit qui s'écoule eft un nouveau fuppiicé^ Mais la nuit s'obfcurcit & me parait propice. FINALE* Que le tems dure hèlasl A mon impatience Tout eft dans le filence Et Zima né paraît pas; Toi que mon cœur adore, Eois-tu tarder encore A voler dans mes b."as ? ZIMA, au balcon* Etes vous prêt ? FLORVILLE. Eft-ee Zima ? ZIMA. Oui, c'eft elle-même, Tout eft prêt pour notre projet. ZIMA. Ah!quel bonheur extrême! Il va revoir tout ce qu'il aime Nous allons être heureux , Tout fuccède à nos vœux. FLORVILLE. Ah! quel bonheur extrême! Je vais revoir tout ce que j'aimej Nous allons être heureux. Tout fuccède à nos veux. FLORVILLE. J'entends du bruit. ZIMA, Ceft l'efclave Françaife Qu'ici l'on vous conduit Profitez à votre aile Des. ombres de la nuit : FLORV ILLE. Votre amant vous appelle, Ma Julie , eft - ce vous t' JULIE. Florville, ô dieux ! FLORVILLE. O dieux! fuis-moi, viens,m* Julie. M A H A M E T. {Au moment oà ils font prêts à fortir, Mahamet arrive avecJ* troupe. ) Tremble , ingrate , infidellc, Redoute mon courroux. Z IM A, 1 J COMEDIE. 33 's^jjsy ZIMA , JULIE , LISETTE, FLORVILLE. C\A ' r:<>l i on Ies trahit. Ciel. Ciel. jc fuis trahi£i JULIE, FLORVILLE. Que t'ai-je fait, barbare ? M A H A M E T. Qu'on le faifilfc, Qu'on obéill'e. JULIE, FLORVILLE. Quelle fureur s'empare De ton cœur endurci? MAHAMET , & U Choeur. Tu m'as Il l'a f - rahL ZIMA, LISETTE* Oh ciel ! on l'a tralii. M A H A M E T. Dans ce billet que ] ai furpris, J'ai vu ton coupable artifice. Tu vas en recevoir le prix. Me ravir ce que ^aime! M'enlever tout mon bien! Mon diifefpoir extrême Ne voit n'entend plus tien. FLORVILLE. M'enlever ce que j'aime ! Me ravir tout mon bien ! C'eft ton crime a toi-même, Ce forfait eft le tien. ZlMA, JULI E, LISETTE, & h Chaut, Lui ravir ce qu'il aime, C'ell fon crime à lui-même. FLORVILLE. Cruel, c'eft ma Julie JULIE. Hélas ! FLORV ILLE* C'eft mon amante. 34 LE CORSAIRE, M A H A M E T. Dans ma fureur extrême , Non, je n'entends plus rien. L'objet que ton cœur aime Partagera ton fort. JULIE, FLORVILLE, ( Ils fe jettent tux genoux de Mahamet.) Epargne ce que j'aime, Je fubirai la mort. M a H A M E T. Plus de clémence, Que l'ingrat qui m'offènee Subifle fon fort JULIE , ZIMA , LISETTE , FLORVILLE. Hélas ! quel tulle fort ! Fin du second Actci x COMEDIE. 51 ACTE II r. Le Thécitie repréfente le bord de la m:r, deux tours octogones fur les deux côtés de Vavant-fcène , fur les donjons defquelles puijfcnt Je promener librement les efclaves détenus. La tour à droite du Jpec- tuteur , où paraît Julie, efl à la première coulijfe ; celle qui efl à gauche \à ejl Florville ,ejl à la quatrième coulijfe. Il fait nuit. %=Z= r— - =^=: SCENE PREMIERE. JULIE, paraît feule fur fon donjon , accablia de douleur. AIR. I î i'las ! qu'êtes-vous devenus! Momens que j'ai perdus, Où mon ame efpéroit encore De revoir tout ce que j'adore? Momens que j'ai perdus, Hélas : ne reviendrez-vousplus? Ali ! mall.cureufe! De ma peine rigoureufe Quand venai-je donc la fin ? Vains regrets, plaintes inutiles, Tu partages mon de'tin, Cher amant, Florville! Ali! je fuccombe à ma douleur. J'ai donc perdu tout mon bonheur! Plus de repos, plus d'efpérance, Quelle fouffrance, Pour mon cœur , Hélas! ô peine affreufe, Je fuccombe à ma douleur. J'entends du bruit , tout me paraît à craindre Peut-être on m'envierait jufqu'au droit de me plaindre. {Elle va pour rentrer, mais entendant une voix elle rejie. ) El # * LE CORSAIRE, ''y i t. i.......... SCENE IL JULIE, FLORVILLE , dans fa tour fans être JL/oin de l'objet fi cher à mon cœur, Je ne jouis pas de la vie. Me trompai-je, ciel, quels accens! Florville. FLORVILLE. Ma Julie, eft-ce toi? JULIE. Dieux , quels accens ! FLORVILLE. ( Tous deux. ) Eft-ce toi que ie revois! Cher objet de flamme, Tu rallure mon aitie, Quel moment pour moi! JULIE. Ali ! cher amant ! En ce moment, Du fort je brave la rigueur. FLORVILLE. De Mahamet en ce moment, Je brave la rigueur ( Tous deux. ) Loin de l'objet cher à mon cœur Je ne jouis pas de la vie. Ali ! c'icr amant, en ce moment, Du fort je brave la rigueur. R O M a N C E. JULIE. O ma Julie! JULIE. O cher Florville! JULIE. C O M E D I 2, 37 FLORVILLE. De Maliamet en ce moment Je brave la rigueur. ( 1 vus deux. ) Rien ne pourra t'arracher de mon cœur. F LOR VILLE. Le geôlier de ma tour eft chargé d^une lettre Qu'à prix d'argent il a promis de te remettre t Tu ne fais rien? JULIE. Je fais que Narfit & Zima Ne font point foupconné d'avoir été complices, Qu'ils travaillent pour nous. FLORVILLE. Veuillent les Dieux propice» Veiller fur leurs projets. JULIE. Mahamet partira Aufii-tôt que la nuit fera place à l'aurore , Ce n'eft qu'à fon retour, qu'il veut faire favoir Quel fort il nous defrine : efpérons donc encore. £ On entend du bruit derrière la porte du geôlier dt Florville. ] LISETTE. Vous vous livrez fans crainte, au plaifir de vous voir ; Mais je crains que l'argus de cette tour maudite D'un trop long entretien par hazard ne s'irrite, Et de vous en priver ne lé fafle un devoir. JULIE. Elle a raifon; adieu, compte fur ta Julie. [ Ici le geôlier sort.] FLORVILLE. C'eft pour toi feule encor que je chéris la vie. (. ils rentrent. ) «W» S* LE CORSAIRE, ^£z£=zi>==&=^=ii=^ SCÈNE III. LE GEOLIER. Il faut décidément, par quelque rufe honnéns, Perdre mon cher confrère auprès de Mahamet : La lettre que je tiens avec un peu de tête, Doit efficacement fervir à ce projet. Je vais lui propofer de la faire remettre , Moyennant quelqu'argent, qu'il faudra lui promettre ; S'il l'accepte, aulli-tot je vais à Mahamet Le faire dénoncer, c'eft un moyen commode, Un peu de calomnie eft d'un puifîant fecours ; Ma foi ces fecrets-là deviennent de nos jours Les plus délicats, non , niais les plus à la mode. ARIETTE. C'eftau plus fin a s'amufer, C'eft au plus fot a s'abufcr, L'elprit eft fait pour l'avantage De qui fait mieux en ufer. Qui réudit eft le plus fage, Pour réullir il faut ruler C'eft-là la méthode en ufage. fin, ■ Frappons. ^.-£^.-2;^ SCÈNE IV. Le PREMIER ET LE DEUXIEME GEOLIERS, lime. GEOLIER. (j'est vous ? 1er. GEOLIER. Un mot. lime. GEOLIER. An fait. LE CORSAIRE, 2 9 1er. GEOLIER. Oui, m'y voici. Si queïqu'heureux deftin, & fans fortir d'ici, Vous offrait à l'inftant I'efpoir d'une fortune , La prendriez-vous bien, fans vous faire prierî lime. GEOLIER. Belle demande , & vous ? 1er. GEOLIER. Oh ! moi, cent fois pour une. Vous devez bien penfer que je fais mon métier. lime. GEOLIER. Eh bien î 1er. GEOLIER. L'occafion eft belle mon confrère, Mon amitié pour vous m'engage à la faifir. Je vous l'offre. lime. GEOLIER. Parbleu, j'accepte avec plaifir. 1er. GEOLIER, (à part) Je le tiens. lime. GEOLIER, [à parc] A coup-ftlr ceci cache un myftère, Voyons venir. 1er. GEOLIER. Tenez, il ne faut rien vous taire , lî s'agit d'une lettre à faire parvenir. lime. GEOLIER. On paira bien ? 1er. GEOLIER. C'eft fait. Urne. GEOLIER. Ah ! c'eft fait ! bonne affaire, Combien m'offrirez-vous pour la faire tenir î 4© LE CORSAIRE* 1er. GEOLIER, lui montrant la bourfe. Nous allons partager. lime. GEOLIER. Je ne pourrai rien faire. Et je veux tout ou rien; il faut vous arranger. Gelui qui donne efl: en votre puif -, ce : Du danger que je cours, vous r .ez l'importancs> C'eft à l'argent du moins à me dédommager. 1er. GEOLIER. C'eft votre dernier mot? Urne. GEOLIER. Sans marchander. 1er. GEOLIER, à part. La fomm* Ne doit rien me coûter, si j'attrape mon homme. (Haut, donnant la bourse. ) Je vous mets la fortune à la main fans regret. lime. GEOLIER, la faifijant hardiment. Et je la prends au vol. 1er. GEOLIER. Eh bien! qu'allez-vous faire ? lime. GEOLIER. La lettre ? 1er. GEOLIER. La voilà. I Imc. GEOLIER. Je vais me satisfaire , Et la faire à l'inflant tenir a Mahamet. 1er. GEOLIER. Que dites-vous donc là? cédez ce badinage. Urne. GEOLIER. Je ne badine point. 1er. GEOLIER. COMEDIE. 4l 1er. GEOLIER. Eh quoi ! vous nous perdrez t lime. GEOLIER. Oui vous ; mais non pas moi. 1er. GEOLIER. Mais vous n'êtes pas fa<*e. Votre gain? ° lime. GEOLIER , mettant la bourfe dans fa poche. Le voilà. 1er. GEOLIER. Comment, vous le gardez? lime. GEOLIER. S'il vous plaît : mais tenez, je veux être bon diable. Votre pofition veut du ménagement. Je vous rends votre lettre, & je garde l'argent; N'efl-ce pas être honnête? 1er. GEOLIER. Il rit le miférabîe. I Ime. GEOLIER. Vous vouliez m'atraper, mais pour jouer au firt Il faudra encor vous lever plus matin. Serviteur. ( // rentre. ) 1er. GEOLIER, en rentrant. Tôt ou tard, il faut que je me venge. ^•■rfcifcHlfc^ SCENE V. NARSIT , feul , qui a entendu les derniers vers. .Allons , Narfit, allons , il faut que tout s'arrange j Servir les deux amans, puifque mon cœur le dit j Le déûx d'obliger doit donner de 1'efprif. F 41 LE CORSAIRE, Je veux ouvrir ces tours, voilà le difficile: il s'agit d'enferrer l'un & l'autre Geôlier, N'en tromper qu'un des deux feraitchofe inutile; De les faire éloigner il n'eft aucun moyen ; Il y va de leur téte : une rufe fubtile Qui les trompe tous deux dans le môme moment, L'un par l'autre , à la fois, me mène au dénouement. M'y voilà, j'établis un grand fond d'efpérance Sur la haine qui fait leur méfintelligence. L'argent a tout pouvoir fur mes deux renégats; Servons-les à leur guife , & ne l'épargnons pas. ( Il frappe à la porte du 1er. geôlier. 1er. GEOLIER. C'eft vous Monfieur Narfit. N A R S I T. Oui; mais parlez plus ba Et que votre voifin, ne vous entende pas Car il faut le duper.... je fuis votre complice; Vous allez à Zima rendre un très-grand fervice, Et gagner cent fequins, fi vous réulfiflez. 1er. GEOLIER. Cent fequins, mais voilà qui me convient allez : Que faut-il ? N A R S I T. De l'adreffe, 1er. GEOLIER. Oh ! c'eft mon fort. N A R S I T. J'efpèi Vous amener bientôt ici votre confrère , Vous procurer enfnmble un entretien réglé I! s'agit finement de lui voler fa clef, Et de donner l'effor à fes deux prifonniers. 1er. GEOLIER. Ah diable ! je comprens. N A R S I T. De toutes les manière» COMEDIE. 4 3 La meilleure fera de le faire jafer, Avec la clef je puis les faire difparaître , Tandis qu'avec esprit vous faurez l'amufer. 1er. GEOLIER. C'cft charmant j il faudrait eflayer, le rems preffe. N A R S I T. Rentrez ; pour l'attirer je vais ufer d'adrefle. 1er. GEOLIER, en rentrant. C'eft bien dit : quel plaifir Ci je puis aujourd'hui, Gagner mes cent lequins & me venger de lui. ( II rentre. ) ^..- fc ^ : 2 fa ^ ;fe SCÈNE VJ, NARSIT, FLORVILLE, LISETTE. FLORVILLE. S t, st, mon cher Narfit, j'ai vu tout ce qui s'eft paffé. N A R S I T. Et vous, Mademoifelle. LISETTE. . Ah! j'ai l'ame attendris D'un fi beau procédé, c'eft un bienfait p'acé , Vous ferez par l'amour un jour réconipenfé , Puifque vous le fervez. N A R S I T. Oh! je vous remercie, Je ne fuis pas intereffé. ( à ^art. ) J'en tiens un maintenant, tâchons d'attirer l'autre, (Il frappe à fa maifonnette. ) *^J* 44 LE CORSAIRE ^..^j^^Jj^-j^^ SCÈNE VIL LE lime. GEOLIER, NARSIT. lime. GEOLIER. C'£ST vous, Mr. Narfic NARSIT. Plus bas c'eft un fecrec, lime. G E O L I E R. Si bas qu'il vous plaira : que voulez-vous du nôtre? NARSIT. Vous pouvez me fcrvir dans un bien grand projet Et ces deux cens fequins en font la récompenle. lime. GEOLIER. Dans un bien grand projet, & je puis vous fervir! NARSIT. Sûrement : car fans vous , je ne puis rien finir; C'eit co qui de ma part vous vaut la préférence. I Ime. GEOLIER. Je ne puis m'éloigncr d'ici de trente pas. NARSIT. Je vous en fauve quinze, ainfi point d'embarras. Je vais vous amener ici votre confrère, Vous irez au-devant, vous vous entretiendrez, Vous volerez fa clef, vous me la donnerez , Et vous l'amufercz pour me laifler mieux faire. I Ime. G E O L 1ER. Si pourtant.... NARSIT. Votre efprit va-t-il s'alambiquer ? COMEDIE. 4J Je n'ai pas trop le tems de vous tout expliquer ; Voilà deux cens lequins, pour prix de votre adreffe , Si vous avez la clef... le jour vient , le ténia prefle, Quitte à vous dire après trente mille raifons. I Ime. GEOLIER. Ah ! vous m'en offrez une à peu près fans réplique, C'eftles deux cens lequins, que le relie s'explique. N A R S I T. Comptez-vous réuflir? Urne. GEOLIER. Oh ! je vous en réponds. Qu'il vienne.... N A R S I T. Il va venir. [ Bas au 1er. geôlier. ] La dupe eft près du piège. 1er. GEOLIER, bas à Narfit. Bon , bon , je vais tâcher que l'entretien s'abrège. DUO. 1er. GEOLIER.,!/ lui donne la main. Soyons unis, confrère. I Ime. GEOLIER. Soyons unis, confrère. 2'ous deux. Soyons unis, confrère, Vive la bonne toi; D'une amitié lincere Eaiious-nous une douce loi; Et vous ierez j'elpére , Bientôt content de moi. TRIO. N A R S IT,« 1er. Geôlier. Ne perdez pas une minute. 1er. GEOLIER, H* « R*rfit. Dans peu mon marché s'exécute. 4^ LE CORSAIRE, NAilSITjiaim lime. Geôlier. Ne perdez pas une minute. I Ime. GEOLIER. Dans peu mon marché s'exécute. [Narfit fait Jigue au 1er. Geôlier de commencer, & fait jonner la bourje à jon oreille, j 1er. GEOLIER. Ali ! j'ai l'ame ravie, Et je ne veux que vous toucher. [Narfit fait Jigne au lime. Geôlier de répondre , 4- fait fonner la bourfe. ] I Ime. CEOLl'EK. Moi, j'ai la même envie, Et j'aurais été vous chercher. 1er. GEOLIER,à part. Voilà qu'il y vient de lui-même. I Ime. GEOLIER. Voilà qu'il y vient de lui-même. N A R S I T. Voilà qu'il y vient de lui - même. , Tous trois. Ah! quel plaifir, Notre projet va réuflir. N A R S I T. LES GEOLIERS. L'on aurait été vous chercher. I Oui, j'aurais été vous chercher. 1er. G E O L I E R, rapprochant. Souffrez , je vous conjure , Ç>ue je cherche à me rapprocher. I Ime. GEOLIER. Souffrez , je vous conjure, Que je cherche à me rapprocher. 1er. GEOLI E R, à part. Ah! qu'il eft bête mon confrère. I Ime. GEOLIER, à part. Ah ! qu'il cft bête mon confrère. C P M E D 1 E. KARSI T,ba s . Ah '• qu'ils sont bêtes tous les deux. 1er. GEOLIER, De l'amitié j'attends un gage. N A R S I T. Courage, lime. GEOLIER. De l'amitié j'attens un gage. N A R S I T. Courage. LES PEUX GEOLIERS. Dans un moment n doux. Que ne ferai-je point pour vous. Embraflbns-nous, confrère. Vive la bonne-foi. D'une amitié fincère, Faifons-nous une douce loi, Et vous ferez j'efpère, Bientôt content de moi. N A R S r T , au 1er. Geôlier, Vous avez dû faifir la clef/ 1er. C E O L I E R. Parlez plus bas, tout eft bâcle. N A R S IT , au lime. Geôlier. Vous avez dû faifir la clef. lime. G F, O L I E R. Parlez plus bas, tout eft bâclé. 1er. GEOLIER, à Varf.t, en lui donnant la clef, De l'amitié voilà le gage. N A R S I T, en la prenant. Je le tiens, lime. GEO LIER. De l'amitié voilà le gage. N A R S I T. Je le tieni, r_ Au même à l'oreille.] Amufez-le toujours de même. 1er. GEOLIER. Ali 1 qu'il eft bête mon coiirère. 48 LE CORSAIRE, lime. GEOLIER. Ah! qu'il eft bête mon confrère! N A R S I T. Ah ! qu'ils font bêtet tous les deux. LES DEUX GEOLIERS» Cet inftant, i'efpcre, Va remplir nos vœux. Embrafl'ons-nous, &c. lime. G E O L i E R, furprend Narjît qui ouvre fa porte. Que faites-vous donc ? N A R S I T. Rien. lime. GEOLIER. Mais parbleu j'y vois, Vous nous faifiez faire un coup-fourré , je crois î Rendez ma clef"; finon, je trahis le myflère, 1er. GEOLIER. Il l'a furpris. • N A R S I T. Tenez, mais jurez de vous taire. Urne. GEOLIER. A la bonne - heure. 1er. GEOLIER. Eh bien ! vous avez lanterné, Et vous ne tenez rien , cependant notre affaire Etoit en bon chemin. N A R S I T. J'en fuis tout confterné. Oui, je refte a moitié. 1er. GEOLIER. Qu'avez - vous donc pu faire ? NARSIT. COMEDIE, 49 N A R S I T. Oh ! j'ai fait de mon mieux. 1er. \ G E O L I E R. Serviteur. tH A R S I T, ( à part. ) Je le fuis; 1er. GEOLIER; Manquer un fi beau coup. [ II voit fa. porte ouverte. \ Malheureux que je fuis! Ma porte.... ah ciel ! je fuis trahi , jé gage. N A R S I T, l'enfermant. C'eft vrai; [Tci on voit au donjon Je la tour de Julie, le lime i Geôlier qui ferme la porte & regarde dé tous côtés.] fer. G E O L r E R. Mr. Narfit, je vais faire tapage. N A R S I T. Crie/, vous vous perdrez, mais fi vous êtes fage Je vous délivrerai; 4e':$==^5fc=j^=3!fc^ S C É NE IX. NARSIT, FLORVILLE; N A R S I T. C^'iïst vous, vîre à l'écart; Cachez-vous dans les bois., qui bordent le rivage , Alahamet va palier , ne tentez le hazard , Que lorfque vous ferez bien fur de fon départ; FLORVILLE. Il va pafler, ô ciel ! quel danger le menace ! G jo LE CORSAIRE, On en veut à fes jours, & j'ai tout entendu , De ce complot fecret je viens de voir la place; On l'attend dans ces bois, s'il paffe, il eft perdu, Puifqu'il eft en péril, j'oublierai fon offenfe. Viens ,Narfit , nous pouvons voler à la défenfe. N A R S I T. Je vous fuis. [ à part. ] Mes geôliers pour leur propre intérêt, Grâce aux trois cens fequins, garderont le fecret. 4'*fc^=*te^dfc^^^ SCENE X. TOUS LES ACTEURS. Z I M A , reçoit les adieux de Mahamet dans le fond du théâtre , & die quand il ejl parti. JV1 A h A m e t en partant vient de me faire entendre , Qu'il voudroit retrouver fa place dans mon coeur : J'ai cru devoir piquer l'orgueil par la froideur , Il part fans être heureux , il reviendra plus rendre J'efpére à fon retour favoir comment m'y prendre. ARIETTE. Un peu d'efprit, un peu d'adrefle, Un peu de rufe & de fouplelfej Ramené un volage indiferet, Voilà tout mon lecrer. fin. Soyez douce, (impie, bonne, L'amant heureux s'alToupira, S'engourdira, s'éloignera. Soyez coquette, un peu friponne, Jaloux, il feréveillera, Vous aimera, vous chérira. D'une flamme confiante vous aini»r». Il vous chérira, vous adorera. Un peu d'efprit &c. F T N A LE. MAHAMET. Te l'amitié que j'ai trahie, C'eft vous qui m'offrez les fecours: COMEDIE, jl J'ai troublé la paix de fes jours, Et c'elt lui qui fauve ma vie. FLORVILLE. Je n'afpirais qu'à revoir ma Julie, Votre péril exigea mes fecoursj Si j'ai pu conferver vos jours. Vous pouvez me rendre la vie. M A H A M E T. Florville, hélas ! MAHAMET, ZIMA. Quelle reconnoiirance, Quel prix offrir à vos foins généreux ? FLORVILLE. Ah! n'eft-il pas en votre puiffance, Pe nous rendre tous heureux. MAHAMET, à fa fuite. Obéiflez, qu'on lui rende Julie. .MAHAMET. Soyez heureux. a 7ima. En ce moment que tout s'oublie. Soyez fenfible à mes regrets. ZIMA, NARSIT, & le Chsur. Ah ! quel bonheur! Ils font heureux. FLORVILLE,JULIE. Mon cœur fenfible à vos bienfaits , S'en souviendra toute la vie. TOUS, excepté Zima. Soyez fenfible à fes regrets. ZIMA. Oui, je veux combler vos vœux. Oui, mon bonheur Eft de vous voir heureux. TOUS. Ah! quel plaifir extrême! ZIMA, JULIE, LISETTE, & tous Us ASeurs ainfi que le Chœur. Que dans cet aimable féjour Tous les jours de la vie,^ Soient par l'amitié, par l'amour Tour à tour embellie. Plus de chagrin plus de trifteiïe, Livror.s nos cœurs à l'allégreflé, Qu'un fi beau jour répand lur nous. Fin du troisième et dernier Acte,